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About Sidi Bennour

Sidi Bennour (in het Arabisch: ŰłÙŠŰŻÙŠ ŰšÙ†ÙˆŰ±) is een stad in Marokko. Het is gelegen in de regio Doukkala-Abda, op 70 km van...

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Nieuws 02 May 2012 4 min read

L’abattage clandestin prolifùre

À l’abattoir du grand souk de Sidi Bennour, la viande est commercialisĂ©e sans aucune mesure d’hygiĂšne.
L’abattage clandestin prolifùre

L’abattoir du grand souk de Sidi Bennour, les mardi et samedi, et les concessionnaires d’Agadir dans cette boucherie, tout le monde appelle la «gourna», les boucheries se suivent et se ressemblent. D’énormes carcasses de bovins sont exposĂ©es. Certaines sont tellement grandes qu’elles touchent le sol et traĂźnent par terre. Des filets de sang s’écoulent des boucheries, et des odeurs insupportables flottent dans l’air. Une grande partie de ces carcasses ne prĂ©sente aucun tampon sanitaire. Les bĂȘtes ont Ă©tĂ© Ă©gorgĂ©es dans la boucherie mĂȘme, dans des conditions sanitaires dĂ©plorables et sans le moindre contrĂŽle vĂ©tĂ©rinaire.

Ce marchĂ© est connu, et il n’est pas unique. Au total, on considĂšre que l’abattage fournit un tiers du marchĂ© de la viande Ă  Sidi Bennour. Un chiffre Ă©norme, quand on connaĂźt les risques courus par les citoyens consommateurs. Le vĂ©tĂ©rinaire privĂ©, est clair : «Lorsque l’on mange une viande non contrĂŽlĂ©e, on risque plusieurs maladies : la tuberculose, la brucellose et toute une sĂ©rie de maladies parasitaires». Ce qui ne dĂ©ranger pas le moins du monde les nombreux clients de la «gourna». Parmi eux, des particuliers, mais aussi des snacks, des restaurants et mĂȘme d’autres bouchers qui viennent s’approvisionner chez les bouchers en gros, attirĂ©s par le prix compĂ©titif. Un client anonyme : «Il n’y a pas de risque, si une viande est malade, on le voit tout de suite». Faux, rĂ©pond le vĂ©tĂ©rinaire : «Certaines maladies, par exemple, sont repĂ©rĂ©es par des ganglions dans les poumons. Si on ne contrĂŽle pas le poumon, mĂȘme un vĂ©tĂ©rinaire peut se faire piĂ©ger».

Mais l’abattage ne reprĂ©sente pas le seul danger. Il y a aussi ce que l’on appelle la filiĂšre rurale. Il s’agit de bĂȘtes abattues lĂ©galement dans des abattoirs de la rĂ©gion et qui sont illĂ©galement vendues Ă  Zemamra, Ă  Arbaa Aounat ou Ă  BĂ©ni Hlal. On paie trĂšs peu de taxe d’abattage : 195 DH par bovin et 10 DH par ovin. RĂ©sultat, la viande est moins chĂšre. Logique, puisqu’à Sidi Bennour, par exemple, il n’y a mĂȘme pas de local rĂ©frigĂ©rĂ©.

LĂ -bas, on nage dans le sang, alors que les normes nationales prĂ©voient 400 litres d’eau par bĂȘte pour garantir une bonne hygiĂšne. Les animaux, morts ou vifs, traĂźnent par terre, dans des flaques immondes. L’abattage est brutal, puisqu’il n’y a aucun moyen d’immobiliser mĂ©caniquement la bĂȘte qui se dĂ©bat.

Les contrĂŽles vĂ©tĂ©rinaires sont sommaires et la viande est embarquĂ©e vers le centre de la ville Ă  l’air libre, sur des triporteurs, des charrettes, les coffres des voitures lĂ©gĂšres ou mĂȘme dans les vieux camions de la municipalitĂ© qui ont fait leur temps et qui empestent le mazout. Une virĂ©e au centre de la ville a de quoi rendre vĂ©gĂ©tarien le plus carnivore d’entre nous. Face Ă  cette double concurrence - celle des abattoirs ruraux et celle des clandestins - les abattoirs font grise mine. Flambant neufs, ils ne tournent

qu’à 20% de leurs capacitĂ©s.

Un Ă©leveur doukkali et client de l’abattoir de Sidi Bennour et sa rĂ©gion est clair : «Tant que la viande rentrera illĂ©galement au souk et tant que l’on continuera de tolĂ©rer des filiĂšres clandestines, on condamne les abattoirs modernes Ă  tourner en sous-rĂ©gime et ce au dĂ©triment du consommateur». Les chevillards eux-mĂȘmes dĂ©sertent leur outil de travail, trop cher. Ils se plaignent de ne pas avoir Ă©tĂ© consultĂ©s en amont du projet. Ces abattoirs, modernes, ont pourtant toutes les raisons de facturer cher leurs services. ContrĂŽle vĂ©tĂ©rinaire, chambres froides automatisĂ©es et marquage de la viande... les conditions y sont largement meilleures. Mais nous sommes sur un marchĂ© de consommateurs dĂ©munis pour lesquels le prix reste le seul critĂšre. Un marchĂ© oĂč la qualitĂ© et l’hygiĂšne n’ont jamais Ă©tĂ© considĂ©rĂ©es comme importantes.

Le consommateur n’impose d’ailleurs aucun standard Ă  son commerçant. Au contraire, nombreux sont ceux qui rĂ©clament Ă  leur boucher la viande des «souks». Elle a la rĂ©putation d’ĂȘtre meilleure, parce que plus fraĂźche. Elle est vendue le jour de son abattage. Autrement dit, elle est plus belle, plus rose. Pourtant, les spĂ©cialistes savent qu’une bonne viande est une viande qui a passĂ© plusieurs jours au frigo. L’éleveur doukkali : «Il faut qu’une viande passe du temps en chambre frigorifique pour devenir plus tendre. C’est ce qu’on appelle le ressuyage».

Modernisation de la filiùre d’abattage

Le projet de modernisation de la filiĂšre des viandes rouges a Ă©tĂ© lancĂ© dans la rĂ©gion des Doukkala Ă  l’occasion de la 2e Ă©dition de la Foire nationale des animaux de boucherie Ă  Sidi Bennour. Un contrat-programme pour la pĂ©riode 2009-2014 a Ă©tĂ© passĂ© entre le gouvernement et la FĂ©dĂ©ration interprofessionnelle des viandes rouges visant l’amĂ©lioration la production et la valorisation des viandes rouges. Etaient prĂ©vus, Ă  cet effet, une unitĂ© de fabrication d’aliments de bĂ©tail et un abattoir moderne.

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