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About Mohammedia

Located between Casablanca and Rabat, Mohammedia is a coastal city known for its industrial significance and pleasant seaside...

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News 01 Oct 2026 5 min read

L’indien, le troubadour et les autres
 Sur la corniche de Mohammedia, les musiciens de rue font le show

L’indien, le troubadour et les autres
 Sur la corniche de Mohammedia, les musiciens de rue font le show
Art amateur Ils sont cĂ©lĂšbres sans vraiment ĂȘtre connus! CĂ©lĂšbres, du moins, auprĂšs de ceux qui les ont croisĂ©s, le temps d’une promenade, et se sont laissĂ© surprendre par leur art. Sur la corniche de Mohammedia, les musiciens de rue animent, avec les moyens du bord mais dans les rĂšgles de leur art amateur, les longues soirĂ©es d’étĂ© de la ville des roses. Au dĂ©tour d’une balade le long de la corniche amĂ©nagĂ©e de Mohammedia, une chanson, des notes de guitare ou encore un karaokĂ© suffisent Ă  crĂ©er l’attroupement. Des passants ralentissent le pas. D’autres s’arrĂȘtent, filment, chantent et applaudissent. Une ambiance festive. Un plaisir partagĂ©. Le temps de quelques morceaux jouĂ©s au grĂ© de l’inspiration, la corniche se transforme en scĂšne Ă  ciel ouvert. La mer et sa brise nocturne pour dĂ©cor. Les promeneurs pour public. Parmi ces artistes qui ont fait de la corniche leur scĂšne, Ahmed Bouimezgane attire particuliĂšrement l’attention. QuadragĂ©naire, ce natif de Khouribga est connu ici sous le nom de «Udit» ! Un surnom que lui ont donnĂ© ses amis en rĂ©fĂ©rence au cĂ©lĂšbre chanteur indien Udit Narayan, qui a prĂȘtĂ© sa voix Ă  de nombreuses chansons interprĂ©tĂ©es Ă  l’écran par Shahrukh Khan, tant ils trouvaient leurs voix proches. Lorsque «Udit», le Marocain, reprend en karaokĂ© les grands airs du cinĂ©ma indien, le temps semble suspendu. La magie opĂšre. «Bole Chudiyan» (Kabhi Khushi Kabhie Gham, 2001), «I Am a Disco Dancer» (Disco Dancer, 1982), «Tum Hi Ho» (Aashiqui 2, 2013), «Kuch Kuch Hota Hai» (chanson-titre du film, 1998), «Meri Mehbooba» (Pardes, 1997), «Humko Humise Chura Lo» (Mohabbatein, 2000)
 autant de rĂ©fĂ©rences qui rĂ©veillent chez le public les souvenirs d’un cinĂ©ma indien qui a bercĂ© plusieurs gĂ©nĂ©rations. Pour complĂ©ter le spectacle, le chanteur mise Ă©galement sur l’apparence pour mieux plonger le public dans l’ambiance, vĂȘtu d’une tenue indienne avec un bandeau rouge nouĂ© autour de la tĂȘte. Depuis quatre ans, «Udit» vient chanter durant l’étĂ© sur la corniche de Mohammedia, oĂč son rĂ©pertoire trouve un public parfois Ă©tonnamment connaisseur. Des promeneurs reprennent avec lui des chansons dont ils connaissent les mĂ©lodies, et parfois mĂȘme les paroles, par cƓur ! «Les Marocains ont grandi avec le cinĂ©ma indien et ils l’aiment», explique-t-il pour justifier ce choix artistique. Au fil de ses prestations, il dit avoir rencontrĂ© des spectateurs venus de diffĂ©rentes rĂ©gions du Royaume, des Marocains du monde, mais aussi des Indiens et des Pakistanais, surpris de l’entendre chanter dans leur langue. Une passion qui l’a mĂȘme conduit Ă  New Delhi en Inde en 2018, oĂč il a participĂ© Ă  un festival international de la chanson et chantĂ© en hindi devant un public indien. Pour lui, ces sonoritĂ©s venues de loin apportent leur petite touche Ă  la corniche de Mohammedia, dont il entend, Ă  sa maniĂšre, contribuer Ă  l’animation et Ă  l’attractivitĂ©. Un peu plus loin sur la corniche, changement de dĂ©cor, de rĂ©pertoire
 Et d’époque. Rachid Kabbaj, artiste, auteur et compositeur depuis 1980, a quelque chose du troubadour des temps modernes. D’apparence sexagĂ©naire, ce natif de Sidi Slimane a grandi Ă  Casablanca, oĂč il a appris la musique, avant de consacrer sa vie Ă  son art. Il raconte avoir cĂŽtoyĂ© de nombreux artistes et jouĂ© aux cĂŽtĂ©s de groupes connus, tout en sillonnant le Royaume. DĂšs 1985, se souvient-il, il pratiquait dĂ©jĂ  l’art de rue Ă  Dakhla. Sur la corniche de Mohammedia, Rachid «le troubadour» se rĂ©invente chaque soir ! Un jour, il anime un karaokĂ© pour les enfants et les familles. Le lendemain, il chante du chaĂąbi. Un autre soir, il puise dans le rĂ©pertoire occidental ou retrouve les sonoritĂ©s mythiques de Nass El Ghiwane. Et chaque apparition s’accompagne d’une tenue et d’une allure diffĂ©rentes, au point, s’amuse-t-il, que certains habituĂ©s ne le reconnaissent pas et lui demandent oĂč est passĂ© «l’artiste qui Ă©tait lĂ  hier» ! Un jeu de mĂ©tamorphoses Ă  l’image de son rĂ©pertoire. Arabe, amazigh, rifain ou zayani, Rachid Kabbaj navigue entre les couleurs musicales du Maroc pluriel qu’il aime tant et passe d’un instrument Ă  l’autre avec la mĂȘme aisance. S’il a choisi l’art de rue, insiste-t-il, c’est avant tout parce qu’il aime aller Ă  la rencontre des gens, particuliĂšrement des enfants et des familles. Une dĂ©marche qu’il rĂ©sume par une formule bien Ă  lui : «la politique de proximitĂ© artistique» ! AprĂšs avoir parcouru le Maroc et chantĂ© dans nombre de ses villes, il dit avoir choisi la corniche de Mohammedia parce qu’elle est, Ă  ses yeux, «l’une des plus belles du Royaume». Un lieu oĂč se croisent, durant l’étĂ©, des visiteurs venus des quatre coins du pays. Et puis, il y a les autres artistes
 Ici, un guitariste joue quelques accords face Ă  la mer, entourĂ© d’un petit cercle de spectateurs. Plus loin, un autre revisite les inoubliables de la musique occidentale et invite les passants Ă  reprendre avec lui un refrain familier
 Au bout de la soirĂ©e, quelques piĂšces et billets viennent rĂ©compenser les prestations de ces artistes, glissĂ©s par un public gĂ©nĂ©reux. Un soutien qui compte, bien Ă©videmment, mais qui va de pair avec une autre forme de rĂ©compense : un applaudissement, une chanson reprise en chƓur ou simplement la reconnaissance de ceux qui s’arrĂȘtent pour les Ă©couter
 Car pour un artiste, rien ne vaut l’amour du public.

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