Au sortir de la colonisation, les espoirs Ă©taient immenses grĂące aux richesses naturelles et intellectuelles de ce lieu bĂ©ni des dieux, de lâinfrastructure et de lâĂ©lĂ©ment humain avec la pĂ©piniĂšre que constituait le CollĂšge berbĂšre devenu aprĂšs lâIndĂ©pendance le LycĂ©e Tarik Ibn Ziyad qui a fourni Ă la nation une vĂ©ritable fourmiliĂšre de cadres compĂ©tents et de grands commis de lâEtat. Nous Ă©tions en droit dâespĂ©rer un dĂ©veloppement fulgurant.
Il sâest passĂ© que nous avions choisi et subi pendant cinquante ans et jusquâĂ ce jour des conseils municipaux dâune rapacitĂ© et dâune cupiditĂ© hors norme, qui se sont servis au vu et au su de tout le monde sans vergogne au lieu de servir leur ville et ses citoyens.
Heureusement, la nature fait de temps en temps bien les choses.
Sa MajestĂ© le Roi nous a fait lâinsigne honneur il y a plus de deux ans de nous rendre visite. La bonne fĂ©e sâest penchĂ©e sur notre ville et grĂące aux moyens du Fonds Hassan II pour le dĂ©veloppement humain, le centre historique dâAzrou sâest totalement mĂ©tamorphosĂ©. Câest sĂ»r, il y a encore beaucoup Ă faire dans dâautres quartiers de la ville mais au moins nous avons des trottoirs propres, des espaces verts, des poubelles, des bancs publics mais pas du tout assez de parkings. Il est vrai que lâon ne fait pas dâomelette sans casser les Ćufs.
Mais lĂ oĂč le bĂąt blesse vraiment, câest que nos chers stratĂšges qui gĂšrent la ville en se dĂ©sintĂ©ressant de ses intĂ©rĂȘts vitaux ainsi que ceux des citoyens, se sont crus obligĂ©s de badigeonner tout trottoir qui bouge en stationnement interdit.
Dans ce centre historique, il y avait un trÚs grand parking qui a été transformé en une esplanade piétonne, des parkings qui existaient déjà (non payant ou presque) ont été officialisés payants.
Le seul parking qui a Ă©tĂ© amĂ©nagĂ© Ă cĂŽtĂ© de la grande mosquĂ©e est fin prĂȘt depuis plus de six mois. Il est fermĂ© au public pour on ne sait quelle raison, alors que le centre dâAzrou se transforme en boyau (il est vrai que nos policiers dâici sont intraitables et font respecter les interdictions), ce qui fait que le pauvre quidam qui veut visiter le centre nâa dâautre choix que de passer son chemin et les commerçants alentour sâen mordent les doigts.
Une ville ne peut pas avoir que du stationnement payant. Comment nos chers Ă©lus peuvent-ils expliquer leurs choix ? Des artĂšres dâune largeur telle quâelles peuvent supporter des stationnements des deux cĂŽtĂ©s sans gĂȘner la circulation sont interdites (entre la nouvelle mosquĂ©e et lâancienne et entre la nouvelle mosquĂ©e et le Rocher dâAzrou).
Comment expliquer le stationnement gratuit dâune quinzaine de places et qui gĂȘne la circulation devant Maroc Telecom sur une artĂšre deux fois plus Ă©troite quâĂ cĂŽtĂ© de la mosquĂ©e ?
Comment sont prises ces dĂ©cisions stupides et comment expliquer la fermeture de ce parking flambant neuf qui est fin prĂȘt et interdit au public pendant plus de 8 mois?
Ce conseil municipal qui prive les citoyens dâun parking pendant 8 mois et peut-ĂȘtre plus, car il nâest pas encore louĂ©, ne peut-il pas renvoyer lâascenseur Ă ceux qui ont contribuĂ© Ă son Ă©lection ou apprendre un peu de la SociĂ©tĂ© Autoroutes du Maroc qui met en gratuitĂ© des tronçons avant leur inauguration? Quelle arrogance et quel mĂ©pris pour ceux qui leur ont permis dâoccuper des fonctions pour lesquelles ils nâont ni les compĂ©tences, ni lâĂ©toffe, ni la classe!
De quel droit ce conseil municipal impose à toute une ville soit un stationnement payant ou une interdiction? Qui sont les véritables adjudicataires de ces parkings?
Il faut voir la tĂȘte des touristes qui voient des espaces libres et qui leur sont interdits par des amas de cailloux, une vulgaire corde et un panneau minable et qui finalement passent leur chemin comme nos compatriotes visiteurs sans sâarrĂȘter Ă Azrou âŠ. La pauvre ville dâAzrou victime des siens!
Azrou, il faut le dire, est aussi victime de ses citoyens. Il faut les voir, les Ă©couter sur les terrasses des cafĂ©s oĂč ils passent des heures entiĂšres Ă palabrer; ils ont opinion sur tout, connaissent les faits et gestes de tout le monde, de tout Ă©lu, autoritĂ©, leurs moindres magouilles et les traitent de tous les noms dâoiseaux possibles et imaginables (tous des VâŠ..). Ils refont ainsi leur monde et une fois quâils ont vidĂ© leurs sacs, ils rentrent Ă la maison lâĂąme en paix et le lendemain ils recommencent la mĂȘme litanie.
Mais ceux Ă qui sâadressent tous les noms dâoiseaux sont plus cupides quâintelligents, mais ils connaissent malheureusement lâadage qui dit : les chiens aboient et la caravane passe.
Il est vrai que chez nous, la caravane passe et rien ne se passe et nous serions capables comme dâhabitude de réélire les mĂȘmes affairistes qui ont ruinĂ© cette ville.
Pour finir et ne pas mettre tous les citoyens dans le mĂȘme sac, une pĂ©tition de plus de 200 signataires de commerçants et citoyens a Ă©tĂ© adressĂ©e le 12 janvier 2011 au gouverneur de la province dâIfrane pour dĂ©noncer ces abus de pouvoir de la municipalitĂ© dâAzrou. Huit mois aprĂšs, cette pĂ©tition a fait lâeffet dâun coup dâĂ©pĂ©e dans lâeau et nâa donnĂ© lieu Ă aucune rĂ©action des services concernĂ©s. Câest dire lâestime portĂ© aux citoyens qui demandent au mĂ©diateur nommĂ© par le Souverain dâintervenir en vue de rĂ©soudre leurs problĂšmes.
Nous nous demandons aussi, nous citoyens dâAzrou, si la prĂ©fecture dâIfrane nâa pas adoptĂ© la mĂȘme attitude que les Ă©diles de la ville.
News 12 Sep 2011 5 min read
Qui se souvient de cette si jolie petite bourgade?

