La ville de Mohammedia connaît une expansion et une urbanisation accélérées qui se sont répercutées sur son trafic routier de plus en plus dense. Dans ce contexte le transport en commun notamment urbain peine à répondre aux besoins des citoyens. «La problématique du transport est de plus en plus préoccupante, elle soulève l'éternel problème des difficultés de la mobilité urbaine. Un enjeu de taille qui nécessite une mise à niveau du secteur», affirme un élu de la ville. Et d'ajouter que des efforts ont été consentis pour compenser la faible structure du réseau routier, mais il reste beaucoup à faire pour gérer les déplacements massifs des usagers du transport en commun. Secteur prioritaire et vecteur de développement socio-économique, le transport urbain au niveau de Mohammedia et sa région est confronté à de sérieux problèmes qui se répercutent sur les usagers. L'État de certains bus et taxis laisse à désirer.
S'ajoute à cela le manque de civisme de certains conducteurs qui ne respectent pas les prescriptions du Code de la route : surcharge, excès de vitesse… D'anciens petits taxis continuent à circuler sans faire de visite technique alors que l'arrêté du 24 janvier 1953 relatif à la police de la circulation impose aux taxis comme à tous les transports publics de voyageurs des visites techniques aux centres agréés par le ministère du Transport. «Normalement les taxis toutes catégories confondues sont soumis à un contrôle permanent de propreté et d'hygiène. Le contrôle devrait porter sur l'état du véhicule, le traitement préventif contre les insectes et les parasites et la suppression des odeurs désagréables.
La tenue et la discipline des conducteurs devraient aussi être surveillées parce qu'elles valorisent davantage leur fonction auprès de la clientèle», nous confie un chauffeur de taxi. Et d'ajouter que les infractions de certains taximen nuisent à l'image de ce métier. S'agissant des bus, des habitués de ce mode de transport déplorent la prestation de certains délégataires qui privilégient le gain au détriment du confort et de la sécurité des passagers.
«Les bus ne sont pas entretenus et sont souvent en surcharge. Les conducteurs ne respectent pas les arrêts obligatoires», affirme un usager du transport en commun. Même son de cloche auprès de certains élus qui réclament un redressement de cette situation et un respect du cahier de charge.
«La situation du transport est encre plus inquiétante au niveau du transport scolaire et universitaire. Le déficit en véhicules se répercute sur les élèves et autres usagers qui s'entassent à l'intérieur des bus avec tous les risques que cela comporte», apprend-on auprès d'un employé communal. «Le calvaire est quotidien, précise cet étudiant à l'université Hassan II de Mohammedia. Les chauffeurs de bus refusent souvent de s'arrêter pour transporter les étudiants même s'ils paient une cotisation mensuelle. La commune doit activer sa police administrative pour plus de contrôle».
En effet, l'installation d'un dispositif permettant le contrôle des conducteurs de bus et taxis permettra d'améliorer la qualité du transport en commun au niveau de Mohammedia et même de diminuer les accidents de la circulation.
Une anarchie au niveau de la ligne de bus n° 1
La ligne de bus n° 1 continue d’enregistrer plusieurs abus, et ce en dépit du changement du délégataire. «Les bus assurant cette ligne ne respectent pas les dispositions du cahier de charge. Ils s’arrêtent où ils veulent, certains véhicules sont dans un mauvais état. Les sièges et vitres sont cassés sans parler des excès de vitesse et autres abus», souligne un usager de cette ligne.
Selon les professionnels de ce secteur, le changement de délégataires ne résoudra en rien les maux du transport en commun. Pour eux, un plan de déplacement urbain adapté, la consolidation des infrastructures, une signalisation efficace et la création d’une gare routière sont les principales actions à entreprendre pour mettre fin à l’anarchie.

