Oujda – Dans lâancienne mĂ©dina de la CitĂ© millĂ©naire dâOujda, oĂč s’entremĂȘlent les histoires du passĂ© et du prĂ©sent, se dresse, prĂšs de la grande porte historique “Bab El Gharbi”, l’Ă©cole Sidi Ziane, l’un des monuments Ă©ducatifs et historiques qui a conservĂ© son Ă©clat et son rayonnement pendant plus d’un siĂšcle.
ConsidĂ©rĂ©e comme le premier Ă©tablissement Ă©ducatif Ă caractĂšre officiel dans la ville, cette Ă©cole du dĂ©but du XXe siĂšcle, baptisĂ© dans un premier temps “lâĂ©cole franco-arabe”, est Ă©galement lâune des plus anciennes Ă lâĂ©chelle nationale. Elle sâest transformĂ©e au fil du temps en un monument historique et un flambeau du savoir et de la culture.
LâĂ©dification de cet Ă©tablissement, qui a ouvert ses portes le 1er octobre 1907, n’Ă©tait pas seulement un projet architectural, mais il s’agissait, plus profondĂ©ment, d’une dĂ©marche soigneusement Ă©laborĂ©e pour gagner la sympathie des habitants, Ă travers le respect des normes de l’architecture traditionnel du Royaume.
Ainsi, les deux coupoles qui furent installĂ©es dans la cour de l’Ă©cole montrent Ă quel point l’administration coloniale s’efforçait de donner Ă cet espace une ambiance familiĂšre et rassurante, en reproduisant des aspects de lâarchitecture caractĂ©risant les mausolĂ©es.
Parlant de ce monument, Badr Maqri, historien et professeur Ă la FacultĂ© des Lettres et des sciences humaines d’Oujda, a soulignĂ© que la construction de cette Ă©cole, situĂ©e dans le quartier Oulad El Gadi, est intervenue dans un contexte particulier marquĂ© par lâarrivĂ©e Ă Oujda du gĂ©nĂ©ral français Lyautey, avec comme objectif affichĂ© de crĂ©er un Ă©tablissement Ă©ducatif qui combine entre la culture arabe et la culture française.
M. Maqri a expliquĂ©, dans une dĂ©claration Ă la MAP, que les capitaux privĂ©s français avaient pris l’initiative de lancer la construction et l’Ă©quipement de l’Ă©cole, malgrĂ© le retard accusĂ© dans les dĂ©marches administratives pour allouer le budget nĂ©cessaire Ă ce projet, ce qui illustre l’importance que les autoritĂ©s coloniales attribuaient Ă cet Ă©difice, qui se voulait un pont de communication et un centre de rayonnement Ă la fois Ă©ducatif et culturel.
Avec le temps, a-t-il poursuivi, le nom de l’Ă©cole Sidi Ziane est devenu familier et courant parmi les habitants de la ville, en rĂ©fĂ©rence au mausolĂ©e situĂ© Ă sa proximitĂ©, non loin de Bab El Gharbi, et en 1948, cet Ă©tablissement a pris le nom de “lâĂ©cole lbalia”, et ce aprĂšs la construction de “lâĂ©cole jdida” dans la nouvelle ville qui a Ă©tĂ© ensuite renommĂ©e “LycĂ©e Abdelmoumen” en 1956.
Selon lui, l’Ă©cole n’a pas uniquement reçu des Ă©tudiants marocains, mais elle a Ă©galement ouvert ses portes, depuis son Ă©dification, Ă des Ă©lĂšves de pays arabes et occidentaux, ce qui lui a confĂ©rĂ© une dimension internationale.
Le chercher et universitaire Badr Maqri a aussi prĂ©cisĂ© quâinitialement, de 1907 Ă 1925, l’Ă©cole se consacrait Ă l’enseignement agricole et Ă la formation professionnelle dans les domaines de la menuiserie et de l’Ă©lectricitĂ©, mais au fil du temps, elle est devenue un Ă©tablissement dâenseignement public qui accueille les Ă©lĂšves de tous niveaux.
Il a, par ailleurs, fait remarquer que la visite du roi des Belges, Albert Ier et son Ă©pouse en 1921, a constituĂ© un moment marquant dans l’histoire de cette Ă©cole dans la mesure oĂč elle a Ă©tĂ© perçue comme un acte de reconnaissance de son importance et de son rĂŽle, ajoutant que lâĂ©rudit Mohamed Ben Hassan El Hajoui Taalbi, Ă©tait prĂ©sident de l’Association des parents et tuteurs des Ă©lĂšves de l’Ă©cole de 1910 Ă 1938.
Outre sa fonction Ă©ducative, l’Ă©cole Sidi Ziane a occupĂ© une place centrale dans le mouvement culturel et artistique ayant marquĂ© la ville dâOujda, puisquâelle a connu, en 1921, la naissance de la premiĂšre association de musique au Maroc, portant le nom de “LâAssociation Al Andaloussia dâOujda” qui a ensuite reprĂ©sentĂ© le Royaume au Salon international de Paris en 1931, dâoĂč le rĂŽle de rĂŽle de lâĂ©cole et tant que vĂ©ritable phare multidimensionnel.
L’Ă©cole Sidi Ziane Ă©tait aussi une pĂ©piniĂšre pour les Ă©lites politiques et culturelles marocaines et arabes, a encore soulignĂ© M. Maqri, rappelant que plusieurs personnalitĂ©s marocaines, maghrĂ©bines et Ă©trangĂšres sont passĂ©es par cet Ă©tablissement.
En dĂ©pit des transformations urbaines et dĂ©mographiques qu’a connues la citĂ© millĂ©naire, l’Ă©cole Sidi Ziane conserve toujours sa place et poursuit ses missions Ă©ducatives, prĂ©servant son hĂ©ritage historique et son caractĂšre authentique. Elle demeure ainsi un monument et symbole de l’Ă©volution de l’enseignement dans la ville depuis le dĂ©but du XXe siĂšcle.
Aujourd’hui, plus d’un siĂšcle aprĂšs son Ă©dification, l’Ă©cole Sidi Ziane est considĂ©rĂ©e comme un tĂ©moin clĂ© d’une Ă©tape dĂ©terminante de l’histoire de la ville et un symbole de la mĂ©moire collective des Oujdis, illustrant l’harmonie entre le passĂ© et le prĂ©sent, et confirmant le rĂŽle stratĂ©gique des Ă©tablissement Ă©ducatifs qui, au-delĂ de la simple transmission du savoir, participent activement Ă l’influence et Ă l’Ă©volution de la sociĂ©tĂ©.
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