Dakhla – Durant le mois sacrĂ© du Ramadan, le marchĂ© “Tiress” Ă Dakhla, connait une dynamique assez particulière, Ă la faveur de la grande affluence des clients en quĂŞte de tenues traditionnelles authentiques qui reflètent la richesse du patrimoine hassani.
En effet, une dynamique exceptionnelle s’est emparĂ©e des diffĂ©rents magasins de ce marchĂ© oĂą les couleurs et les tissus s’entremĂŞlent, offrant aux visiteurs une large palette de choix d’habits traditionnels en l’occurrence les “Derraâas” Ă©lĂ©gants et les “Melhafas” multicolores, outre les turbans et pantalons bouffants “Stembel”.
SituĂ© au centre-ville de la perle du Sud, le marchĂ© “Tiress” se veut une destination incontournable pour les clients souhaitant se procurer ces habits traditionnels, alors que les couturiers et vendeurs Ă©talent de vĂ©ritables chefs-d’Ĺ“uvres artistiques de diffĂ©rents couleurs, rĂ©pondant Ă tous les goĂ»ts et alliant simplicitĂ© et Ă©lĂ©gance.
InterrogĂ© par la MAP, Mohamed Al Kentaoui, qui a accumulĂ© une expĂ©rience de plus de trois dĂ©cennies dans la conception et la couture de “Derraâa”, a mis l’accent sur les spĂ©cificitĂ©s de cet habit traditionnel très prisĂ© par les hommes dans les provinces Sud du Royaume, faisant observer qu’il incarne la culture et le patrimoine de la rĂ©gion.
“La Derraâa suscite un intĂ©rĂŞt particulier de la part des couturiers qui font preuve de finesse et de dextĂ©ritĂ© et ne cessent d’innover en motifs et en couleurs”, a-t-il fait savoir, prĂ©cisant que les prix de ces tenues se diffĂ©rent selon la qualitĂ© de l’étoffe et de la couture, ainsi que la durĂ©e de production.
Certaines “Derraâa” de luxe, a-t-il expliquĂ©, nĂ©cessitent plus de trois semaines de broderie Ă la main et requièrent un savoir-faire et une haute technicitĂ©, et sont gĂ©nĂ©ralement demandĂ©es lors des mariages ou des cĂ©lĂ©brations familiales.
M. Al Kentaoui a Ă©galement indiquĂ© qu’il reçoit chaque semaine des commandes en dehors de Dakhla, notamment de M’hamid El Ghizlane, Tata et Zagora, ce qui confirme la popularitĂ© de cet habit dont l’affluence des clients bat son plein Ă l’occasion des fĂŞtes religieuses.
En vue de rĂ©pondre aux demandes des clients, les couturiers recourent aux talents des immigrĂ©s subsahariens en la matière, qui s’emploient Ă coudre subtilement cet habit traditionnel et s’intègrent facilement.
Selon lui, ces immigrés font preuve de dextérité, en donnant libre cours à leur imagination pour concevoir divers styles et modèles de ce costume traditionnel.
Pour rĂ©pondre aux tendances et styles vestimentaires des jeunes, les couturiers s’efforcent constamment de dĂ©velopper leur savoir-faire, notamment au cours de la dernière dĂ©cennie, tout en prĂ©servant son aspect originel, a-t-il enchainĂ©, faisant remarquer que de nouvelles broderies portant le cachet africain ont Ă©tĂ© introduites Ă la “Derraâa”.
De son cĂ´tĂ©, le prĂ©sident de l’Association du patrimoine du Cheikh Mohammed Al-Mami, Abdelaziz Cheikh Mohamed Al-Mami, a soulignĂ© que “Derraâa” reprĂ©sente “une culture Ă part entière, Ă©tant donnĂ© qu’elle incarne la richesse du patrimoine culturel hassani”.
Cette tenue traditionnelle fait partie des traditions de la sociĂ©tĂ© hassanie et “Nous tenons Ă la porter dans toutes les occasions religieuses, telles que le Ramadan et les fĂŞtes”, a-t-il ajoutĂ©.
Ainsi, le marchĂ© “Tiress” Ă Dakhla se transforme, durant ce mois bĂ©ni, en une vĂ©ritable vitrine de la richesse et de la diversitĂ© du patrimoine culturel ancestral de la rĂ©gion, d’autant plus qu’il tĂ©moigne de l’attachement des habitants des provinces du Sud Ă leur identitĂ© et culture.
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