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Casablanca (in Arabic: Ű§Ù„ŰŻŰ§Ű± Ű§Ù„ŰšÙŠŰ¶Ű§ŰĄ) is a prefecture in the Moroccan region of Casablanca-Settat (In Arabic: Ű§Ù„ŰŻŰ§Ű± Ű§Ù„ŰšÙŠŰ¶Ű§ŰĄ Ű§Ù„ÙƒŰšŰ±Ù‰ - ۳۷ۧŰȘ).

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News 09 May 2026 4 min read

Navires en rade : Grand bouchon maritime Ă  Casablanca

Navires en rade : Grand bouchon maritime Ă  Casablanca

C’est surtout l’anticipation qui a fait naufrage. Les investissements arrivent tard, les infrastructures peinent Ă  suivre, les Ă©quipements manquent Ă  l’appel.

Au port de Casablanca, ce n’est plus une congestion, c’est une conversion qui ne dit pas son nom qui frappe : on est passĂ© du trafic maritime au trafic
 statique. Les navires n’y accostent plus, ils y prennent leur mal en patience. À perte de vue, les coques s’alignent comme des voitures un jour de dĂ©part en vacances, sauf qu’ici, la mer ne mĂšne nulle part. Elle tourne en rond, faute de courant. Le spectacle est incroyable : une rade transformĂ©e en parking flottant, des files de navires qui s’étirent jusqu’à frĂŽler les abords du Morocco Mall. Le plus grand centre commercial d’Afrique regarde dĂ©sormais passer
 des cargos immobilisĂ©s. Ironie du sort : Ă  dĂ©faut de faire circuler les marchandises, Casablanca offre une vitrine grandeur nature de ses propres blocages. Du luxe, vraiment. L’exception est devenue la rĂšgle.

Depuis l’automne 2025, la congestion s’est installĂ©e durablement comme un squatteur qu’on n’arrive plus Ă  dĂ©loger. Plus de 60 navires en rade aujourd’hui, dont une armada de cĂ©rĂ©aliers. RĂ©sultat : des dĂ©lais qui dĂ©rivent dangereusement ; une dizaine de jours en moyenne, jusqu’à un mois pour certains chargements. Le temps, ici, ne s’écoule plus : il a suspendu son vol ou sa navigation. Et pendant que les bateaux sont en rade, les coĂ»ts, eux, prennent le large. Les surestaries s’envolent, atteignant des dizaines de milliers de dollars par jour. Une addition salĂ©e qui finit, comme souvent, dans l’assiette du consommateur. Au port de Casablanca, chaque jour d’attente est une taxe cachĂ©e, un impĂŽt flottant que personne ne vote mais que tout le monde paie malgrĂ© lui et Ă  son indu. DerriĂšre ce grand embouteillage maritime, les causes s’entremĂȘlent comme des amarres mal nouĂ©es. L’activitĂ© Ă©conomique tire les flux vers le haut, mais les capacitĂ©s, elles, restent Ă  quai.

Le trĂšs sollicitĂ© port de Tanger Med dĂ©borde Ă  son tour et refoule une partie du trafic vers Casablanca, qui n’avait dĂ©jĂ  plus de marge. Ajoutez Ă  cela une mĂ©tĂ©o capricieuse ayant fermĂ© le port Ă  rĂ©pĂ©tition, et vous obtenez un cocktail parfait pour paralyser une machine dĂ©jĂ  essoufflĂ©e. Servi frais, mais sans glaçon. Mais au-delĂ  des alĂ©as, c’est surtout l’anticipation qui a fait naufrage. Les investissements arrivent tard, les infrastructures peinent Ă  suivre, les Ă©quipements manquent Ă  l’appel. RĂ©sultat: un port qui fonctionne Ă  flux tendu
 jusqu’à la rupture. Un cercle vicieux s’est installĂ© : plus il y a de trafic, plus ça bloque ; plus ça bloque, plus ça coĂ»te ; et plus ça coĂ»te, plus l’économie trinque. Et Ă  force de trinquer, on finit par avoir mal Ă  la tĂȘte. Les rĂ©percussions dĂ©passent largement les quais. Les industriels voient leurs chaĂźnes de production grippĂ©es, faute de matiĂšres premiĂšres. Les exportateurs jouent avec le feu des pĂ©nalitĂ©s et des contrats rompus. Et pendant ce temps, la fiabilitĂ© du port s’effrite.

À force de retards, Casablanca risque de rater le coche : les armateurs pourraient finir par lever l’ancre
 ailleurs, de prĂ©fĂ©rence lĂ  oĂč l’eau coule encore dans le bon sens. Et au milieu de ce vacarme logistique, un silence assourdissant : celui de l’Agence nationale des ports. L’ANP regarde le port s’engorger comme on observe une marĂ©e monter, sans un mot, sans un cap clair, sans explication publique Ă  la hauteur de la tempĂȘte. EmmurĂ©e dans une communication au point mort, elle laisse les opĂ©rateurs naviguer Ă  vue ou plutĂŽt, dĂ©river Ă  quai. Muette comme une carpe. Certes, des investissements sont annoncĂ©s, des travaux sont en cours, des Ă©quipements promis. Mais dans l’immĂ©diat, cela ressemble Ă  des rustines sur une coque fissurĂ©e. Les amĂ©liorations ne sont pas attendues avant plusieurs mois, et d’ici lĂ , le port continuera de tousser, de saturer, de ralentir. Autant dire que le Quai des Brumes n’est pas prĂšs de devenir le Quai des Solutions. Casablanca voulait ĂȘtre un hub. Elle est en train de devenir un goulot. Un port qui n’exporte plus seulement des marchandises, mais aussi
 ses propres dysfonctionnements, en circulation maritime restreinte. À force d’attendre, mĂȘme la mer finit par s’impatienter. Et quand la mer s’énerve, les bateaux, eux, ne demandent qu’une chose : lever le pied
 pour de bon.

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