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About Casablanca prefecture

Casablanca (in Arabic: Ű§Ù„ŰŻŰ§Ű± Ű§Ù„ŰšÙŠŰ¶Ű§ŰĄ) is a prefecture in the Moroccan region of Casablanca-Settat (In Arabic: Ű§Ù„ŰŻŰ§Ű± Ű§Ù„ŰšÙŠŰ¶Ű§ŰĄ Ű§Ù„ÙƒŰšŰ±Ù‰ - ۳۷ۧŰȘ).

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News 26 Apr 2026 5 min read

Casablanca : Le palais des mirages

Casablanca : Le palais des mirages

À Casablanca, l’unanimitĂ© tient lieu de discipline olympique oĂč tout le monde dĂ©croche la mĂ©daille d’or: patrons, notables, Ă©lus, administrations. Tous sur la mĂȘme ligne, aussi ferme qu’inopĂ©rante. Il faut un Palais des congrĂšs et des expositions. Absolument. Tout de suite. Mais …

Saliha Toumi

Ça structurera, dit-on, ça rayonnera. Le seul petit problĂšme ? On en parle depuis si longtemps que le projet flotte dĂ©sormais entre la lĂ©gende urbaine et la blague de comptoir. Comment expliquer que la capitale Ă©conomique du royaume – vitrine du Maroc qui conquiert l’Afrique – continue Ă  vivre sans palais des congrĂšs Ă  la hauteur de ses ambitions assumĂ©es ? Pendant que des villes autrement moins dotĂ©es bouclent leurs propres Ă©quipements MICE, Casablanca, elle, ne manque pas de rĂ©unions. Surtout celles qui servent Ă  prĂ©parer d’autres rĂ©unions


Effets d’annonce

Les chiffres, eux, donnent le tournis ou le fou rire. Un milliard de dirhams dans une version, quatre dans la suivante. PPP, tour de table Ă©quilibrĂ©, investisseurs Ă©trangers dĂ©jĂ  sur les rangs : sur le papier, tout est nickel. Reste que le papier n’a jamais coulĂ© une seule dalle.

L’État et les collectivitĂ©s locales ne seront pas de simples bailleurs, nous jure-t-on, mais des actionnaires Ă©clairĂ©s. Façon Ă©lĂ©gante de dire que tout le monde veut ĂȘtre de l’aventure 
 Sans jamais sauter le pas . Pendant ce temps, le projet navigue entre Ă©tudes, arbitrages fonciers au point mort et effets d’annonce, tel un paquebot amarrĂ© Ă  quai faute de commandant. Quant Ă  l’emplacement dĂ©finitif, il reste, lui aussi, dĂ©finitivement Ă  dĂ©terminer.

Au dĂ©part, on parlait de Bouskoura. Trois cent cinquante hectares de promesses emballĂ©es dans du papier cadeau. Le projet a depuis rejoint le cimetiĂšre discret des grandes illusions, enterrĂ© sans fleurs ni couronnes. Place nette pour la rĂ©vĂ©lation suivante : cap sur Nouaceur. Quatre cents hectares cette fois, une « ville dans la ville » – palais des congrĂšs, agropole, universitĂ©, hĂŽtels, commerces modernes : le grand mĂ©nage Ă  trois entre l’utopie, le luxe et l’ennui. ValidĂ© depuis deux ans, dit-on. Deux ans dĂ©jĂ . Et toujours ce silence Ă©trange qui entoure curieusement ce projet structurant censĂ© avancer. Rituel oblige, on a donc sorti la « solution transitoire » : transformer la Foire internationale. En attendant mieux. Casablanca excelle dans l’attentisme Ă©rigĂ© en politique publique. Le besoin, lui, reste lĂ , criant, inchangĂ©. La locomotive Ă©conomique du pays continue d’abriter quelques Ă©vĂ©nements dans des hĂŽtels, pendant que son palais des congrĂšs voyage de terrain en terrain sans jamais poser la premiĂšre pierre.

Ici, valider un projet n’est pas un dĂ©but d’exĂ©cution. C’est le point de dĂ©part d’un long sommeil administratif, une hibernation ponctuĂ©e d’Ă©tudes complĂ©mentaires et de rĂ©ajustements. Jusqu’Ă  ce qu’un nouveau site, encore plus ambitieux, vienne opportunĂ©ment remplacer le prĂ©cĂ©dent. Certaines sources qui connaissent les dessus des briques chuchotent une tout autre musique. DerriĂšre les atermoiements techniques et les arbitrages interminables se cacherait une rĂ©alitĂ© moins avouable : des appĂ©tits fonciers bien aiguisĂ©s. Les prĂ©dateurs habituels, ceux qui savent que chaque annĂ©e de flottement fait grimper la valeur du terrain, que chaque changement de site ouvre une nouvelle fenĂȘtre de tir. Pendant que les dossiers s’empilent, quelques-uns se frottent les mains en attendant que le futur palais passe suffisamment prĂšs de leurs emprises pour justifier une petite plus-value arrangĂ©e entre amis. L’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral ? Une notion charmante qui n’est cĂ©lĂ©brĂ©e que dans les discours. Cerise supplĂ©mentaire sur ce gĂąteau de ce blocage organisĂ©: ce dernier fait les affaires de Marrakech. 

Pendant que Casablanca piĂ©tine, la citĂ© ocre, elle, ne piĂ©tine pas. Elle continue Ă  rafler les gros Ă©vĂ©nements, les incentives des multinationales, les grands salons, les congrĂšs internationaux, les confĂ©rences Ă  rallonge. Les mĂȘmes organisateurs qui, dans un monde rationnel, devraient atterrir Ă  Casablanca continuent de remplir les palaces de l’avenue Mohamed VI sans mĂȘme jeter un regard en direction de la capitale Ă©conomique. Marrakech n’a rien demandĂ©, elle rĂ©colte.

Cerise satirique sur le gĂąteau : Casablanca attire dĂ©jĂ  des investisseurs Ă©trangers ( Émiratis, Espagnols, Allemands
) tous sĂ©duits par un projet
 virtuel. Ce palais des congrĂšs est devenu le symbole parfait d’une certaine gouvernance: bavarde sur les ambitions, muette sur l’exĂ©cution, prodigue en projections, avare en rĂ©alisations. Une maquette grandeur nature de ce que Casablanca pourrait ĂȘtre
 si elle cessait de remettre Ă  demain ce qu’elle promet depuis hier. Cet enlisement est d’autant plus incomprĂ©hensible que le palais des congrĂšs qui tourne Ă  l’ArlĂ©sienne est censĂ© s’inscrire Une Ă©chĂ©ance qui reprĂ©sente pour le pays plus qu’un horizon calendaire. C’est un point de bascule, un levier majeur que les pouvoirs publics comptent utiliser comme levier pour changer d’échelle.

L’organisation de la Coupe du monde de football 2030 aux cĂŽtĂ©s de Espagne et du Portugal dĂ©passe donc largement le cadre sportif: elle agit comme un catalyseur , un accĂ©lĂ©rateur et, surtout, un test grandeur nature. C’est un cap, parce qu’il impose une discipline collective. Infrastructures, transports, hĂŽtellerie, urbanisme, services publics : tout doit converger vers un mĂȘme objectif, dans un calendrier contraint. Nous sommes en 2026, Ă  quatre ans de cette date importante, mais toujours pas de chantier pour notre palais des congrĂšs , pas de grue, pas de pelleteuse, pas mĂȘme une premiĂšre pierre Ă  offrir aux camĂ©ras pour le JT immuable de 20h30 du grand Laaraichi.

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