OrganisĂ© dans le cadre des Climate Talks Ă lâinitiative de lâAmbassade dâAllemagne au Maroc, avec le soutien de la Deutsche Gesellschaft fĂŒr Internationale Zusammenarbeit (GIZ) et du Partenariat Ă©nergĂ©tique maroco-allemand (PAREMA), lâĂ©vĂ©nement a rĂ©uni dĂ©cideurs politiques, experts de lâĂ©nergie, universitaires, reprĂ©sentants dâinstitutions internationales et acteurs du secteur privĂ©.
Objectif affichĂ© : poser les bases dâun marchĂ© euro-marocain de lâĂ©lectricitĂ© renouvelable, porteur de prospĂ©ritĂ© partagĂ©e, de rĂ©silience Ă©nergĂ©tique et de transition bas carbone.
Un pont énergétique durable entre les deux rives de la Méditerranée
Dans un contexte marquĂ© par les tensions gĂ©opolitiques, notamment en Ukraine, et la volatilitĂ© des marchĂ©s gaziers, lâEurope cherche Ă diversifier ses sources dâapprovisionnement. Le Maroc se positionne dĂšs lors comme un partenaire stratĂ©gique, fort de ses ressources renouvelables abondantes, solaire, Ă©olien et hydraulique, et dâune ambition claire : porter la part des Ă©nergies renouvelables Ă plus de 52âŻ% de son mix Ă©nergĂ©tique dâici 2030, contre 45âŻ% en 2024.
Cette transition repose sur des projets structurants, tels que lâextension du complexe solaire Noor Ă Ouarzazate, le dĂ©veloppement de lâĂ©olien onshore et offshore, et lâessor de lâhydrogĂšne vert. Lâinterconnexion MarocâEurope ne se limite plus Ă une coopĂ©ration environnementale : elle devient un levier de compĂ©titivitĂ© rĂ©gionale, via la mutualisation des capacitĂ©s, lâoptimisation des flux transfrontaliers et la construction dâun marchĂ© intĂ©grĂ©.
Vers un socle rĂ©glementaire et une vision intĂ©grĂ©e de lâinterconnexion
Lâouverture du symposium a Ă©tĂ© marquĂ©e par lâintervention de Madame Leila Benali, Ministre de la Transition Ă©nergĂ©tique et du DĂ©veloppement durable, qui a rappelĂ© les avancĂ©es concrĂštes de la coopĂ©ration Ă©nergĂ©tique MarocâEspagne, notamment lâinterconnexion portĂ©e Ă 1 400 MW. Elle a soulignĂ© lâurgence de franchir une nouvelle Ă©tape en dotant ces Ă©changes dâun cadre juridique et opĂ©rationnel stable. Cet appel a Ă©tĂ© relayĂ© par M. Robert Dölger, Ambassadeur dâAllemagne au Maroc, qui a saluĂ© la vision stratĂ©gique marocaine et insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© dâun environnement rĂ©glementaire clair et prĂ©visible, en particulier pour encourager lâinvestissement privĂ© dans des filiĂšres innovantes comme lâhydrogĂšne vert. Dans cette perspective, la professeure Dörte Fouquet, experte en droit de lâĂ©nergie, a rappelĂ© les conditions indispensables Ă un marchĂ© intĂ©grĂ© : harmonisation des rĂšgles de transit, reconnaissance mutuelle des garanties dâorigine et convergence des modĂšles tarifaires. Enfin, M. Ismail Kassou, Doyen par intĂ©rim de la FacultĂ© hĂŽte, a insistĂ© sur lâimportance des infrastructures, soulignant que la rĂ©ussite de cette interconnexion ne repose pas uniquement sur les capacitĂ©s physiques, mais sur la structuration de marchĂ©s fiables, interopĂ©rables et bien rĂ©gulĂ©s.
Une opportunité économique structurelle pour les deux continents
LâintĂ©gration Ă©nergĂ©tique euro-marocaine prĂ©sente un potentiel Ă©conomique significatif, Ă la fois pour le Maroc, en tant que pays producteur Ă faibles coĂ»ts, et pour lâEurope, en quĂȘte de sources dĂ©carbonĂ©es, stables et compĂ©titives. Selon des estimations croisĂ©es du Centre de dĂ©veloppement de lâĂ©nergie renouvelable et dâinstituts europĂ©ens, les Ă©changes commerciaux dâĂ©lectricitĂ© verte pourraient atteindre 3 Ă 5 milliards dâeuros par an dâici 2035. Des projets structurants, tels que lâinterconnexion Ă©lectrique Xlinks entre le Maroc et le Royaume-Uni, illustrent dĂ©jĂ cette dynamique.
Parmi les bénéfices attendus :
Parmi les perspectifs phares du symposium figurait le dĂ©veloppement de lâhydrogĂšne vert, considĂ©rĂ© comme un vecteur stratĂ©gique de dĂ©carbonations pour les industries lourdes europĂ©ennes. Le Maroc, avec ses vastes Ă©tendues dĂ©sertiques et son fort ensoleillement, prĂ©voit une capacitĂ© installĂ©e de 4 GW dâĂ©lectrolyse dâici 2035. Cette production pourrait couvrir jusquâĂ 10 % des besoins europĂ©ens en hydrogĂšne bas-carbone, selon les scĂ©narios de la Commission europĂ©enne.
Le PAREMA, partenariat bilatĂ©ral actif depuis 2012, joue un rĂŽle central dans la structuration de cette nouvelle filiĂšre. Il accompagne la mise en Ćuvre de projets pilotes, facilite les dialogues intergouvernementaux, et Ćuvre Ă lâalignement des standards rĂ©glementaires et au financement de lâinnovation.
Vers une coopération énergétique régionale élargie
Plusieurs intervenants ont soulignĂ© le rĂŽle du Maroc en tant que hub Ă©nergĂ©tique rĂ©gional, capable dâĂ©largir lâintĂ©gration au-delĂ de lâaxe euro-marocain. LâĂ©mergence dâun corridor Ă©nergĂ©tique sud-nord, reliant lâAfrique de lâOuest et lâEurope via le Maroc, pourrait transformer les excĂ©dents renouvelables marocains en levier de souverainetĂ© Ă©nergĂ©tique continentale.
Résultats attendus :
La recherche universitaire comme levier dâinnovation
LâUniversitĂ© Mohammed V de Rabat sâaffirme comme un acteur de premier plan dans la recherche appliquĂ©e en matiĂšre Ă©nergĂ©tique. Elle dĂ©veloppe des projets dâenvergure dans des domaines aussi stratĂ©giques que le stockage stationnaire, lâintelligence artificielle appliquĂ©e Ă la gestion des rĂ©seaux intelligents, la modĂ©lisation Ă©conomique des marchĂ©s interconnectĂ©s ou encore le cadre juridique des Ă©changes transfrontaliers dâĂ©lectricitĂ©.
Ce socle scientifique renforce non seulement la crĂ©dibilitĂ© du Maroc Ă lâĂ©chelle internationale, mais contribue aussi Ă former les futurs experts de la transition Ă©nergĂ©tique, dans un esprit dâalignement entre excellence acadĂ©mique, besoins industriels et enjeux climatiques.
Des défis structurants à relever
Pour concrĂ©tiser lâambition dâun marchĂ© Ă©nergĂ©tique euro-marocain pleinement intĂ©grĂ©, plusieurs dĂ©fis opĂ©rationnels et institutionnels majeurs doivent ĂȘtre relevĂ©s. Bien anticipĂ©s, ces enjeux peuvent devenir de vĂ©ritables catalyseurs de transformation :
Objectif affichĂ© : poser les bases dâun marchĂ© euro-marocain de lâĂ©lectricitĂ© renouvelable, porteur de prospĂ©ritĂ© partagĂ©e, de rĂ©silience Ă©nergĂ©tique et de transition bas carbone.
Un pont énergétique durable entre les deux rives de la Méditerranée
Dans un contexte marquĂ© par les tensions gĂ©opolitiques, notamment en Ukraine, et la volatilitĂ© des marchĂ©s gaziers, lâEurope cherche Ă diversifier ses sources dâapprovisionnement. Le Maroc se positionne dĂšs lors comme un partenaire stratĂ©gique, fort de ses ressources renouvelables abondantes, solaire, Ă©olien et hydraulique, et dâune ambition claire : porter la part des Ă©nergies renouvelables Ă plus de 52âŻ% de son mix Ă©nergĂ©tique dâici 2030, contre 45âŻ% en 2024.
Cette transition repose sur des projets structurants, tels que lâextension du complexe solaire Noor Ă Ouarzazate, le dĂ©veloppement de lâĂ©olien onshore et offshore, et lâessor de lâhydrogĂšne vert. Lâinterconnexion MarocâEurope ne se limite plus Ă une coopĂ©ration environnementale : elle devient un levier de compĂ©titivitĂ© rĂ©gionale, via la mutualisation des capacitĂ©s, lâoptimisation des flux transfrontaliers et la construction dâun marchĂ© intĂ©grĂ©.
Vers un socle rĂ©glementaire et une vision intĂ©grĂ©e de lâinterconnexion
Lâouverture du symposium a Ă©tĂ© marquĂ©e par lâintervention de Madame Leila Benali, Ministre de la Transition Ă©nergĂ©tique et du DĂ©veloppement durable, qui a rappelĂ© les avancĂ©es concrĂštes de la coopĂ©ration Ă©nergĂ©tique MarocâEspagne, notamment lâinterconnexion portĂ©e Ă 1 400 MW. Elle a soulignĂ© lâurgence de franchir une nouvelle Ă©tape en dotant ces Ă©changes dâun cadre juridique et opĂ©rationnel stable. Cet appel a Ă©tĂ© relayĂ© par M. Robert Dölger, Ambassadeur dâAllemagne au Maroc, qui a saluĂ© la vision stratĂ©gique marocaine et insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© dâun environnement rĂ©glementaire clair et prĂ©visible, en particulier pour encourager lâinvestissement privĂ© dans des filiĂšres innovantes comme lâhydrogĂšne vert. Dans cette perspective, la professeure Dörte Fouquet, experte en droit de lâĂ©nergie, a rappelĂ© les conditions indispensables Ă un marchĂ© intĂ©grĂ© : harmonisation des rĂšgles de transit, reconnaissance mutuelle des garanties dâorigine et convergence des modĂšles tarifaires. Enfin, M. Ismail Kassou, Doyen par intĂ©rim de la FacultĂ© hĂŽte, a insistĂ© sur lâimportance des infrastructures, soulignant que la rĂ©ussite de cette interconnexion ne repose pas uniquement sur les capacitĂ©s physiques, mais sur la structuration de marchĂ©s fiables, interopĂ©rables et bien rĂ©gulĂ©s.
Une opportunité économique structurelle pour les deux continents
LâintĂ©gration Ă©nergĂ©tique euro-marocaine prĂ©sente un potentiel Ă©conomique significatif, Ă la fois pour le Maroc, en tant que pays producteur Ă faibles coĂ»ts, et pour lâEurope, en quĂȘte de sources dĂ©carbonĂ©es, stables et compĂ©titives. Selon des estimations croisĂ©es du Centre de dĂ©veloppement de lâĂ©nergie renouvelable et dâinstituts europĂ©ens, les Ă©changes commerciaux dâĂ©lectricitĂ© verte pourraient atteindre 3 Ă 5 milliards dâeuros par an dâici 2035. Des projets structurants, tels que lâinterconnexion Ă©lectrique Xlinks entre le Maroc et le Royaume-Uni, illustrent dĂ©jĂ cette dynamique.
Parmi les bénéfices attendus :
- Une rĂ©duction des prix marginaux de lâĂ©lectricitĂ© pour les consommateurs europĂ©ens, en particulier dans la pĂ©ninsule IbĂ©rique ;
- Une rĂ©silience accrue face Ă lâintermittence des Ă©nergies renouvelables, grĂące Ă une complĂ©mentaritĂ© horaire de production entre les deux rives ;
- Le dĂ©veloppement dâun Ă©cosystĂšme industriel vert au Maroc, fondĂ© sur la production locale de composants stratĂ©giques (panneaux photovoltaĂŻques, turbines, Ă©lectrolyseurs).
- La crĂ©ation de plus de 120 000 emplois qualifiĂ©s dâici 2035 dans les domaines de lâingĂ©nierie, de la rĂ©gulation Ă©nergĂ©tique, de la finance climat et des technologies de l'information appliquĂ©es Ă lâĂ©nergie.
Parmi les perspectifs phares du symposium figurait le dĂ©veloppement de lâhydrogĂšne vert, considĂ©rĂ© comme un vecteur stratĂ©gique de dĂ©carbonations pour les industries lourdes europĂ©ennes. Le Maroc, avec ses vastes Ă©tendues dĂ©sertiques et son fort ensoleillement, prĂ©voit une capacitĂ© installĂ©e de 4 GW dâĂ©lectrolyse dâici 2035. Cette production pourrait couvrir jusquâĂ 10 % des besoins europĂ©ens en hydrogĂšne bas-carbone, selon les scĂ©narios de la Commission europĂ©enne.
Le PAREMA, partenariat bilatĂ©ral actif depuis 2012, joue un rĂŽle central dans la structuration de cette nouvelle filiĂšre. Il accompagne la mise en Ćuvre de projets pilotes, facilite les dialogues intergouvernementaux, et Ćuvre Ă lâalignement des standards rĂ©glementaires et au financement de lâinnovation.
Vers une coopération énergétique régionale élargie
Plusieurs intervenants ont soulignĂ© le rĂŽle du Maroc en tant que hub Ă©nergĂ©tique rĂ©gional, capable dâĂ©largir lâintĂ©gration au-delĂ de lâaxe euro-marocain. LâĂ©mergence dâun corridor Ă©nergĂ©tique sud-nord, reliant lâAfrique de lâOuest et lâEurope via le Maroc, pourrait transformer les excĂ©dents renouvelables marocains en levier de souverainetĂ© Ă©nergĂ©tique continentale.
Résultats attendus :
- Renforcement de la coopĂ©ration interafricaine en matiĂšre dâinfrastructures et de production Ă©nergĂ©tique ;
- Diversification des débouchés pour les énergies marocaines ;
- Accélération de la transition énergétique du continent grùce à la mutualisation des expertises, ressources et financements ;
La recherche universitaire comme levier dâinnovation
LâUniversitĂ© Mohammed V de Rabat sâaffirme comme un acteur de premier plan dans la recherche appliquĂ©e en matiĂšre Ă©nergĂ©tique. Elle dĂ©veloppe des projets dâenvergure dans des domaines aussi stratĂ©giques que le stockage stationnaire, lâintelligence artificielle appliquĂ©e Ă la gestion des rĂ©seaux intelligents, la modĂ©lisation Ă©conomique des marchĂ©s interconnectĂ©s ou encore le cadre juridique des Ă©changes transfrontaliers dâĂ©lectricitĂ©.
Ce socle scientifique renforce non seulement la crĂ©dibilitĂ© du Maroc Ă lâĂ©chelle internationale, mais contribue aussi Ă former les futurs experts de la transition Ă©nergĂ©tique, dans un esprit dâalignement entre excellence acadĂ©mique, besoins industriels et enjeux climatiques.
Des défis structurants à relever
Pour concrĂ©tiser lâambition dâun marchĂ© Ă©nergĂ©tique euro-marocain pleinement intĂ©grĂ©, plusieurs dĂ©fis opĂ©rationnels et institutionnels majeurs doivent ĂȘtre relevĂ©s. Bien anticipĂ©s, ces enjeux peuvent devenir de vĂ©ritables catalyseurs de transformation :
- Lâharmonisation des cadres rĂ©glementaires entre le Maroc et ses partenaires europĂ©ens, afin de garantir la compatibilitĂ© des dispositifs juridiques et de faciliter les Ă©changes transfrontaliers dâĂ©lectricitĂ© ;
- La reconnaissance mutuelle des garanties dâorigine pour lâĂ©lectricitĂ© verte, essentielle pour assurer la transparence, la traçabilitĂ© et la crĂ©dibilitĂ© des flux dâĂ©nergie renouvelable ;
- La mise en place de mĂ©canismes de financement adaptĂ©s, capables de soutenir des projets Ă long terme tout en attĂ©nuant les risques liĂ©s Ă la complexitĂ© rĂ©glementaire et aux dĂ©lais de mise en Ćuvre ;
- Le renforcement des capacitĂ©s de stockage et de flexibilitĂ© des rĂ©seaux, indispensable pour stabiliser lâapprovisionnement Ă©nergĂ©tique dans un contexte de forte pĂ©nĂ©tration des sources renouvelables intermittentes.
Conclusion : vers une gouvernance mĂ©diterranĂ©enne de lâĂ©nergie verte
Le symposium de Rabat a mis en lumiĂšre les contours dâun nouvel ordre Ă©nergĂ©tique euro-mĂ©diterranĂ©en, dans lequel lâĂ©lectricitĂ© verte nâest plus un simple vecteur technologique ou Ă©cologique, mais un actif stratĂ©gique, Ă©conomique et gĂ©opolitique.
Pour concrĂ©tiser ce potentiel, quatre prioritĂ©s sâimposent :
Pour concrĂ©tiser ce potentiel, quatre prioritĂ©s sâimposent :
- La crĂ©ation dâune gouvernance rĂ©gionale partagĂ©e et inclusive ;
- La standardisation des cadres rĂ©glementaires et des mĂ©canismes de soutien Ă lâinvestissement ;
- La mobilisation coordonnée des financements climatiques, publics et privés ;
- Et la garantie dâune rĂ©partition Ă©quitable des bĂ©nĂ©fices entre pays producteurs, transitaires et consommateurs.
