Il y a quelques annĂ©es, la ville de Settat figurait parmi les premiĂšres agglomĂ©rations marocaines Ă proclamer â avec fiertĂ© â lâĂ©radication totale des habitats prĂ©caires faits de tĂŽles et de matĂ©riaux de fortune. Pourtant, il suffit aujourdâhui dâemprunter lâavenue Moulay Slimane, reliant les quartiers de « Pam » et de « Manya », pour constater, sans lâombre dâun doute, que ces dĂ©clarations triomphales se sont heurtĂ©es de plein fouet Ă la dure rĂ©alitĂ©.
Le chaos y est total : occupation illĂ©gale et anarchique de lâespace public, amas dâordures, odeurs nausĂ©abondes, nuisances sonores incessantes, chiens errants et bĂ©tail divaguant... Le tableau, dâun surrĂ©alisme affligeant, tĂ©moigne dâun effondrement manifeste des conditions Ă©lĂ©mentaires dâun cadre de vie digne. Dans un tel contexte, parler de dĂ©veloppement urbain ou dâĂ©quitĂ© territoriale relĂšve de lâabsurde.
Au cĆur de cette dĂ©gradation, les habitants se retrouvent piĂ©gĂ©s entre lâindiffĂ©rence criante et lâabandon institutionnalisĂ©. Aucun interlocuteur officiel ne se manifeste ; le silence des autoritĂ©s locales est assourdissant, et le chef de lâarrondissement brille par son absence, laissant les deux quartiers face Ă un avenir aussi incertain quâinquiĂ©tant. Dans ce vide administratif, les citoyens nâont dâautre recours que les plaintes collectives. Notre alter ego, Al Ittihad Al Ichtiraki a ainsi reçu copie dâune plainte adressĂ©e aux autoritĂ©s compĂ©tentes, sollicitant une intervention urgente pour restaurer un minimum de dignitĂ© et de salubritĂ©.
Le marchĂ© informel, qui sâest progressivement Ă©tendu au dĂ©triment de cet espace vital, ne reprĂ©sente plus un simple dysfonctionnement ponctuel : il est devenu un flĂ©au multiforme.
Selon ladite plainte, les signes de dégradation sont nombreux : montagnes de déchets, embouteillages chroniques, emprise totale des rues par des charrettes et des triporteurs, meutes de chiens errants semant la terreur, pollution sonore provoquée par des haut-parleurs assourdissants, sans oublier un langage vulgaire et outrancier qui offense la décence publique et perturbe le quotidien de toutes les générations.
Le tout se déroule au vu et au su de tous, y compris aux abords immédiats de la mosquée Al Firdaws, dont les alentours se sont transformés en décharge sauvage, dans un mépris flagrant pour la sacralité des lieux.
Mais la tragĂ©die ne se limite pas aux seuls dĂ©sordres environnementaux. Elle touche au plus profond de lâhumain. LâaccĂšs des ambulances et des vĂ©hicules dâurgence au quartier est dĂ©sormais impossible, mettant en danger la vie des habitants Ă tout moment. Les rĂ©sidents se remĂ©morent, avec une tristesse poignante, le dĂ©cĂšs dâun agent des douanes, dont les amis furent contraints de transporter le cercueil Ă bras dâhomme Ă travers des ruelles Ă©troites et saturĂ©es, dans lâimpossibilitĂ© dâatteindre le cimetiĂšre Ă temps. Une scĂšne qui rĂ©sume lâampleur de la dĂ©tresse, posant avec acuitĂ© la question de la dignitĂ© humaine, jusque dans la mort.
Les Ă©lĂšves des Ă©tablissements scolaires privĂ©s ne sont pas Ă©pargnĂ©s : les bus assurant leur transport sont frĂ©quemment bloquĂ©s, forçant les familles Ă chercher des solutions de fortune, en lâabsence de tout soutien des autoritĂ©s de tutelle. Les personnes ĂągĂ©es et les malades, quant Ă eux, ont perdu la quiĂ©tude Ă laquelle ils devraient aspirer : leur quartier, censĂ© ĂȘtre un havre de repos, est devenu un foyer de nuisances, de dĂ©sordre et de dangers sanitaires.
Le constat est dâautant plus amer que cet espace, au positionnement stratĂ©gique au sein du tissu urbain, aurait dĂ» devenir un pĂŽle structurant, porteur de qualitĂ© de vie et catalyseur de services publics adaptĂ©s. Mais en lâabsence dâune vision de gestion claire et face Ă la passivitĂ© complice des autoritĂ©s locales, le lieu sâest muĂ© en point noir, interpellant la crĂ©dibilitĂ© des institutions et leur engagement rĂ©el en faveur du bien commun et de lâordre public.
En dĂ©finitive, les habitants dĂ©sabusĂ©s ne rĂ©clament pas lâimpossible. Ils aspirent simplement Ă leur droit Ă la propretĂ©, Ă la sĂ©curitĂ© et Ă la tranquillitĂ© â une trilogie Ă©lĂ©mentaire qui rĂ©sume les exigences minimales dâune citoyennetĂ© respectĂ©e. Reste Ă savoir : quelquâun daignera-t-il entendre leur appel ? Ou les quartiers de « Pam » et de « Manya » sont-ils condamnĂ©s Ă cĂŽtoyer chaque jour les ordures, les bĂȘtes et les chiens, dans un vacarme perpĂ©tuel et un vide institutionnel abyssal ?
J.G
Le chaos y est total : occupation illĂ©gale et anarchique de lâespace public, amas dâordures, odeurs nausĂ©abondes, nuisances sonores incessantes, chiens errants et bĂ©tail divaguant... Le tableau, dâun surrĂ©alisme affligeant, tĂ©moigne dâun effondrement manifeste des conditions Ă©lĂ©mentaires dâun cadre de vie digne. Dans un tel contexte, parler de dĂ©veloppement urbain ou dâĂ©quitĂ© territoriale relĂšve de lâabsurde.
Au cĆur de cette dĂ©gradation, les habitants se retrouvent piĂ©gĂ©s entre lâindiffĂ©rence criante et lâabandon institutionnalisĂ©. Aucun interlocuteur officiel ne se manifeste ; le silence des autoritĂ©s locales est assourdissant, et le chef de lâarrondissement brille par son absence, laissant les deux quartiers face Ă un avenir aussi incertain quâinquiĂ©tant. Dans ce vide administratif, les citoyens nâont dâautre recours que les plaintes collectives. Notre alter ego, Al Ittihad Al Ichtiraki a ainsi reçu copie dâune plainte adressĂ©e aux autoritĂ©s compĂ©tentes, sollicitant une intervention urgente pour restaurer un minimum de dignitĂ© et de salubritĂ©.
Le marchĂ© informel, qui sâest progressivement Ă©tendu au dĂ©triment de cet espace vital, ne reprĂ©sente plus un simple dysfonctionnement ponctuel : il est devenu un flĂ©au multiforme.
Selon ladite plainte, les signes de dégradation sont nombreux : montagnes de déchets, embouteillages chroniques, emprise totale des rues par des charrettes et des triporteurs, meutes de chiens errants semant la terreur, pollution sonore provoquée par des haut-parleurs assourdissants, sans oublier un langage vulgaire et outrancier qui offense la décence publique et perturbe le quotidien de toutes les générations.
Le tout se déroule au vu et au su de tous, y compris aux abords immédiats de la mosquée Al Firdaws, dont les alentours se sont transformés en décharge sauvage, dans un mépris flagrant pour la sacralité des lieux.
Mais la tragĂ©die ne se limite pas aux seuls dĂ©sordres environnementaux. Elle touche au plus profond de lâhumain. LâaccĂšs des ambulances et des vĂ©hicules dâurgence au quartier est dĂ©sormais impossible, mettant en danger la vie des habitants Ă tout moment. Les rĂ©sidents se remĂ©morent, avec une tristesse poignante, le dĂ©cĂšs dâun agent des douanes, dont les amis furent contraints de transporter le cercueil Ă bras dâhomme Ă travers des ruelles Ă©troites et saturĂ©es, dans lâimpossibilitĂ© dâatteindre le cimetiĂšre Ă temps. Une scĂšne qui rĂ©sume lâampleur de la dĂ©tresse, posant avec acuitĂ© la question de la dignitĂ© humaine, jusque dans la mort.
Les Ă©lĂšves des Ă©tablissements scolaires privĂ©s ne sont pas Ă©pargnĂ©s : les bus assurant leur transport sont frĂ©quemment bloquĂ©s, forçant les familles Ă chercher des solutions de fortune, en lâabsence de tout soutien des autoritĂ©s de tutelle. Les personnes ĂągĂ©es et les malades, quant Ă eux, ont perdu la quiĂ©tude Ă laquelle ils devraient aspirer : leur quartier, censĂ© ĂȘtre un havre de repos, est devenu un foyer de nuisances, de dĂ©sordre et de dangers sanitaires.
Le constat est dâautant plus amer que cet espace, au positionnement stratĂ©gique au sein du tissu urbain, aurait dĂ» devenir un pĂŽle structurant, porteur de qualitĂ© de vie et catalyseur de services publics adaptĂ©s. Mais en lâabsence dâune vision de gestion claire et face Ă la passivitĂ© complice des autoritĂ©s locales, le lieu sâest muĂ© en point noir, interpellant la crĂ©dibilitĂ© des institutions et leur engagement rĂ©el en faveur du bien commun et de lâordre public.
En dĂ©finitive, les habitants dĂ©sabusĂ©s ne rĂ©clament pas lâimpossible. Ils aspirent simplement Ă leur droit Ă la propretĂ©, Ă la sĂ©curitĂ© et Ă la tranquillitĂ© â une trilogie Ă©lĂ©mentaire qui rĂ©sume les exigences minimales dâune citoyennetĂ© respectĂ©e. Reste Ă savoir : quelquâun daignera-t-il entendre leur appel ? Ou les quartiers de « Pam » et de « Manya » sont-ils condamnĂ©s Ă cĂŽtoyer chaque jour les ordures, les bĂȘtes et les chiens, dans un vacarme perpĂ©tuel et un vide institutionnel abyssal ?
J.G
