Rabat – “L’exil n’est pas notre royaume: rĂ©flexions sur la littĂ©rature diasporique” est le thĂšme d’un colloque international qui s’est ouvert, mercredi Ă Rabat, avec la participation d’un parterre d’universitaires et dâintellectuels du Maroc et d’ailleurs.
OrganisĂ© par l’AcadĂ©mie du Royaume du Maroc, ce colloque vise Ă offrir un espace pour explorer les liens entre l’exil, la culture et la littĂ©rature Ă l’Ă©chelle mondiale, Ă mettre en exergue les derniĂšres nouveautĂ©s de la littĂ©rature de la diaspora et ses multiples effets sur la culture, l’identitĂ© et la langue et Ă identifier les dĂ©fis liĂ©s Ă la migration.
A cette occasion, le secrĂ©taire perpĂ©tuel de l’AcadĂ©mie du Royaume du Maroc, Abdeljalil Lahjomri, a fait observer que lâexil est une expĂ©rience douloureuse pour certains mais aussi une opportunitĂ© de renouveau pour dâautres.
“Dans lâhistoire africaine comme ailleurs, lâexil a ses causes telles que les guerres, les crises politiques, la colonisation et l’effacement de ce que lâhistoire et la gĂ©ographie ont Ă©tabli”, a-t-il relevĂ© dans une allocution de circonstance lue en son nom par le membre de l’AcadĂ©mie du Royaume du Maroc, Mohammed Essaouri.
Quand l’exil nâest pas un bannissement et apparaĂźt comme une exploration destinĂ©e Ă rendre compte de la grandeur de la crĂ©ation, ou comme une initiation Ă la féérie du monde, il peut aussi ĂȘtre un choix, celui de partir Ă la rencontre dâautres horizons, pour sâouvrir Ă de nouvelles perspectives, a-t-il poursuivi, ajoutant que quelle quâen soit la raison, l’exil transforme irrĂ©mĂ©diablement les individus, interrogeant le sens de lâappartenance et la notion mĂȘme de “chez soi”.
M. Lahjomri a Ă©galement fait remarquer que lâexil est une source inĂ©puisable dâinspiration, vu que les Ă©crivains en exil y trouvent un moyen de transcender la douleur du dĂ©part, de donner une voix Ă leur errance et de recrĂ©er, Ă travers les mots, un lieu dâancrage, relevant que les auteurs de la diaspora, en particulier, portent une double mĂ©moire, celle de leur terre dâorigine et celle du lieu dâaccueil.
De son cĂŽtĂ©, le prĂ©sident de l’universitĂ© de Tuskegee aux Ătats-Unis, Marc Brown, a soulignĂ© que la thĂ©matique choisie pour ce colloque se croise avec la trajectoire de l’universitĂ© amĂ©ricaine, qui a Ă©tĂ© créée 16 ans aprĂšs l’abolition de l’esclavage aux Ătats-Unis par Booker T. Washington.
“Booker T. Washington, l’un des plus Ă©minents dirigeants et penseurs afro-amĂ©ricains, croyait fermement que l’unitĂ© des peuples dâorigine africaine Ă©tait essentielle au progrĂšs Ă©conomique, social, scientifique et politique”, a-t-il enchaĂźnĂ©.
Pour sa part, le prĂ©sident du ComitĂ© international des scientifiques et experts africains (SCISEA), le professeur GrĂ©goire Biyogo, a relevĂ© que depuis l’antiquitĂ©, la question de l’exil n’a cessĂ© d’intĂ©resser la littĂ©rature, fait observer que l’inspiration de l’exil est une question multidimensionnelle.
“Les rĂ©cits d’exil racontent l’histoire cruelle et spontanĂ©e de la sĂ©paration de l’homme de sa patrie, de sa terre, de ses premiĂšres racines. Il s’agit de l’histoire de l’Ă©loignement de soi, de la redĂ©couverte d’autres frontiĂšres et de nouveaux lieux”, a-t-il dit.
Les travaux de ce colloque international se poursuivront jeudi avec la participation d’une plĂ©iade d’universitaires qui offriront des visions uniques sur l’exil, la migration et la littĂ©rature.
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