A la lumiĂšre de ce film, sorti en France le 2 avril, la presse hexagonale est limite dithyrambique : « Hakim Jemili confirme brillamment sa maĂźtrise de lâart de la comĂ©die. AprĂšs le touchant « Ici et lĂ -bas », il retrouve le duo Clavier-Blanc pour une derniĂšre collaboration, bien quâils ne partagent aucune scĂšne Ă lâĂ©cran ensemble. Cette comĂ©die fonctionne, car tout repose sur un humour simple, un scĂ©nario sans prise de tĂȘte mĂȘme sâil est assez prĂ©visible en soi. Le film plait pour son aventure et son hĂ©ros gentil et naĂŻf. Les quelques cascades et scĂšnes dâaction apportent un bonus. Quant aux spectateurs connaisseurs des programmes tĂ©lĂ©s, ils trouveront un clin dâĆil Ă Rendez-vous en terre inconnue lors de la sĂ©quence feu de camp du film. Clavier est simplement lui, tout en sortant un peu du personnage stĂ©rĂ©otypĂ© qui lui colle Ă la peau, quant Ă Blanc, il redonne un coup de fouet Ă la nostalgie du Splendid ! Le reste du casting nâest pas pour autant mauvais, il est dâailleurs excellent, on retrouve Manon Azem, Medi Sadoun ou encore Nicolas Buchoux. LâidĂ©e du film sâinspire du cĂ©lĂšbre guide de voyage « Le Guide du Routard », créé par Philippe Gloaguen en 1973. Le projet cinĂ©matographique semble vouloir capitaliser sur la notoriĂ©tĂ© et lâhistoire de cette institution du voyage, en mettant en scĂšne un novice chargĂ© de vĂ©rifier des adresses pour le guide. Dâailleurs, le choix du Maroc comme cadre du film nâest pas anodin, car il sâagit de la destination la plus vendue pour Le Guide. Cette dĂ©cision reflĂšte probablement une volontĂ© de crĂ©er un lien fort avec lâunivers du Routard tout en offrant un terrain de jeu dĂ©paysant pour le protagoniste inexpĂ©rimentĂ©. Le film promet ainsi de mĂȘler lâesprit dâaventure du Routard Ă une comĂ©die de situation, jouant sur le dĂ©calage entre les attentes et la rĂ©alitĂ© du voyage. »
Sur les chapeaux de roue
« Câest une premiĂšre. Jamais encore le septiĂšme art nâavait consacrĂ© de film Ă un guide de voyage. Il fallait un scĂ©nariste comme Philippe Mechelen (Asterix & Obelix : LâEmpire du Milieu, Les Tuche I, II, III) pour y croire. Et des acteurs populaires comme Christian Clavier, Michel Blanc dont câest le dernier long-mĂ©trage ou encore lâhumoriste franco-tunisien Hakim Jemili, pour porter cette comĂ©die. Et Ă voir la bande-annonce, on nâest pas déçus ! Jemili est Yann Tatin, un jeune auteur qui « a juste le nom dâune tarte aux pommes » lui fait remarquer Clavier, qui joue le rĂŽle du rĂ©dacteur en chef du guide, soit Philippe Gloaguen, le fondateur et propriĂ©taire du Routard. Tatin est envoyĂ© Ă Marrakech, oĂč le film est projetĂ© en avant-premiĂšre ce 6 mars. Cela tombe bien, câest aussi lâune des destinations prĂ©fĂ©rĂ©es des Français et lâune des meilleures ventes de cette bible des globe-trotters, 2,5 millions dâexemplaires Ă©ditĂ©s chaque annĂ©e et 55 millions de guides vendus depuis sa crĂ©ation 1973. La bande-annonce dĂ©marre sur les chapeaux de roue. Comme le taxi qui emporte Tatin sâentendant dire : « Tu vas ĂȘtre bien au Bled and breakfast, tu vas te rĂ©galer ! ». Sa mission - tester quarante adresses en cinq jours. - est Ă peine exagĂ©rĂ©e. Lâhumour en bandouliĂšre, Mechelen signe un scĂ©nario qui part Ă la conquĂȘte du rire. Un peu lourd parfois. On est plus prĂšs des « Visiteurs » que de « La Grande Vadrouille ». Pourquoi pas ? La recette est efficace. Tatin est arrĂȘtĂ© par lâinspecteur Slimane : « Tâas de la chance de travailler pour le Guide ! Personne il veut porter plainte contre toi ». Le baroudeur portant le monde sur le dos est devenu tout un symbole que sâapproprie lâaffiche du film.
