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News 17 Oct 2014 5 min read

​Tomber de rideau sur le Forum de Marrakech

​Tomber de rideau sur le Forum de Marrakech


Le 9Úme Forum pour le développement de l'Afrique organisé dans la ville ocre par la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA) a pris fin hier jeudi.

Il a connu la participation de plusieurs acteurs et experts dans le domaine politique et économique mais aussi de certaines personnalités dont des chefs d'Etat et de gouvernement et des ministres.

Nombre de ces intervenants ont respectĂ© la programmation de cet Ă©vĂ©nement important en prĂ©sentant leurs analyses sur les diffĂ©rents dĂ©bats portant essentiellement sur les mĂ©canismes de financement novateurs dans cinq domaines, Ă  savoir "la mobilisation des ressources nationales", "les flux financiers illicites", "le capital investissement", "les nouveaux types de partenariats" et "le financement de la lutte contre les changements climatiques". Ce qui n’a pas Ă©tĂ© le cas pour tous les intervenants marocains. Et mĂȘme si quelques discours de certains d’entre eux se sont fait remarquer, d’autres ont brillĂ© sinon par leur absence, du moins par leur irrespect du programme imparti.

Pour leur part, les intervenants Ă©trangers ont tous tenu leur promesse et se sont relayĂ©s pour partager leur rĂ©flexion avec l’assistance. Ali Abou Sabaa, responsable au sein de la Banque africaine de dĂ©veloppement (BAD), en faisait partie et dans son intervention lors d'une plĂ©niĂšre sous le thĂšme "Mobilisation des ressources nationales: dĂ©fis et opportunitĂ©s", l’occasion lui a Ă©tĂ© donnĂ©e d’appeler les pays africains Ă  s'appuyer sur leurs ressources intĂ©rieures pour maintenir une croissance forte et soutenue.

Les pays africains doivent adopter des politiques susceptibles d'élargir l'assiette fiscale, a-t-il recommandé, notant que les recettes des impÎts qui constituent la source la plus importante des ressources intérieures, ne cessent de s'améliorer en Afrique.

Lors du mĂȘme atelier, le DG de la Banque marocaine du commerce extĂ©rieur (BMCE Bank), Brahim Benjelloun Touimi, a recommandĂ© d'Ă©largir les opportunitĂ©s d'Ă©pargne et donc de finances additionnelles, de dĂ©velopper la finance de proximitĂ© (microfinances), de dissĂ©miner les services financiers et bancaires et d'intĂ©grer le secteur informel dans les Ă©conomies africaines.

Il a, par ailleurs, mis en exergue l’importance de Casablanca Finance City qui est une place financiĂšre oeuvrant pour le dĂ©veloppement de l'Afrique, en particulier les pays de la rĂ©gion d'Afrique du Nord, de l'Ouest et Centrale.

De son cĂŽtĂ©, la sĂ©ance sur les "flux financiers illicites" a Ă©tĂ© fructueuse en matiĂšre de donnĂ©es et c’est Hassan Ennasser, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'UnitĂ© du traitement des renseignements financiers (UTRF), entre autres, qui a pris la parole Ă  ce sujet en plaidant pour la crĂ©ation d'un rĂ©seau africain d'Ă©change d'informations pour lutter contre les flux des capitaux illicites dont le montant moyen oscille entre 50 et 148 milliards de dollars par an dans le continent.

Il a Ă©galement indiquĂ© qu’en vue de faire face Ă  ce flĂ©au qui compromet la capacitĂ© de l'Afrique Ă  mobiliser les ressources créées pour financer le dĂ©veloppement, il faut aussi crĂ©er un forum pour Ă©changer les expĂ©riences des pays.

Dans la foulĂ©e et non sans rappeler que les flux financiers illicites sont des flux de capitaux non comptabilisĂ©s provenant du vol et des pots-de-vin mais aussi d'activitĂ©s criminelles dont le financement du terrorisme, trafic de drogues, contrebande, racket, contrefaçon et toutes formes d’opĂ©rations de blanchiment d'argent, il a jugĂ© nĂ©cessaire de renforcer les cellules de renseignements financiers (CRF) pour plus de vigilance, Ă  travers la formation continue du personnel, vu que les blanchisseurs d'argent changent souvent de techniques.

Lui emboĂźtant le pas Ă  ce sujet, la ministre des Finances et du plan au Cap-Vert, Cristina Duarte, a dĂ©plorĂ© la bataille de longue haleine qu’est la lutte contre ces activitĂ©s criminelles, qui menacent le dĂ©veloppement en Afrique. Tout de go, elle dĂ©clare que les gouvernements et fonctionnaires des administrations publiques en Afrique sont tous responsables de ce phĂ©nomĂšne qui perpĂ©tue la dĂ©pendance du continent Ă  l'Ă©gard de l'aide extĂ©rieure.

Pour rappel, selon la CEA, les transactions commerciales des multinationales, la fraude fiscale, le blanchiment du produit des transactions commerciales, l'évasion fiscale abusive par le biais d'exonérations d'impÎts préjudiciables, les exemptions et les fausses facturations entre entreprises représenteraient 60 % des flux financiers illicites.

Par ailleurs, autre problématique, autre pléniÚre, avec le "financement de la lutte contre les changements climatiques". En effet, à ce propos, Ahmed Sahiri, analyste au Moroccan Agency for Solar Energy (MASEN), a relevé que le Maroc a mis en place une stratégie à long terme et un plan intégré relatifs aux énergies renouvelables des plus ambitieux tout en citant le dernier rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) sur "les lacunes en matiÚre d'adaptation", qui avait fait état de coûts faramineux d'adaptation aux changements climatiques pour l'Afrique subsaharienne, si aucune mesure n'est prise bien sûr, pouvant atteindre entre 14 et 15 milliards de dollars par an et arriver à 70 milliards en 2045.

InitiĂ©e pour la premiĂšre fois en dehors d'Addis-Abeba, cette rencontre a Ă©tĂ© encore une fois opportune dans la mesure oĂč elle a permis un partage d’expĂ©riences et de points de vue entre diffĂ©rentes nationalitĂ©s certes mais faisant partie du mĂȘme continent. Quoique l’assistance ait dĂ©plorĂ©, somme toute, l’absence de certains experts marocains ainsi qu’un manque de documentation des participants marocains.

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