A lâheure oĂč le Maroc sâapprĂȘte Ă accueillir, en 2030, la plus grande compĂ©tition sportive mondiale, la Coupe du monde de football, le pays se transforme Ă vue dâĆil. Des stades monumentaux sortent de terre, les lignes de train Ă grande vitesse se dĂ©ploient et des infrastructures routiĂšres ambitieuses redessinent nos horizons. Ces chantiers colossaux symbolisent un Maroc qui veut sâaffirmer sur la scĂšne internationale, un Maroc confiant, moderne, capable de rivaliser avec les plus grandes nations.
Mais derriĂšre cette vitrine flamboyante, une rĂ©alitĂ© plus sombre se dresse, rappelant avec force que le dĂ©veloppement ne peut ĂȘtre rĂ©duit aux seuls grands projets de prestige. Comme le rappelle le billet politique de lâUSFP, «Rissalat Al Ittihad», «la justice territoriale commence par lâeau⊠puis par la route». Cette vĂ©ritĂ© Ă©lĂ©mentaire, Ă©vidente, rĂ©sume Ă elle seule le cĆur du problĂšme : le dĂ©veloppement ne peut ĂȘtre rĂ©duit aux symboles de modernitĂ©. Il doit, avant tout, garantir aux citoyens leurs droits les plus fondamentaux: boire, se dĂ©placer, vivre dignement.
Câest ce que sont venus rappeler, avec une force bouleversante, les habitants de plusieurs douars de la commune de «Foum El Anceur», dans la province de BĂ©ni Mellal. Leur marche pacifique, devenue virale sur les rĂ©seaux sociaux, a marquĂ© les esprits.
On y voyait des femmes, des enfants, des familles entiĂšres ne rĂ©clamant rien dâautre que de lâeau potable et une route praticable. Comme lâĂ©crit avec justesse «Rissalat Al Ittihad », «lâimage dâenfants et de femmes rĂ©clamant seulement une gorgĂ©e dâeau rĂ©sume lâampleur des inĂ©galitĂ©s criantes qui persistent dans notre pays et place chacun dâentre nous devant une responsabilitĂ© urgente».
Cette scĂšne nâest pas un fait divers isolĂ© mais le miroir dâune rĂ©alitĂ© structurelle. De larges pans du Maroc profond â notamment les rĂ©gions montagneuses, enclavĂ©es et aux ressources limitĂ©es â souffrent encore dâun retard inacceptable en matiĂšre dâaccĂšs Ă lâeau potable, de routes amĂ©nagĂ©es et de services de base. Des dĂ©cennies de politiques publiques ont certes permis des avancĂ©es, mais elles ont aussi laissĂ© subsister des zones entiĂšres Ă lâĂ©cart des grands projets.
DerriĂšre cette revendication, câest toute la question de la justice territoriale qui sâimpose. La racine du problĂšme est bien connue : le manque criant de moyens financiers mis Ă la disposition des collectivitĂ©s locales et des conseils rĂ©gionaux. Ceux-ci, malgrĂ© leur volontĂ© et leur proximitĂ© avec les citoyens, ne peuvent couvrir les besoins gigantesques des territoires enclavĂ©s et montagneux.
Et puis, la responsabilitĂ© de cet Ă©tat de fait ne peut reposer uniquement sur les Ă©paules des communes rurales ou des conseils de rĂ©gion. Elle incombe dâabord et avant tout au gouvernement, qui dĂ©tient les cordons de la bourse et oriente les prioritĂ©s nationales.
Le billet de lâUSFP va jusquâĂ poser une alternative claire : «Si le gouvernement nâest pas en mesure de rĂ©pondre efficacement aux besoins vitaux des populations, il doit transfĂ©rer ses prĂ©rogatives aux conseils rĂ©gionaux». Câest lĂ la condition pour donner corps Ă une rĂ©gionalisation avancĂ©e qui ne soit pas seulement une promesse institutionnelle mais une rĂ©alitĂ© vĂ©cue par les citoyens et un levier rĂ©el de transformation.
Cette proposition rejoint dâailleurs les Orientations tracĂ©es par le Discours Royal du 30 juillet 2025. Le Souverain y a annoncĂ© «le lancement dâune nouvelle gĂ©nĂ©ration de programmes de dĂ©veloppement territorial intĂ©gré». Cette annonce constitue un signal fort, une reconnaissance au plus haut niveau de lâEtat que la question des inĂ©galitĂ©s territoriales est devenue centrale et quâil faut lâaffronter frontalement. Mais comme le rappelle le billet de lâUSFP, «pour que cette nouvelle politique rĂ©ussisse, elle ne doit pas ĂȘtre un substitut aux programmes de dĂ©veloppement locaux et rĂ©gionaux qui doivent continuer avec la mĂȘme force, mais bien un complĂ©ment destinĂ© Ă rĂ©parer les dĂ©sĂ©quilibres accumulĂ©s».
LâĂ©pisode de «Foum El Anceur» agit ici comme un avertissement adressĂ© Ă toute la nation. Il nous oblige Ă reconnaĂźtre que le prestige international ne vaut rien sâil repose sur des fondations fragiles, oĂč une partie de la population vit encore dans la soif et lâenclavement. Le Maroc du XXIe siĂšcle ne peut plus tolĂ©rer que des citoyens soient contraints de marcher des kilomĂštres pour obtenir de lâeau potable, ou quâils soient coupĂ©s du reste du pays faute dâune route praticable.
Il ne sâagit donc pas simplement de rĂ©pondre Ă une urgence ponctuelle. Câest une vision stratĂ©gique quâil faut mettre en place : redĂ©finir les prioritĂ©s nationales, injecter de vĂ©ritables budgets dans les zones marginalisĂ©es et instaurer une justice de lâinvestissement public qui mette fin aux inĂ©galitĂ©s territoriales. Lâeau et la route doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme les fondations de tout dĂ©veloppement. Sans elles, les Ă©coles restent inaccessibles, les hĂŽpitaux hors de portĂ©e et lâĂ©conomie locale asphyxiĂ©e.
LâĂ©quation est claire : il ne peut y avoir de Coupe du monde rĂ©ussie sans un Maroc Ă©quitable. Les routes qui mĂšnent aux stades doivent aussi mener aux douars enclavĂ©s. Les budgets consacrĂ©s aux lignes de TGV doivent trouver leur Ă©cho dans des conduites dâeau et des pistes rurales. Câest seulement Ă cette condition que lâĂ©vĂ©nement de 2030 sera plus quâune vitrine: il deviendra le symbole dâun pays qui a su conjuguer grandeur internationale et justice sociale.
La marche des habitants de «Foum El Anceur» nâest pas un dĂ©tail, elle est un signal. Un signal quâil faut entendre et traduire en actes politiques courageux. Lâeau et la route : voilĂ les vraies prioritĂ©s si nous voulons que la justice territoriale cesse dâĂȘtre une promesse et devienne enfin une rĂ©alitĂ© pour tous.
Mehdi Ouassat
Mais derriĂšre cette vitrine flamboyante, une rĂ©alitĂ© plus sombre se dresse, rappelant avec force que le dĂ©veloppement ne peut ĂȘtre rĂ©duit aux seuls grands projets de prestige. Comme le rappelle le billet politique de lâUSFP, «Rissalat Al Ittihad», «la justice territoriale commence par lâeau⊠puis par la route». Cette vĂ©ritĂ© Ă©lĂ©mentaire, Ă©vidente, rĂ©sume Ă elle seule le cĆur du problĂšme : le dĂ©veloppement ne peut ĂȘtre rĂ©duit aux symboles de modernitĂ©. Il doit, avant tout, garantir aux citoyens leurs droits les plus fondamentaux: boire, se dĂ©placer, vivre dignement.
Câest ce que sont venus rappeler, avec une force bouleversante, les habitants de plusieurs douars de la commune de «Foum El Anceur», dans la province de BĂ©ni Mellal. Leur marche pacifique, devenue virale sur les rĂ©seaux sociaux, a marquĂ© les esprits.
On y voyait des femmes, des enfants, des familles entiĂšres ne rĂ©clamant rien dâautre que de lâeau potable et une route praticable. Comme lâĂ©crit avec justesse «Rissalat Al Ittihad », «lâimage dâenfants et de femmes rĂ©clamant seulement une gorgĂ©e dâeau rĂ©sume lâampleur des inĂ©galitĂ©s criantes qui persistent dans notre pays et place chacun dâentre nous devant une responsabilitĂ© urgente».
Cette scĂšne nâest pas un fait divers isolĂ© mais le miroir dâune rĂ©alitĂ© structurelle. De larges pans du Maroc profond â notamment les rĂ©gions montagneuses, enclavĂ©es et aux ressources limitĂ©es â souffrent encore dâun retard inacceptable en matiĂšre dâaccĂšs Ă lâeau potable, de routes amĂ©nagĂ©es et de services de base. Des dĂ©cennies de politiques publiques ont certes permis des avancĂ©es, mais elles ont aussi laissĂ© subsister des zones entiĂšres Ă lâĂ©cart des grands projets.
DerriĂšre cette revendication, câest toute la question de la justice territoriale qui sâimpose. La racine du problĂšme est bien connue : le manque criant de moyens financiers mis Ă la disposition des collectivitĂ©s locales et des conseils rĂ©gionaux. Ceux-ci, malgrĂ© leur volontĂ© et leur proximitĂ© avec les citoyens, ne peuvent couvrir les besoins gigantesques des territoires enclavĂ©s et montagneux.
Et puis, la responsabilitĂ© de cet Ă©tat de fait ne peut reposer uniquement sur les Ă©paules des communes rurales ou des conseils de rĂ©gion. Elle incombe dâabord et avant tout au gouvernement, qui dĂ©tient les cordons de la bourse et oriente les prioritĂ©s nationales.
Le billet de lâUSFP va jusquâĂ poser une alternative claire : «Si le gouvernement nâest pas en mesure de rĂ©pondre efficacement aux besoins vitaux des populations, il doit transfĂ©rer ses prĂ©rogatives aux conseils rĂ©gionaux». Câest lĂ la condition pour donner corps Ă une rĂ©gionalisation avancĂ©e qui ne soit pas seulement une promesse institutionnelle mais une rĂ©alitĂ© vĂ©cue par les citoyens et un levier rĂ©el de transformation.
Cette proposition rejoint dâailleurs les Orientations tracĂ©es par le Discours Royal du 30 juillet 2025. Le Souverain y a annoncĂ© «le lancement dâune nouvelle gĂ©nĂ©ration de programmes de dĂ©veloppement territorial intĂ©gré». Cette annonce constitue un signal fort, une reconnaissance au plus haut niveau de lâEtat que la question des inĂ©galitĂ©s territoriales est devenue centrale et quâil faut lâaffronter frontalement. Mais comme le rappelle le billet de lâUSFP, «pour que cette nouvelle politique rĂ©ussisse, elle ne doit pas ĂȘtre un substitut aux programmes de dĂ©veloppement locaux et rĂ©gionaux qui doivent continuer avec la mĂȘme force, mais bien un complĂ©ment destinĂ© Ă rĂ©parer les dĂ©sĂ©quilibres accumulĂ©s».
LâĂ©pisode de «Foum El Anceur» agit ici comme un avertissement adressĂ© Ă toute la nation. Il nous oblige Ă reconnaĂźtre que le prestige international ne vaut rien sâil repose sur des fondations fragiles, oĂč une partie de la population vit encore dans la soif et lâenclavement. Le Maroc du XXIe siĂšcle ne peut plus tolĂ©rer que des citoyens soient contraints de marcher des kilomĂštres pour obtenir de lâeau potable, ou quâils soient coupĂ©s du reste du pays faute dâune route praticable.
Il ne sâagit donc pas simplement de rĂ©pondre Ă une urgence ponctuelle. Câest une vision stratĂ©gique quâil faut mettre en place : redĂ©finir les prioritĂ©s nationales, injecter de vĂ©ritables budgets dans les zones marginalisĂ©es et instaurer une justice de lâinvestissement public qui mette fin aux inĂ©galitĂ©s territoriales. Lâeau et la route doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme les fondations de tout dĂ©veloppement. Sans elles, les Ă©coles restent inaccessibles, les hĂŽpitaux hors de portĂ©e et lâĂ©conomie locale asphyxiĂ©e.
LâĂ©quation est claire : il ne peut y avoir de Coupe du monde rĂ©ussie sans un Maroc Ă©quitable. Les routes qui mĂšnent aux stades doivent aussi mener aux douars enclavĂ©s. Les budgets consacrĂ©s aux lignes de TGV doivent trouver leur Ă©cho dans des conduites dâeau et des pistes rurales. Câest seulement Ă cette condition que lâĂ©vĂ©nement de 2030 sera plus quâune vitrine: il deviendra le symbole dâun pays qui a su conjuguer grandeur internationale et justice sociale.
La marche des habitants de «Foum El Anceur» nâest pas un dĂ©tail, elle est un signal. Un signal quâil faut entendre et traduire en actes politiques courageux. Lâeau et la route : voilĂ les vraies prioritĂ©s si nous voulons que la justice territoriale cesse dâĂȘtre une promesse et devienne enfin une rĂ©alitĂ© pour tous.
Mehdi Ouassat
