Par un aprĂšs-midi dâaoĂ»t 1985, Casablanca fut le théùtre dâune rencontre historique aux rĂ©sonances profondes : celle du Souverain Pontife Jean-Paul II et de feu Sa MajestĂ© Hassan II, Roi du Maroc. Cette entrevue marquant le troisiĂšme voyage africain du Saint-PĂšre ne fut point un simple passage diplomatique, mais une main tendue entre deux rives, entre la Croix et le Croissant, entre Rome et Rabat, dans lâesprit lumineux du Concile Vatican II.
Le 19 aoĂ»t 1985, plus prĂ©cisĂ©ment, l'avion papal fend le ciel africain pour se poser Ă Casablanca, et Ă sa descente, un geste frappa tous les esprits : Jean-Paul II sâagenouilla et baisa le sol du Royaume. "C'est un acte dâhumilitĂ© et de rĂ©vĂ©rence qui fut perçu par les Nationaux comme un signe de respect profond envers notre terre et nos valeurs", lance d'emblĂ©e l'historien et professeur universitaire Noureddine Belhaddad. "Ă lâaccueil, le dĂ©funt Hassan II, Souverain charismatique Ă la stature diplomatique reconnue, le salua fraternellement, tĂ©moignant dâun accueil au-delĂ du protocole, c'est-Ă -dire un accueil d'humain Ă humain, de foi Ă foi", commente le fin-connaisseur de l'histoire du Maroc.
Ce moment, en apparence bref, sâinscrivit dans une sĂ©quence historique plus vaste. Depuis le collĂšge Charles de Foucauld, sanctuaire de la communautĂ© catholique marocaine, jusquâau cĆur vibrant du stade Mohammed V, chaque Ă©tape du Pape fut pensĂ©e comme un signe : celui de la rencontre et du tĂ©moignage.
Au collĂšge, Jean-Paul II cĂ©lĂ©bra la messe entourĂ© des archevĂȘques de Rabat et de Tanger. Son homĂ©lie, prononcĂ©e avec ferveur, salua les chrĂ©tiens vivant au Maroc, soit une minoritĂ© discrĂšte mais fidĂšle. Il les exhorta Ă devenir "des ponts entre des traditions diffĂ©rentes", reprenant lâimage du lien, du passage, de la mĂ©diation... autant de mots rĂ©sonnant dans ce pays dont lâhistoire fut toujours un carrefour entre Orient et Occident, Nord et Sud.
Ce jour-lĂ , le Pape, louant la foi, la piĂ©tĂ© et la charitĂ© des fidĂšles musulmans, incita les siens Ă contempler avec respect les vertus de l'autre, Ă dĂ©passer les frontiĂšres de la doctrine pour sâouvrir Ă une fraternitĂ© vĂ©cue. En une Ă©poque encore hantĂ©e par les crispations identitaires et les relents de colonialisme, cette voix rĂ©sonnait comme un appel Ă la raison.
Mais câest au Palais Royal de Rabat que se produisit lâinstant le plus solennel, dans lâintimitĂ© dâun tĂȘte-Ă -tĂȘte de cinquante minutes, quand le Saint Pontife et le dĂ©funt Roi sâentretinrent en hommes de vision. Le contenu prĂ©cis de leur Ă©change reste voilĂ© de la discrĂ©tion dâusage, mais lâimage transmise fut Ă©clatante : un Pape et un Roi, reprĂ©sentant chacun une foi universelle, discutant de paix. Ă la suite de cet entretien, le Roi prĂ©senta au Saint-PĂšre le Conseil supĂ©rieur des OulĂ©mas du Maroc. Ce fut, comme en tĂ©moigne les Ă©crits historiques, "un geste dâune portĂ©e symbolique rare, plaçant les savants de lâIslam face au chef de lâĂglise catholique, dans un face-Ă -face pacifique et respectueux".
Le point dâorgue de cette visite historique fut sans doute la rencontre au stade Mohammed V. Devant 90.000 citoyens marocains, feu Hassan II, dans une allocution vibrante, rappela le sens de cette rencontre : tisser les fils de lâamour et de la concorde. Ce fut alors au tour du Saint-PĂšre de sâadresser Ă la jeunesse musulmane, avec audace et tendresse en parlant dâAbraham, patriarche commun des deux religions, de la foi unique en un Dieu vivant et misĂ©ricordieux, de la responsabilitĂ© morale de chaque individu face au monde.
Le soir venu, le Pape regagna lâaĂ©roport. Ă 22h30, son avion sâĂ©leva vers Rome. Mais dans le ciel de Casablanca, quelque chose avait changĂ©. Ce bref passage de Jean-Paul II nâavait pas Ă©tĂ© une simple visite diplomatique, mais un acte de foi en lâHomme, de foi en Dieu et de foi en lâavenir.
Cette journĂ©e dâaoĂ»t 1985 demeure, dans les annales du dialogue interreligieux, comme un jalon prĂ©cieux, puisqu'elle symbolise un moment oĂč le verbe fut paix et le geste fraternitĂ©. "Feu Hassan II, dans Sa sagesse politique et Son art du verbe, offrit au monde lâimage dâun Islam accueillant, curieux et ouvert, et Jean-Paul II inscrivit son pontificat dans lâhorizon du rapprochement spirituel et culturel", conclut le professeur universitaire Noureddine Belhaddad.
Et l'on retiendra dans les annales de l'Histoire que ce mois d'aoĂ»t 1985, sur le tarmac de Casablanca, reste le flambeau dâune paix possible, oĂč les grandes Ăąmes ne se dĂ©fient point, mais se rencontrent, se reconnaissent et s'unissent.
Le 19 aoĂ»t 1985, plus prĂ©cisĂ©ment, l'avion papal fend le ciel africain pour se poser Ă Casablanca, et Ă sa descente, un geste frappa tous les esprits : Jean-Paul II sâagenouilla et baisa le sol du Royaume. "C'est un acte dâhumilitĂ© et de rĂ©vĂ©rence qui fut perçu par les Nationaux comme un signe de respect profond envers notre terre et nos valeurs", lance d'emblĂ©e l'historien et professeur universitaire Noureddine Belhaddad. "Ă lâaccueil, le dĂ©funt Hassan II, Souverain charismatique Ă la stature diplomatique reconnue, le salua fraternellement, tĂ©moignant dâun accueil au-delĂ du protocole, c'est-Ă -dire un accueil d'humain Ă humain, de foi Ă foi", commente le fin-connaisseur de l'histoire du Maroc.
Ce moment, en apparence bref, sâinscrivit dans une sĂ©quence historique plus vaste. Depuis le collĂšge Charles de Foucauld, sanctuaire de la communautĂ© catholique marocaine, jusquâau cĆur vibrant du stade Mohammed V, chaque Ă©tape du Pape fut pensĂ©e comme un signe : celui de la rencontre et du tĂ©moignage.
Au collĂšge, Jean-Paul II cĂ©lĂ©bra la messe entourĂ© des archevĂȘques de Rabat et de Tanger. Son homĂ©lie, prononcĂ©e avec ferveur, salua les chrĂ©tiens vivant au Maroc, soit une minoritĂ© discrĂšte mais fidĂšle. Il les exhorta Ă devenir "des ponts entre des traditions diffĂ©rentes", reprenant lâimage du lien, du passage, de la mĂ©diation... autant de mots rĂ©sonnant dans ce pays dont lâhistoire fut toujours un carrefour entre Orient et Occident, Nord et Sud.
Ce jour-lĂ , le Pape, louant la foi, la piĂ©tĂ© et la charitĂ© des fidĂšles musulmans, incita les siens Ă contempler avec respect les vertus de l'autre, Ă dĂ©passer les frontiĂšres de la doctrine pour sâouvrir Ă une fraternitĂ© vĂ©cue. En une Ă©poque encore hantĂ©e par les crispations identitaires et les relents de colonialisme, cette voix rĂ©sonnait comme un appel Ă la raison.
Mais câest au Palais Royal de Rabat que se produisit lâinstant le plus solennel, dans lâintimitĂ© dâun tĂȘte-Ă -tĂȘte de cinquante minutes, quand le Saint Pontife et le dĂ©funt Roi sâentretinrent en hommes de vision. Le contenu prĂ©cis de leur Ă©change reste voilĂ© de la discrĂ©tion dâusage, mais lâimage transmise fut Ă©clatante : un Pape et un Roi, reprĂ©sentant chacun une foi universelle, discutant de paix. Ă la suite de cet entretien, le Roi prĂ©senta au Saint-PĂšre le Conseil supĂ©rieur des OulĂ©mas du Maroc. Ce fut, comme en tĂ©moigne les Ă©crits historiques, "un geste dâune portĂ©e symbolique rare, plaçant les savants de lâIslam face au chef de lâĂglise catholique, dans un face-Ă -face pacifique et respectueux".
Le point dâorgue de cette visite historique fut sans doute la rencontre au stade Mohammed V. Devant 90.000 citoyens marocains, feu Hassan II, dans une allocution vibrante, rappela le sens de cette rencontre : tisser les fils de lâamour et de la concorde. Ce fut alors au tour du Saint-PĂšre de sâadresser Ă la jeunesse musulmane, avec audace et tendresse en parlant dâAbraham, patriarche commun des deux religions, de la foi unique en un Dieu vivant et misĂ©ricordieux, de la responsabilitĂ© morale de chaque individu face au monde.
Le soir venu, le Pape regagna lâaĂ©roport. Ă 22h30, son avion sâĂ©leva vers Rome. Mais dans le ciel de Casablanca, quelque chose avait changĂ©. Ce bref passage de Jean-Paul II nâavait pas Ă©tĂ© une simple visite diplomatique, mais un acte de foi en lâHomme, de foi en Dieu et de foi en lâavenir.
Cette journĂ©e dâaoĂ»t 1985 demeure, dans les annales du dialogue interreligieux, comme un jalon prĂ©cieux, puisqu'elle symbolise un moment oĂč le verbe fut paix et le geste fraternitĂ©. "Feu Hassan II, dans Sa sagesse politique et Son art du verbe, offrit au monde lâimage dâun Islam accueillant, curieux et ouvert, et Jean-Paul II inscrivit son pontificat dans lâhorizon du rapprochement spirituel et culturel", conclut le professeur universitaire Noureddine Belhaddad.
Et l'on retiendra dans les annales de l'Histoire que ce mois d'aoĂ»t 1985, sur le tarmac de Casablanca, reste le flambeau dâune paix possible, oĂč les grandes Ăąmes ne se dĂ©fient point, mais se rencontrent, se reconnaissent et s'unissent.
3 questions à Noureddine Belhaddad : «Le défunt Roi Hassan II considérait les valeurs humaines comme fondamentales»
- En 1985, Jean-Paul II rencontre Feu Hassan II au Maroc. Comment cet événement symbolique a-t-il été perçu ?
-Cette visite demeure cruciale pour les relations interreligieuses et interculturelles. Lorsque le Pape s'agenouilla et embrassa le sol marocain, il marquait son respect et son admiration pour la Terre de la tolĂ©rance, un geste d'humilitĂ© et de reconnaissance envers la culture et l'Histoire du Maroc. Feu Hassan II, de Son cĂŽtĂ©, a fait preuve dâune grande ouverture dâesprit, soulignant Ă travers Ses paroles et Ses gestes quâIl privilĂ©giait le dialogue, la paix et le respect mutuel entre les religions. Lors de cette rencontre, Il a notamment insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© de la prĂ©cision dans le discours et dans les actes, tout en encourageant la coopĂ©ration internationale pour la paix et la comprĂ©hension mutuelle.
- Quelle était la vision de Feu Hassan II du dialogue interreligieux, au Maroc et ailleurs ?
Le dĂ©funt Roi Hassan II considĂ©rait les valeurs humaines comme fondamentales pour garantir une coexistence pacifique et harmonieuse entre les diffĂ©rentes communautĂ©s religieuses. Le Souverain prĂŽnait une approche de respect mutuel, dâĂ©coute et de comprĂ©hension, loin de lâintolĂ©rance et des prĂ©jugĂ©s et voyait dans le Maroc un modĂšle de tolĂ©rance, oĂč les communautĂ©s musulmanes, juives et chrĂ©tiennes coexistaient depuis des siĂšcles dans une relative harmonie.
- Quels points communs voyez-vous entre les visites, au Maroc, du Pape Jean-Paul II en 1985 et celle du Pape François 1er en 2019 ?
La visite du Pape François en 2019 a repris le mĂȘme message que celle de Jean-Paul II : tolĂ©rance, paix et dialogue entre religions. Elle a renforcĂ© les liens entre le Vatican et le Maroc, et prolongĂ© la vision de Feu Hassan II dâun vivre-ensemble fondĂ© sur le respect mutuel. Ces deux visites ont marquĂ© des Ă©tapes clĂ©s dans la promotion de la coexistence interreligieuse.
Flashback : Une visite papale aux airs dâantan
Les 30 et 31 mars 2019, le regrettĂ© Pape François effectuait son 28Ăšme voyage apostolique, cette fois au Maroc. Ce dĂ©placement, dĂ©sormais inscrit dans lâhistoire de son pontificat, portait lâempreinte forte de son engagement en faveur du dialogue interreligieux, un axe majeur de son enseignement spirituel et diplomatique. JusquâĂ la fin, le dĂ©funt souverain pontife aura ĆuvrĂ© pour tisser des liens entre les traditions religieuses, dans un esprit de paix, de fraternitĂ© et de respect mutuel.
Accueilli Ă Rabat par Sa MajestĂ© le Roi Mohammed VI, François fut reçu avec la solennitĂ© due Ă une haute autoritĂ© spirituelle. FidĂšle Ă son message dâunitĂ©, il a rappelĂ© dĂšs son arrivĂ©e que «cultiver lâouverture, le respect et la coopĂ©ration» Ă©tait aujourdâhui plus que jamais une nĂ©cessitĂ©. Il affirmait que «la foi authentique en Dieu conduit toujours Ă lâamour, jamais Ă la haine», une conviction quâil a portĂ©e tout au long de son pontificat.
En rĂ©fĂ©rence Ă son prĂ©dĂ©cesseur Jean-Paul II, venu au Maroc en 1985, François Ă©voquait lui-mĂȘme marcher «sur les traces du dĂ©funt Jean-Paul II», mais en inscrivant rĂ©solument son action dans le prĂ©sent. Ă travers des rencontres avec des responsables religieux musulmans, des jeunes, des migrants et la communautĂ© catholique locale, il a dĂ©montrĂ© une volontĂ© de bĂątir une fraternitĂ© humaine concrĂšte et enracinĂ©e dans lâĂ©coute rĂ©ciproque.
Devant la jeunesse marocaine, le Pape a lancĂ© un appel vibrant qui restera dans les annales en les exhortant Ă ĂȘtre des bĂątisseurs de ponts et non de murs. Il soulignait Ă©galement que la libertĂ© religieuse, leitmotiv de son pontificat, ne se limite pas Ă la tolĂ©rance, mais implique la reconnaissance active de lâautre dans sa foi et sa dignitĂ©.
Cette visite a permis de consolider les liens entre le Royaume du Maroc et le Saint-SiĂšge (des relations diplomatiques Ă©tablies en 1976) et de rĂ©affirmer lâimportance dâun dialogue islamo-chrĂ©tien sincĂšre et durable. Ce voyage sâinscrit dans la continuitĂ© dâinitiatives majeures comme la signature du Document sur la fraternitĂ© humaine, coĂ©crit avec le grand imam d'Al-Azhar en 2019 Ă Abou Dhabi.
Comme le rapporte le site officiel du Vatican, cette visite fut un moment de grĂące, Ă la fois mĂ©moriel et prophĂ©tique, et le Pape François, dans lâhumilitĂ© et la fermetĂ© de sa foi, a laissĂ© un tĂ©moignage puissant: celui dâun homme de paix convaincu que la fraternitĂ© nâest pas un rĂȘve, mais un horizon nĂ©cessaire.
Accueilli Ă Rabat par Sa MajestĂ© le Roi Mohammed VI, François fut reçu avec la solennitĂ© due Ă une haute autoritĂ© spirituelle. FidĂšle Ă son message dâunitĂ©, il a rappelĂ© dĂšs son arrivĂ©e que «cultiver lâouverture, le respect et la coopĂ©ration» Ă©tait aujourdâhui plus que jamais une nĂ©cessitĂ©. Il affirmait que «la foi authentique en Dieu conduit toujours Ă lâamour, jamais Ă la haine», une conviction quâil a portĂ©e tout au long de son pontificat.
En rĂ©fĂ©rence Ă son prĂ©dĂ©cesseur Jean-Paul II, venu au Maroc en 1985, François Ă©voquait lui-mĂȘme marcher «sur les traces du dĂ©funt Jean-Paul II», mais en inscrivant rĂ©solument son action dans le prĂ©sent. Ă travers des rencontres avec des responsables religieux musulmans, des jeunes, des migrants et la communautĂ© catholique locale, il a dĂ©montrĂ© une volontĂ© de bĂątir une fraternitĂ© humaine concrĂšte et enracinĂ©e dans lâĂ©coute rĂ©ciproque.
Devant la jeunesse marocaine, le Pape a lancĂ© un appel vibrant qui restera dans les annales en les exhortant Ă ĂȘtre des bĂątisseurs de ponts et non de murs. Il soulignait Ă©galement que la libertĂ© religieuse, leitmotiv de son pontificat, ne se limite pas Ă la tolĂ©rance, mais implique la reconnaissance active de lâautre dans sa foi et sa dignitĂ©.
Cette visite a permis de consolider les liens entre le Royaume du Maroc et le Saint-SiĂšge (des relations diplomatiques Ă©tablies en 1976) et de rĂ©affirmer lâimportance dâun dialogue islamo-chrĂ©tien sincĂšre et durable. Ce voyage sâinscrit dans la continuitĂ© dâinitiatives majeures comme la signature du Document sur la fraternitĂ© humaine, coĂ©crit avec le grand imam d'Al-Azhar en 2019 Ă Abou Dhabi.
Comme le rapporte le site officiel du Vatican, cette visite fut un moment de grĂące, Ă la fois mĂ©moriel et prophĂ©tique, et le Pape François, dans lâhumilitĂ© et la fermetĂ© de sa foi, a laissĂ© un tĂ©moignage puissant: celui dâun homme de paix convaincu que la fraternitĂ© nâest pas un rĂȘve, mais un horizon nĂ©cessaire.
Historiographie : Les temps forts d'une rencontre épique
Le 19 aoĂ»t 1985, au stade Mohammed V de Casablanca, Jean-Paul II a marquĂ© les esprits de dizaines de milliers de Marocains. Ce jour-lĂ , il a surpris et Ă©mu la foule dĂšs ses premiers mots. En prononçant en arabe "Assalamou alaykoum", ou que la paix soit sur vous pour rester francophone, il a montrĂ© comme il se doit quâil venait en ami et frĂšre, dans le respect entier de son public. Ce simple salut, dans la langue officielle du pays, a créé une proximitĂ© immĂ©diate Ă travers laquelle il nâa pas Ă©tĂ© perçu comme un discours protocolaire. Il a, somme toute, permis dâinstaller une confiance rare dans une rencontre aussi importante.
Ensuite, dans un français simple et direct, Jean-Paul II a lancĂ© appel Ă la paix, Ă lâimportance de l'Ă©ducation et au respect du vivre-ensemble inter-religieux et intercommunautaire. Il nâĂ©tait pas venu pour prĂȘcher ou convaincre, mais pour tĂ©moigner de l'amour Ă l'Ă©gard de ses frĂšres dans l'humanitĂ©. Il a Ă©voquĂ© Abraham, figure de proue des croyants des deux religions, pour rappeler ce que chrĂ©tiens et musulmans partagent : la foi en Dieu, l'importance de la priĂšre et la recherche du bien.
Ce moment a profondĂ©ment marquĂ© les esprits, car voir un pape accueilli par le Roi Hassan II, sâadresser Ă la jeunesse marocaine dans un climat de respect et de calme, avait quelque chose dâinĂ©dit et de fort. Jean-Paul II, sans chercher Ă gommer les diffĂ©rences, a su transmettre lâidĂ©e quâun vĂ©ritable Ă©change peut naĂźtre mĂȘme entre des traditions Ă©loignĂ©es, pourvu quâil repose sur lâĂ©coute, la sincĂ©ritĂ© et la reconnaissance de lâautre. En parlant avec la force tranquille dâun homme de foi animĂ© par le dĂ©sir de paix, il a posĂ© un geste qui a Ă©tĂ© perçu comme un tournant, une maniĂšre nouvelle de se rencontrer, Ă hauteur dâhomme, au-delĂ des barriĂšres religieuses. Pour beaucoup, cette rencontre a laissĂ© une empreinte durable, comme le souvenir dâun instant rare oĂč les convictions nâĂ©taient pas un mur, mais un point de dĂ©part pour mieux se comprendre.
Ensuite, dans un français simple et direct, Jean-Paul II a lancĂ© appel Ă la paix, Ă lâimportance de l'Ă©ducation et au respect du vivre-ensemble inter-religieux et intercommunautaire. Il nâĂ©tait pas venu pour prĂȘcher ou convaincre, mais pour tĂ©moigner de l'amour Ă l'Ă©gard de ses frĂšres dans l'humanitĂ©. Il a Ă©voquĂ© Abraham, figure de proue des croyants des deux religions, pour rappeler ce que chrĂ©tiens et musulmans partagent : la foi en Dieu, l'importance de la priĂšre et la recherche du bien.
Ce moment a profondĂ©ment marquĂ© les esprits, car voir un pape accueilli par le Roi Hassan II, sâadresser Ă la jeunesse marocaine dans un climat de respect et de calme, avait quelque chose dâinĂ©dit et de fort. Jean-Paul II, sans chercher Ă gommer les diffĂ©rences, a su transmettre lâidĂ©e quâun vĂ©ritable Ă©change peut naĂźtre mĂȘme entre des traditions Ă©loignĂ©es, pourvu quâil repose sur lâĂ©coute, la sincĂ©ritĂ© et la reconnaissance de lâautre. En parlant avec la force tranquille dâun homme de foi animĂ© par le dĂ©sir de paix, il a posĂ© un geste qui a Ă©tĂ© perçu comme un tournant, une maniĂšre nouvelle de se rencontrer, Ă hauteur dâhomme, au-delĂ des barriĂšres religieuses. Pour beaucoup, cette rencontre a laissĂ© une empreinte durable, comme le souvenir dâun instant rare oĂč les convictions nâĂ©taient pas un mur, mais un point de dĂ©part pour mieux se comprendre.
Faits-marquants : Le dialogue inter-religieux, pilotis de la dynastie alaouite
Certains rĂ©cits contemporains veulent cantonner lâamitiĂ© islamo-chrĂ©tienne Ă quelques visites papales, mais il nâen est rien. DĂ©jĂ , sous les rĂšgnes successifs de Moulay Mohammed ben IsmaĂŻl (qui a rĂ©gnĂ© en 1736) et de son frĂšre Moulay Abdallah ben IsmaĂŻl (qui a eu droit Ă des rĂšgnes intermittents entre 1729 et 1757), le Maroc alaouite a posĂ© les bases concrĂštes dâun dialogue interreligieux avec lâEurope. Ce dialogue, loin dâĂȘtre idĂ©ologique, prenait corps Ă travers la course maritime, considĂ©rĂ©e comme une rĂ©sistance lĂ©gitime face aux puissances coloniales. Mais derriĂšre cette activitĂ© se dĂ©ployait une diplomatie subtile : lorsque les Sultans restituaient des biens ou libĂ©raient des captifs europĂ©ens, les chefs dâĂtat europĂ©ens rĂ©pondaient par des gestes Ă©quivalents. Cette rĂ©ciprocitĂ© fondait une forme de reconnaissance mutuelle, ancrĂ©e dans la justice plus que dans les mots.
Moulay Abdallah perpĂ©tua cette tradition. Il pratiquait la restitution de navires ou la libĂ©ration de captifs chrĂ©tiens lorsque les accords Ă©taient respectĂ©s, consolidant ainsi une approche marocaine du dialogue interreligieux, fondĂ©e sur lâĂ©quilibre et la dignitĂ©.
Son fils, Mohammed ben Abdallah (rĂšgne de 1757 Ă 1790), poursuivit cet hĂ©ritage en nouant des relations pacifiques avec diverses puissances et en Ă©tant le premier chef dâĂtat Ă reconnaĂźtre lâindĂ©pendance des Ătats-Unis. MĂȘme Moulay Yazid (rĂšgne de 1790 Ă 1792), malgrĂ© un pouvoir plus instable, ne rompit pas entiĂšrement ce fil diplomatique. Ă travers ces Souverains, le dialogue islamo-chrĂ©tien sâest enracinĂ© dans lâhistoire marocaine comme un acte de souverainetĂ©, de justice et de respect de lâautre.
Moulay Abdallah perpĂ©tua cette tradition. Il pratiquait la restitution de navires ou la libĂ©ration de captifs chrĂ©tiens lorsque les accords Ă©taient respectĂ©s, consolidant ainsi une approche marocaine du dialogue interreligieux, fondĂ©e sur lâĂ©quilibre et la dignitĂ©.
Son fils, Mohammed ben Abdallah (rĂšgne de 1757 Ă 1790), poursuivit cet hĂ©ritage en nouant des relations pacifiques avec diverses puissances et en Ă©tant le premier chef dâĂtat Ă reconnaĂźtre lâindĂ©pendance des Ătats-Unis. MĂȘme Moulay Yazid (rĂšgne de 1790 Ă 1792), malgrĂ© un pouvoir plus instable, ne rompit pas entiĂšrement ce fil diplomatique. Ă travers ces Souverains, le dialogue islamo-chrĂ©tien sâest enracinĂ© dans lâhistoire marocaine comme un acte de souverainetĂ©, de justice et de respect de lâautre.
