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Nieuws 24 Jun 2012 4 min read

L’intervention de l’État s’impose

La ville de Casablanca n’a pas les moyens de faire face à cette problématique. Les élus proposent la création d’une société d’économie mixte.
L’intervention de l’État s’impose

On ne le dira jamais assez, les maisons menaçant ruine reprĂ©sentent une grande contrainte du Grand Casablanca. Les effondrements survenus rĂ©cemment Ă  l'ancienne mĂ©dina ont attirĂ© de nouveau l'attention sur ce problème. Suite Ă  ces Ă©vènements, certains Ă©lus ont appelĂ© le prĂ©sident du conseil de la ville Ă  tenir une session extraordinaire afin de trouver une solution Ă  cette problĂ©matique. À l'ordre du jour, les conseillers en question proposent de mettre en place une agence pour sauver l'ancien tissu urbain au sein du Grand Casablanca notamment au niveau de Mers Sultan-El Fida et l'ancienne mĂ©dina, les deux points noirs de la mĂ©tropole. «On voudrait exposer ce sujet devant tous les membres du conseil de la ville en prĂ©sence de l'ensemble des intervenants : le ministère de l'Habitat, de l'urbanisme et de la politique de la ville, l'Agence urbaine, ministère de l'Économie et des finances… parce que la ville de Casablanca n'a pas les moyens de faire face Ă  cette problĂ©matique sans le soutien de l'État», explique SaĂŻd Housbane, reprĂ©sentant du Mouvement populaire. Cet Ă©lu qui prĂ©voit la session extraordinaire en dĂ©but du mois de juillet propose de constituer une sociĂ©tĂ© d'Ă©conomie mixte telle Idmaj Sakan afin de traiter le problème des maisons menaçant ruine dans sa globalitĂ©. Cette solution permettrait, selon lui, d'avoir un seul interlocuteur et faciliter la procĂ©dure de relogement. Les Ă©lus insistent Ă©galement sur l'importance de confier ce dossier Ă  un bureau d'Ă©tudes spĂ©cialisĂ© afin d'avoir une expertise en bonne et due forme. En effet, la problĂ©matique de l'habitat menaçant ruine est complexe. Les professionnels y sont confrontĂ©s Ă  l'absence de prĂ©inventaire exact aussi bien quantitatif que qualitatif de la situation. Cette problĂ©matique nĂ©cessite une approche et une intervention partenariale, impliquant diffĂ©rents acteurs dans le cadre d'Ă©tudes portant sur le renouvellement urbain et la remise Ă  niveau de l'ensemble des composantes de la rĂ©gion. D'après Kamal Dissaoui, prĂ©sident de la commune Sidi Belyout : «Il faut crĂ©er une agence de rĂ©novation urbaine du Grand Casablanca pour faire face Ă  cette situation. Actuellement, 1 500 mĂ©nages rĂ©sidant dans des maisons menaçant ruine attendent une solution urgente. Si on utilise les ressources de la taxe sur le ciment en plus de l'argent du Fonds solidaritĂ© habitat (FSH), on pourrait les reloger dès demain», a-t-il soulignĂ© lors d'une rencontre sur la politique de la ville organisĂ©e le jeudi 21 juin. Pour Mustapha Lhaya, Ă©lu au conseil de la ville, c'est inadmissible de donner prioritĂ© Ă  des personnes venues d'autres villes et zones rurales parce que leurs taudis altèrent l'image de la ville et laisser les Casablancais de souche sous la menace des effondrements : «Il faudrait octroyer

1/5e du budget réservé au programme de résorption des bidonvilles à la rénovation de l'habitat menaçant ruine. Casablanca a dédié 10 millions de dirhams à ce volet, mais ce budget reste insuffisant par rapport à la réalité».

Statistiques

Il faut dire que l'habitat menaçant ruine reprĂ©sente une composante importante du paysage urbain de la rĂ©gion du Grand Casablanca. Cette dernière recense, selon les statistiques de 2004, 50 % des vieilles bâtisses du Maroc. Au niveau de la prĂ©fecture d'arrondissements Mers Sultan-El Fida, on recense 65 % de maisons vĂ©tustes de la ville. On y trouve toujours des personnes qui louent des logements dĂ©gradĂ©s Ă  20 DH par mois. Selon Said Housbane, 1 246 maisons au niveau de cette prĂ©fecture risquent de s'effondrer. D'après l'Inspection rĂ©gionale de l'habitat, de l'urbanisme et de l'amĂ©nagement de l'espace du Grand Casablanca, 70 000 mĂ©nages casablancais habitent dans l'habitat vĂ©tuste (HV) et menaçant ruine (HMR) dont 93 % sont localisĂ©s dans les prĂ©fectures d'arrondissements de Casa-Anfa et Mers Sultan-El Fida. En ignorant les vieilles bâtisses qui risquent de s'effondrer Ă  tout moment, on ne traite qu'un seul cĂ´tĂ© de l'habitat insalubre. Il faudrait non seulement procĂ©der au recensement de ces constructions, mais aussi de reloger les habitants», affirme Said Housbane. NĂ©anmoins, sans une intervention de l'État et des partenaires privĂ©s, cette situation peut encore durer au risque de voir d'autres personnes y laisser leurs vies.


Autres points de discorde

Des élus de Casablanca appellent au recensement des biens de la ville et à la révision des contrats de bail afin d’avoir une idée précise sur ce type de recettes. Une révision des cahiers des charges gérant les dérogations au profit des promoteurs immobiliers s’impose également. Les conseillers de la ville voudraient réorganiser la gestion des propriétés de Casablanca. Pour eux, ces biens peuvent générer d’importantes ressources financières ou du moins servir au relogement des victimes de sinistres.

Cependant, cette mission s’avère assez difficile pour l’instant. D’autant qu’aucune réponse ne leur a été donnée à ce propos.

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