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16 Oct 2026
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Elle se redéfinit au cœur du Salon du Cheval d’El Jadida: Tbourida, l’art emblématique de l’identité équestre marocaine
Histoire La Tbourida, connue également sous l’appellation fantasia, est bien plus qu’un simple spectacle équestre. Elle incarne un art du courage, de la coordination et de la fierté tribale, où cavaliers et chevaux forment un tout harmonieux. Chaque tir de poudre synchronisé, chaque cri de guerre lancé dans l’air, chaque geste du cavalier enveloppé de son burnous symbolise une histoire vivante du Maroc, de ses tribus et de son identité. Dans cette 17ème édition du Salon, la Tbourida prend un nouveau visage: celui d’une tradition fière, certes, de son héritage martial, mais qui choisit de mettre le cheval au centre du geste non comme simple instrument, mais comme partenaire à part entière. La Tbourida incarne un art du courage, de la coordination et de la fierté tribale, où cavaliers et chevaux forment un tout harmonieux. Chaque tir de poudre synchronisé, chaque cri de guerre lancé dans l’air, chaque geste du cavalier enveloppé de son burnous symbolise une histoire vivante du Maroc, de ses tribus et de son identité. Sur la grande piste sablée du Parc des Expositions Mohammed VI, le spectacle est fascinant : quinze cavaliers en ligne fusils levés, regards droits, chevaux tendus s’élancent à plein galop. Et dans une synchronisation parfaite, les détonations claquent, s’élèvent, résonnent. C’est le point culminant d’une tradition millénaire : la Tbourida, cet art équestre marocain inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité, et qui, aujourd’hui plus que jamais, se redéfinit au cœur du Salon du Cheval d’El Jadida. Ainsi, depuis des siècles, les cavaliers marocains célèbrent la gloire, la bravoure et la cohésion à travers cette démonstration de force maîtrisée. On retrouve la tbourida dans toutes les régions du Royaume, de la plaine du Gharb aux hauts plateaux du Souss, en passant par les Doukkala, les Tadla et les Abda. Chaque tribu y apporte sa touche : dans la posture du cavalier, le décor du cheval ou la broderie du costume. Car au fond, il ne s’agit plus seulement d’une démonstration de force ou de bravoure. Dans cette 17ème édition du Salon, placée sous le thème «Le Cheval au service de l’humain», la Tbourida prend un nouveau visage : celui d’une tradition qui reste fière de son héritage martial, mais qui choisit de mettre le cheval au centre du geste non comme simple instrument, mais comme partenaire à part entière. Avec le Salon, elle est devenue la compétition de référence pour les sorbas du Royaume. Depuis sa création en 2008, le Salon du Cheval a consacré à la Tbourida un espace de choix. Et pour cause, cet art n’est pas seulement spectaculaire, il est emblématique de l’identité équestre marocaine. Le Grand Prix de Sa Majesté le Roi Mohammed VI de Tbourida, organisé durant toute la semaine du Salon, est devenu la compétition de référence pour les sorbas du Royaume. Chaque jour voit s’affronter les meilleures troupes du pays, venues des douze régions du Maroc, pour une place sur le podium. Mais le Salon ne se limite pas à offrir un terrain de compétition. Il agit en profondeur : il structure et améliore les conditions d’exercice, veille à la sécurité des cavaliers, encadre la santé des chevaux, repense les protocoles d’accueil et de soins. Les chevaux de Tbourida, souvent issus de lignées traditionnelles, bénéficient ici de conditions optimales, de points d’eau bien répartis pour abreuvement et douchage, d’une gestion fine des temps de repos et d’effort. Chaque troupe est suivie par une équipe technique et vétérinaire, garantissant que l’intensité du spectacle ne se fasse jamais au détriment de l’intégrité de la santé de l’animal et de son bien-être. Il existe un lien entre Tbourida et bien-être équin qui peut sembler contre-nature à première vue. Comment concilier les accélérations brutales, les arrêts nets, les salves coordonnées, avec la douceur que l’on attend aujourd’hui dans la relation au cheval ? C’est tout l’enjeu et toute la beauté de cette transition. Au fil des années, un nombre croissant de Moqaddem (chefs de sorba ou littéralement Mqaddmine) ont modifié leurs approches. Moins de répétitions forcées, plus de séances de préparation à pied. Moins de mors rigides, plus de harnachement adapté. Moins d’intensité dans les premières séances, davantage de travail sur le souffle et l’endurance. Ces évolutions ne sont pas imposées : elles viennent du terrain, du dialogue avec les vétérinaires, des retours d’expérience et de la réglementation des concours. Et elles sont visibles. Le cheval de Tbourida d’aujourd’hui est plus souple, plus expressif, plus confiant. Il ne subit plus la salve : il l’exécute dans une forme d’accord, presque chorégraphique. Ce tournant vers une Tbourida plus respectueuse est en grande partie rendu possible par l’environnement que crée le Salon. En offrant des conditions optimales d’accueil, en ouvrant des espaces de dialogue entre les régions, en rendant visible l’exemplarité de certaines troupes, le Salon joue un rôle de levier. Il valorise les pratiques les plus vertueuses. Il encourage la fierté dans l’excellence, pas dans la souffrance. Il crée un effet d’émulation entre sorbas. Des démonstrations pédagogiques sont proposées durant la semaine : préparation du cheval avant la salve, debriefing avec les cavaliers, partage d’astuces de dressage. Ces moments, ouverts au public, permettent aussi aux jeunes passionnés de mieux comprendre la complexité de la Tbourida. Car ce n’est pas un simple spectacle folklorique, c’est un art équestre complet, qui exige précision, cohésion, intelligence du cheval, et fidélité au geste. L’émergence de sorbas féminines affine la chorégraphie L’un des phénomènes marquants de ces dernières années est l’arrivée des femmes. Longtemps cantonnée à un rôle périphérique, la femme est aujourd’hui pleinement actrice de la Tbourida. À El Jadida, certaines éditions ont vu défiler des troupes exclusivement féminines, avec une élégance, une rigueur, une puissance qui ont bouleversé les représentations. Le Salon leur donne la même visibilité, le même respect, le même accès à la compétition. Et cette égalité ne fait pas que réparer une absence historique. Elle transforme la Tbourida elle-même. Le rapport au cheval évolue. La chorégraphie s’affine. La transmission s’ouvre à de nouveaux récits, de nouveaux corps, de nouvelles voix. C’est là encore l’un des effets du Salon : être un lieu de reconnaissance, mais aussi de projection Aujourd’hui, les spectateurs qui assistent aux finales du Grand Prix S.M. le Roi Mohammed VI de Tbourida voient bien plus qu’un alignement de cavaliers tirant en rythme. Ils se retrouvent face à un patrimoine vivant, un avenir ouvert. Ils assistent à la mise en scène d’une mémoire, à la perpétuation d’un art, à la célébration d’un savoir-vivre ancestral. Mais désormais, ils voient aussi des chevaux épanouis, des cavaliers attentifs, des pratiques ajustées, une éthique partagée. En choisissant cette année le thème «Le Cheval au service de l’humain», le Salon ne signe pas une rupture. Il confirme qu’à El Jadida, la Tbourida, à la différence des moussems et autres occasions de ferveur, se transforme en une déclaration de respect, un lien entre la beauté du feu et la sérénité du souffle, la force du baroud mariée à la finesse du lien. En somme, la Tbourida est tout un écosystème culturel et artisanal : la fabrication des selles, la broderie des habits, la forge des fusils à poudre, la musique, les chants, et même les contes oraux qui perpétuent la mémoire des grands cavaliers marocains. C’est ce qui fait d’elle une pratique complète, à la fois artistique, spirituelle et communautaire. Ce n’est pas une simple parade… Identité culturelle nationale La Tbourida est une représentation équestre apparue au XVIe siècle. Elle est inscrite sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité depuis 2021. C’est une représentation qui simule une succession de parades militaires, reconstituées selon les conventions et rituels arabo-amazighs ancestraux. Chaque parade de tbourida est effectuée par une troupe constituée d’un nombre impair de cavaliers et de chevaux (de 15 à 25), alignés côte à côte et au milieu desquels se place le chef de la troupe. Souvent, avant l’événement, les cavaliers donnent à leur prestation une portée spirituelle, effectuant leurs ablutions puis priant collectivement. Ensemble, sous la direction du chef, cavaliers et chevaux exécutent une parade composée de deux parties principales. La première est la hadda, ou le salut de la troupe, qui entre au trot en piste et réalise un maniement d’armes acrobatique, puis se repositionne à son point de départ. La deuxième est la talqa, où les troupes repartent au galop et effectuent un tir au fusil, à blanc, avant de se retirer, simulant un départ collectif à la guerre. Les cavaliers portent des costumes et des accessoires d’époque incluant notamment un turban, des vêtements drapés, des babouches, un petit livret du Coran et une épée arabe ancienne. Les chevaux, eux, sont harnachés avec du matériel cousu et décoré de manière traditionnelle. Les cavaliers sont issus d’une même tribu ou d’une même région dont ils représentent les coutumes et les costumes. La transmission se fait de génération en génération au sein des familles, par la tradition orale et l’observation des pratiquants. Spécifique à la région du grand Maghreb, la tbourida est un art équestre traditionnel et populaire. Très pratiquée en milieu rural pour célébrer les fêtes nationales et religieuses, elle fait partie de l’identité culturelle nationale. Egalement appeléex « jeu de la Poudre», cette tradition, sur fond de courses brèves, fait concourir principalement des chevaux barbes, légers et aériens, portant un harnachement d’apparat très coloré. Le but de l’épreuve est de terminer la course en tirant un coup de fusil en l’air, au même moment, pour n’entendre qu’une seule détonation. Les tirs sont, selon les régions, effectués soit en direction du ciel ou vers le bas. Les cavaliers vêtus de djellabas bleues de la région de Guelmim – la porte du désert- ont pour coutume de tirer vers le bas. Les régions du Maroc, représentées par une « sorba » (troupe), participent à des exhibitions de haut niveau où l’évaluation des équipes participantes se fait sur la base de critères précis prenant en considération la tenue des cavaliers, le maniement habile des fusils et la synchronisation des tirs. Au début, ce fut la Fantasia marocaine … Racines La Tbourida puise ses racines dans les traditions militaires et équestres du Maroc. Les représentations contemporaines évoquent les anciennes charges collectives de cavalerie et les démonstrations au cours desquelles les cavaliers devaient montrer leur capacité à se déplacer et à agir comme un groupe parfaitement coordonné. Le terme est étroitement associé à « baroud », mot arabe qui désigne la poudre à canon. Le tir constitue en effet l’un des éléments les plus reconnaissables de cette tradition. Pendant longtemps, le terme « Fantasia » a également été utilisé pour désigner ce type de représentation dans les récits et les descriptions occidentales du Maghreb. Aujourd’hui, le terme Tbourida permet d’identifier plus précisément cette pratique dans son contexte culturel marocain. Au fil du temps, sa fonction a évolué. Les anciennes références guerrières ont laissé place à une représentation culturelle organisée dans le cadre de célébrations, de rassemblements et d’événements équestres. La reconnaissance de la Tbourida par l’Unesco en décembre 2021 a renforcé sa visibilité internationale et l’importance accordée à la sauvegarde des connaissances nécessaires à sa transmission. Recevez les dernières actualités d’Aujourd’hui Le Maroc directement sur WhatsApp
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