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Dakhla, voorheen Villa Cisneros, is de hoofdstad van de regio Oued Ed-Dahab. Gelegen op het schiereiland Rio de Oro, biedt deze...

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Nieuws 27 Nov 2025 7 min leestijd

Port Dakhla Atlantique : A mi-chantier, le projet sĂ©duit ! [INTÉGRAL]

Port Dakhla Atlantique : A mi-chantier, le projet sĂ©duit ! [INTÉGRAL]
Épine dorsale de l’Initiative Atlantique, le port Dakhla Atlantique s’est imposĂ© comme l’un des sujets centraux lors de la premiĂšre Ă©dition du forum Dakhla Africa Logistics (DAL). Les perspectives qu’il ouvre sont considĂ©rables, mais beaucoup s’interrogent sur l’état rĂ©el d’avancement de ce gigantesque projet.
Port Dakhla Atlantique : A mi-chantier, le projet sĂ©duit ! [INTÉGRAL]
À l’arrivĂ©e, le visiteur lambda est d’abord saisi par la beautĂ© du paysage oĂč le Sahara rencontre l’ocĂ©an sous un ciel clair. Les investisseurs, eux, y discernent un vĂ©ritable eldorado Ă©conomique, portĂ© par des secteurs comme l’aquaculture, les Ă©nergies renouvelables ou encore la logistique. Car en avançant vers la baie, dans la commune d’Al-Argoub, l’activitĂ© intense d’une zone industrialo-logistique de 1.650 hectares capte immĂ©diatement l’attention. Bulldozers, pelleteuses et chargeuses s’y relaient sans interruption pour Ă©difier le port Dakhla Atlantique, l’un des projets phares du programme de dĂ©veloppement des provinces du Sud.

Ce mĂ©gaprojet, d’une portĂ©e Ă©conomique et gĂ©ostratĂ©gique dĂ©terminante, traduit l’ambition Royale de faire des provinces du Sud une nouvelle locomotive de croissance orientĂ©e vers l’Afrique. Ahmed Kathir, Directeur gĂ©nĂ©ral du Centre RĂ©gional d’Investissement de Dakhla Oued Eddahab, en souligne la singularitĂ©, qui repose sur «son intĂ©gration structurelle, son architecture technique monumentale et sa vocation stratĂ©gique plurielle». Il rappelle qu’il s’agit d’un port en eaux profondes de nouvelle gĂ©nĂ©ration, capable d’accueillir des navires de trĂšs grande capacitĂ© grĂące Ă  des tirants d’eau atteignant 18 mĂštres, une profondeur supĂ©rieure aux prĂ©visions initiales. Cette caractĂ©ristique place Dakhla non plus comme un simple port cĂŽtier, mais comme «une vĂ©ritable interface maritime internationale intĂ©grĂ©e aux chaĂźnes logistiques mondiales les plus exigeantes». Ynja Khattat, prĂ©sident de la RĂ©gion, insiste d’ailleurs sur le rĂŽle central de la logistique, devenue selon lui «le cƓur de la compĂ©titivitĂ© et une condition essentielle de la souverainetĂ© Ă©conomique et de la cohĂ©sion territoriale». Reste toutefois la question du rythme de rĂ©alisation, alors que le projet constitue la piĂšce maĂźtresse de l’Initiative Atlantique annoncĂ©e par SM le Roi Mohammed VI en novembre 2023.
 
 
Ça avance Ă  rythme soutenu  
 

FinancĂ© Ă  hauteur de 12,4 milliards de dirhams (MMDH), l’entrĂ©e en service est prĂ©vue pour la fin de l’annĂ©e 2028, selon la communication officielle de la tutelle. Ahmed Kathir assure que les travaux avancent de maniĂšre soutenue et conforme aux prĂ©visions. À novembre 2025, le chantier a atteint un taux global d’avancement de 50%, un cap symbolique obtenu grĂące Ă  une mobilisation continue des Ă©quipes, actives jour et nuit. Amine Jomar, responsable de la prĂ©paration et du suivi des travaux, prĂ©cise dans ce mĂȘme sens que le viaduc d’accĂšs maritime long de 1.300 mĂštres est rĂ©alisĂ© Ă  85%, que les digues maritimes atteignent 25% d’avancement et que les travaux de construction des 2.700 mĂštres de quais sont dĂ©sormais lancĂ©s. La mise en service des premiers terminaux reste nĂ©anmoins programmĂ©e pour dĂ©but 2029, avec une capacitĂ© initiale annoncĂ©e d’au moins 2,2 millions de tonnes de marchandises et prĂšs de 950.000 tonnes de produits halieutiques.

 
Les efforts se concentrent actuellement sur les ouvrages de protection maritime, dont la digue principale atteint 1,3 kilomÚtre avec un rythme de progression remarquable estimé à 85%. Les infrastructures portuaires essentielles, comme les bassins, les terre-pleins et les quais, avancent également, tandis que les études liées aux premiÚres phases de la zone économique attenante se poursuivent.
 
 
La gouvernance comme clĂ© de voute !
 
Le modĂšle de gestion envisagĂ© prĂ©voit de confier l’exploitation opĂ©rationnelle des terminaux Ă  des opĂ©rateurs privĂ©s nationaux et internationaux via des concessions de longue durĂ©e, gĂ©nĂ©ralement entre 25 et 30 ans. Cette approche permet de mobiliser rapidement des capitaux privĂ©s pour les Ă©quipements lourds, tels que les portiques, grues, systĂšmes de manutention et infrastructures de stockage, tout en limitant la pression sur les finances publiques. Amine Jomar souligne Ă©galement que «le chantier joue un rĂŽle important dans le transfert de technologie et de compĂ©tences, grĂące Ă  des programmes de formation et de certification destinĂ©s aux Ă©quipes marocaines».
 
Sur le plan de la gouvernance, les acteurs consultĂ©s indiquent que la structure pourrait reposer sur une Agence SpĂ©ciale Dakhla Atlantique ou sur un renforcement du rĂŽle de l’Agence Nationale des Ports, qui assurerait les fonctions essentielles d’autoritĂ© portuaire. Le fonctionnement impliquerait Ă©galement des sociĂ©tĂ©s concessionnaires sĂ©lectionnĂ©es via des appels d’offres internationaux pour gĂ©rer les diffĂ©rents terminaux. Et pour garantir la pĂ©rennitĂ© du projet, un Conseil d'Administration ou de Surveillance incluant l'État (MICEPP, ministĂšre de l'Équipement), les collectivitĂ©s territoriales, des reprĂ©sentants du secteur privĂ© et potentiellement des investisseurs institutionnels internationaux serait mis en place.
 

Trois questions à Yanja El Khattat : « Avec les ports et les zones industrielles, nous pouvons inverser les coûts logistiques »
Port Dakhla Atlantique : A mi-chantier, le projet sĂ©duit ! [INTÉGRAL]
  • Quels sont les projets prioritaires concernant les routes, zones logistiques, plateformes de stockage ou zones industrielles ?

- Nous menons d’abord le projet structurant du port atlantique de Dakhla, accompagnĂ© d’une vaste zone logistique de plus de 1.600 hectares. S’ajoutent deux zones logistiques Ă  Bir Gandouz et Guergarat, d’environ 30 hectares chacune, vĂ©ritables portes d’entrĂ©e vers l’Afrique subsaharienne. L’objectif est de crĂ©er un corridor entre le Maroc et son voisinage africain, faciliter les Ă©changes commerciaux et ouvrir de nouvelles opportunitĂ©s de coopĂ©ration avec nos partenaires du continent. À cela s’ajoute la route Tiznit-Dakhla, qui constitue un hub routier majeur. Avec le hub maritime en cours de dĂ©veloppement, nous envisageons Ă©galement, Ă  terme, la crĂ©ation d’un hub aĂ©rien.

 
  • OĂč en est le projet et quelles retombĂ©es logistiques sont attendues ?

 En tant que l’un des plus grands ports d’Afrique, Dakhla Atlantique aura un impact significatif sur l’économie rĂ©gionale et agira comme un vĂ©ritable levier pour l’économie nationale. Il offrira d’importantes opportunitĂ©s aux pays africains et contribuera Ă  dynamiser leur dĂ©veloppement. Un port est toujours une locomotive Ă©conomique. Il gĂ©nĂšre tout un Ă©cosystĂšme, crĂ©e des synergies et stimule les Ă©changes vers diverses destinations.
 
  • Quel est le rĂŽle de la rĂ©gion dans la connectivitĂ© logistique africaine ?

 
La rĂ©gion occupe aujourd’hui une position centrale dans la connectivitĂ© logistique africaine. La logistique n’est plus une fonction secondaire, mais elle est devenue le cƓur de la compĂ©titivitĂ©, un pilier de la souverainetĂ© Ă©conomique et un vecteur essentiel de cohĂ©sion territoriale. Notre continent dispose d’atouts remarquables - une population jeune, des ressources abondantes et un marchĂ© de plus de 1,4 milliard de consommateurs -, mais ces potentialitĂ©s restent sous-exploitĂ©es. Les Ă©changes intra-africains ne dĂ©passent pas 15%, contre plus de 60% en Europe et 50% en Asie. Cela montre que l’Afrique Ă©change encore trop peu avec elle-mĂȘme. Les rĂ©gions dotĂ©es d’infrastructures maritimes, portuaires et routiĂšres structurantes ont donc un rĂŽle dĂ©terminant. Elles peuvent rĂ©duire les barriĂšres logistiques, crĂ©er de vĂ©ritables interconnexions, fluidifier les procĂ©dures et soutenir le dĂ©veloppement d’infrastructures rĂ©gionales permettant une circulation plus efficace des biens, des idĂ©es et des opportunitĂ©s. Dans certaines zones du continent, les coĂ»ts logistiques atteignent jusqu’à 40% de la valeur des produits, contre moins de 10% dans les Ă©conomies industrialisĂ©es. C’est prĂ©cisĂ©ment au niveau rĂ©gional que l’on peut inverser cette tendance, en dĂ©veloppant des hubs multimodaux, en assurant la continuitĂ© entre routes, ports et zones industrielles et en renforçant l’intĂ©gration Ă©conomique entre pays voisins.

Economie bleue : ModĂšle lucratif, mais durable
La rĂ©gion mise sur la Blue Economy et l’aquaculture pour valoriser son «or bleu». Forte de ses 740 km de cĂŽtes et d’un potentiel halieutique parmi les plus riches au monde, elle ambitionne de dĂ©velopper des liĂšres marines Ă  haute valeur ajoutĂ©e. Plus de 300 fermes aquacoles sont dĂ©jĂ  attribuĂ©es pour la conchyliculture, l’algoculture et la pisciculture, ouvrant la voie Ă  une production diversi Ă©e et compĂ©titive. La transformation des produits de la mer constitue un autre levier stratĂ©gique, avec des unitĂ©s de conserverie, de surgĂ©lation, de conditionnement ou d’extraction de principes actifs destinĂ©es aux marchĂ©s europĂ©ens, amĂ©ricains et asiatiques. Cette dynamique s’appuie Ă©galement sur une logistique frigori que avancĂ©e, connectĂ©e directement au pĂŽle pĂȘche du Port Dakhla Atlantique et conforme aux normes internationales les plus strictes. Le futur port de pĂȘche intĂ©grĂ©, dotĂ© d’équipements modernes et de criĂ©es digitalisĂ©es, renforcera la qualitĂ©, la traçabilitĂ© et la durabilitĂ© de l’ensemble de la liĂšre.

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