Ă lâarrivĂ©e, le visiteur lambda est dâabord saisi par la beautĂ© du paysage oĂč le Sahara rencontre lâocĂ©an sous un ciel clair. Les investisseurs, eux, y discernent un vĂ©ritable eldorado Ă©conomique, portĂ© par des secteurs comme lâaquaculture, les Ă©nergies renouvelables ou encore la logistique. Car en avançant vers la baie, dans la commune dâAl-Argoub, lâactivitĂ© intense dâune zone industrialo-logistique de 1.650 hectares capte immĂ©diatement lâattention. Bulldozers, pelleteuses et chargeuses sây relaient sans interruption pour Ă©difier le port Dakhla Atlantique, lâun des projets phares du programme de dĂ©veloppement des provinces du Sud.
Ce mĂ©gaprojet, dâune portĂ©e Ă©conomique et gĂ©ostratĂ©gique dĂ©terminante, traduit lâambition Royale de faire des provinces du Sud une nouvelle locomotive de croissance orientĂ©e vers lâAfrique. Ahmed Kathir, Directeur gĂ©nĂ©ral du Centre RĂ©gional dâInvestissement de Dakhla Oued Eddahab, en souligne la singularitĂ©, qui repose sur «son intĂ©gration structurelle, son architecture technique monumentale et sa vocation stratĂ©gique plurielle». Il rappelle quâil sâagit dâun port en eaux profondes de nouvelle gĂ©nĂ©ration, capable dâaccueillir des navires de trĂšs grande capacitĂ© grĂące Ă des tirants dâeau atteignant 18 mĂštres, une profondeur supĂ©rieure aux prĂ©visions initiales. Cette caractĂ©ristique place Dakhla non plus comme un simple port cĂŽtier, mais comme «une vĂ©ritable interface maritime internationale intĂ©grĂ©e aux chaĂźnes logistiques mondiales les plus exigeantes». Ynja Khattat, prĂ©sident de la RĂ©gion, insiste dâailleurs sur le rĂŽle central de la logistique, devenue selon lui «le cĆur de la compĂ©titivitĂ© et une condition essentielle de la souverainetĂ© Ă©conomique et de la cohĂ©sion territoriale». Reste toutefois la question du rythme de rĂ©alisation, alors que le projet constitue la piĂšce maĂźtresse de lâInitiative Atlantique annoncĂ©e par SM le Roi Mohammed VI en novembre 2023.
Ce mĂ©gaprojet, dâune portĂ©e Ă©conomique et gĂ©ostratĂ©gique dĂ©terminante, traduit lâambition Royale de faire des provinces du Sud une nouvelle locomotive de croissance orientĂ©e vers lâAfrique. Ahmed Kathir, Directeur gĂ©nĂ©ral du Centre RĂ©gional dâInvestissement de Dakhla Oued Eddahab, en souligne la singularitĂ©, qui repose sur «son intĂ©gration structurelle, son architecture technique monumentale et sa vocation stratĂ©gique plurielle». Il rappelle quâil sâagit dâun port en eaux profondes de nouvelle gĂ©nĂ©ration, capable dâaccueillir des navires de trĂšs grande capacitĂ© grĂące Ă des tirants dâeau atteignant 18 mĂštres, une profondeur supĂ©rieure aux prĂ©visions initiales. Cette caractĂ©ristique place Dakhla non plus comme un simple port cĂŽtier, mais comme «une vĂ©ritable interface maritime internationale intĂ©grĂ©e aux chaĂźnes logistiques mondiales les plus exigeantes». Ynja Khattat, prĂ©sident de la RĂ©gion, insiste dâailleurs sur le rĂŽle central de la logistique, devenue selon lui «le cĆur de la compĂ©titivitĂ© et une condition essentielle de la souverainetĂ© Ă©conomique et de la cohĂ©sion territoriale». Reste toutefois la question du rythme de rĂ©alisation, alors que le projet constitue la piĂšce maĂźtresse de lâInitiative Atlantique annoncĂ©e par SM le Roi Mohammed VI en novembre 2023.
Ăa avance Ă rythme soutenu
FinancĂ© Ă hauteur de 12,4 milliards de dirhams (MMDH), lâentrĂ©e en service est prĂ©vue pour la fin de lâannĂ©e 2028, selon la communication officielle de la tutelle. Ahmed Kathir assure que les travaux avancent de maniĂšre soutenue et conforme aux prĂ©visions. Ă novembre 2025, le chantier a atteint un taux global dâavancement de 50%, un cap symbolique obtenu grĂące Ă une mobilisation continue des Ă©quipes, actives jour et nuit. Amine Jomar, responsable de la prĂ©paration et du suivi des travaux, prĂ©cise dans ce mĂȘme sens que le viaduc dâaccĂšs maritime long de 1.300 mĂštres est rĂ©alisĂ© Ă 85%, que les digues maritimes atteignent 25% dâavancement et que les travaux de construction des 2.700 mĂštres de quais sont dĂ©sormais lancĂ©s. La mise en service des premiers terminaux reste nĂ©anmoins programmĂ©e pour dĂ©but 2029, avec une capacitĂ© initiale annoncĂ©e dâau moins 2,2 millions de tonnes de marchandises et prĂšs de 950.000 tonnes de produits halieutiques.
Les efforts se concentrent actuellement sur les ouvrages de protection maritime, dont la digue principale atteint 1,3 kilomÚtre avec un rythme de progression remarquable estimé à 85%. Les infrastructures portuaires essentielles, comme les bassins, les terre-pleins et les quais, avancent également, tandis que les études liées aux premiÚres phases de la zone économique attenante se poursuivent.
La gouvernance comme clé de voute !
Le modĂšle de gestion envisagĂ© prĂ©voit de confier lâexploitation opĂ©rationnelle des terminaux Ă des opĂ©rateurs privĂ©s nationaux et internationaux via des concessions de longue durĂ©e, gĂ©nĂ©ralement entre 25 et 30 ans. Cette approche permet de mobiliser rapidement des capitaux privĂ©s pour les Ă©quipements lourds, tels que les portiques, grues, systĂšmes de manutention et infrastructures de stockage, tout en limitant la pression sur les finances publiques. Amine Jomar souligne Ă©galement que «le chantier joue un rĂŽle important dans le transfert de technologie et de compĂ©tences, grĂące Ă des programmes de formation et de certification destinĂ©s aux Ă©quipes marocaines».
Sur le plan de la gouvernance, les acteurs consultĂ©s indiquent que la structure pourrait reposer sur une Agence SpĂ©ciale Dakhla Atlantique ou sur un renforcement du rĂŽle de lâAgence Nationale des Ports, qui assurerait les fonctions essentielles dâautoritĂ© portuaire. Le fonctionnement impliquerait Ă©galement des sociĂ©tĂ©s concessionnaires sĂ©lectionnĂ©es via des appels dâoffres internationaux pour gĂ©rer les diffĂ©rents terminaux. Et pour garantir la pĂ©rennitĂ© du projet, un Conseil d'Administration ou de Surveillance incluant l'Ătat (MICEPP, ministĂšre de l'Ăquipement), les collectivitĂ©s territoriales, des reprĂ©sentants du secteur privĂ© et potentiellement des investisseurs institutionnels internationaux serait mis en place.
Trois questions à Yanja El Khattat : « Avec les ports et les zones industrielles, nous pouvons inverser les coûts logistiques »
- Quels sont les projets prioritaires concernant les routes, zones logistiques, plateformes de stockage ou zones industrielles ?
- Nous menons dâabord le projet structurant du port atlantique de Dakhla, accompagnĂ© dâune vaste zone logistique de plus de 1.600 hectares. Sâajoutent deux zones logistiques Ă Bir Gandouz et Guergarat, dâenviron 30 hectares chacune, vĂ©ritables portes dâentrĂ©e vers lâAfrique subsaharienne. Lâobjectif est de crĂ©er un corridor entre le Maroc et son voisinage africain, faciliter les Ă©changes commerciaux et ouvrir de nouvelles opportunitĂ©s de coopĂ©ration avec nos partenaires du continent. Ă cela sâajoute la route Tiznit-Dakhla, qui constitue un hub routier majeur. Avec le hub maritime en cours de dĂ©veloppement, nous envisageons Ă©galement, Ă terme, la crĂ©ation dâun hub aĂ©rien.
- OĂč en est le projet et quelles retombĂ©es logistiques sont attendues ?
En tant que lâun des plus grands ports dâAfrique, Dakhla Atlantique aura un impact significatif sur lâĂ©conomie rĂ©gionale et agira comme un vĂ©ritable levier pour lâĂ©conomie nationale. Il offrira dâimportantes opportunitĂ©s aux pays africains et contribuera Ă dynamiser leur dĂ©veloppement. Un port est toujours une locomotive Ă©conomique. Il gĂ©nĂšre tout un Ă©cosystĂšme, crĂ©e des synergies et stimule les Ă©changes vers diverses destinations.
- Quel est le rÎle de la région dans la connectivité logistique africaine ?
La rĂ©gion occupe aujourdâhui une position centrale dans la connectivitĂ© logistique africaine. La logistique nâest plus une fonction secondaire, mais elle est devenue le cĆur de la compĂ©titivitĂ©, un pilier de la souverainetĂ© Ă©conomique et un vecteur essentiel de cohĂ©sion territoriale. Notre continent dispose dâatouts remarquables - une population jeune, des ressources abondantes et un marchĂ© de plus de 1,4 milliard de consommateurs -, mais ces potentialitĂ©s restent sous-exploitĂ©es. Les Ă©changes intra-africains ne dĂ©passent pas 15%, contre plus de 60% en Europe et 50% en Asie. Cela montre que lâAfrique Ă©change encore trop peu avec elle-mĂȘme. Les rĂ©gions dotĂ©es dâinfrastructures maritimes, portuaires et routiĂšres structurantes ont donc un rĂŽle dĂ©terminant. Elles peuvent rĂ©duire les barriĂšres logistiques, crĂ©er de vĂ©ritables interconnexions, fluidifier les procĂ©dures et soutenir le dĂ©veloppement dâinfrastructures rĂ©gionales permettant une circulation plus efficace des biens, des idĂ©es et des opportunitĂ©s. Dans certaines zones du continent, les coĂ»ts logistiques atteignent jusquâĂ 40% de la valeur des produits, contre moins de 10% dans les Ă©conomies industrialisĂ©es. Câest prĂ©cisĂ©ment au niveau rĂ©gional que lâon peut inverser cette tendance, en dĂ©veloppant des hubs multimodaux, en assurant la continuitĂ© entre routes, ports et zones industrielles et en renforçant lâintĂ©gration Ă©conomique entre pays voisins.
Economie bleue : ModĂšle lucratif, mais durable
La rĂ©gion mise sur la Blue Economy et lâaquaculture pour valoriser son «or bleu». Forte de ses 740 km de cĂŽtes et dâun potentiel halieutique parmi les plus riches au monde, elle ambitionne de dĂ©velopper des liĂšres marines Ă haute valeur ajoutĂ©e. Plus de 300 fermes aquacoles sont dĂ©jĂ attribuĂ©es pour la conchyliculture, lâalgoculture et la pisciculture, ouvrant la voie Ă une production diversi Ă©e et compĂ©titive. La transformation des produits de la mer constitue un autre levier stratĂ©gique, avec des unitĂ©s de conserverie, de surgĂ©lation, de conditionnement ou dâextraction de principes actifs destinĂ©es aux marchĂ©s europĂ©ens, amĂ©ricains et asiatiques. Cette dynamique sâappuie Ă©galement sur une logistique frigori que avancĂ©e, connectĂ©e directement au pĂŽle pĂȘche du Port Dakhla Atlantique et conforme aux normes internationales les plus strictes. Le futur port de pĂȘche intĂ©grĂ©, dotĂ© dâĂ©quipements modernes et de criĂ©es digitalisĂ©es, renforcera la qualitĂ©, la traçabilitĂ© et la durabilitĂ© de lâensemble de la liĂšre.
