LâUSFP a rĂ©cemment abritĂ© le 3e Forum international des jeunes parlementaires socialistes et sociaux-dĂ©mocrates, auquel ont pris part plus de 120 parlementaires reprĂ©sentant 35 pays. Gustavo Adolfo Pacheco Villar, prĂ©sident du Parlement andin, qui Ă©tait lâun des participants Ă cette grand-messe, a accordĂ© un entretien Ă LibĂ©ration dans lequel il a abordĂ© les rĂ©sultats de ce Forum, les prioritĂ©s les plus urgentes pour les parlementaires progressistes dans le monde et les relations entre le Maroc et le Parlement andin.
Libé : Quelles sont les leçons retenues de cette troisiÚme édition du Forum organisée à Marrakech ?
Gustavo Adolfo Pacheco Villar : Ce qui mâa beaucoup impressionnĂ©, câest lâunitĂ© de cet Ă©vĂ©nement, lâunitĂ© du Maroc autour de SM le Roi et autour du football. La Coupe du monde 2030 va renforcer davantage le Maroc, et jâespĂšre quâil atteindra la finale. JâespĂšre que le Maroc pourra jouer un rĂŽle important dans la diplomatie, dans la coopĂ©ration. On a dit hier que le Maroc est la capitale mondiale de la diplomatie parlementaire. Et je suis dâaccord. Je voyage beaucoup dans le monde, et il nây a pas dâautre pays qui travaille autant la diplomatie parlementaire que le Maroc.
La Chine populaire fait du bon travail, Cuba aussi, historiquement, dans ses rencontres. Mais il nây a pas de pays qui le fait comme le Maroc. Jâaime la façon dont le Maroc travaille, investit, coopĂšre, aide. Je suis trĂšs reconnaissant, et je crois sincĂšrement ce que je dis : le Maroc est la capitale mondiale de la diplomatie parlementaire.
Que pensez-vous du rĂŽle de la jeunesse parlementaire dans la construction dâun nouvel ordre mondial, plus juste et solidaire ?
Je dis que le temps des jeunes, câest aujourdâhui, pas demain. Les jeunes doivent dĂ©cider aujourdâhui. Les jeunes parlementaires doivent savoir quâils peuvent lĂ©gifĂ©rer, contrĂŽler, reprĂ©senter dĂšs aujourdâhui, pas demain. Je crois en eux. Un message pour les jeunes : tout ne doit pas reposer sur lâintelligence artificielle. Ils doivent garder leur intelligence naturelle. Parce que si tout passe par internet, le tĂ©lĂ©phone, on ne pense plus, et il y a le risque que leurs esprits et leurs cerveaux soient manipulĂ©s. Il faut garder lâintelligence naturelle, comme nos grands-parents.
Quelles sont, selon vous, les priorités les plus urgentes que les parlementaires progressistes dans le monde devraient assumer ?
PremiĂšrement : la paix. Sans paix, il nây a pas de dĂ©veloppement. LâAmĂ©rique latine est un continent de paix. Il y a 56 conflits dans le monde, aucun en AmĂ©rique latine. GrĂące Ă Dieu.
DeuxiĂšmement : la crise climatique, la crise de lâeau. Ce congrĂšs mâa fait comprendre que câest urgent. Nous avons une "charte verte", un "agenda vert", mais il faut faire plus.
TroisiĂšmement : la diplomatie parlementaire. Il est clair que les gouvernements seuls ne peuvent plus gĂ©rer la politique Ă©trangĂšre ou mĂȘme intĂ©rieure sans les Parlements. Avant, seuls les gouvernements faisaient de la diplomatie. Maintenant, nous aussi, les parlementaires, nous faisons de la diplomatie. Câest simple : les gouvernements reprĂ©sentent les Etats, les Parlements reprĂ©sentent les peuples.
Et quatriĂšmement : la migration. Câest un phĂ©nomĂšne millĂ©naire. Lâhomme est nĂ© en Afrique, puis a migrĂ© vers toute la planĂšte. Nous devons Ă©tudier les causes profondes des migrations et travailler sur ces sujets.
Le Parlement andin a rĂ©cemment soutenu la souverainetĂ© du Maroc sur son Sahara. Quâen pensez-vous?
Nous avons tenu des sessions au Maroc. A Rabat, Marrakech, Casablanca, LaĂąyoune. Et tout sâest dĂ©roulĂ© dans le calme, dans la paix. Il est important que tout le monde voie de ses propres yeux la rĂ©alitĂ© de LaĂąyoune, de Dakhla. La rĂ©alitĂ©, câest que sous les rĂšgnes de Feu Sa MajestĂ© le Roi Hassan II, et Sa MajestĂ© le Roi Mohammed VI, le Maroc a Ă©normĂ©ment progressĂ©. Je connais le Maroc depuis 1986. Le Royaume coorganisera la Coupe du monde avec lâEspagne et le Portugal sur un pied dâĂ©galitĂ©. Cela me rend trĂšs heureux.
Quant Ă la souverainetĂ© du Maroc sur son Sahara et son intĂ©gritĂ© territoriale, pour moi, câest sacrĂ©. Intouchable.
Quelle est votre opinion sur les relations entre le Parlement andin et le Maroc ?
Elles sont excellentes. Le premier vice-prĂ©sident de la Chambre des conseillers vient rĂ©guliĂšrement en tant quâobservateur. Et nous sommes trĂšs contents de cette relation Ă©troite. Beaucoup de parlementaires, de conseillers nous rendent visite. Chaque fois que nous venons, nous sommes reçus avec gĂ©nĂ©rositĂ© par les prĂ©sidents des deux Chambres du Parlement. MĂȘme le ministre des Affaires Ă©trangĂšres mâa reçu avec beaucoup dâaffection.
Dans votre allocution prononcĂ©e lors de la sĂ©ance dâouverture de cette rencontre, vous avez mentionnĂ© des liens culturels entre le Maroc et lâAmĂ©rique latine ?
Oui, effectivement. Jâai Ă©voquĂ© ces liens, Jâai parlĂ© de Fatima al-Fihriya, fondatrice de lâuniversitĂ© la plus ancienne du monde, Ă FĂšs. Jâai Ă©galement parlĂ© dâIbn Battuta. Il y a beaucoup de similitudes entre nous : lâarchitecture, la culture, les noms de famille.
Je connais le Sahara, lâAtlas, Casablanca, Rabat. Jâadore le cafĂ© Rickâs et la mosquĂ©e Hassan II. Jâaime le Maroc. Je me sens nĂ© Ă FĂšs. Mon cĆur est Ă FĂšs. Les Incas, dans les Andes, croient en la terre, la Pachamama. Et Ă FĂšs, jâai trouvĂ© ma terre spirituelle. Jâai visitĂ© lâuniversitĂ© Al Quaraouiyine en 1986. Câest comme ma propre universitĂ© Ă Salamanque.
Quel message souhaiteriez-vous adresser aux jeunes parlementaires ?
Quâils Ă©tudient. La politique est une science dans ce qui est prĂ©visible, et un art dans ce qui est imprĂ©visible. Mais dâabord, câest une science. Il faut beaucoup Ă©tudier. La politique, ça sâapprend.
Propos recueillis par Mourad Tabet
Libé : Quelles sont les leçons retenues de cette troisiÚme édition du Forum organisée à Marrakech ?
Gustavo Adolfo Pacheco Villar : Ce qui mâa beaucoup impressionnĂ©, câest lâunitĂ© de cet Ă©vĂ©nement, lâunitĂ© du Maroc autour de SM le Roi et autour du football. La Coupe du monde 2030 va renforcer davantage le Maroc, et jâespĂšre quâil atteindra la finale. JâespĂšre que le Maroc pourra jouer un rĂŽle important dans la diplomatie, dans la coopĂ©ration. On a dit hier que le Maroc est la capitale mondiale de la diplomatie parlementaire. Et je suis dâaccord. Je voyage beaucoup dans le monde, et il nây a pas dâautre pays qui travaille autant la diplomatie parlementaire que le Maroc.
La Chine populaire fait du bon travail, Cuba aussi, historiquement, dans ses rencontres. Mais il nây a pas de pays qui le fait comme le Maroc. Jâaime la façon dont le Maroc travaille, investit, coopĂšre, aide. Je suis trĂšs reconnaissant, et je crois sincĂšrement ce que je dis : le Maroc est la capitale mondiale de la diplomatie parlementaire.
Que pensez-vous du rĂŽle de la jeunesse parlementaire dans la construction dâun nouvel ordre mondial, plus juste et solidaire ?
Je dis que le temps des jeunes, câest aujourdâhui, pas demain. Les jeunes doivent dĂ©cider aujourdâhui. Les jeunes parlementaires doivent savoir quâils peuvent lĂ©gifĂ©rer, contrĂŽler, reprĂ©senter dĂšs aujourdâhui, pas demain. Je crois en eux. Un message pour les jeunes : tout ne doit pas reposer sur lâintelligence artificielle. Ils doivent garder leur intelligence naturelle. Parce que si tout passe par internet, le tĂ©lĂ©phone, on ne pense plus, et il y a le risque que leurs esprits et leurs cerveaux soient manipulĂ©s. Il faut garder lâintelligence naturelle, comme nos grands-parents.
Quelles sont, selon vous, les priorités les plus urgentes que les parlementaires progressistes dans le monde devraient assumer ?
PremiĂšrement : la paix. Sans paix, il nây a pas de dĂ©veloppement. LâAmĂ©rique latine est un continent de paix. Il y a 56 conflits dans le monde, aucun en AmĂ©rique latine. GrĂące Ă Dieu.
DeuxiĂšmement : la crise climatique, la crise de lâeau. Ce congrĂšs mâa fait comprendre que câest urgent. Nous avons une "charte verte", un "agenda vert", mais il faut faire plus.
TroisiĂšmement : la diplomatie parlementaire. Il est clair que les gouvernements seuls ne peuvent plus gĂ©rer la politique Ă©trangĂšre ou mĂȘme intĂ©rieure sans les Parlements. Avant, seuls les gouvernements faisaient de la diplomatie. Maintenant, nous aussi, les parlementaires, nous faisons de la diplomatie. Câest simple : les gouvernements reprĂ©sentent les Etats, les Parlements reprĂ©sentent les peuples.
Et quatriĂšmement : la migration. Câest un phĂ©nomĂšne millĂ©naire. Lâhomme est nĂ© en Afrique, puis a migrĂ© vers toute la planĂšte. Nous devons Ă©tudier les causes profondes des migrations et travailler sur ces sujets.
Le Parlement andin a rĂ©cemment soutenu la souverainetĂ© du Maroc sur son Sahara. Quâen pensez-vous?
Nous avons tenu des sessions au Maroc. A Rabat, Marrakech, Casablanca, LaĂąyoune. Et tout sâest dĂ©roulĂ© dans le calme, dans la paix. Il est important que tout le monde voie de ses propres yeux la rĂ©alitĂ© de LaĂąyoune, de Dakhla. La rĂ©alitĂ©, câest que sous les rĂšgnes de Feu Sa MajestĂ© le Roi Hassan II, et Sa MajestĂ© le Roi Mohammed VI, le Maroc a Ă©normĂ©ment progressĂ©. Je connais le Maroc depuis 1986. Le Royaume coorganisera la Coupe du monde avec lâEspagne et le Portugal sur un pied dâĂ©galitĂ©. Cela me rend trĂšs heureux.
Quant Ă la souverainetĂ© du Maroc sur son Sahara et son intĂ©gritĂ© territoriale, pour moi, câest sacrĂ©. Intouchable.
Quelle est votre opinion sur les relations entre le Parlement andin et le Maroc ?
Elles sont excellentes. Le premier vice-prĂ©sident de la Chambre des conseillers vient rĂ©guliĂšrement en tant quâobservateur. Et nous sommes trĂšs contents de cette relation Ă©troite. Beaucoup de parlementaires, de conseillers nous rendent visite. Chaque fois que nous venons, nous sommes reçus avec gĂ©nĂ©rositĂ© par les prĂ©sidents des deux Chambres du Parlement. MĂȘme le ministre des Affaires Ă©trangĂšres mâa reçu avec beaucoup dâaffection.
Dans votre allocution prononcĂ©e lors de la sĂ©ance dâouverture de cette rencontre, vous avez mentionnĂ© des liens culturels entre le Maroc et lâAmĂ©rique latine ?
Oui, effectivement. Jâai Ă©voquĂ© ces liens, Jâai parlĂ© de Fatima al-Fihriya, fondatrice de lâuniversitĂ© la plus ancienne du monde, Ă FĂšs. Jâai Ă©galement parlĂ© dâIbn Battuta. Il y a beaucoup de similitudes entre nous : lâarchitecture, la culture, les noms de famille.
Je connais le Sahara, lâAtlas, Casablanca, Rabat. Jâadore le cafĂ© Rickâs et la mosquĂ©e Hassan II. Jâaime le Maroc. Je me sens nĂ© Ă FĂšs. Mon cĆur est Ă FĂšs. Les Incas, dans les Andes, croient en la terre, la Pachamama. Et Ă FĂšs, jâai trouvĂ© ma terre spirituelle. Jâai visitĂ© lâuniversitĂ© Al Quaraouiyine en 1986. Câest comme ma propre universitĂ© Ă Salamanque.
Quel message souhaiteriez-vous adresser aux jeunes parlementaires ?
Quâils Ă©tudient. La politique est une science dans ce qui est prĂ©visible, et un art dans ce qui est imprĂ©visible. Mais dâabord, câest une science. Il faut beaucoup Ă©tudier. La politique, ça sâapprend.
Propos recueillis par Mourad Tabet
Qui est Gustavo Adolfo Pacheco Villar ?
Gustavo Adolfo Pacheco Villar, nĂ© Ă Puno le 5 dĂ©cembre 1962, est une figure majeure de la scĂšne politique et diplomatique pĂ©ruvienne et latino-amĂ©ricaine. Avocat de formation, il sâest forgĂ© une carriĂšre marquĂ©e par lâengagement parlementaire, la diplomatie rĂ©gionale et la promotion de la coopĂ©ration internationale.
Titulaire dâune licence en droit et sciences politiques de lâUniversitĂ© San MartĂn de Porres au PĂ©rou, il a poursuivi des Ă©tudes avancĂ©es en droit pĂ©nal Ă lâUniversitĂ© de Salamanque en Espagne, oĂč il est Ă©galement doctorant en Ă©conomie et gouvernance globale. Sa rĂ©putation de confĂ©rencier international sur la gĂ©opolitique, la diplomatie et la gouvernance globale lâa menĂ© Ă intervenir dans des universitĂ©s et devant des gouvernements sur quatre continents.
Gustavo Pacheco Villar sâillustre par sa volontĂ© de promouvoir la coopĂ©ration Sud-Sud, notamment entre lâAmĂ©rique latine et le Maroc, quâil considĂšre comme une porte dâentrĂ©e stratĂ©gique vers lâAfrique et lâEurope. Il soutient activement lâintĂ©gritĂ© territoriale du Maroc et salue le dĂ©veloppement de ses provinces du Sud, plaidant pour une intĂ©gration rĂ©gionale bĂ©nĂ©fique sur les plans Ă©conomique, social, technologique et culturel.
« Je me suis lancĂ© jeune dans la politique. Jâai connu Mohamed BenaĂŻssa, Margaret Thatcher. Je suis toujours restĂ© respectueux de la monarchie. Jâai connu leurs MajestĂ©s les Rois Hassan II, Mohammed VI, Juan Carlos, Felipe VI. Je respecte les Rois parce quâils unissent les peuples. La politique divise parfois, mais les monarchies constitutionnelles rassemblent », a dĂ©clarĂ© Gustavo Adolfo Pacheco Villar dans son entretien accordĂ© Ă LibĂ©.
Gustavo Adolfo Pacheco Villar, nĂ© Ă Puno le 5 dĂ©cembre 1962, est une figure majeure de la scĂšne politique et diplomatique pĂ©ruvienne et latino-amĂ©ricaine. Avocat de formation, il sâest forgĂ© une carriĂšre marquĂ©e par lâengagement parlementaire, la diplomatie rĂ©gionale et la promotion de la coopĂ©ration internationale.
Titulaire dâune licence en droit et sciences politiques de lâUniversitĂ© San MartĂn de Porres au PĂ©rou, il a poursuivi des Ă©tudes avancĂ©es en droit pĂ©nal Ă lâUniversitĂ© de Salamanque en Espagne, oĂč il est Ă©galement doctorant en Ă©conomie et gouvernance globale. Sa rĂ©putation de confĂ©rencier international sur la gĂ©opolitique, la diplomatie et la gouvernance globale lâa menĂ© Ă intervenir dans des universitĂ©s et devant des gouvernements sur quatre continents.
Gustavo Pacheco Villar sâillustre par sa volontĂ© de promouvoir la coopĂ©ration Sud-Sud, notamment entre lâAmĂ©rique latine et le Maroc, quâil considĂšre comme une porte dâentrĂ©e stratĂ©gique vers lâAfrique et lâEurope. Il soutient activement lâintĂ©gritĂ© territoriale du Maroc et salue le dĂ©veloppement de ses provinces du Sud, plaidant pour une intĂ©gration rĂ©gionale bĂ©nĂ©fique sur les plans Ă©conomique, social, technologique et culturel.
« Je me suis lancĂ© jeune dans la politique. Jâai connu Mohamed BenaĂŻssa, Margaret Thatcher. Je suis toujours restĂ© respectueux de la monarchie. Jâai connu leurs MajestĂ©s les Rois Hassan II, Mohammed VI, Juan Carlos, Felipe VI. Je respecte les Rois parce quâils unissent les peuples. La politique divise parfois, mais les monarchies constitutionnelles rassemblent », a dĂ©clarĂ© Gustavo Adolfo Pacheco Villar dans son entretien accordĂ© Ă LibĂ©.
