OrganisĂ© par la FĂ©dĂ©ration Nationale des Industries de Transformation et de Valorisation du Poisson (FENIP), en partenariat avec les ministĂšres de lâAgriculture et de lâIndustrie, cet Ă©vĂ©nement est lâoccasion de rassembler les perspectives et recommandations dâexperts, ministres et acteurs Ă©conomiques nationaux et internationaux sur la valorisation des produits de la mer dans le cadre de la durabilitĂ©, dans son sens large, par lâinnovation, la bonne gouvernance, lâaccĂ©lĂ©ration du commerce intra-africain, le dĂ©veloppement de lâaquaculture et la dĂ©carbonation. Dans son allocution dâouverture, Hassan Sentissi El Idrissi, PrĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration Nationale des Industries de Transformation et de Valorisation des Produits de la PĂȘche (FENIP), a prĂ©cisĂ© dâemblĂ©e que les ressources halieutiques au Maroc et dans toute la rĂ©gion sont plus que jamais «sous pression».
Les effets combinĂ©s de la surexploitation, du changement climatique et de la pollution menacent la pĂ©rennitĂ© de ces ressources, sâest-il dĂ©solĂ©, notant que «si nous nâagissons pas aujourdâhui, demain sera trop tard». Cela nous impose dâadopter une gestion stricte et durable de la pĂȘche, mais aussi dâexplorer des alternatives innovantes et rĂ©silientes, a ajoutĂ© Sentissi, qui nâa pas manquĂ© de souligner que le Maroc, grĂące Ă sa StratĂ©gie Halieutis, lancĂ©e par Sa MajestĂ© le Roi, a prouvĂ© quâil est possible de transformer un secteur tout en respectant les Ă©cosystĂšmes. «Nous partageons volontiers cette expĂ©rience avec nos frĂšres africains, dans lâesprit du partenariat Sud-Sud», a dĂ©clarĂ© le patron de la FENIP, ajoutant que lâAfrique regorge de talents, dâidĂ©es et de ressources qui permettront Ă lâĂ©conomie bleue de devenir un levier de prospĂ©ritĂ© partagĂ©e.
Les effets combinĂ©s de la surexploitation, du changement climatique et de la pollution menacent la pĂ©rennitĂ© de ces ressources, sâest-il dĂ©solĂ©, notant que «si nous nâagissons pas aujourdâhui, demain sera trop tard». Cela nous impose dâadopter une gestion stricte et durable de la pĂȘche, mais aussi dâexplorer des alternatives innovantes et rĂ©silientes, a ajoutĂ© Sentissi, qui nâa pas manquĂ© de souligner que le Maroc, grĂące Ă sa StratĂ©gie Halieutis, lancĂ©e par Sa MajestĂ© le Roi, a prouvĂ© quâil est possible de transformer un secteur tout en respectant les Ă©cosystĂšmes. «Nous partageons volontiers cette expĂ©rience avec nos frĂšres africains, dans lâesprit du partenariat Sud-Sud», a dĂ©clarĂ© le patron de la FENIP, ajoutant que lâAfrique regorge de talents, dâidĂ©es et de ressources qui permettront Ă lâĂ©conomie bleue de devenir un levier de prospĂ©ritĂ© partagĂ©e.
Vers un modĂšle intra-africain
Tout en confortant les propos de Sentissi, Abdelmalek Faraj, directeur gĂ©nĂ©ral de lâInstitut National de Recherche Halieutique (INRH), a soulignĂ© que le Maroc sâest fortement engagĂ© dans le dĂ©veloppement du secteur des pĂȘches et de l'aquaculture, Ă travers l'appui de la recherche halieutique. Il a prĂ©cisĂ© que son Ă©tablissement a contribuĂ© amplement au dĂ©veloppement du secteur de la pĂȘche et au dĂ©ploiement des plans dâamĂ©nagement des pĂȘcheries. «Le secteur halieutique a la capacitĂ© d'ĂȘtre la locomotive du dĂ©veloppement de l'Ă©conomie bleue en Afrique», a fait remarquer Faraj, soulignant la nĂ©cessitĂ© de conjuguer les efforts des diffĂ©rentes parties prenantes du secteur pour une exploitation durable des ressources halieutiques. Ryad Mezzour, ministre de l'Industrie et du Commerce, qui prenait part Ă ce forum, a notĂ© lâimpĂ©ratif de partager avec les pays frĂšres africains une vision commune pour le dĂ©veloppement des Ă©conomies liĂ©es au secteur halieutique, afin de renforcer le commerce intra-africain des produits de la mer et de l'aquaculture, des produits valorisĂ©s et des ressources prĂ©servĂ©es. Il a, par ailleurs, relevĂ© que le port de Dakhla Atlantique, associĂ© Ă une infrastructure logistique et industrielle de pointe, viendra renforcer le positionnement de Dakhla en tant que hub Ă©conomique et porte d'entrĂ©e vers lâAfrique.
Dans ce mĂȘme sillage, le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral au SecrĂ©tariat d'Ătat auprĂšs du ministre de l'Agriculture, de la PĂȘche maritime, du DĂ©veloppement rural et des Eaux et ForĂȘts, chargĂ© de la PĂȘche maritime, a soulignĂ© la nĂ©cessitĂ© de dĂ©velopper des chaĂźnes de valeur rĂ©gionales, stimuler les investissements dans des secteurs tels que lâaquaculture, et promouvoir le commerce intra-africain des produits de la mer. Il a notĂ© que la consolidation du secteur revĂȘt une importance cruciale pour lâAfrique, un continent dont les immenses ressources marines et cĂŽtiĂšres reprĂ©sentent un potentiel considĂ©rable pour le dĂ©veloppement Ă©conomique, la crĂ©ation dâemplois et, surtout, pour rĂ©pondre aux dĂ©fis croissants de la sĂ©curitĂ© alimentaire.
Le prĂ©sident du Conseil de la rĂ©gion de Dakhla-Oued Eddahab, Yanja El Khattat, a expliquĂ© que câest pour garantir ce modĂšle intra-africain que le Maroc a pris des initiatives de coopĂ©ration Sud-Sud, signant des partenariats stratĂ©giques pour soutenir l'industrialisation et la modernisation du secteur de la pĂȘche et de l'aquaculture sur tout le continent. Revenant sur les propos de Mezzour sur le port de Dakhla Atlantique, El Khattat a ajoutĂ© que ce projet est un vĂ©ritable fleuron de la rĂ©gion et quâil jouera un rĂŽle clĂ© dans le dĂ©veloppement de lâindustrie de la pĂȘche et de lâaquaculture, tout en constituant une porte dâentrĂ©e stratĂ©gique pour les Ă©changes commerciaux entre l'Afrique, l'Europe et l'AmĂ©rique.
Avec lâambition de dĂ©velopper ce modĂšle dâĂ©conomie bleue prometteuse, durable et rentable, les efforts Ă conjuguer et Ă multiplier durant les prochaines annĂ©es seront aussi vitaux que dĂ©terminants. Si les engagements nationaux et les stratĂ©gies sectorielles concernĂ©es sâorientent dĂ©jĂ vers lâobjectif de valorisation durable des ressources halieutiques, la «vitesse de croisiĂšre» requiert le respect de certains cahiers des charges. «La surexploitation doit ĂȘtre Ă©vitĂ©e, notamment Ă travers le respect des pĂ©riodes de repos biologique qui peut augmenter les chances dâune bonne rĂ©gĂ©nĂ©ration des stocks», tranche Mustapha Aksissou, Professeur de biologie marine Ă lâUniversitĂ© Abdelmalek EssaĂądi de TĂ©touan, ajoutant quâil est Ă©galement impĂ©ratif de lutter contre les causes de la propagation des espĂšces invasives. Aussi, des solutions efficaces Ă la pollution devraient ĂȘtre mises en Ćuvre afin de favoriser le repeuplement des milieux naturels. Enfin, la mobilisation des pays Ă lâĂ©chelle internationale contre les impacts des changements climatiques sera dĂ©terminante pour prĂ©server lâintĂ©gritĂ© des Ă©cosystĂšmes marins et les stocks halieutiques.
Souhail AMRABI
3 questions Ă Abdelmalek Faraj, Directeur GĂ©nĂ©ral de lâINRH : «Le secteur halieutique devrait produire plus en pĂȘchant moins et en protĂ©geant plus»
- Comment percevez-vous lâĂ©volution de la recherche halieutique au Maroc en termes dâopportunitĂ©s, de dĂ©fis Ă relever et dâenjeux stratĂ©giques pour les annĂ©es Ă venir ?
Les enjeux de la sĂ©curitĂ© alimentaire et du dĂ©veloppement Ă©conomique durable sont des questions critiques pour notre pays. Dans ce sens, le secteur Ă©conomique halieutique pourrait jouer un rĂŽle majeur en tant que moteur pour lâĂ©mergence de lâĂ©conomie bleue. A travers son dĂ©veloppement qui passerait par la transformation de lâensemble de la chaĂźne de valeur de lâĂ©cosystĂšme halieutique en cohĂ©rence avec les autres composantes de lâĂ©conomie bleue, le secteur halieutique serait le propulseur dâun Ă©cosystĂšme Ă©conomique trĂšs dynamique Ă forte contribution de valeur ajoutĂ©e et dâemploi au bĂ©nĂ©fice du pays. LâintĂ©gration de cette approche devrait se situer dans une vision africaine large visant Ă positionner le Maroc en tant que Hub halieutique rĂ©gional. Les dĂ©fis environnementaux et climatiques sont toutefois Ă prendre en considĂ©ration trĂšs sĂ©rieusement et lâINRH y travaille depuis plusieurs annĂ©es.
- De quelle maniĂšre lâINRH intĂšgre-t-il des technologies innovantes, telles que la tĂ©lĂ©dĂ©tection et lâIntelligence Artificielle, pour optimiser ses recherches et renforcer son impact ?
La tĂ©lĂ©dĂ©tection est utilisĂ©e en routine pour le suivi des paramĂštres ocĂ©anographiques. Mais pour ce qui est de lâIA, nous nâen sommes quâaux balbutiements et il reste beaucoup Ă faire. Il nâempĂȘche que nous avons Ă©laborĂ© une stratĂ©gie que nous comptons mettre en Ćuvre progressivement, allant de lâintĂ©gration intelligente et automatique de la data, Ă la modĂ©lisation et aux systĂšmes prĂ©dictifs. Par ailleurs, nous expĂ©rimentons dĂ©jĂ Ă lâĂ©chelle de prototype des modĂšles de «smart fishing» qui demeurent encore en phase de tests.
- Selon vous, Ă quoi ressemblera la pĂȘche au Maroc dans les prochaines dĂ©cennies, et quelles transformations seront nĂ©cessaires pour assurer un avenir durable Ă cette filiĂšre ?
LâINRH est mobilisĂ© pour que le secteur halieutique se dĂ©veloppe durablement et devienne un secteur Ă©conomique prospĂšre et un moteur de lâĂ©conomie bleue. Il sâagira de travailler davantage et dâaccompagner le secteur à «produire plus en pĂȘchant moins et en protĂ©geant plus». Dans cette vision, lâaquaculture, lâindustrie de valorisation des produits de la mer, la construction navale et les nouvelles technologies sont des filiĂšres Ă trĂšs fort potentiel pour notre pays.
PĂȘche : Pivot de la croissance nationale
![« Seafood 4 Africa 2024 » : La pĂȘche comme vecteur de coopĂ©ration africaine [INTĂGRAL] « Seafood 4 Africa 2024 » : La pĂȘche comme vecteur de coopĂ©ration africaine [INTĂGRAL]](https://www.lopinion.ma/photo/art/default/84751613-60501229.jpg?v=1733429453)
La pĂȘche maritime marocaine gĂ©nĂšre une production annuelle dâenviron 1,4 million de tonnes. Cette performance repose sur trois principaux contributeurs : 92% de la production proviennent de 2.500 bateaux de pĂȘche cĂŽtiĂšre et de 17.000 barques artisanales, 6% sont assurĂ©s par une flotte hauturiĂšre composĂ©e de 465 navires, et 2% Ă©manent dâautres activitĂ©s de pĂȘche. La production nationale issue de la pĂȘche cĂŽtiĂšre et artisanale se rĂ©partit principalement entre deux grandes destinations. Une part importante, soit 60%, est dĂ©diĂ©e Ă lâapprovisionnement des 485 unitĂ©s industrielles spĂ©cialisĂ©es dans la transformation des produits de la mer. Le reste, reprĂ©sentant 40%, est destinĂ© au marchĂ© local pour la consommation de produits frais. Lâindustrie de traitement et de valorisation des produits de la mer occupe une place stratĂ©gique dans lâĂ©conomie nationale. Elle offre une gamme variĂ©e de produits, incluant des conserves, des semi-conserves, des produits congelĂ©s, du poisson frais, ainsi que de la farine et de lâhuile de poisson, renforçant ainsi son rĂŽle essentiel dans la chaĂźne de valeur du secteur. Ce secteur reprĂ©sente 50% des exportations agroalimentaires du Maroc, contribuant ainsi Ă hauteur de 7% Ă 8% des exportations totales en valeur.
FENIP : 5 revendications pour booster le secteur
![« Seafood 4 Africa 2024 » : La pĂȘche comme vecteur de coopĂ©ration africaine [INTĂGRAL] « Seafood 4 Africa 2024 » : La pĂȘche comme vecteur de coopĂ©ration africaine [INTĂGRAL]](https://www.lopinion.ma/photo/art/default/84751613-60501232.jpg?v=1733429465)
Lors de son mot dâouverture, le PrĂ©sident de la FENIP, Hassan Sentissi, a listĂ© cinq recommandations qui permettraient dâamĂ©liorer les performances du secteur halieutique.
- La crĂ©ation dâune Bourse Halieutique Africaine, un projet structurant qui permettra de fluidifier les Ă©changes et de maximiser la valeur ajoutĂ©e des produits de la mer Ă lâĂ©chelle continentale ;
- La crĂ©ation dâun crĂ©dit maritime continental, avec une expertise du domaine de la pĂȘche et de lâindustrie de transformation des produits de la mer pour financer les innovations, soutenir les PME et startups, accompagner la transition vers des pratiques durables et encourager le commerce interafricain et international ;
- La crĂ©ation et le dĂ©veloppement dâune industrie africaine de fabrication des Ă©quipements maritimes, pour disposer des technologies et fabriquer localement les Ă©quipements indispensables Ă notre souverainetĂ© Ă toutes les Ă©tapes de la chaĂźne de valeur ;
- LâĂ©tablissement de chantiers navals de nouvelle gĂ©nĂ©ration, qui combinent durabilitĂ© et efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique, en phase avec les exigences climatiques actuelles ;
- La crĂ©ation dâun centre de formation, dâexcellence et de RD Africain pour accompagner lâessor et le dĂ©veloppement de lâĂ©conomie bleue africaine. Le Maroc dispose dĂ©jĂ de centres quâil faudra faire partager avec nos confrĂšres dans toute lâAfrique.
«Ces initiatives ne sont pas de simples idées, mais des opportunités à saisir immédiatement», a insisté Sentissi, notant que pour réussir, elles nécessitent une volonté collective et un engagement sans faille.
