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Über die TĂ©mara

TĂ©mara (auf Arabisch: ŰȘÙ…Ű§Ű±Ű©) ist eine marokkanische Stadtgemeinde und Hauptort der PrĂ€fektur Skhirat-TĂ©mara in der Region...

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Nachrichten 20 Apr 2013 4 Min. Lesezeit

Hommage à la mémoire de PÚre Georges Couturier

Hommage à la mémoire de PÚre Georges Couturier

Quelle fut grande notre tristesse lorsque nous avons appris derniĂšrement, mon Ă©pouse, mes enfants et moi-mĂȘme, le dĂ©cĂšs de PĂšre Georges Couturier. Il Ă©tait, pour ma famille, le seul vrai ami de France au Maroc.

PĂšre Couturier, docteur en mĂ©decine, Ă©tait, comme l’actuel Pape François, Ă©lu au Vatican, un chrĂ©tien jĂ©suite. Il Ɠuvrait dans les actions en faveur des pauvres. Il Ă©tait, par ailleurs, un homme trĂšs cultivĂ©, trĂšs ouvert et aimant jouer du violoncelle. Les Ă©changes avec lui Ă©taient trĂšs agrĂ©ables et fructueux. Il ne cherchait jamais Ă  influencer ses interlocuteurs en vue de les convertir Ă  sa religion. Parlant bien l’arabe et maĂźtrisant mĂȘme son Ă©criture, il avait un grand respect pour les musulmans et leurs mƓurs. Il a vĂ©cu prĂšs de cinq dĂ©cennies au Maroc. Il n’a jamais quittĂ© l’Ecole d’agriculture de TĂ©mara (appelĂ©e communĂ©ment Cidera) oĂč il s’était installĂ© en 1965 en tant que formateur de techniciens marocains en hygiĂšne alimentaire. Lorsque l’activitĂ© de cette Ă©cole a cessĂ©, il a choisi d’y demeurer et de continuer Ă  aider la population avoisinante en vue d’amĂ©liorer ses conditions de vie. Il a occupĂ©, jusqu’à sa mort, le poste de responsable du Centre social et d’éducation de l’Entraide nationale situĂ© Ă  l’intĂ©rieur de l’Ecole d’agriculture. Il a consacrĂ©, en effet, sa vie Ă  s’occuper rĂ©guliĂšrement de la population de TĂ©mara en gĂ©nĂ©ral et celle de Mers Al KheĂŻr en particulier. Un de ses grands combats fut l’opĂ©ration de recasement du bidonville ‘’Al Batoul’’.

En tant que mĂ©decin, il accueillait quotidiennement dans le Centre de l’Entraide nationale, contre un dirham symbolique (!), tous les malades, hommes, femmes et enfants, dĂ©sireux d’ĂȘtre examinĂ©s et de recevoir des traitements mĂ©dicaux. Non seulement il leur prodiguait des soins, mais il leur offrait souvent, gracieusement, des mĂ©dicaments pour leur traitement. Son combat s’est focalisĂ© sur les problĂšmes de malnutrition des enfants en bas Ăąge en leur assurant une prise en charge totale. Il a aussi assurĂ© la guĂ©rison et le suivi mĂ©dical des brĂ»lĂ©s. Seule cette derniĂšre prise en charge est demeurĂ©e assurĂ©e au Centre aprĂšs sa mort.

PĂšre Couturier avait, par ailleurs, maintenu la pratique des mĂ©decins de campagne dans le sens oĂč il se dĂ©plaçait en personne Ă  domicile pour examiner ses patients. Lorsque ces derniers avaient besoin d’un diagnostic de la part de spĂ©cialistes, il les accompagnait lui-mĂȘme dans son vĂ©hicule auprĂšs de mĂ©decins spĂ©cialistes faisant partie de son large rĂ©seau d’amis Ă  Rabat-SalĂ©.

D’autres partenaires institutionnels et non institutionnels, comme le Cercle des femmes de diplomates, l’Association « Amalouna », les ambassades de pays europĂ©ens, notamment de France, d’Espagne et de Suisse et d’autres pays asiatiques (Japon, CorĂ©e,
) n’ont pas manquĂ© d’apporter leurs soutiens financiers et matĂ©riels pour contribuer, en collaboration avec le PĂšre Couturier, Ă  l’allĂšgement des problĂšmes sociaux des populations de Mers El KheĂŻr.

Quant Ă  l’Entraide nationale, elle lui versait une subvention annuelle pour la gestion du Centre social et d’éducation. Avec l’aide d’une Ă©quipe restreinte de sƓurs chrĂ©tiennes et de femmes marocaines, il a rĂ©ussi Ă  avoir une gestion impeccable du Centre. On avait l’habitude de dire des membres de son Ă©quipe qu’ils travaillent comme des fourmis. Dans l’administration de l’Entraide nationale, on a toujours estimĂ© que le fonctionnement du Centre de Mers Al KheĂŻr est le modĂšle par excellence pour tous les autres centres Ă  travers le pays. En dehors des activitĂ©s mĂ©dicales et d’hygiĂšne, le Centre assure Ă©galement des activitĂ©s de soutien scolaire aux enfants, de lutte contre l’analphabĂ©tisme et d’apprentissage de mĂ©tiers pour les jeunes filles. Il arrivait d’ailleurs souvent aux responsables de l’Entraide nationale d’amener leurs hĂŽtes des dĂ©lĂ©gations Ă©trangĂšres Ă  visiter le Centre social de feu Couturier.

Le dĂ©funt passait ses congĂ©s de fin d’annĂ©e et d’étĂ© en France, proche des siens, notamment de son frĂšre, Professeur de droit, qui avait lui aussi, au dĂ©but de sa carriĂšre, enseignĂ© une ou deux annĂ©es au Maroc, Ă  la FacultĂ© de droit de l’Agdal. PĂšre Couturier avait l’habitude d’écrire et d’envoyer systĂ©matiquement des cartes postales souvenir Ă  ses amis au Maroc pour leur montrer qu’il ne les oubliait guĂšre, mĂȘme durant les pĂ©riodes de ses vacances.

Sa disparation est une grande perte pour les populations de TĂ©mara et de Mers El KheĂŻr. C’est aussi une grande perte pour le Maroc tout entier. Il faisait partie de ces personnes qui se sont beaucoup attachĂ©es au Maroc et aux Marocains et qui ne voulaient guĂšre les quitter. Adieu l’ami.

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