Le Matin : Est-ce de la pression ou de l’excitation que vous ressentez avant le premier match de la Coupe du monde des clubs FIFA 2014 ?

Ahmed Jahouh : Le Moghreb de Tétouan est passé du statut d’outsider à celui d’un maillon fort du football national en une poignée d’années, une période marquée par deux consécrations en trois saisons. Tenant compte de cela, je ne pense pas qu’on sera sous pression, car on a déjà démontré ce dont nous sommes capables. Notre seul souci est de combler les attentes du public tétouanais et marocain en général.

Le MAT a signé un début de saison titubant en championnat, se contentant de 3 victoires en 11 rencontres. Votre esprit était-il taraudé par la participation au Mondialito ?

Non, je ne pense pas. Il est vrai que nous avons souffert en ce début de saison, mais cela est dû –selon mon humble opinion- au fait que les équipes que nous affrontons optent souvent pour un style de jeu purement défensif. Face au champion en titre, presque toutes les formations bétonnent leurs lignes défensives et se contentent des contres, et ça nous créé beaucoup de problèmes. Nous avions à cœur d’engranger le maximum de points avant le déplacement à Rabat, malheureusement ça n’a pas été les cas. Malgré cela, j’estime que nous n’avons pas été mauvais. Nous sommes toujours en milieu du tableau et nous pourrons nous racheter après le Mondialito.

Vous occupez un rôle clef dans le système de jeu de Aziz El Amri, vous qui orchestrez le jeu. Maintenant que les milieux de terrain sont tous disponibles, pensez-vous que la ligne médiane, qui constitue l’atout majeur du MAT, fera la différence face à Auckland City ?

Notre philosophie de jeu a déjà fait ses preuves. Le 3-6-1 confie une lourde responsabilité aux milieux de terrain, qui doivent prêter main-forte à la défense et en même temps servir l’attaquant de pointe, voire scorer. Dieu merci, l’équipe a récupéré Abdelaâdim Khadrouf et Nousseir El Mimouni qui étaient blessés tout comme moi-même. Nous n’allons rien changer à notre style de jeu, parce que nous nous y plaisons d’abord et parce que nous n’avons pas le profil de joueurs qui puissent évoluer dans un autre schéma tactique comme le 4-4-2. Nous allons visionner des séquences de jeu d’Auckland City et voir s’il y a des retouches à faire pour être immunisés contre les mauvaises surprises.

Qu’attendez-vous du public tétouanais lors de ce tournoi ?

J’espère qu’il se déplacera massivement au complexe Moulay Abdellah de Rabat, car nous avons besoin de sentir de la chaleur dans les gradins pour nous dépenser davantage. J’espère aussi que tous les Marocains croiseront les doigts pour nous. Tout le monde se rappelle des scènes de liesses accompagnant le succès du Raja l’année dernière et l’ambiance folle qui régnait dans le stade Adrar d’Agadir et celui de Marrakech plus tard. Cette ferveur excessive a un effet dopant, elle vous permet d’affronter les plus grandes équipes du monde avec le plein de confiance.

Après l’édition 2013 du Mondialito, plusieurs joueurs du Raja ont mis le cap vers des championnats étrangers. Pensez-vous que ce tournoi représente une occasion pour changer de cieux ?

À mon avis, nous écarter ces considérations de notre esprit pour nous concentrer sur l’enjeu de l’équipe tout entière : aller le plus loin possible dans la compétition. Notre principal souci est d’exhiber une belle image du football marocain comme l’avait fait le Raja avant nous. D’ailleurs, si nous arrivons à signer de belles prestations, les projecteurs seront automatiquement braqués sur nous. Les succès individuels sont étroitement liés à ceux de l’équipe.

Votre pronostic ?

Nous avons essayé de bien préparer l’événement, donc je présume que nous atteindrons au moins la demi-finale, à moins qu’un scénario dramatique ne vienne envenimer la situation.