Jusqu'au 25 avril prochain, la galerie Nadar de Casablanca abrite une exposition inédite de la nouvelle collection de peintures et sculptures de Omar Berrada. Intitulée «Murmuration», cette exposition dont le vernissage aura lieu ce soir même à partir de 19 h, propose le fruit du voyage de l'artiste dans un univers singulier peuplé d'oiseaux.

Un monde un peu particulier investit, ainsi, cet espace d’exposition qui a déjà accroché des plasticiens de renom du Maroc et d’ailleurs.

Aujourd’hui, il accueille un artiste ayant une double vocation, l’écriture et les arts plastiques. Ces derniers ne sont pas venus du néant, car Omar Berrada a grandi tout en se nourrissant d'art auprès de son oncle, enlumineur et calligraphe, qui l’a encouragé à dessiner sur des cartons, les images de la rue et les êtres qui l’habitent sous des formes allongées et déformées.

Cette même passion l’a accompagné durant son adolescence aux côtés de son professeur de dessin, Abdelkebir Rabii, qui l’initie aux arts plastiques et à la manipulation des pinceaux. Et ce, tout en ménageant une place privilégiée pour la littérature. Deux voies qui se sont emparées de son esprit lui permettant d’extérioriser, aussi bien par l’écriture que par les arts plastiques, ses rêves et ses réflexions les plus profondes.

Ses sentiments sont, ainsi, étalés sur toile et sur papier dans un premier temps et plus tard sur métal sous forme de sculptures. «Murmuration» (en anglais), c’est-à-dire «vol d’étourneaux», reflète parfaitement l’ensemble des créations de cette exposition d’oiseaux en train de virevolter dans un sens puis dans l’autre», explique l’artiste. Et d’ajouter que pour donner plus d’âme à ses oiseaux, «il y aura, à côté des tableaux et sculptures, une installation de son d’oiseaux pour vivre ce phénomène comme en réalité».

C’est une thématique, à l’image de ses précédentes, qui constitue pour Omar Berrada une continuation de son écriture où il dévoile spontanément ses personnages dans leur vécu.

D’ailleurs, image ou écriture veulent dire presque la même chose pour lui. Même si la peinture l’emporte sur l’écriture chez Omar Berrada, il est arrivé à être nominé pour le deuxième Prix littéraire de la Mamounia de Marrakech, avec son premier roman «L’Encensoir» (éditions la Croisée des Chemins), dans le cadre du Salon international de l’édition et du livre (SIEL).

D’autres écrits ont suivi, notamment son dernier roman, «Vol de goélands», présenté au SIEL 2015. L’écrivain français Jean-Pierre Millecam aime le naturel avec lequel il s’exprime dans ses histoires.

«Omar écrit à peu près comme il parle. Et comme il n’y a pas la moindre vulgarité dans sa conversation, le propos, même lorsqu’il traque une matière vulgaire, ne l’est jamais. Il dépeint, avec talent mâtiné d’humour, le quotidien de personnages en grande pauvreté. Il narre leurs maux avec leurs mots. Un langage franc sans être indécent et donc moins pesant pour le lecteur. Une description réaliste, un vocabulaire subtil croquant avec subtilité un tableau qui ressemble à s'y méprendre à notre société», note à ce propos Jean-Pierre Millecam.

Des images colorées, comme il en crée d’ailleurs dans ses peintures et sculptures.