Cette manifestation culturelle exceptionnelle, organisée sur le thème «La fauconnerie : tradition ancestrale et patrimoine universel» et qui coïncide avec le troisième anniversaire du classement de la fauconnerie sur la liste représentative de l'UNESCO en tant que Patrimoine humain vivant, sert plusieurs objectifs. Elle rend hommage aux anciens fauconniers Lekouassem qui ont su préserver et perpétuer les traces d'un héritage séculaire. Elle permet aussi de maintenir le flambeau de cette tradition qu'on considérait comme perdue à jamais. En célébrant la renaissance de la fauconnerie dans la province d'El Jadida, par le biais de ce deuxième Festival, les organisateurs aspiraient à remettre aussi au devant de la scène les autres aspects de ce patrimoine, notamment le savoir-faire en matière d'instruments de chasse, l'habillement traditionnel, la musique, le chant, la danse et l'art culinaire, sans pour autant oublier l'incontournable cheval qui participait autrefois à la chasse au vol. Ainsi, en veillant à l'organisation de ce deuxième Festival de la fauconnerie, les initiateurs de cet événement, notamment le chercheur en patrimoine populaire doukkali, Driss Lamrabet, le représentant de la direction régionale de la Culture de Doukkala-Abda, Abderrahmane Aress, et Mohammed El Ghazouani, le président de l'Association des fauconniers Lekouassem ne se sont pas limité à la production du spectacle.Ils se sont bel et bien impliqués dans la réécriture d'une ancienne et belle histoire. L'histoire d'un patrimoine que les nouvelles générations doivent comprendre et s'enorgueillir. Celle d'un fabuleux épisode de notre civilisation, dont la tribu des Chorfas Lekouassem a su préserver l'essentiel malgré tous les aléas et les risques de l'oubli.Bien que toujours présente dans l'esprit de l'Association des fauconniers Lekouassem d'Ouled Frej, en tant que grand rendez-vous incontournable, l'idée d'organiser un Festival de la fauconnerie pour donner une nouvelle dynamique à cette tradition ancestrale est signée Mouâad El Jamaï, gouverneur de la province d'El Jadida. Pour sa part, Driss Lamrabet a déclaré que «la fauconnerie constitue une part majeure du patrimoine culturel des Chorfas Lekouassem. Elle est profondément enracinée dans la tribu et transmise de génération en génération. Le deuxième Festival de la fauconnerie est une manière d'honorer les valeurs de loyauté, de courage et de persévérance.Il est aussi un évènement capital, pour Lekouassem en particulier et pour le Maroc en général».

Quant à Mohammed El Ghazouani, il a souligné que «la fauconnerie dans les Doukkala est le socle d'un patrimoine culturel plus large, qui inclut des costumes traditionnels, une alimentation, des chants, de la musique, de la poésie et des danses. Pour cette édition, un grand nombre de fauconniers venus des Émirats arabes unis, de l'Arabie saoudite, du Koweït et du Qatar ont participé à cet événement, car nous avons voulu que le festival de cette année soit une occasion de promouvoir le dialogue et d'élaborer une compréhension mutuelle des cultures des fauconniers arabes, grâce à l'amour partagé pour la fauconnerie. Et nous allons bientôt conclure, en tant qu'Association des fauconniers Lekouassem d'Ouled Frej, un partenariat de coopération avec l'Association qatarie Al Gannasse et le Club émirati des fauconniers».Dernier bastion de la fauconnerie au MarocInscrite sur la liste représentative de l'Unesco en tant que Patrimoine humain vivant, la fauconnerie est une des plus anciennes relations entre l'homme et l'oiseau datant de plus de 4000 ans. L'aventure commune, les peintures rupestres et préhistoriques, les vases grecs et les cartouches égyptiens en attestent, remonte au début des âges. Cependant, la pratique de la fauconnerie trouve son origine parmi les cultures perse, pharaonique, romaine et arabe. Le faucon est devenu petit à petit un oiseau noble et sacré. Ainsi, dans le Moyen Âge, la fauconnerie a été réglementée et considérée comme une pratique noble. Les infractions à l'égard des faucons étaient sévèrement punies, la sentence pouvait aller jusqu´à la peine de mort. Chez les Arabes, le faucon avait bénéficié d'une grande attention. Il a aussi joué un rôle primordial dans les relations et les accords diplomatiques entre les pays, car il représentait le cadeau le plus précieux et était destiné à créer un climat de détente ou servait à renforcer les liens diplomatiques entre les pays. Au Maroc, la fauconnerie a survécu grâce surtout au dévouement des fauconniers Lekouassem d'Ouled Frej, chez lesquels la pratique de l'art de la fauconnerie est une baraka, une bénédiction, un don divin dont jouissait leur aïeul Abou Al Hassan Ali Ben Abou Kassem (Abou Soujda), dont le sanctuaire se trouve à Marrakech.