Le rapport World Energy Outlook ne semble pas faire l'unanimitĂ© au sein du secteur pĂ©trolier. Câest le cas dâAbbas Al Naqi, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de lâOrganisation des pays arabes exportateurs de pĂ©trole qui estime que les rĂ©sultats de ce rapport, prĂ©sentĂ© lundi 12 novembre, indiquant quâentre 2017 et 2020, les Etats-Unis deviendront le premier producteur mondial de pĂ©trole, dĂ©passant l'Arabie Saoudite, sont loin de la rĂ©alitĂ©. Et pour cause : les rĂ©serves saoudiennes en pĂ©trole dĂ©passent les 2,5 billions de barils. Un seuil quâil pense difficile Ă atteindre actuellement par les Etats-Unis malgrĂ© les efforts entrepris dans la production de lâor noir.
Intervenant lors de la 5Ăšme Ă©dition du Forum Medays, qui a ouvert ses portes avant-hier Ă Tanger, Abbas Al Naqi a soulignĂ© que si ces rĂ©sultats sâavĂšrent exacts dans lâavenir, ils nâauront aucune consĂ©quence gĂ©opolitique sur lâArabie Saoudite. « Il y a une demande interne trĂšs forte en carburants qui est appelĂ©e Ă augmenter dans lâavenir. Du coup, on ne croit pas quâil y aura un impact nĂ©gatif sur la production et la consommation », a-t-il prĂ©cisĂ©.
Un optimisme qui trouve son origine dans les atouts et le potentiel de la rĂ©gion. En effet, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de lâOAPEC a expliquĂ© que les pays arabes producteurs de pĂ©trole renferment 800 milliards barils, soit 52% des rĂ©serves mondiales et produisent 30 millions de barils par jour, soit 1/3 de la production mondiale.
Ces mĂȘmes pays recĂšlent 88 trillions m3 de gaz soit 42% des rĂ©serves mondiales et 20% de la production mondiale.
Mieux, la demande mondiale de lâĂ©nergie va augmenter de 35% Ă lâhorizon 2035, de 71% pour lâĂ©lectricitĂ© et 70% pour les Ă©nergies renouvelables. Les Ă©nergies conventionnelles constituent 81% de ces Ă©nergies et seulement _ pour celles dites renouvelables.
Sâagissant des Ă©nergies vertes, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de lâOAPEC a soulignĂ© que des efforts notables ont Ă©tĂ© entrepris par les pays de la rĂ©gion dans ce domaine, tout en prĂ©cisant quâil reste sceptique sur lâefficacitĂ© de ces Ă©nergies considĂ©rĂ©es comme complĂ©mentaires et non comme de vrais substituts.
Un avis que ne partage pas Ahmed Nakkouch, de CES Nareva, qui a indiquĂ© que le Maroc a fortement optĂ© pour les Ă©nergies renouvelables avec lâambition que ses Ă©nergies puissent rĂ©pondre Ă 40% des attentes du pays en la matiĂšre.
A ce propos, il a notĂ© que le Royaume nâa pas trouvĂ© opportun de suivre le modĂšle europĂ©en dans ce domaine. Selon lui, lâEtat a tirĂ© la leçon des expĂ©riences europĂ©ennes en misant sur la logique de dĂ©veloppement en partenariat avec dâautres acteurs et non celui de subvention. « Le Maroc a refusĂ© de fixer un tarif et a optĂ© pour la libĂ©ralisation », a-t-il prĂ©cisĂ©.
Concernant lâĂ©nergie nuclĂ©aire, Pierre Gadonneix, prĂ©sident du Conseil mondial de lâĂ©nergie, a expliquĂ© que la catastrophe nuclĂ©aire de Fukushima qui sâest produite derniĂšrement au Japon, nâa pas beaucoup changĂ© au niveau de la perception des pays de lâĂ©nergie nuclĂ©aire. « LâannĂ©e 2012 a connu la construction de 60 sites nuclĂ©aires notamment dans les pays oĂč il nây avait pas de centrales auparavant. Une grande partie de ces sites se trouvent dans les pays du Moyen-Orient et de lâAsie », a-t-il prĂ©cisĂ© avant de conclure que sur le long terme, les Ă©nergies conventionnelles ont encore de lâavenir et quâelles vont rĂ©pondre aux besoins dans le futur.
Notizia 16 Nov 2012 3 min read
5Ăšme Ă©dition du Forum Medays Ă Tanger : La guerre du pĂ©trole nâaura pas lieu

