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À propos de la Fès-Médina

La ville de Fès, connue au début sous le nom de Fès al Bali, a été fondée par Idris I-er sur la rive droite de l'oued Fès....

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Actualités 28 May 2013 5 min de lecture

La médina de Fès en péril

- Les sites historiques de la médina tombent en ruine et son environnement se détériore. Des chantiers sont ouverts depuis des années et restent insuffisants.
- Aujourd’hui, la seule issue à la situation désastreuse de la médina est le Programme quinquennal de restauration (2013-2017) lancé récemment par S.M. le Roi Mohammed VI.
La médina de Fès en péril

À l'occasion de la cĂ©lĂ©bration du Mois du patrimoine du 18 avril au 18 mai, la ville de Fès a abritĂ© des dĂ©bats, des tables rondes et des journĂ©es d'Ă©tude sur la question. Et comme d'habitude, diffĂ©rents intervenants rappellent que la mĂ©dina de Fès, la plus mĂ©diĂ©vale des villes d'Afrique du Nord, est classĂ©e en 1981 sur la liste des patrimoines mondiaux de l'humanitĂ© par l'Organisation des Nations unies pour l'Ă©ducation, la science et la culture (UNESCO) et que sa sauvegarde et la prĂ©servation de son authenticitĂ© se trouvent confrontĂ©es Ă  plusieurs obstacles. Il est citĂ© notamment la pression dĂ©mographique, le menaçant ruine et le manque de moyens financiers. Or il a Ă©tĂ© question que tous les intervenants dans la rĂ©habilitation de la mĂ©dina de Fès (ministère de la Culture, ministère du Tourisme, autoritĂ©s locales, etc.) doivent conjuguer leurs efforts pour lutter contre les contraintes qui pèsent sur la prĂ©servation de ce joyau du patrimoine mondial de l'humanitĂ©. Mais au-delĂ  des paroles, tout ce qui est fait depuis les annĂ©es 80 et 90, en rĂ©ponse Ă  ces problĂ©matiques de la mĂ©dina, de la Lettre royale au lancement des projets pilotes de mĂ©cènes et des projets structurants dans le cadre du programme de la Banque mondiale et du programme menaçant ruine, demeure très insuffisant. Ses riads, mĂ©dersas, fontaines et fondouks tombent en ruine et son cachet architectural se dĂ©tĂ©riore. Et ce, malgrĂ© de nombreuses bonnes initiatives, telles que le lancement du Plan de dĂ©veloppement touristique PDRT avec, entre autres, l'acquisition des anciennes maisons pour leur reconversion en hĂ´tellerie de charme, le Programme du tourisme chez l'habitant, l'encouragement de l'offre (Maisons d'hĂ´tes), la reconversion de certains fondouks en des lieux d'hĂ©bergement et en des lieux d'exposition d'artisanat et la rĂ©habilitation des espaces comme le triangle My Driss-Karaouiyine-Sidi Ahmed Tijani, quartier AĂŻn Azliten et Bin Lamdoun, mĂ©dersas, Place Boujloud, Place R'cif et Oued El Jawahir. Aussi, des bĂ©nĂ©voles, des artistes-peintres, des Ă©tudiants ou simplement des passionnĂ©s du patrimoine travaillent dans le cadre d'associations pour la sauvegarde de ce capital historique. La plus dynamique est l'Association des jeunes volontaires des chantiers internationaux qui a travaillĂ© sur plusieurs sites historiques en partenariat avec des organismes Ă©trangers, dont le rĂ©seau Rempart et SolidaritĂ© et Jeunesse en France et d'autres associations en Belgique et en Italie. Et s'appuie sur des bĂ©nĂ©voles, des artistes-peintres et des experts dans la restauration des monuments ou dans les techniques de construction et qui ont participĂ© Ă  la restauration des Medersas comme Charratine et autres anciennes demeures et monuments de la ville.

À noter que l'Agence de dĂ©densification et de rĂ©habilitation de la mĂ©dina de Fès (A.D.E.R) pilote aussi des restaurations. Elle s'engage Ă  financer 50% des frais de restauration de certaines anciennes demeures et propose aux propriĂ©taires de financer le complĂ©ment. Mais l'initiative est handicapĂ©e par le fait que la plupart des habitants n'ont pas les moyens pour verser leur part. De son cĂ´tĂ©, le conseil de la ville participe aux restaurations de certaines demeures, mais ses interventions dĂ©pendent souvent, selon les observateurs, de la proximitĂ© des propriĂ©taires au parti politique dominant. Il se contente de soutenir des demeures et des ruelles depuis plusieurs annĂ©es, par des piliers en bois et en acier qui les dĂ©figurent.

Aujourd'hui, la seule issue à la situation désastreuse des monuments et demeures traditionnelles de Fès est le Programme quinquennal de restauration (2013-2017) lancé récemment par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. D'un investissement total de 615 millions de dirhams, ce programme devrait concerner prés de 4 000 bâtisses menaçant ruine ainsi que 27 monuments et sites historiques de la médina de Fès. Le programme de restauration devrait aussi couvrir des tanneries, des ponts et des médersas édifiées par la dynastie des Mérinides entre les 13e et 14e siècles. Il reste qu'il est nécessaire que les responsables locaux soient à la hauteur de ce grand chantier de sauvegarde et qu'ils prennent enfin conscience qu'un pan important du patrimoine humain est en voie de disparition et qu'une stratégie de réhabilitation globale de la médina s'impose aujourd'hui plus que jamais.


Le ciment tue la médina

Des experts étrangers qui participent au chantier de l’Association des jeunes volontaires des chantiers internationaux, ont souvent pointé du doigt les restaurations et réhabilitations anarchiques de la médina de Fès, pilotées par le privé ou par certains organismes, dont le conseil de la ville où l’on utilise le ciment qui est un matériau non adapté à tous les supports. Selon eux, le ciment est un matériau étanche qui emprisonne l’humidité dans les pierres ou le bois, ce qui détériore les anciens bâtis et monuments historiques et entraine leurs destructions au fil des années. Un constat que nous dénonçons depuis quelques années dans les colonnes du journal «Le Matin». Mais la situation perdure et le lobby du ciment semble, hélas, avoir le dernier mot…

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