Il suffisait de quelques secondes pour comprendre que la soirĂ©e des CAF Awards 2025 basculerait dans lâhistoire. Les applaudissements vibraient encore que lâon sentait dĂ©jĂ la portĂ©e de ce moment. Un souffle national, profond et unanime, a traversĂ© la salle. Les regards se tournaient vers le latĂ©ral marocain du Paris Saint-Germain, Ă©lu joueur africain de lâannĂ©e, premier sacre pour lui, premier Marocain rĂ©compensĂ© depuis Mustapha Hadji en 1998.
Cette victoire nâĂ©tait pas un simple trophĂ©e. CâĂ©tait une confirmation Ă©clatante de la stature prise par Hakimi sur la scĂšne mondiale, lui qui a terminĂ© sixiĂšme du Ballon dâOr et tenu un rĂŽle clĂ© dans la conquĂȘte de la Ligue des champions avec le club parisien. CâĂ©tait aussi une dĂ©monstration, une fois de plus, quâun latĂ©ral peut changer le cours dâun match, dâune saison, dâune Ă©poque.
La ville de Rabat offrait un dĂ©cor Ă la hauteur de cette razzia marocaine. Les rues voisines de l'UniversitĂ© Polytechnique Mohammed VI brillaient sous un mĂ©lange de fiertĂ© populaire et dâĂ©lĂ©gance protocolaire. On croisait des familles, des jeunes portant le maillot des Lions de lâAtlas, des anciens joueurs venus saluer la relĂšve, des invitĂ©s internationaux charmĂ©s par lâatmosphĂšre dâune capitale sportive qui connaĂźt depuis quelques annĂ©es une renaissance sans prĂ©cĂ©dent.
A mesure que la cĂ©rĂ©monie avançait, la salle devenait le miroir dâun Maroc sĂ»r de ses forces, conscient de la valeur de ses talents et prĂȘt Ă regarder le continent droit dans les yeux.
Le sacre dâHakimi dominait la soirĂ©e. Impossible de le minimiser tant il concentrait tout ce que le football marocain a entrepris de construire depuis deux dĂ©cennies. Sa trajectoire raconte dâabord un football qui a appris Ă produire des joueurs complets, capables de briller dans les championnats les plus exigeants.
FormĂ© en Espagne, aguerri Ă Dortmund, devenu cadre Ă lâInter, puis star au PSG, Hakimi a façonnĂ© une identitĂ© Ă part. Vitesse fulgurante, sens du timing, projection verticale, technique prĂ©cise dans les petits espaces, leadership naturel. Il a pris une dimension rare pour un dĂ©fenseur.
Les observateurs europĂ©ens soulignent souvent sa capacitĂ© Ă altĂ©rer lâĂ©quilibre dâun match en un seul appel, une seule percĂ©e, une seule dĂ©viation. MĂȘme blessĂ© en cette fin dâannĂ©e, il reste au sommet du jeu africain. Lâinfluence se mesure dans la continuitĂ© de ses performances, lâassurance quâil apporte au collectif, lâimage quâil renvoie aux jeunes joueurs du Royaume.
La comparaison avec ses concurrents du soir nâa fait que renforcer lâĂ©vidence. Mohamed Salah a vĂ©cu une saison remarquable, fidĂšle Ă sa rigueur et Ă son impact dĂ©cisif, tandis que Victor Osimhen a cherchĂ© Ă se relancer sous de nouvelles couleurs.
Hakimi, lui, a dĂ©gagĂ© une constance de patron. Sa campagne europĂ©enne avec Paris restera lâune de ses plus abouties, tant dĂ©fensivement quâoffensivement. Son classement au Ballon dâOr, le meilleur de sa carriĂšre, a servi de baromĂštre. Son apport tactique au PSG a Ă©tĂ© soulignĂ© par les analystes et validĂ© par le staff parisien, qui voit en lui bien plus quâun latĂ©ral. Un dynamiseur. Un faiseur dâespaces. Un joueur qui transforme les intentions en certitudes.
Lorsquâil est montĂ© sur scĂšne pour recevoir le trophĂ©e des mains de Gianni Infantino, son Ă©motion ne trompait personne. Il a levĂ© les yeux, respirĂ© lentement puis serrĂ© le trophĂ©e comme sâil contenait tous les souvenirs dâune enfance marquĂ©e par les terrains de quartier.
Il a remerciĂ© Sa MajestĂ© le Roi Mohammed VI pour la vision et les moyens accordĂ©s au dĂ©veloppement du football marocain, saluĂ© le soutien constant de la FĂ©dĂ©ration Royale marocaine de football et de son prĂ©sident Fouzi Lekjaa, rappelĂ© son attachement indĂ©fectible Ă sa famille, et conclu avec une simplicitĂ© dĂ©sarmante en dĂ©diant ce trophĂ©e Ă tous les enfants Marocains et Africains qui rĂȘvent un jour de jouer au football. Sa voix vibrait avec la conviction de ceux qui savent ce quâils reprĂ©sentent, ce quâils portent et ce quâils doivent continuer de dĂ©fendre.
La soirĂ©e ne sâest pourtant pas rĂ©sumĂ©e Ă ce couronnement individuel. Elle fut une dĂ©monstration de force collective. En remportant six titres sur les onze dĂ©cernĂ©s lors de la cĂ©rĂ©monie, le football marocain a confirmĂ© son plein essor sur les plans continental et mondial. Une telle domination ne sâimprovise pas. Elle sâenracine dans des annĂ©es de politique sportive ambitieuse, dâinfrastructures de haut niveau, de formation exigeante et dâouverture sur lâinternational.
Le bal avait Ă©tĂ© ouvert par Doha Madani, meilleure jeune joueuse de lâannĂ©e. AprĂšs seulement quelques annĂ©es de carriĂšre chez lâAS FAR, elle incarne lâespoir du football fĂ©minin marocain. Sa prĂ©cocitĂ©, sa maturitĂ© dans le jeu, sa capacitĂ© Ă briller dans les moments dĂ©cisifs tĂ©moignent dâun avenir radieux. Elle Ă©tait la premiĂšre Ă©tincelle dâune soirĂ©e qui allait sâembraser.
Othmane MaĂąmma a suivi avec une distinction mĂ©ritĂ©e de jeune footballeur africain de lâannĂ©e. Son Mondial U20 restera comme lâune des campagnes les plus Ă©clatantes jamais rĂ©alisĂ©es par un jeune Marocain. Meilleur joueur de la compĂ©tition, hĂ©ros silencieux et efficace, il a guidĂ© son Ă©quipe jusquâau titre mondial conquis au Chili aprĂšs avoir Ă©liminĂ© des gĂ©ants comme lâEspagne, le BrĂ©sil, la RĂ©publique de CorĂ©e, les Etats-Unis, la France et lâArgentine. Sous la direction de Mohamed Ouahbi, cette gĂ©nĂ©ration a montrĂ© un mĂ©lange parfait de discipline, de crĂ©ativitĂ© et de maturitĂ© tactique. Une victoire qui a valu Ă la sĂ©lection marocaine des moins de vingt ans le trophĂ©e de la sĂ©lection africaine de lâannĂ©e.
Ce sacre rĂ©sonne comme un signe fort. Il dit que le Maroc ne se contente plus dâespĂ©rer une pĂ©pite tous les cinq ans. Il fabrique dĂ©sormais des Ă©quipes complĂštes, cohĂ©rentes et compĂ©titives.
Le nom de Yassine Bounou est venu renforcer lâimpression dâun Royaume souverain. Le portier dâAl Hilal, rĂ©compensĂ© meilleur gardien africain, continue dâimposer sa marque dans lâhistoire du football continental. TreiziĂšme du Ballon dâOr 2023, nommĂ© Ă plusieurs reprises au TrophĂ©e Yachine, vainqueur du prix du meilleur gardien lors de finales marquantes, sĂ©lectionnĂ© dans le Onze type du Mondial des clubs aux Etats-Unis, il reste une garantie en toutes circonstances. Son calme, sa lecture de jeu, sa capacitĂ© Ă briller dans lâurgence ont fait de lui lâun des visages les plus respectĂ©s du football africain moderne.
Sa distinction était tellement évidente, tant son influence dépasse les seules feuilles de match.
Puis vint le sacre de Ghizlane Chebbak, meilleure joueuse du continent. Figure majeure des Lionnes de lâAtlas, artisan de leurs derniers exploits Ă la CAN et au Mondial fĂ©minin, elle a su affirmer un leadership rare sur les terrains africains. Elle devance notamment sa compatriote Sanaa Mssoudy, ainsi que la NigĂ©riane Rasheedat Ajibade.
Son prix confirme la trajectoire ascendante du football fĂ©minin marocain, dĂ©sormais rĂ©gulier sur les podiums internationaux et soutenu par une offre structurelle qui nâa cessĂ© de croĂźtre. Chebbak reprĂ©sente la sophistication tactique et lâĂ©lan mental qui caractĂ©risent cette Ă©quipe en pleine affirmation.
A travers ces rĂ©compenses individuelles et collectives, une Ă©vidence sâimpose. Le Maroc nâest plus un invitĂ© brillant mais irrĂ©gulier sur la scĂšne africaine. Il est devenu une rĂ©fĂ©rence solide, soutenue par des structures cohĂ©rentes, des centres de formation modernes, des clubs performants dans les compĂ©titions continentales et une diaspora parfaitement intĂ©grĂ©e dans les plans de la sĂ©lection. La victoire des U20 agit comme un sceau. Elle prouve que la base est solide, que les jeunes joueurs nâarrivent plus dans lâĂ©lite par hasard mais Ă lâissue dâun processus maĂźtrisĂ©. Ils ont voyagĂ©, affrontĂ© les meilleures Ă©quipes du monde, appris Ă gĂ©rer la pression, Ă devenir exigeants, Ă dĂ©velopper leur culture tactique et Ă porter le maillot national avec ambition.
Et puis, la portĂ©e symbolique de cette soirĂ©e dĂ©passe le football. Elle touche Ă lâimage internationale du Maroc. Le pays est devenu un acteur majeur des relations sportives africaines. En accueillant la cĂ©rĂ©monie Ă Rabat, en rĂ©unissant dirigeants, entraĂźneurs et joueurs venus de tout le continent, le Royaume a confirmĂ© son rĂŽle de pivot dans les dynamiques sportives rĂ©gionales. Les succĂšs accumulĂ©s renforcent cette position et montrent que le Maroc, par sa vision et son investissement, a les moyens de devenir un modĂšle africain de rĂ©ussite sportive.
En observant les visages dans la salle Ă la fin de la cĂ©rĂ©monie, il y avait une Ă©motion sincĂšre, une fiertĂ© contenue mais Ă©clatante. Chacun semblait mesurer la force de cette soirĂ©e. Dans les couloirs, on parlait dĂ©jĂ de lâavenir. On Ă©voquait la CAN 2025, qui se jouera au Maroc, et lâĂ©lan que ce triomphe pourrait gĂ©nĂ©rer. On imaginait les jeunes du pays recopiant les gestes dâHakimi, rĂȘvant de suivre la voie de MaĂąmma, se reconnaissant dans la dĂ©termination de Chebbak ou la sĂ©rĂ©nitĂ© de Bounou.
Le Maroc a signĂ© une page magnifique de son histoire footballistique. Elle est Ă©crite avec des talents, du travail, une vision et une ambition. Elle ouvre une fenĂȘtre sur ce que pourrait devenir le football national. Un football constant, crĂ©atif, sĂ»r de lui, compĂ©titif dans les plus grandes compĂ©titions mondiales. Un football fier, enracinĂ©, mais Ă lâesprit ouvert.
La soirĂ©e de Rabat restera comme un repĂšre. Un moment oĂč le pays a montrĂ© son visage le plus conquĂ©rant. Un moment oĂč la nouvelle gĂ©nĂ©ration a confirmĂ© quâelle Ă©tait prĂȘte. Un moment oĂč Achraf Hakimi a pris place dans la grande lignĂ©e des lĂ©gendes africaines. Un moment oĂč le Maroc a regardĂ© lâavenir avec confiance.
Et si cette soirĂ©e nâĂ©tait quâun dĂ©butâŠ
Mehdi Ouassat
Cette victoire nâĂ©tait pas un simple trophĂ©e. CâĂ©tait une confirmation Ă©clatante de la stature prise par Hakimi sur la scĂšne mondiale, lui qui a terminĂ© sixiĂšme du Ballon dâOr et tenu un rĂŽle clĂ© dans la conquĂȘte de la Ligue des champions avec le club parisien. CâĂ©tait aussi une dĂ©monstration, une fois de plus, quâun latĂ©ral peut changer le cours dâun match, dâune saison, dâune Ă©poque.
La ville de Rabat offrait un dĂ©cor Ă la hauteur de cette razzia marocaine. Les rues voisines de l'UniversitĂ© Polytechnique Mohammed VI brillaient sous un mĂ©lange de fiertĂ© populaire et dâĂ©lĂ©gance protocolaire. On croisait des familles, des jeunes portant le maillot des Lions de lâAtlas, des anciens joueurs venus saluer la relĂšve, des invitĂ©s internationaux charmĂ©s par lâatmosphĂšre dâune capitale sportive qui connaĂźt depuis quelques annĂ©es une renaissance sans prĂ©cĂ©dent.
A mesure que la cĂ©rĂ©monie avançait, la salle devenait le miroir dâun Maroc sĂ»r de ses forces, conscient de la valeur de ses talents et prĂȘt Ă regarder le continent droit dans les yeux.
Le sacre dâHakimi dominait la soirĂ©e. Impossible de le minimiser tant il concentrait tout ce que le football marocain a entrepris de construire depuis deux dĂ©cennies. Sa trajectoire raconte dâabord un football qui a appris Ă produire des joueurs complets, capables de briller dans les championnats les plus exigeants.
FormĂ© en Espagne, aguerri Ă Dortmund, devenu cadre Ă lâInter, puis star au PSG, Hakimi a façonnĂ© une identitĂ© Ă part. Vitesse fulgurante, sens du timing, projection verticale, technique prĂ©cise dans les petits espaces, leadership naturel. Il a pris une dimension rare pour un dĂ©fenseur.
Les observateurs europĂ©ens soulignent souvent sa capacitĂ© Ă altĂ©rer lâĂ©quilibre dâun match en un seul appel, une seule percĂ©e, une seule dĂ©viation. MĂȘme blessĂ© en cette fin dâannĂ©e, il reste au sommet du jeu africain. Lâinfluence se mesure dans la continuitĂ© de ses performances, lâassurance quâil apporte au collectif, lâimage quâil renvoie aux jeunes joueurs du Royaume.
La comparaison avec ses concurrents du soir nâa fait que renforcer lâĂ©vidence. Mohamed Salah a vĂ©cu une saison remarquable, fidĂšle Ă sa rigueur et Ă son impact dĂ©cisif, tandis que Victor Osimhen a cherchĂ© Ă se relancer sous de nouvelles couleurs.
Hakimi, lui, a dĂ©gagĂ© une constance de patron. Sa campagne europĂ©enne avec Paris restera lâune de ses plus abouties, tant dĂ©fensivement quâoffensivement. Son classement au Ballon dâOr, le meilleur de sa carriĂšre, a servi de baromĂštre. Son apport tactique au PSG a Ă©tĂ© soulignĂ© par les analystes et validĂ© par le staff parisien, qui voit en lui bien plus quâun latĂ©ral. Un dynamiseur. Un faiseur dâespaces. Un joueur qui transforme les intentions en certitudes.
Lorsquâil est montĂ© sur scĂšne pour recevoir le trophĂ©e des mains de Gianni Infantino, son Ă©motion ne trompait personne. Il a levĂ© les yeux, respirĂ© lentement puis serrĂ© le trophĂ©e comme sâil contenait tous les souvenirs dâune enfance marquĂ©e par les terrains de quartier.
Il a remerciĂ© Sa MajestĂ© le Roi Mohammed VI pour la vision et les moyens accordĂ©s au dĂ©veloppement du football marocain, saluĂ© le soutien constant de la FĂ©dĂ©ration Royale marocaine de football et de son prĂ©sident Fouzi Lekjaa, rappelĂ© son attachement indĂ©fectible Ă sa famille, et conclu avec une simplicitĂ© dĂ©sarmante en dĂ©diant ce trophĂ©e Ă tous les enfants Marocains et Africains qui rĂȘvent un jour de jouer au football. Sa voix vibrait avec la conviction de ceux qui savent ce quâils reprĂ©sentent, ce quâils portent et ce quâils doivent continuer de dĂ©fendre.
La soirĂ©e ne sâest pourtant pas rĂ©sumĂ©e Ă ce couronnement individuel. Elle fut une dĂ©monstration de force collective. En remportant six titres sur les onze dĂ©cernĂ©s lors de la cĂ©rĂ©monie, le football marocain a confirmĂ© son plein essor sur les plans continental et mondial. Une telle domination ne sâimprovise pas. Elle sâenracine dans des annĂ©es de politique sportive ambitieuse, dâinfrastructures de haut niveau, de formation exigeante et dâouverture sur lâinternational.
Le bal avait Ă©tĂ© ouvert par Doha Madani, meilleure jeune joueuse de lâannĂ©e. AprĂšs seulement quelques annĂ©es de carriĂšre chez lâAS FAR, elle incarne lâespoir du football fĂ©minin marocain. Sa prĂ©cocitĂ©, sa maturitĂ© dans le jeu, sa capacitĂ© Ă briller dans les moments dĂ©cisifs tĂ©moignent dâun avenir radieux. Elle Ă©tait la premiĂšre Ă©tincelle dâune soirĂ©e qui allait sâembraser.
Othmane MaĂąmma a suivi avec une distinction mĂ©ritĂ©e de jeune footballeur africain de lâannĂ©e. Son Mondial U20 restera comme lâune des campagnes les plus Ă©clatantes jamais rĂ©alisĂ©es par un jeune Marocain. Meilleur joueur de la compĂ©tition, hĂ©ros silencieux et efficace, il a guidĂ© son Ă©quipe jusquâau titre mondial conquis au Chili aprĂšs avoir Ă©liminĂ© des gĂ©ants comme lâEspagne, le BrĂ©sil, la RĂ©publique de CorĂ©e, les Etats-Unis, la France et lâArgentine. Sous la direction de Mohamed Ouahbi, cette gĂ©nĂ©ration a montrĂ© un mĂ©lange parfait de discipline, de crĂ©ativitĂ© et de maturitĂ© tactique. Une victoire qui a valu Ă la sĂ©lection marocaine des moins de vingt ans le trophĂ©e de la sĂ©lection africaine de lâannĂ©e.
Ce sacre rĂ©sonne comme un signe fort. Il dit que le Maroc ne se contente plus dâespĂ©rer une pĂ©pite tous les cinq ans. Il fabrique dĂ©sormais des Ă©quipes complĂštes, cohĂ©rentes et compĂ©titives.
Le nom de Yassine Bounou est venu renforcer lâimpression dâun Royaume souverain. Le portier dâAl Hilal, rĂ©compensĂ© meilleur gardien africain, continue dâimposer sa marque dans lâhistoire du football continental. TreiziĂšme du Ballon dâOr 2023, nommĂ© Ă plusieurs reprises au TrophĂ©e Yachine, vainqueur du prix du meilleur gardien lors de finales marquantes, sĂ©lectionnĂ© dans le Onze type du Mondial des clubs aux Etats-Unis, il reste une garantie en toutes circonstances. Son calme, sa lecture de jeu, sa capacitĂ© Ă briller dans lâurgence ont fait de lui lâun des visages les plus respectĂ©s du football africain moderne.
Sa distinction était tellement évidente, tant son influence dépasse les seules feuilles de match.
Puis vint le sacre de Ghizlane Chebbak, meilleure joueuse du continent. Figure majeure des Lionnes de lâAtlas, artisan de leurs derniers exploits Ă la CAN et au Mondial fĂ©minin, elle a su affirmer un leadership rare sur les terrains africains. Elle devance notamment sa compatriote Sanaa Mssoudy, ainsi que la NigĂ©riane Rasheedat Ajibade.
Son prix confirme la trajectoire ascendante du football fĂ©minin marocain, dĂ©sormais rĂ©gulier sur les podiums internationaux et soutenu par une offre structurelle qui nâa cessĂ© de croĂźtre. Chebbak reprĂ©sente la sophistication tactique et lâĂ©lan mental qui caractĂ©risent cette Ă©quipe en pleine affirmation.
A travers ces rĂ©compenses individuelles et collectives, une Ă©vidence sâimpose. Le Maroc nâest plus un invitĂ© brillant mais irrĂ©gulier sur la scĂšne africaine. Il est devenu une rĂ©fĂ©rence solide, soutenue par des structures cohĂ©rentes, des centres de formation modernes, des clubs performants dans les compĂ©titions continentales et une diaspora parfaitement intĂ©grĂ©e dans les plans de la sĂ©lection. La victoire des U20 agit comme un sceau. Elle prouve que la base est solide, que les jeunes joueurs nâarrivent plus dans lâĂ©lite par hasard mais Ă lâissue dâun processus maĂźtrisĂ©. Ils ont voyagĂ©, affrontĂ© les meilleures Ă©quipes du monde, appris Ă gĂ©rer la pression, Ă devenir exigeants, Ă dĂ©velopper leur culture tactique et Ă porter le maillot national avec ambition.
Et puis, la portĂ©e symbolique de cette soirĂ©e dĂ©passe le football. Elle touche Ă lâimage internationale du Maroc. Le pays est devenu un acteur majeur des relations sportives africaines. En accueillant la cĂ©rĂ©monie Ă Rabat, en rĂ©unissant dirigeants, entraĂźneurs et joueurs venus de tout le continent, le Royaume a confirmĂ© son rĂŽle de pivot dans les dynamiques sportives rĂ©gionales. Les succĂšs accumulĂ©s renforcent cette position et montrent que le Maroc, par sa vision et son investissement, a les moyens de devenir un modĂšle africain de rĂ©ussite sportive.
En observant les visages dans la salle Ă la fin de la cĂ©rĂ©monie, il y avait une Ă©motion sincĂšre, une fiertĂ© contenue mais Ă©clatante. Chacun semblait mesurer la force de cette soirĂ©e. Dans les couloirs, on parlait dĂ©jĂ de lâavenir. On Ă©voquait la CAN 2025, qui se jouera au Maroc, et lâĂ©lan que ce triomphe pourrait gĂ©nĂ©rer. On imaginait les jeunes du pays recopiant les gestes dâHakimi, rĂȘvant de suivre la voie de MaĂąmma, se reconnaissant dans la dĂ©termination de Chebbak ou la sĂ©rĂ©nitĂ© de Bounou.
Le Maroc a signĂ© une page magnifique de son histoire footballistique. Elle est Ă©crite avec des talents, du travail, une vision et une ambition. Elle ouvre une fenĂȘtre sur ce que pourrait devenir le football national. Un football constant, crĂ©atif, sĂ»r de lui, compĂ©titif dans les plus grandes compĂ©titions mondiales. Un football fier, enracinĂ©, mais Ă lâesprit ouvert.
La soirĂ©e de Rabat restera comme un repĂšre. Un moment oĂč le pays a montrĂ© son visage le plus conquĂ©rant. Un moment oĂč la nouvelle gĂ©nĂ©ration a confirmĂ© quâelle Ă©tait prĂȘte. Un moment oĂč Achraf Hakimi a pris place dans la grande lignĂ©e des lĂ©gendes africaines. Un moment oĂč le Maroc a regardĂ© lâavenir avec confiance.
Et si cette soirĂ©e nâĂ©tait quâun dĂ©butâŠ
Mehdi Ouassat
