Le gestionnaire du Barcèlo Saïdia a mis fin à sa convention de concession pour déficit

Le gestionnaire de l’hôtel Barcèlo Saïdia jette l’éponge, en se retirant sur la pointe des pieds de la station balnéaire de l’Oriental. Le groupe espagnol a mis fin à la convention de concession, le liant depuis 2009 à H Partners. Ce fonds d’investissements en actifs touristiques a confié désormais la gestion de cet établissement à Atlas Hospitality Morocco. Et c’est cette enseigne qui commercialisera désormais l’hôtel sous la dénomination: Oriental Bay Beach. «Notre prise de gestion à Saïdia répond à plusieurs objectifs», confie Kamal Bensouda, PDG de Atlas Hospitality Morocco (AHM). Selon le PDG, «l’entrée dans la gestion de l’ex-Barcèlo Saïdia vient repositionner l’hôtel sur les marchés et l’intégrer dans son environnement balnéaire et golfique». AHM compte opérer un changement dans le mode opératoire de cet établissement en sortant «du cercle vicieux du All Inclusive, jugé peu rémunérateur pour l’unité et pour la ville». Pour asseoir sa stratégie de relance, le nouveau gestionnaire compte placer l’hôtel sur le marché normal du tourisme avec des formules en Bed & Breakfast (BB) et en demi-pension. L’enjeu est d’assurer une plus grande souplesse en période de vacances. Pour pallier les passages à vide et rallonger la durée de réouverture de l’hôtel, Atlas Hospitality prévoit, dès l’hiver prochain, d’ouvrir l’établissement en format réduit. C’est une première qui sera déclinée par une offre de 100 à 150 chambres sur les 600 opérationnelles. L’objectif est de recevoir des opérations d’incentives, de séminaires, des opérations de golf et des clients lors des week-ends. Le gestionnaire mise gros sur le tourisme interne.

Sur le marché national, des campagnes vont démarrer dès le mois d’avril prochain pour des packages agressifs et à la mesure du pouvoir d’achat afin de permettre aux nationaux de pouvoir profiter de ce produit sans être obligés de prendre la formule «All Inclusive».

Sur le volet commercialisation, Atlas Hospitality prévoit de placer l’unité sur d’importants bassins émetteurs de touristes comme l’Espagne, la France, la Belgique, la Suisse, l’Italie, le Portugal, la Pologne, la Slovaquie, la République tchèque… «Nos équipes sont en train de convaincre actuellement les opérateurs du marché russe de programmer la destination lors du salon de Moscou», annonce Kamal Bensouda. D’ailleurs, l’Oriental Bay Beach sera commercialisé sur le Net à travers d’importants opérateurs comme Booking, Expédia, Late

Rooms, Hotels4you qui brassent une nouvelle tendance de clientèle optant pour des voyages à la carte.

A l’origine de ce changement de gestionnaire, des contraintes d’ordre technique, de saisonnalité, d’animation ou encore de positionnement. Depuis son ouverture, la station de l’Oriental n’a jamais opéré de façon permanente. De l’avis d’un professionnel, «fermer complètement une station sur 6 mois ne peut rentabiliser l’investissement ni inscrire le site dans un cercle vertueux de gestion». Le constat aujourd’hui veut que dès la mi-octobre, la station devient déserte. Le site ferme et les hôtels remercient le personnel à charge de le reprendre en période estivale.

Outre ces contraintes, les difficultés qui ont précipité le départ, non ébruité, du gestionnaire espagnol laissent penser qu’elles sont profondes et structurelles. En effet, dès le lancement de la station Saïdia, plusieurs ratés ont émaillé son déploiement. Le retard de livraison, le non-achèvement des travaux d’infrastructures de base… ont causé de nombreux désagréments. Par ailleurs, l’enclavement de la région, les programmes des dessertes aéroportuaires dissuadent les touristes à se lancer dans des séjours présentant des désagréments liés à la logistique. Pourtant, malgré le climat morose du secteur touristique, crise en Europe, printemps arabe… Saïdia a tiré son épingle du jeu. En effet, le nombre de nuitées, enregistrées dans les hôtels de cette station, a connu un bond de 47% en 2011, selon l’Observatoire du tourisme. Pour autant, cette embellie n’a pas suffi à faire de cette station une destination prisée. Par ailleurs, la formule All Inclusive pratiquée par Barcèlo, conjuguée au faible coefficient d’occupation annuel, n’a pu générer des recettes conséquentes.



Nouvelle stratégie RH



LA problématique RH est des plus compliquées dans l’Oriental. Conscient de cette contrainte, AHM est en train de déployer une nouvelle approche de GRH dans la région. Justement, pour pallier les contraintes de saisonnalité, le repreneur de l’ex-Barcèlo adopte une nouvelle stratégie. «Nous avons opté pour une formule qui a fait ses preuves au Club Méditerranée. Nous avons lancé un appel à candidature auprès de nos 1.700 agents célibataires en CDI pour opérer sur Saïdia», annonce Bensouda. Par ailleurs, lors de la pointe des mois de juillet/août, il a été prévu de redéployer les collaborateurs provenant d’autres unités de la chaîne AHM.