Au-delĂ de la seule dimension urbanistique, la mort tragique de 22 concitoyens, dans le quartier populaire de Bensouda Ă FĂšs, dans des conditions dramatiques, lors dâune fĂȘte de baptĂȘme qui a virĂ© au cauchemar aprĂšs lâeffondrement de deux bĂątisses anarchiques, rĂ©vĂšle notre incapacitĂ© chronique Ă faire respecter les rĂšgles que nous sommes pourtant si prompts Ă Ă©tablir. Tout en interpellant notre conscience collective quant au devoir de respecter les rĂšgles, toutes les rĂšgles, ce drame trahit Ă©galement la vigilance sĂ©lective dont font preuve nos autoritĂ©s lorsquâil sâagit de veiller au respect de ces mĂȘmes rĂšgles.
Le parallĂšle est en effet sidĂ©rant entre la rigueur quasi-germanique dont peuvent faire preuve ces autoritĂ©s en certaines zones de nos villes et en certaines occasions, comme lâactuelle pĂ©riode de prĂ©paratifs Ă lâaccueil de la CAN et de la Coupe du Monde, et la nonchalance maquillĂ©e en fausse tolĂ©rance, lorsquâil sâagit de quartiers marginaux, dits populaires et gĂ©nĂ©ralement en dehors des radars. Cette rigueur Ă gĂ©ographie et Ă chronologie variables est le dĂ©nominateur commun de la plupart des drames comparables Ă celui de FĂšs, survenus durant les derniĂšres dĂ©cennies. Elle sĂ©vit encore et toujours, menaçant de continuer Ă faire des victimes, dans les nombreux quartiers chaotiques qui ceinturent la plupart des grandes villes marocaines, y compris la clinquante Ville LumiĂšre, Rabat, oĂč pullulent les constructions anarchiques menaçant ruine dans des ghettos comme Douar Doum et Douar Lhajja.
Comme Ă chaque drame, on pleurera nos morts et on appellera Ă lâouverture dâune enquĂȘte pour Ă©tablir les responsabilitĂ©s et punir les fautifs. La presse sâindignera et la population rĂ©clamera des tĂȘtes qui tomberont ou qui ne tomberont pas. Puis viendra le temps de lâoubli et du relĂąchement, jusquâĂ la prochaine hĂ©catombe, quâelle soit due Ă lâeffondrement dâune autre construction anarchique, Ă un simple mais tragique accident de la circulation, Ă un incendie ou Ă des inondations. Câest ce cercle vicieux quâil faudra rompre maintenant, et sans attendre, et qui est lâune des causes majeures de ce Maroc Ă plusieurs vitesses que lâon ne dĂ©sespĂšre pas de changer.
Le parallĂšle est en effet sidĂ©rant entre la rigueur quasi-germanique dont peuvent faire preuve ces autoritĂ©s en certaines zones de nos villes et en certaines occasions, comme lâactuelle pĂ©riode de prĂ©paratifs Ă lâaccueil de la CAN et de la Coupe du Monde, et la nonchalance maquillĂ©e en fausse tolĂ©rance, lorsquâil sâagit de quartiers marginaux, dits populaires et gĂ©nĂ©ralement en dehors des radars. Cette rigueur Ă gĂ©ographie et Ă chronologie variables est le dĂ©nominateur commun de la plupart des drames comparables Ă celui de FĂšs, survenus durant les derniĂšres dĂ©cennies. Elle sĂ©vit encore et toujours, menaçant de continuer Ă faire des victimes, dans les nombreux quartiers chaotiques qui ceinturent la plupart des grandes villes marocaines, y compris la clinquante Ville LumiĂšre, Rabat, oĂč pullulent les constructions anarchiques menaçant ruine dans des ghettos comme Douar Doum et Douar Lhajja.
Comme Ă chaque drame, on pleurera nos morts et on appellera Ă lâouverture dâune enquĂȘte pour Ă©tablir les responsabilitĂ©s et punir les fautifs. La presse sâindignera et la population rĂ©clamera des tĂȘtes qui tomberont ou qui ne tomberont pas. Puis viendra le temps de lâoubli et du relĂąchement, jusquâĂ la prochaine hĂ©catombe, quâelle soit due Ă lâeffondrement dâune autre construction anarchique, Ă un simple mais tragique accident de la circulation, Ă un incendie ou Ă des inondations. Câest ce cercle vicieux quâil faudra rompre maintenant, et sans attendre, et qui est lâune des causes majeures de ce Maroc Ă plusieurs vitesses que lâon ne dĂ©sespĂšre pas de changer.
