Rabat – Un sĂ©minaire international organisĂ© en cĂ©lĂ©bration du soixantième anniversaire de la Convention d’établissement entre le Maroc et le SĂ©nĂ©gal s’est ouvert, lundi Ă Rabat, en prĂ©sence d’un parterre de personnalitĂ©s politiques, diplomatiques, Ă©conomiques et universitaires.
PlacĂ©e sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI et du PrĂ©sident sĂ©nĂ©galais, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, cette rencontre est organisĂ©e Ă l’initiative du “Timbuktu Institute–African Center For Peace Studies” en partenariat avec l’UniversitĂ© internationale de Rabat (UIR) et la Caisse de dĂ©pĂ´t et de gestion (CDG).
Intervenant Ă l’ouverture de cet Ă©vĂ©nement, la ministre dĂ©lĂ©guĂ©e chargĂ©e de la Transition numĂ©rique et de la RĂ©forme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a mis en exergue les liens historiques et fraternels unissant le Maroc et le SĂ©nĂ©gal, notamment sur le plan culturel et humain. “Cette fraternitĂ© est ancestrale, elle est dans notre ADN”, s’est-elle exclamĂ©e.
Abordant les ambitions des deux pays dans le domaine du numérique, elle a indiqué que Rabat et Dakar sont animés par la volonté de faire de l’Afrique un acteur majeur de la gouvernance mondiale en matière d’intelligence artificielle (IA).
“L’Afrique ne peut pas rester spectatrice face aux rĂ©gulations imposĂ©es par les autres puissances en la matière, elle doit avoir son mot Ă dire”, a-t-elle insistĂ©, plaidant pour une approche continentale unie.
L’urgence est de former et d’inclure la jeunesse africaine dans la révolution technologique, a enchaîné la ministre, ajoutant que l’Afrique doit impérativement préparer sa jeunesse aux défis du numérique.
Pour sa part, la secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de la CDG, Latifa Echihabi, a soulignĂ© que l’anniversaire de la Convention d’établissement entre le Maroc et le SĂ©nĂ©gal constitue l’occasion de cĂ©lĂ©brer les liens institutionnels et humains unissant les deux pays.
Évoquant la coopération entre la CDG et une dizaine de caisses de dépôts africaine, elle a fait savoir que cette coopération a été renforcée par la création d’une plateforme d’échange et de dialogue dans le cadre du Forum des caisses de dépôts, lancé en 2011 à Marrakech.
Elle a, en outre, passé en revue les accords de coopération signés entre la CDG et la Caisse des dépôts et consignations du Sénégal dans plusieurs domaines stratégiques, dont l’épargne, la finance et l’investissement, relevant que les deux caisses jouent un rôle de levier du développement inclusif et durable.
De son cĂ´tĂ©, l’ambassadrice du SĂ©nĂ©gal au Maroc, Seynabou Dial, a mis l’accent sur les liens historiques et exceptionnels unissant Rabat et Dakar, soulignant que “le Maroc est notre second pays, tout comme le SĂ©nĂ©gal l’est pour les Marocains”.
La diplomate sĂ©nĂ©galaise a mis en lumière le caractère visionnaire de la Convention d’Ă©tablissement de 1964 qui garantit la mobilitĂ©, l’accès Ă l’emploi public et la libertĂ© d’établissement entre les deux pays.
Mme Seynabou Dial a, par ailleurs, appelĂ© Ă une rĂ©flexion en vue d’adapter cette Convention aux dĂ©fis contemporains, mettant en avant le rĂ´le clĂ© des diasporas dans le renforcement de l’esprit de fraternitĂ© entre les deux pays.
Quant au prĂ©sident de l’UIR, Noureddine Mouaddib, il a mis en relief les liens Ă©troits qu’entretient l’UIR avec le SĂ©nĂ©gal, notamment Ă travers des partenariats avec l’UniversitĂ© de Gaston-Berger de Saint-Louis, l’UniversitĂ© Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et l’Institut Fondamental d’Afrique Noire (IFAN) – Cheikh Anta DIOP (IFAN), entre autres.
“Cette dynamique doit servir de locomotive pour la recherche scientifique africaine”, a ajoutĂ© M. Mouaddib, invitant les parties prenantes en Afrique Ă une rĂ©flexion collective sur l’intĂ©gration Ă©conomique du continent.
Il s’agit d’un dĂ©fi crucial surtout que le nombre d’étudiants africains triplera d’ici 2030, passant de 9 Ă 27 millions, a-t-il enchaĂ®nĂ©, notant que ce chiffre reprĂ©sente une richesse et un levier de transformation.
Prenant la parole, Bakary Sambe, directeur rĂ©gional du Think tank “Timbuktu Institute” basĂ© Ă Dakar, a saluĂ© l’excellence des relations entre les deux pays, enracinĂ©es dans une histoire commune et une vision partagĂ©e de l’avenir du continent africain.
De même, il a souligné que l’axe Rabat-Dakar constitue un levier de l’intégration africaine, capable d’inspirer l’ensemble du continent africain, ajoutant que le partenariat entre le Maroc et le Sénégal incarne une synergie exemplaire.
Dans un contexte mondial en pleine mutation, marquĂ© par de nouveaux dĂ©fis gĂ©opolitiques et climatiques, cette alliance offre un socle solide pour bâtir des rĂ©ponses africaines aux enjeux globaux, a-t-il poursuivi, mettant l’accent sur l’importance de la coopĂ©ration universitaire pour trouver des solutions africaines aux dĂ©fis communs.
SignĂ©e en 1964, la Convention d’établissement entre le Maroc et le SĂ©nĂ©gal prĂ©voit de nombreuses dispositions visant Ă renforcer les relations bilatĂ©rales, notamment l’octroi des mĂŞmes droits aux SĂ©nĂ©galais Ă©tablis au Maroc que les citoyens marocains et vice-versa.
Cet article Rabat : la Convention d’établissement entre le Maroc et le SĂ©nĂ©gal au centre d’un sĂ©minaire international est apparu en premier sur MAP Express.
