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Nachrichten 13 Dec 2024 7 Min. Lesezeit

Eau : La Cour des Comptes pointe les retards de réalisation et recommande une gestion intégrée des ressources

Eau : La Cour des Comptes pointe les retards de réalisation et recommande une gestion intégrée des ressources

La Cour des comptes a rendu public son rapport annuel sur ses activitĂ©s et celles des Cours rĂ©gionales des comptes pour la pĂ©riode 2023-2024. Ce rapport, publiĂ© au Bulletin officiel sous le numĂ©ro 7360 bis du 13 dĂ©cembre 2024, traite de plusieurs axes dans le cadre du suivi qu’elle effectue sur la mise en Ɠuvre des chantiers des grandes rĂ©formes.


Elle a ainsi procĂ©dĂ© Ă  une apprĂ©ciation de l’état des actions rĂ©alisĂ©es et celles en cours, et a identifiĂ© les risques pouvant entraver l’atteinte des objectifs assignĂ©s Ă  ces chantiers.


Dans le secteur de l’Eau, la Cour des Comptes s’est penchĂ©e sur les dĂ©fis liĂ©s Ă  l’accĂ©lĂ©ration de la mise en Ɠuvre des grands chantiers pour faire face aux risques du stress hydrique.


« La problĂ©matique du stress hydrique constitue un des dĂ©fis majeurs auxquels fait face notre pays, notamment avec l’accentuation des effets du changement climatique et la succession des annĂ©es de sĂ©cheresse. Pour attĂ©nuer l’impact de la crise hydrique, notamment en ce qui concerne la sĂ©curisation de l’approvisionnement en eau potable et la satisfaction des besoins des secteurs productifs, le programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027 (PNAEPI) a Ă©tĂ© lancĂ© dĂ©but 2020 », relĂšve la juridiction, notant que « le PNAEPI a dĂ©marrĂ© avec un budget global du de 115 MMDH. Afin de garantir la rĂ©alisation de l’ensemble de ses projets et l’atteinte des objectifs fixĂ©s, ce budget a Ă©tĂ© portĂ© Ă  143 MMDH, trois ans aprĂšs son lancement ».


Le Programme englobe le dĂ©veloppement de l’offre en eau Ă  travers l’accĂ©lĂ©ration de la construction des barrages, le renforcement et la sĂ©curisation de l’approvisionnement en eau potable, le dessalement de l’eau et l’interconnexion des bassins hydrauliques (83,9 MMDH), le renforcement de l’alimentation en eau potable en milieu rural (28,3 MMDH), la gestion de la demande et la valorisation de l’eau, notamment par l’économie d’eau d’irrigation et l’amĂ©lioration du rendement des rĂ©seaux d’adduction et de distribution de l’eau potable (27,5 MMDH), ainsi que la rĂ©utilisation des eaux usĂ©es traitĂ©es (3 MMDH), rappelle la Cour des comptes.


S’agissant de la construction des barrages, relĂšve le rapport, le PNAEPI prĂ©voit la construction de 21 grands barrages et 330 petits barrages, et en ce sens, avec la mise en service d’un ensemble de barrages, dont la construction a commencĂ© avant le lancement du programme, notamment les barrages Todgha (province de Tinghir), Tiddas (province de Khemisset), et Agdz (province de Zagora) et Fask (province de Guelmim), la capacitĂ© totale de stockage est passĂ©e de 18,7 milliards de mÂł en 2020 Ă  20,7 milliards de mÂł.


En outre, il est prĂ©vu, selon les donnĂ©es du ministĂšre de l’Equipement et de l’Eau, que cette capacitĂ© augmente pour atteindre 24 milliards de m3 Ă  fin 2027, soit une augmentation de 20%.


A cet Ă©gard, la Cour des Comptes relĂšve que « certains projets de grands barrages dont la rĂ©alisation avait commencĂ© avant le lancement du PNAEPI 2020-2027 ont enregistrĂ© du retard par rapport aux prĂ©visions, notamment les barrages de M’dez (province de Sefrou), Targa Ou Madi (province de Guercif), ainsi que le projet de reconstruction du barrage Sakia El Hamra (province LaĂąyoune) ».


Ce retard est dĂ» principalement aux rĂ©siliations des marchĂ©s de travaux les concernant, souligne le rapport, qui signale que de nouveaux marchĂ©s d’achĂšvement ont Ă©tĂ© lancĂ©s pour ces projets, et que le barrage de M’dez a Ă©tĂ© mis en eau en fĂ©vrier 2024 et l’achĂšvement des deux autres barrages est prĂ©vu pour 2026.


Pour ce qui est de la gestion de la demande et la valorisation de l’eau, le document rappelle que la superficie Ă©quipĂ©e en systĂšmes d’irrigation localisĂ©e a atteint environ 794.000 hectares Ă  fin 2023, reprĂ©sentant prĂšs de 50% de la superficie irriguĂ©e Ă  l’échelle nationale, contre 43% en 2020 et seulement 9% en 2008.


Toutefois, fait-il remarquer, les efforts dĂ©ployĂ©s, pour moderniser les rĂ©seaux d’irrigation collective et promouvoir l’irrigation localisĂ©e n’ont pas permis de stabiliser la demande en eau d’irrigation, sachant que le problĂšme de la surexploitation des eaux souterraines s’est aggravĂ©.


Par ailleurs, pour combler le dĂ©ficit en ressources hydriques, le dessalement des eaux de mer qui s’impose, a pour objectif de mobiliser 1,4 milliard de mÂł d’eau par an Ă  l’horizon 2027. Le nombre de stations de dessalement est passĂ© de huit stations, d’une capacitĂ© totale de production de 46 millions de mÂł par an, avant le lancement du PNAEPI, Ă  15 stations en 2024, d’une capacitĂ© totale de production Ă  192 millions de mÂł par an.


En outre, six grands projets de dessalement sont en cours de rĂ©alisation, avec une capacitĂ© totale de 438,3 millions de mÂł par an, dont la station de Casablanca d’une capacitĂ© de 300 millions de mÂł par an. Par ailleurs, le PNAEPI prĂ©voit la rĂ©utilisation de 100 millions de mÂł d’eaux usĂ©es traitĂ©es par an Ă  l’horizon 2027, sachant que ce volume a atteint environ 37 millions de mÂł en 2023, est-il encore indiquĂ©.


NĂ©anmoins, la rĂ©utilisation des eaux usĂ©es traitĂ©es reste limitĂ©e aux secteurs industriels et Ă  l’arrosage des espaces verts, alors que son usage dans l’agriculture demeure insignifiant en raison de l’absence de dispositifs institutionnels et juridiques encadrant le partage des coĂ»ts entre les gestionnaires des stations de traitement et les agriculteurs, ainsi que du manque de normes fixant la qualitĂ© des eaux usĂ©es Ă  rĂ©utiliser en agriculture.


S’agissant de l’interconnexion des bassins hydrauliques, le projet d’interconnexion des bassins de Sebou et de Bouregreg, d’un coĂ»t de 6 MMDH, a Ă©tĂ© achevĂ© et mis en service fin aoĂ»t 2023. Ce projet fait partie de la premiĂšre phase du programme d’interconnexion des bassins de Sebou, Bouregreg et Oum Er-Rbia, dont le lancement des phases suivantes est prĂ©vu en 2024.


De plus, le projet d’interconnexion des barrages Oued El Makhazine et Dar Khrofa est Ă©galement en cours d’achĂšvement, six mois aprĂšs son lancement. Ce projet, d’un coĂ»t de 840 MDH, vise Ă  sĂ©curiser les besoins en eau potable du Grand Tanger et Ă  alimenter en eau d’irrigation le pĂ©rimĂštre de Dar Khrofa, d’une superficie de 21.000 hectares.


Abordant les risques auxquels peut ĂȘtre confrontĂ©e l’atteinte des objectifs de la politique de l’eau du pays, la Cour des Compte cite « l’aggravation de la situation hydrique due Ă  une accentuation du changement climatique, le retard des projets de dessalement, de reconversion Ă  l’irrigation localisĂ©e, d’interconnexion des bassins hydrauliques, et des projets de barrages, en particulier dans les zones Ă  forte pluviomĂ©trie ».


Elle Ă©voque Ă©galement le risque liĂ© « au retard de rĂ©alisation du projet de liaison Ă©lectrique pour le transport de l’énergie renouvelable du sud du pays vers le centre et le nord afin d’alimenter les stations de dessalement en Ă©nergie propre, ainsi que la problĂ©matique de la mobilisation du financement nĂ©cessaire, et l’importance des coĂ»ts de traitement, transport et distribution des eaux usĂ©es, et du suivi de la qualitĂ© des eaux ».


Au vu de tous ces facteurs, la Cour des comptes a émis nombre de recommandations aux différents intervenants. Elle a ainsi recommandé :


au ministĂšre de l’équipement et de l’eau de renforcer la gestion intĂ©grĂ©e des ressources en eau en veillant Ă  la prĂ©servation des rĂ©serves stratĂ©giques en eaux souterraines et Ă  l’encouragement du recours aux ressources non conventionnelles, notamment le dessalement des eaux de mer, la rĂ©utilisation des eaux usĂ©es traitĂ©es et la collecte des eaux pluviales, la rĂ©duction des pertes dans les rĂ©seaux de transport et de distribution de l’eau, ainsi qu’une meilleure protection des barrages contre l’envasement, en plus de l’accĂ©lĂ©ration de rĂ©alisation des projets relatifs Ă  l’interconnexion des bassins hydrauliques.


au ministĂšre de l’économie et des finances de mobiliser les financements nĂ©cessaires pour la mise en Ɠuvre des programmes rĂ©pondant aux dĂ©fis posĂ©s.


au ministĂšre chargĂ© de l’Agriculture d’accĂ©lĂ©rer les programmes de reconversion Ă  l’irrigation localisĂ©e.


aux ministĂšres chargĂ©s de l’intĂ©rieur, de l’équipement et de l’eau, de l’agriculture, et de la transition Ă©nergĂ©tique de dĂ©velopper les synergies « Eau-Énergie-Agriculture » permettant la convergence de ces trois secteurs.


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