Errachidia – Houe Ă la main, Ali Soubane sâefforce de dĂ©sherber les adventices qui poussent dans son champ aprĂšs les pluies salvatrices qui se sont abattues ces derniers jours sur la rĂ©gion de DrĂąa-Tafilalet comme sur dâautres rĂ©gions du Royaume.
Pour Ali, ce jeune agriculteur de la commune dâAoufous (province dâErrachidia) qui cultive son champ de fĂšves entourĂ© de grands et denses palmiers-dattiers, “il est temps de labourer la terre, dâaĂ©rer le sol et dâĂ©liminer les mauvaises herbes qui entrent en concurrence avec les fĂšves”.
“AprĂšs des annĂ©es de vaches maigres, nous voilĂ gratifiĂ©s de pluies bienfaitrices qui promet dâun renouveau en termes de ressources hydriques et qui vont raviver les terres arides”, indique Ali dans une dĂ©claration Ă la MAP, notant que “cette annĂ©e est exceptionnelle aprĂšs des annĂ©es de sĂ©cheresse qui ont pratiquement assĂ©chĂ© les oueds et les seguias de la rĂ©gion”.
Le mĂȘme enthousiasme pour le labour du sol est Ă©prouvĂ© par El Ayachi Belhahj, un agriculteur de Zaouit Amelkis qui a mis en avant lâimpact positif des rĂ©centes pluies sur le rendement des filiĂšres phoenicicole et olĂ©icole en sus de la promotion des cultures vivriĂšres.
” Les pluies providentielles enregistrĂ©es cette annĂ©e devront Ă©galement attĂ©nuer lâimpact des incendies auxquels font face les oasis, Ă©tant donnĂ© que la sĂ©cheresse contribue Ă lâexacerbation de ce phĂ©nomĂšne qui sâaccentue en raison des feuilles sĂšches des palmiers-dattiers “, a-t-il expliquĂ©.
Par ailleurs, Belhahj a soulignĂ© lâimportance de lâaction associative dans la prĂ©servation et la bonne gestion des ressources en eau au niveau des oasis. Ce trentenaire a mis en exergue les efforts consentis par lâAssociation Amelkis des utilisateurs de lâeau Ă usage agricole, en matiĂšre dâentretien et dâamĂ©nagement des seguias afin quâelles soient constamment fonctionnelles, et ce en coopĂ©ration avec la commune dâAoufous, l’Agence Nationale pour le DĂ©veloppement des Oasis et des Arganiers (ANDZOA) ou encore la Direction rĂ©gionale de lâagriculture de DrĂąa-Tafilalet.
A la faveur des rĂ©centes prĂ©cipitations, lâoued Ziz qui serpente les champs a visiblement redonnĂ© vie aux oasis dâOuled Chaker, situĂ©es Ă une trentaine de kilomĂštres de la ville dâErrachidia, donnant du baume au cĆur aux agriculteurs qui se sont dĂ©menĂ©s Ă travailler le sol.
Quoique plusieurs barrages de la rĂ©gion nâaient pas encore atteint les taux de remplissage tant espĂ©rĂ©s, toutefois les pluies ont suscitĂ© joie et optimisme chez la population.
Selon lâAgence du bassin hydraulique de Guir-Ziz-Rheris (ABHGZR), le taux de remplissage des barrages relevant de lâABHGZR sâĂ©tablit Ă 53% Ă la date du 11 mars courant, contre 19% Ă la mĂȘme date de lâannĂ©e Ă©coulĂ©e.
“Le volume stockĂ© dans la retenue du barrage Hassan Addakhil s’est Ă©levĂ© Ă 205,54 millions de m3, soit un taux de remplissage de 65,7%, suivi du barrage de Kadoussa avec une retenue de 79,6 millions de m3 et un taux de remplissage de 35,53%”, prĂ©cise la responsable du service de lâĂ©valuation et planification des ressources en eau Ă lâABHGZR, Souad Boumeshoul.
Ces pluies ont eu un impact positif en termes d’amĂ©lioration des rĂ©serves dâeau et dâapprovisionnement en eau potable et en eau Ă usage agricole, a-t-elle fait savoir.
En effet, les pluies ont eu un impact sur les retenues des barrages de la rĂ©gion mais aussi sur les sources dâeau naturelles Ă lâinstar de la fameuse Ain Meski (source bleue) qui commençait Ă rejaillir aprĂšs avoir Ă©tĂ© Ă sec pour plus de trois ans.
Locaux comme visiteurs espĂšrent une nouvelle vie Ă cet espace touristique prisĂ© qui formait auparavant une source d’irrigation de l’Ă©cosystĂšme oasien et un cadre idĂ©al pour passer des moments agrĂ©ables et rafraĂźchissants sous lâombre des palmiers.
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