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Essaouira (auf Arabisch: Ű§Ù„Ű”ÙˆÙŠŰ±Ű©, Transkription: Al-Suwayra, „die gut Gezeichnete“) ist eine Hafenstadt in Marokko an...

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Nachrichten 21 May 2012 4 min read

L’embouchure d’Oued L’ksob transformĂ©e en Ă©gout Ă  ciel ouvert

L’embouchure d’Oued L’ksob transformĂ©e en Ă©gout Ă  ciel ouvert

Visiblement, Essaouira ne cesse de collectionner les crimes Ă©cologiques. D’abord, on avait massacrĂ© la forĂȘt, dĂ©stabilisĂ© l’écosystĂšme de Mogador et causĂ© l’ensablement d’une grande partie de la ville. Puis, on a commencĂ© Ă  raser les dunes phĂ©nomĂ©nales qui recĂšlent une biodiversitĂ© singuliĂšre pour cĂ©der la place au ciment et au bĂ©ton, et ainsi sacrifier plusieurs dizaines d’annĂ©es d’efforts fournis par les ingĂ©nieurs et les agents du service des eaux et forĂȘts qui ont procĂ©dĂ© Ă  la fixation de dunes grĂące Ă  la technique de branchage qui a permis la stabilisation d’une zone dunaire constituant une ceinture de sĂ©curitĂ© assurant la pĂ©rennitĂ© d’une civilisation menacĂ©e par la dĂ©sertification. Aujourd’hui encore, nous assistons Ă  un nouveau scandale, une horreur mĂȘme : l’embouchure d’Oued L’ksob, patrimoine Ă©cologique rĂ©pertoriĂ© Ramsar, s’est transformĂ©e en Ă©gout Ă  ciel ouvert et dĂ©charge des gravats.

« C’est scandaleux, les eaux polluĂ©es provenant d’El Ghazoua se dĂ©versent sur l’embouchure d’Oued L’ksob, alors qu’il y a des jeunes et des enfants qui y passent plusieurs heures, et des familles qui en dĂ©pendent encore !», s’indigne un rĂ©sidant français.

Les images parlent d’elles-mĂȘmes, un nouveau crime Ă©cologique est en train de se produire sur un site censĂ© jouir d’un intĂ©rĂȘt spĂ©cial de la part des dĂ©cideurs et des acteurs locaux.

Mais d’oĂč proviennent les eaux usĂ©es ?

Au niveau des services municipaux, on soupçonne le projet immobilier Essaouira-El Jadida d’en ĂȘtre le responsable vu qu’il n’est pas encore branchĂ© au rĂ©seau public d’assainissement liquide. D’aprĂšs la version de ces derniers, une fois les fosses septiques saturĂ©es, on commence Ă  dĂ©gager les eaux polluĂ©es vers l’embouchure d’Oued L’ksob.

« C’est un problĂšme qui remonte Ă  deux ans maintenant, on avait Ă©laborĂ© un rapport dĂ©taillĂ© dĂ©finissant les responsabilitĂ©s. Chaabi Lil Iskane s’était engagĂ©e Ă  stopper le dĂ©versement des eaux usĂ©es vers l’Oued tout en entamant les travaux de rĂ©alisation d’une station d’épuration au niveau d’Essaouira-El Jadida. Malheureusement, cela reprend encore une fois ! », nous a affirmĂ© une source concordante.

ContactĂ©e par « LibĂ© », Chaabi Lil Iskane a dĂ©menti ces propos qu’elle considĂšre infondĂ©s. Selon la version de l’opĂ©rateur immobilier, l’assainissement liquide au niveau d’Essaouira-El Jadida fonctionne normalement par le biais de deux fosses septiques qui ne souffrent d’aucune fuite, et sont sous le contrĂŽle de l’Office national de l’eau potable. Ce problĂšme, prĂ©cise un responsable reprĂ©sentant l’opĂ©rateur, devait ĂȘtre dĂ©battu lors de deux rĂ©unions organisĂ©es par le caid d’El Ghazoua, auxquelles Chaabi Lil Iskane avait rĂ©pondu prĂ©sente, tandis que d’autres intervenants avaient brillĂ© par leur absence. D’autre part, l’opĂ©rateur assure que les travaux de rĂ©alisation de la station d’épuration ont Ă©tĂ© dĂ©jĂ  entamĂ©s pour rĂ©soudre dĂ©finitivement ce problĂšme. Une information confirmĂ©e par les autoritĂ©s locales qui assurent que les travaux ont dĂ©jĂ  atteint un kilomĂštre de forage, tout en assurant qu’une commission multipartite effectuera une visite sur les lieux, la semaine prochaine, pour dĂ©finir l’origine du problĂšme. Outre ce problĂšme, nous avons soulevĂ© une autre pratique aussi scandaleuse : des centaines de tonnes de gravats dĂ©chargĂ©s sur les bordures de l’Oued dĂ©molissant ainsi toute une biodiversitĂ©, et portant atteinte Ă  un paysage naturel extraordinaire. ContactĂ©es par « LibĂ© », les autoritĂ©s locales ont affirmĂ© qu’il s’agit d’une pratique perpĂ©trĂ©e la nuit par les chauffeurs des camions qui choisissent cette zone pour des raisons de proximitĂ©, alors qu’il y a une dĂ©charge de gravats autorisĂ©e et gĂ©rĂ©e dans les normes au niveau du Douar Laareb. Elles affirment que leurs efforts n’ont pas encore permis l’éradication de cette pratique illĂ©gale qui nĂ©cessite la mobilisation de moyens humains et logistiques jour et nuit. Sur la route reliant Essaouira Ă  Ghazoua, on peut lire des panneaux incitant les citoyens Ă  s’abstenir Ă  dĂ©charger leurs gravats sur la forĂȘt ou l’embouchure de l’Oued, un moyen de sensibilisation qui est loin d’apporter ses fruits puisque cette image de dĂ©solation est concrĂ©tisĂ©e au quotidien par des camionneurs cupides et sans scrupule. Que deviendra Essaouira aprĂšs vingt ans si on continue Ă  traiter son patrimoine de cette maniĂšre ? Aucun aspect de son hĂ©ritage n’est actuellement Ă©pargnĂ©, y compris le patrimoine architectural massacrĂ© au quotidien par les siens !

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