La ville ne cesse d'évoluer tout en gardant son cachet authentique.
Des ruelles fleuries, des jardins bien entretenus, de belles fresques murales, un bleu reflĂ©tant le bonheur et la paix, une ambiance paisible. Nous sommes bien Ă Asilah, la charmante ville balnĂ©aire qui invite Ă la dĂ©tente et la dĂ©ambulation. Cette citĂ© du Nord a su prĂ©server son cachet authentique. Les ruelles Ă©troites de son ancienne mĂ©dina rappellent la beautĂ© des Ăźles mĂ©diterranĂ©ennes. On sây laisse facilement emporter par le bleu «nila» des murs, des portes et des fenĂȘtres, mais aussi par les mystĂšres de ses dĂ©dales. Que lâon vienne pour la premiĂšre ou pour la niĂšme fois, on ne se lasse jamais de la promenade dans la Casbah et dans les allĂ©es menant à «Bab El Bhar» (la porte de la mer) ou aux remparts portugais, dâoĂč on peut contempler lâocĂ©an bleu. On peut Ă©galement admirer les barques de pĂȘche mouillant dans le port traditionnel. MalgrĂ© ses modestes dimensions par rapport Ă dâautres villes du Royaume, Asilah est chargĂ©e dâhistoire. Colonie des Carthaginois, elle fut baptisĂ©e Zilis. Durant les guerres puniques, la population prit le parti de Carthage.
AprĂšs leur victoire, les Romains dĂ©portĂšrent les habitants en Espagne et repeuplĂšrent la ville avec des IbĂšres. Ce fut le dĂ©but dâune longue histoire commune entre Asilah et lâEspagne, ponctuĂ©e de nombreuses batailles. En 1471, elle tomba entre les mains des Portugais, auxquels la MĂ©dina doit ses remparts actuels. La ville revient ensuite sous contrĂŽle espagnol. Asilah fut conquise plus tard par les Marocains, puis reprise par les Espagnols et de nouveau par Moulay IsmaĂŻl en 1691. Cette histoire tumultueuse a fait dâAsilah une ville singuliĂšre. De mĂȘme, lâhospitalitĂ©, la spontanĂ©itĂ© et la simplicitĂ© de ses habitants en font une destination exceptionnelle. «La population locale est formĂ©e principalement de gens simples qui ne font pas beaucoup de voyages, mais ont un savoir-vivre et manifestent une tolĂ©rance envers les autres», nous confie une jeune Zaylachi. MalgrĂ© leur ouverture dâesprit, leur sens du partage et leur amour pour les veillĂ©es nocturnes, les habitants dâAsilah ont su sauvegarder leurs traditions.
Comme un orchestre, on les voit se prĂ©parer pour les fĂȘtes religieuses, les mariages ou les soirĂ©es. Aucune fausse note ne vient perturber l'Ă©quilibre de cette ville. Tout est accordĂ©, en parfaite harmonie, mĂȘme en Ă©tĂ©, quand les touristes affluent en masse. MalgrĂ© son attachement aux traditions, Asilah a beaucoup Ă©voluĂ© au fil des annĂ©es. Selon Mohamed BenaĂŻssa, prĂ©sident du conseil municipal local, la ville regorgeait dâordures dans les annĂ©es 70. Elle manquait des infrastructures et des services les plus basiques, comme une pharmacie. GrĂące au conseil municipal et Ă la fondation du Forum dâAsilah, initiatrice du Moussem culturel international dâAsilah, la ville sâest transformĂ©e en un havre de paix et est aujourd'hui bien Ă©quipĂ©e. Les Ă©lus et la fondation travaillent en Ă©troite collaboration pour mettre en place de nouveaux projets comme le Centre Hassan II, la bibliothĂšque Bandar, lâĂcole des beaux-arts, le musĂ©e en construction, la gare routiĂšre, lâhabitat social⊠Ils ont misĂ© sur lâart pour mettre Ă niveau leur ville. «Lâart et la culture pour le dĂ©veloppement» est le slogan du Moussem. Il faut dire que les habitants de cette belle citĂ© ont un sens artistique trĂšs dĂ©veloppĂ©. Leurs enfants suivent gratuitement des cours de musique et dâart plastique. La ville mise aussi sur ses petits pour ancrer sa vision du progrĂšs.
Selon Mohamed BenaĂŻssa, la sensibilisation des enfants a permis de sauvegarder les fresques murales faites par de grands artistes et de mettre fin aux ruelles polluĂ©es. Actuellement, la municipalitĂ© dâAsilah cofinance avec la Fondation le nettoyage de la ville. Les deux partenaires Ćuvrent Ă©galement pour amĂ©liorer lâĂ©tat des routes, de lâĂ©clairage, du raccordement au rĂ©seau d'eau potable⊠Une zone industrielle est en construction en partenariat entre la municipalitĂ© et lâAgence de dĂ©veloppement du Nord. On refait aussi le port en partenariat avec lâAgence nationale des ports. «La ville a beaucoup changĂ©. Jâai remarquĂ© que mĂȘme des boutiques dĂ©diĂ©es auparavant aux produits importĂ©s dâEspagne sont reconverties en commerce interne», nous confie un fidĂšle touriste casablancais. En effet, Asilah connait un grand changement, mais celui-ci n'altĂšre pas pour autant son cachet original.

