Des ateliers ont été organisés à la Faculté des sciences Ben M’sik pour discuter des problèmes que rencontre la capitale économique en matière d’environnement et les solutions à adopter.

Des universitaires et des acteurs de la société civile qui œuvrent dans le domaine de l'environnement se sont réunis récemment dans le cadre de la deuxième Rencontre Environnement et Développement durable dans la région du Grand Casablanca (Casa REDD-2), afin de dégager l'apport de l'université et des associations pour améliorer la situation environnementale au niveau de la région. Organisé par l'association Maroc Sciences et Développement durable (MS2D), le réseau Casa Environnement et la Faculté des sciences Ben M'sik, Casablanca, cet évènement a traité en ateliers la formation de formateurs dans le domaine de l'environnement, la propreté et espaces verts et le développement durable du littoral, des zones industrielles et urbaines. Les participants ont ainsi mis le point sur les problèmes que rencontre la capitale économique en matière d'environnement, mais aussi sur les solutions à adopter. Face à la dégradation des jardins publics casablancais, ils proposent la création d'une Brigade verte pour constater, verbaliser et entamer des poursuites judiciaires contre toute atteinte à l'environnement, avec un numéro d'appel vert pour les alerter et signaler les infractions. Des compétitions de «Meilleure rue fleurie», «Meilleur quartier fleuri», «Meilleur espace vert»… pourraient aussi encourager les Casablancais à respecter davantage la nature. Selon les spécialistes en environnement participants à Casa REDD-2, inciter à rendre nos rues plus vertes, ainsi que nos maisons, les entrées des habitations, les magasins, les terrasses, les balcons et les terrains vagues ainsi que l'installation des plantes murales permet d'améliorer la qualité de vie en ville. Grosso modo, il faudrait un développement de l'agriculture urbaine et périurbaine dans le Grand Casablanca. Et c'est aux associations civiles d'encourager les riverains à adopter ces gestes citoyens. Néanmoins, ces derniers devraient être formés pour le faire. Dans ce cadre, Casa REDD-2 recommande l'intégration et la valorisation du travail associatif dans le système éducatif marocain, du plus jeune âge jusqu'à l'université. L'éducation à l'environnement pourrait être introduite dans les cursus scolaires en particulier dans les modules d'entrepreneuriat. Pour les associations existantes, on propose de les accompagner pour participer aux appels d'offres relatifs à l'aménagement de l'espace et à l'environnement. «Les associations, notamment les plus petites, ne sont pas outillées pour participer dans de grands projets. Pourtant, elles regorgent de capacités humaines créatives et qui ne demandent qu'à œuvrer pour le bien de leur entourage», nous explique un spécialiste dans la formation des acteurs associatifs. Et d'ajouter que même si certaines initiatives émanant de la société civile peuvent être décisives pour l'amélioration de la qualité de vie, l'implication de l'État est nécessaire. Même son de cloche auprès des organisateurs et participants à Casa REDD-2. Ces derniers recommandent l'intégration des préoccupations environnementales dans les décisions économiques et politiques pour un développement durable à Casablanca. Cette donne permettra de respecter un minimum d'espace vert pour toute autorisation de construction délivrée par les autorités compétentes et de donner des subventions pour encourager la production des énergies renouvelables. Une sensibilisation des décideurs, citoyens et acteurs associatifs permettra, par ailleurs, de réserver et développer le patrimoine vert existant, mais aussi de limiter l'urbanisation galopante.




Casa Environnement



La première Rencontre Environnement et Développement durable dans la région du Grand Casablanca a eu lieu le 14 février 2012 et a été couronnée par la publication des recommandations sous forme de «Feuille verte environnementale de Casablanca».

À la suite de cette rencontre, une synergie entre différentes associations régionales a vu le jour et a abouti à la création, en avril 2012, du Réseau des associations de Casablanca pour l’environnement et le développement durable (Casa Environnement). Selon ce réseau, la formation, la sensibilisation et l’action sur le terrain sont les piliers d’un avenir environnemental prometteur de la région du Grand Casablanca : «L’environnement et le développement durable représentent une préoccupation majeure du 21e siècle et l’université doit jouer un rôle primordial dans la diffusion du savoir et de la formation».

Repères



-* Autres recommandations :

-* Implication des universitaires pour participer aux formations des acteurs associatifs.

-* Création de parcs d’attractions avec des activités dédiées au respect de l’environnement.

-* Développement du tri sélectif et du recyclage.

-* Installation et entretien de toilettes publiques dans toute la ville.

-* Aide financière pour incitation à la consommation collective ou individuelle d’énergie propre.