Le Centre culturel de Tétouan, relevant du ministère de la Culture, offre à voir, jusqu'au 20 septembre, une prestation exceptionnelle réunissant des toiles de peinture, des cartes, des livres et documents rares autour de la Guerre de Tétouan (1859-1860).

Cette exposition, organisée par la Fondation Sidi M’chich Alami en collaboration avec l’association Tittaouen Asmir et le Centre culturel de Tétouan, fut inaugurée par le Dr Mustapha Mechiche Alami, en présence de plusieurs personnalités de la ville de Tétouan, du célèbre artiste Ahmed Benyessef et d’un nombreux public venu apprécier des œuvres de peinture inédites. Celles-ci ont été réalisées par l’artiste-peintre italienne Milly Corica qui, après plusieurs rencontres et réunions avec le président de la Fondation Sidi M’chich Alami, a pu représenter des scènes de batailles qui ont eu lieu à Tétouan et ses régions. Un souhait que le Dr M'chich Alami voit s’accomplir à travers ces fresques qui racontent bien des histoires. Ce dernier avait déjà entamé un travail d’investigation il y a plusieurs années en se procurant tout ce qui a trait à cette guerre, notamment une peinture qui date de 1863 signé Fernando de la Torré, des cartes, des documents anciens et des livres en arabe et en espagnol et aussi des plans de guerre qu’il a pu avoir du ministère de la Défense espagnol. Puis, en sollicitant des peintres qualifiés pour traduire cette histoire en peinture.

«C’est une démarche qui fait appel à la peinture pour écrire l’histoire du Maroc. Ce sont des batailles qui mettent en relief la lutte des Marocains contre l’occupation. L’idée est de faire connaitre notre histoire aussi bien aux Marocains qu’aux touristes qui viennent visiter notre pays. Sachant que la peinture est le moyen le plus simple pour atteindre tout le monde, même un analphabète qui ne sait pas lire, ou encore celui qui ne connait pas notre langue et qui peut, à travers l’image, s’instruire et en savoir plus sur cette époque de notre histoire. C’est un projet qui peut donner lieu à beaucoup de débouchées pour nos artistes. D'autant plus qu’il n’y a pas beaucoup de peintres qui ont travaillé sur ces sujets. On trouve bien des peintures sur des sites et monuments historiques du Maroc. Mais pas des scènes en mouvement, comme les batailles», souligne le docteur Mustapha M'chich Alami. Son but est de présenter cette exposition dans plusieurs villes du Royaume (dont la prochaine étape sera la ville de Fès à partir du 27 septembre), afin de faire découvrir notre histoire aux jeunes générations qui la méconnaissent. Il faut dire, aussi, que cette nouvelle expérience nécessite beaucoup de recherches et d’investigations avant de se lancer dans l’histoire d’une quelconque époque.

«On doit être très vigilants vis-à-vis des costumes, des couleurs et des morphologies. C’est tout un travail d’historien, car cette toile devient un document très important et une référence sur l'époque. Et là, je tiens à féliciter le docteur M'chich qui est derrière cette initiative très louable pour la sauvegarde de notre mémoire», témoigne l’artiste-peintre Ahmed Benyessef.

Pour cette exposition sur la Guerre de Tétouan, le pari a été réussi par l’artiste Milly Corica qui a fait un travail délicat et minutieux. «J’ai commencé par faire des esquisses pour étudier les plus fins détails, comme la position du cheval et du chevalier, la morphologie des visages… pour être plus proche de la réalité et pouvoir peindre une vraie bataille. Puis, c’est après une longue réflexion que je me lance directement sur le tableau final où d’autres idées viennent l’enrichir, tout en respectant les données historiques», explique l’Italienne Milly Corica.

Ce projet alliant l’art à l’histoire constitue, en effet, une démarche très positive, sachant que la toile est un moyen d’expression très efficace qui permet de véhiculer l’information plus facilement et aussi de contribuer à la préservation de la mémoire historique de notre pays.