- L’Association espace sciences et vie (AESV) a diligenté une nouvelle Caravane médicale, le 10 novembre à Immouzer Marmoucha, au profit de 1 350 personnes. - L’appui des autorités locales et du ministère de la Santé s’impose cependant pour le suivi des prises en charge des maladies chroniques.

Animé par des valeurs de respect des autres et de solidarité, l'Association espace sciences et vie (AESV) a diligenté une nouvelle Caravane médicale, le 10 novembre, à Immouzer Marmoucha au profit de 1 350 personnes. Et ce, avec l'appui d'un pool de médecins spécialistes, de la délégation de la Santé de la province de Boulemane, l'association locale «tous pour le développement de Marmoucha», le croissant rouge marocain, la section Sefrou de l'association Nour pour le soutien aux malvoyants. «Cette action a coïncidé avec la célébration des journées internationales sur le diabète. Ainsi, sur les 1 350 prestations dispensées dans le cadre de cette Caravane médicale, 550 sont consacrées au dépistage du diabète, à l'hypertension artérielle, et aux maladies rénales, 350 consultations sont spécialisées et 450 consultations sont de nature ophtalmologique, dont 74 cataractes à programmer ultérieurement. Tous les patients ont par ailleurs bénéficié de médicaments pour une durée de deux mois», explique Dr Badia Lyoussi, présidente de l'Association espace sciences et vie. Elle ajoute que la caravane fut une réussite, car elle a permis d'apporter de l'aide médicale à une population pauvre et aussi de la sensibiliser sur des maladies chroniques telles que le diabète et l'hypertension artérielle.

Ce type d'action humanitaire salutaire a toutefois besoin de plus d'appui de la part des autorités locales et du ministère de la Santé pour subvenir aux besoins des populations des villages éloignés et enclavés du pays. À ce titre, le professeur Abdelfettah Touzani, secrétaire général de AESV, indique que partant des différentes actions et caravanes médicales pilotées par l'association, notamment au niveau des localités de Guigou, Laanoucer, Oulmès, Beni Mellal, Bir Tamtam, Ribat al Khayr et d'autres localités enclavées, il s'avère important d'assurer une prise en charge permanente des maladies chroniques au niveau des régions et des communes enclavées et montagneuses aussi bien par le ministère de la Santé que par les autorités locales et les conseils régionaux. «Les différentes consultations menées dans le cadre des caravanes médicales permettent aux patients pauvres et vivants des localités enclavés de découvrir pour la première fois des maladies souvent chroniques. Nous leur fournissons les premiers médicaments d'une durée de 2 mois au maximum. Mais nous ne pouvons pas assurer le suivi de ces malades. De fait, leur vie demeure en danger. On ferait mieux sans doute avec l'établissement d'un cahier de charge au préalable avant toute action menée ultérieurement pour s'assurer du suivi des malades», ajoute-t-il.




Questions a : Pr Abdelmjid Chraibi, chef du service d'endocrinologie, diabétologie et nutrition à l'Hôpital Avicenne à Rabat.



«Les médicaments doivent être disponibles pour les traitements à vie»



Vous avez piloté avec d'autres médecins et bénévoles la caravane médicale à Immouzer Marmoucha qui a bénéficié à plus de mille personnes. Comment s'est déroulée cette action ?



La période de la Caravane a coïncidé avec l'approche de la journée mondiale du diabète, célébrée le 14 novembre ; elle a aussi coïncidé avec la semaine de solidarité, et elle s'est dans l'ensemble bien déroulée. Nous avons eu un afflux important de patients très tôt le matin. Ce qui a posé des problèmes d'organisation, mais nous avons pu maîtriser la situation par la suite.

Est-ce que vous avez eu l'appui des autorités locales ?



Absolument et de manière substantielle. Le même appui a été observé de la part de l'Association «tous pour le développement de Marmoucha» ainsi que l'appui des élus et sans oublier surtout le soutien du ministre de l'Intérieur.

Les caravanes sont organisées pour une période déterminée de quelques jours. Est-ce qu'il est prévu un suivi des patients ?



C'est le problème de toutes les caravanes que nous avons organisées et que nous avons pilotées. En en effet, nous créons, à travers ce type d'action, un besoin dans la mesure ou nous diagnostiquons des maladies et nous mettons des médicaments à la disposition des patients pour quelques semaines ou quelques mois. Ces patients peuvent être déjà porteurs d'une maladie donnée, mais ils peuvent aussi découvrir pour la première fois leurs maladies lors de la caravane. Les diagnostics permettent de découvrir qu'ils souffrent par exemple de diabète ou de l'hypertension et ce sont des maladies qui nécessitent un traitement à vie. Nous leur donnons souvent leurs premiers médicaments pendant la période de la caravane et ils peuvent les utiliser pendant quelques semaines ou mois, mais nous ne pouvons pas souvent assurer le suivi.

Quelles sont vos recommandations pour assurer



la réussite des caravanes médicales et leur pérennité ?



Nous avons proposé aux autorités, aux élus et à la délégation médicale de conjuguer leurs efforts pour assurer l'approvisionnement des patients en médicaments et nous avons proposé un suivi tous les 3 ou 4 mois par les médecins du service d'endocrinologie et diabétologie de Rabat. Cela semble difficile à atteindre avec le manque de moyens au niveau des régions notamment éloignées et du fait que les médicaments doivent être disponibles pour un traitement à vie.