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Zagora (in arabo: ŰČŰ§ÙƒÙˆŰ±Ű©) Ăš una cittĂ  del Marocco. Si trova nella regione di DrĂąa-Tafilalet (precedentemente...

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Notizia 27 Nov 2024 7 min di lettura

RECIT D'UN LIEU. Zagora : Domaine expĂ©rimental du palmier dattier l’INRA

RECIT D'UN LIEU. Zagora : Domaine expĂ©rimental du palmier dattier l’INRA
« De ces maisons
Il n’est restĂ©
Que quelques Moignons de murs
De tant d’hommes
Selon mon cƓur
Il n’est pas mĂȘme
Autant resté
Mais dans le cƓur
Aucune croix ne manque
C’est mon cƓur
Le pays le plus ravagé. »

C’est en ces termes qu’en 1916, le poĂšte italien Giuseppe Ungaretti pose son regard effarĂ© sur des lieux ravagĂ©s par la guerre sans savoir vraiment s’il est possible de dresser une frontiĂšre entre l’ñme d’un lieu et la conscience de celui qui l’habite.

Il me semble Ă©vident que la bi-dimensionnalitĂ© gĂ©ographique n’a aucune chance de satisfaire une quelconque tentative de dĂ©finition. Sans doute, faut-il y adjoindre des notions telles l’Histoire, la mĂ©moire, les racines, l’appartenance ou encore l’appropriation pour donner plus de consistance Ă  cette notion de «lieu». Parfois mĂȘme, une dimension mĂ©taphysique voire spirituelle vient transcender un lieu pour le dĂ©faire de sa condition matĂ©rielle et l’élever au rang du sacrĂ©.

Nabche : Il était une fois un lieu -pépiniÚre pour palmier dattier : recherche et innovation
Créée en 1964 par l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) du Maroc, la station du «Domaine expĂ©rimental de Zagora (DEZ)» occupe une place de choix dans l’histoire et le dĂ©veloppement agricole de la rĂ©gion de DrĂąa-Tafilalet. SituĂ© au cƓur de Zagora, sur une superficie de plus de 40 hectares, ce centre de recherche agronomique est bien plus qu'un simple lieu de science. Il incarne une mĂ©moire vivante, un tĂ©moignage de l’engagement de plusieurs gĂ©nĂ©rations d’agronomes, de scientifiques et de techniciens dĂ©vouĂ©s Ă  relever les dĂ©fis complexes des zones arides et semi-arides.
En tant que pĂŽle d'excellence pour la recherche et l’innovation, le DEZ a pour vocation principale de mener des recherches scientifiques et techniques dans le domaine de l'agriculture, adaptĂ©es aux conditions climatiques particuliĂšrement rudes de cette rĂ©gion dĂ©sertique. Au fil des dĂ©cennies, il a su dĂ©velopper des technologies et des pratiques agricoles novatrices, afin de rĂ©pondre aux besoins des agriculteurs locaux, tout en tenant compte des spĂ©cificitĂ©s pĂ©dologiques du sol et des ressources en eau limitĂ©es.
L’ambition de ce domaine expĂ©rimental ne s’arrĂȘte pas aux frontiĂšres de la recherche. Il s’engage Ă©galement activement Ă  amĂ©liorer la productivitĂ© et la durabilitĂ© de l'agriculture dans la rĂ©gion, contribuant ainsi au dĂ©veloppement rural et Ă  la sĂ©curitĂ© alimentaire. Ses travaux ont permis d’introduire des mĂ©thodes de culture rĂ©silientes et respectueuses de l’environnement, tout en favorisant une gestion intĂ©grĂ©e des ressources naturelles, essentielle pour le dĂ©veloppement des oasis et des zones arides environnantes.

Nabche : Autrefois un lieu idoine et paradis des chercheurs agronomes, aujourd’hui il s’acharne Ă  Ă©chapper Ă  ses conditions mortelles

Autrefois un havre de paix et de dĂ©couvertes pour les chercheurs agronomes, le site de Nabche s’emploie aujourd’hui Ă  rĂ©sister aux dĂ©fis environnementaux et aux menaces qui pĂšsent sur sa pĂ©rennitĂ©. Pourtant, ce lieu reste gravĂ© dans l’histoire de l’agriculture marocaine, notamment pour son rĂŽle crucial dans la lutte contre le bayoud, une maladie dĂ©vastatrice qui a dĂ©cimĂ© des milliers de palmiers dattiers au fil des dĂ©cennies.

C'est en ce lieu que, en 1975, fut plantĂ© le premier pied mĂšre de la variĂ©tĂ© de palmier dattier « Najda », reconnu pour sa remarquable rĂ©sistance au bayoud. Cette avancĂ©e marquante fut le fruit de nombreuses annĂ©es de recherche, d’observation et d’efforts collectifs des agronomes. AprĂšs une dĂ©cennie d’investigations intensives, en 1985, les premiĂšres souches de cette variĂ©tĂ© furent transfĂ©rĂ©es aux laboratoires pour un processus de multiplication in vitro, une technologie innovante pour l’époque.

Trois ans plus tard, en 1988, les premiers vitro-plants issus de cette technique furent mis à disposition des agriculteurs des différentes oasis du Maroc, permettant ainsi de limiter la propagation du bayoud et de restaurer les palmeraies affectées. La diffusion de la variété «Najda» marqua un tournant dans la préservation des oasis marocaines, constituant un espoir renouvelé pour les régions durement touchées par cette maladie.

Centre de recherche : Entre déclin et espoir de renouveau

DotĂ© d’une infrastructure moderne, ce centre disposait d’une variĂ©tĂ© d’équipements dĂ©diĂ©s Ă  la recherche et Ă  la formation, comprenant des champs expĂ©rimentaux, un centre technique interprofessionnel pour la phoeniciculture, des laboratoires, une pĂ©piniĂšre, et des Ă©quipements de pointe. Il n'Ă©tait pas seulement un lieu de recherche, mais Ă©galement un centre de formation pour les agriculteurs, Ă©leveurs et techniciens locaux, jouant un rĂŽle clĂ© dans l’amĂ©lioration des pratiques agricoles dans cette rĂ©gion aride.

Centre de recherche en déclin

Cependant, ce qui fut autrefois un centre dynamique et prometteur se trouve aujourd'hui dans un Ă©tat de lĂ©thargie inquiĂ©tant. Les activitĂ©s de recherche ont Ă©tĂ© interrompues, laissant place Ă  une absence totale de publications scientifiques rĂ©centes, un signe alarmant de son dĂ©clin. Les infrastructures, jadis robustes et bien entretenues, subissent dĂ©sormais une dĂ©gradation accĂ©lĂ©rĂ©e en l’absence d’entretien, rendant les Ă©quipements de plus en plus inutilisables.

Ce dĂ©clin s'accompagne Ă©galement d'un exode des talents : les chercheurs et techniciens qualifiĂ©s, qui constituaient le cƓur du centre, ont quittĂ© leurs postes, privant ainsi le DEZ de compĂ©tences cruciales. L'Ăąme mĂȘme de cette institution semble s'effacer, avec le risque que ses Ă©quipements, pourtant d’une valeur de plus de 10,5 millions de dirhams, deviennent irrĂ©mĂ©diablement obsolĂštes.

Manque de coordination et de ressources

Le non-fonctionnement du DEZ pourrait ĂȘtre le fruit de plusieurs facteurs interdĂ©pendants. En premier lieu, un manque criant de coordination et de collaboration entre les diffĂ©rentes institutions et acteurs du dĂ©veloppement agricole – tels que l'ONCA, l'ORMVAO, l’ANDZOA ou encore l’ONSSA – pourrait contribuer Ă  l'isolement du centre. De plus, l’absence de partenariats solides avec d'autres institutions de recherche nationales, comme l’IAV, l’UniversitĂ© Mohammed VI Polytechnique, ou encore l’ENAM, pourrait priver le DEZ des synergies indispensables Ă  son bon fonctionnement.

Sur le plan financier, le centre souffre Ă©galement d’un manque chronique de ressources, freinant ses activitĂ©s de recherche et l’entretien de ses infrastructures. Cette pĂ©nurie budgĂ©taire est exacerbĂ©e par un dĂ©ficit de personnel qualifiĂ©, rĂ©sultat de l’absence de recrutements dans des domaines clĂ©s tels que la recherche sur le palmier dattier, un secteur pourtant stratĂ©gique pour la rĂ©gion.

Appel au renouveau

Face Ă  cette situation prĂ©occupante, il devient urgent de rĂ©flĂ©chir Ă  des solutions concrĂštes pour revitaliser ce centre. Redonner vie Ă  cette institution signifie non seulement restaurer ses infrastructures et relancer ses activitĂ©s de recherche, mais aussi renforcer les partenariats avec les autres acteurs du secteur agricole et garantir un financement durable. Il est impĂ©ratif de valoriser l’énorme potentiel de ce centre, qui fut autrefois un pilier de l’agriculture oasienne, et d’éviter que des annĂ©es d’investissements et d’expertise ne soient dĂ©finitivement perdues.
AprĂšs tout, un «lieu» a toujours quelque chose Ă  voir avec une mĂ©moire. C’est peut-ĂȘtre pour cela qu’il est si difficile de dresser une frontiĂšre entre l’identitĂ© d’un lieu et celle de ceux qui l’animent. Le non-fonctionnement de ce centre n’est pas une fatalitĂ©. C’est un dĂ©fi majeur pour l'INRA afin de baliser et niveler tout ce qui compromet ses objectifs de recherche agronomique dans la rĂ©gion semi-aride. La situation du DEZ est prĂ©occupante, mais il n’est pas encore au stade de la mort clinique pour pallier ces dysfonctionnements sous-jacents. Il a toutes les cartes en main pour redevenir un acteur clĂ© dans la lutte contre les dĂ©fis climatiques et agronomiques de la rĂ©gion. Mais pour cela, il est crucial d’agir vite.

Par Dr Mustapha Faouzi
Sociologue, aménagiste/urbaniste.

Questo articolo Ăš riportato come estratto. La versione integrale Ăš pubblicata dalla testata di origine.

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