Le secteur de la pĂȘche artisanale sur la cĂŽte mĂ©diterranĂ©enne du Maroc offre de nombreuses opportunitĂ©s mais est Ă©galement menacĂ© par plusieurs pressions, notamment la pĂȘche illicite, non dĂ©clarĂ©e et non rĂ©glementĂ©e (INN). « Au Maroc, la pĂȘche artisanale est une activitĂ© traditionnelle basĂ©e sur des pirogues, gĂ©nĂ©ralement en bois, Ă©quipĂ©es dâun moteur hors-bord et dâun Ă©quipage rĂ©duit de trois personnes en moyenne, pĂȘchant des espĂšces benthiques et de surface. La pĂȘche est essentiellement pratiquĂ©e sur le littoral et dans les estuaires et les lacs », selon le Earth Journalism Network (EJN) dâInternews, une organisation amĂ©ricaine Ă but non lucratif.
« Le Maroc domine la mer MĂ©diterranĂ©e et lâocĂ©an Atlantique avec des cĂŽtes qui sâĂ©tendent sur plus de trois mille cinq cents kilomĂštres, ouvrant ses boucliers Ă des dizaines de milliers de pĂȘcheurs. La pĂȘche artisanale dans la mer MĂ©diterranĂ©e marocaine occupe une grande place, en raison des avantages quâelle offre, notamment la grande masse de main-dâĆuvre engagĂ©e dans cette activitĂ©. Sa production se compose essentiellement dâespĂšces Ă haute valeur commerciale et se retrouve sur tout le littoral », souligne la mĂȘme source dans une analyse, publiĂ©e au cours de cette annĂ©e 2024, consacrĂ©e au secteur de la pĂȘche artisanale sur la cĂŽte mĂ©diterranĂ©enne du Maroc.
Et dâajouter : le littoral mĂ©diterranĂ©en est constituĂ© de zones maritimes qui se manifestent Ă lâouest Ă partir des villes de Tanger, TĂ©touan et Chefchaouen Ă lâest en passant par Al Hoceima, Nador et Berkane. Cet espace maritime, qui comprend 94 sites, comprenant 5 ports, offre des opportunitĂ©s dâemploi Ă environ 7 800 marins travaillant sur 2 600 bateaux, assurant lâĂ©quilibre social et Ă©conomique de la rĂ©gion.
Les pĂȘcheurs marocains font face Ă certaines pratiques de pĂȘche indiscriminĂ©e oĂč la pĂȘche est effectuĂ©e avec des filets interdits Ă certaines pĂ©riodes.
Le document indique aussi que « la mer de la MĂ©diterranĂ©e marocaine prĂ©sente deux particularitĂ©s naturelles qui concernent une zone dâĂ©change avec lâocĂ©an Atlantique Ă lâouest, plus prĂ©cisĂ©ment au niveau du dĂ©troit de Gibraltar et un lac, appelĂ© Marchica au centre de Nador. Le dĂ©troit de Gibraltar se situe entre le Maroc et lâEspagne et sĂ©pare la MĂ©diterranĂ©e de lâocĂ©an Atlantique ».
La rĂ©gion connaĂźt un Ă©change de masses dâeau mĂ©diterranĂ©ennes et atlantiques, formant un couloir pour plusieurs grandes espĂšces migratrices telles que le thon rouge et lâespadon, Ă©crit lâĂ©tude.
Au niveau national, cette situation gĂ©ographique privilĂ©giĂ©e offre un large champ dâaction au secteur de la pĂȘche artisanale. Le lac de Nador, « Mar-Chica », est situĂ© Ă lâest de la cĂŽte, entre « Ras Alma » et le « Cap des Trois Fourches ». Ce lac a une forme ovale, allongĂ©e parallĂšlement Ă la cĂŽte. Il a une superficie dâenviron 115 kilomĂštres.
La rĂ©gion de Nador est caractĂ©risĂ©e par une activitĂ© intense, aussi bien dans le secteur de la pĂȘche semi-industrielle que dans le secteur de la pĂȘche artisanale, fait valoir lâĂ©tude, soulignant que la flotte de pĂȘche artisanale compte environ 1000 bateaux qui emploient plus de 3 000 marins.
LâĂ©tude rĂ©vĂšle Ă©galement que les pĂȘcheurs nâexercent aucune autre activitĂ© Ă©conomique. Dans de trĂšs rares cas, ils se consacrent Ă lâagriculture ou au commerce, une activitĂ© peu lucrative. Quant aux femmes, elles Ă©taient autrefois cantonnĂ©es aux tĂąches domestiques et ne participaient Ă aucune activitĂ© Ă©conomique. Mais la situation a changĂ©, les femmes devenant des partenaires clĂ©s des activitĂ©s de pĂȘche.
Le secteur de la pĂȘche artisanale nâest pas rĂ©glementĂ© et quâil nâexiste pas de couverture mĂ©dicale complĂšte ni de systĂšme de retraite.
Autre Ă©lĂ©ment Ă©voquĂ© dans ce document : la cĂŽte mĂ©diterranĂ©enne compte de nombreuses associations et coopĂ©ratives professionnelles actives dans la pĂȘche artisanale le long du littoral. La coopĂ©rative de couture de filets dâaquaculture Blue Whale fait partie des nombreuses coopĂ©ratives fĂ©minines actives.
Contraintes
LâĂ©tude rĂ©vĂšle, cependant, que les pĂȘcheurs marocains font face Ă certaines pratiques de pĂȘche indiscriminĂ©e oĂč la pĂȘche est effectuĂ©e avec des filets interdits Ă certaines pĂ©riodes, oĂč la pĂȘche avec ce type de filets est interdite, car elle capture de petits poissons et des larves.
Citant un responsable dâune coopĂ©rative de pĂȘche Ă Nador, elle a Ă©galement soulignĂ© que le secteur de la pĂȘche artisanale nâest pas rĂ©glementĂ© et quâil nâexiste pas de couverture mĂ©dicale complĂšte ni de systĂšme de retraite. « Pour subvenir Ă leurs besoins, certains marins ont recours Ă la culture dâalgues comestibles « grasselaria » », a-t-il ajoutĂ©.
De mĂȘme, la rĂ©gion de Nador est connue pour certaines pratiques de pĂȘche nĂ©fastes pour lâĂ©cosystĂšme marin et les espĂšces en voie de disparition. NĂ©anmoins, grĂące Ă la sensibilisation organisĂ©e par la sociĂ©tĂ© civile et lâInstitut national de recherche halieutique, certaines pratiques relativement indiscriminĂ©es ont diminuĂ©.
Autre contrainte soulevĂ©, manque de respect des lois de pĂȘche (quotas) concernant la quantitĂ© de thon pĂȘchĂ© sur les cĂŽtes de la rĂ©gion, et des petits poissons pĂ©lagiques qui sont utilisĂ©s comme appĂąts par les pĂȘcheurs.
De plus, les coĂ»ts de production Ă©levĂ©s et les augmentations successives des prix du carburant ont créé une disparitĂ© notable dans le nombre de bateaux traditionnels opĂ©rant dans la rĂ©gion, ce qui a entraĂźnĂ© une rĂ©duction de la durĂ©e de la pĂȘche qui sâest reflĂ©tĂ©e dans leur situation Ă©conomique.
La pĂȘche indiscriminĂ©e continue dans la rĂ©gion contribue Ă la dĂ©gradation des stocks de poissons et nuit Ă lâenvironnement, ce qui affecte la chaĂźne du cycle de vie marine sur la cĂŽte, ajoutet-on de mĂȘme source.
Recommandations
Pour faire face Ă ces contraintes et difficultĂ©s, le rapport, citant un responsable dâune ONG, suggĂšre une sĂ©rie de mesures : dynamiser les rĂŽles de la police environnementale et rĂ©primer toutes les violations liĂ©es Ă la gestion de la zone cĂŽtiĂšre dans la rĂ©gion; lutter contre le phĂ©nomĂšne de pillage du sable des plages cĂŽtiĂšres de la rĂ©gion ; et enfin soutenir la recherche scientifique liĂ©e Ă la cĂŽte et crĂ©er des divisions spĂ©ciales et des cours universitaires sur les richesses marines et les professions marines.
Il a Ă©galement appelĂ© Ă la rationalisation des ressources marines, Ă lâactivation Du rĂŽle des forces de garde cĂŽtes pour contrĂŽler les chalutiers contrevenants qui sâinfiltrent, pratiquent la surpĂȘche et pĂȘchent dans des endroits proches des cĂŽtes.
La pĂȘche indiscriminĂ©e continue dans la rĂ©gion contribue Ă la dĂ©gradation des stocks de poissons et nuit Ă lâenvironnement, ce qui affecte la chaĂźne du cycle de vie marine sur la cĂŽte.
Il faut Ă©galement acquĂ©rir des Ă©quipements de secours et de sĂ©curitĂ© maritimes au profit des bateaux de pĂȘche traditionnels afin de prĂ©server la sĂ©curitĂ© des pĂȘcheurs ainsi que de renforcer le contrĂŽle sur lâutilisation de la dynamite dans la pĂȘche et de rĂ©primer toutes les infractions observĂ©es.
Il faut aussi envisager de construire un centre de formation professionnelle maritime afin de former de nouvelles gĂ©nĂ©rations de marins et de promouvoir les professions maritimes et des cours pour les pĂȘcheurs et les propriĂ©taires de bateaux devraient ĂȘtre organisĂ©s par le secteur de garde sur la protection et les Ă©cosystĂšmes marins.
En outre, il faut soutenir davantage les petits pĂȘcheurs et les pĂȘcheurs traditionnels, en particulier Ă la lumiĂšre des prix Ă©levĂ©s et du carburant, ainsi que davantage de soutien aux pĂȘcheurs pour lâacquisition de filets utilisĂ©s pour la capture de poissons pĂ©lagiques, car ce type de filets est caractĂ©risĂ© par une rĂ©sistance et une durabilitĂ© qui sont difficiles Ă pĂ©nĂ©trer et Ă dĂ©chirer par le poisson (nicro) - dauphin noir.
Enfin, le confort biologique doit ĂȘtre adoptĂ© et respectĂ© pour chaque espĂšce comme solution objective pour rĂ©tablir le statu quo des pĂȘcheries, avec des mesures parallĂšles accompagnant les pĂ©riodes dâadoption du repos biologique, telles que des subventions aux marins Ă travers un fonds financier créé Ă cet effet et financĂ© par des cotisations pĂ©riodiques des professionnels.
232 fermes aquacoles prĂ©vues dâici 2025 Face aux dĂ©fis climatiques et alimentaires, le Maroc renforce son secteur aquacole. Avec 232 fermes prĂ©vues dâici 2025, lâaquaculture se positionne comme une solution durable pour rĂ©pondre aux besoins croissants de la population et renforcer lâemploi local.
LâAgence nationale pour le dĂ©veloppement de lâaquaculture (ANDA) a dĂ©voilĂ© son objectif ambitieux : Ă©tablir 232 fermes aquacoles dâici 2025. Selon le ministĂšre de lâAgriculture, de la pĂȘche maritime, du dĂ©veloppement rural et des eaux et forĂȘts, ces projets visent une production de 115.900 tonnes par an et devraient gĂ©nĂ©rer 2.720 emplois directs, en particulier dans les rĂ©gions cĂŽtiĂšres.
« Ce secteur en pleine croissance contribue Ă la sĂ©curitĂ© alimentaire, Ă la crĂ©ation dâemplois et Ă lâattractivitĂ© pour les investissements nationaux et internationaux », a soulignĂ© Zakia Driouich, secrĂ©taire dâĂtat chargĂ©e de la PĂȘche maritime, lors dâune rĂ©cente rĂ©union lâĂ©norme potentiel de lâaquaculture au Maroc.
DĂ©barquements de pĂȘche dans les ports de la MĂ©diterranĂ©e Les dĂ©barquements de la pĂȘche cĂŽtiĂšre et artisanale au niveau des ports situĂ©s sur la MĂ©diterranĂ©e ont atteint 12.023 tonnes (T) Ă fin septembre dernier, en baisse de 13% par rapport Ă la mĂȘme pĂ©riode de lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente, selon lâOffice national des pĂȘches (ONP).
En valeur, ces dĂ©barquements sont en hausse de 9% Ă plus de 561,97 millions de dirhams (MDH) au cours des neuf premiers mois de 2024, par rapport Ă la mĂȘme pĂ©riode une annĂ©e auparavant (513,43 MDH), a prĂ©cisĂ© lâONP dans son dernier rapport sur les statistiques de la pĂȘche cĂŽtiĂšre et artisanale au Maroc.
Par espÚce, les quantités de poissons pélagiques débarquées dans ces ports, situés sur la cÎte de Tanger à Saidia, ont reculé de 31% à fin septembre dernier à 4.455 T, pour une valeur estimée à plus de 117,27 MDH (-13%), contre plus de 134,98 MDH/ 6.450 T à fin septembre 2023.
Les débarquements des poissons blancs ont, quant à eux, atteint 1.872 T à fin septembre dernier (-15%), pour une valeur de plus de 78,38 MDH (-3%), contre plus de 81,03 MDH/ 2.197 T en glissement annuel.
Concernant les débarquement des céphalopodes, ils ont enregistré une hausse de 21% à 4.620 T pour des recettes de plus de 295,48 MDH (+28%), tandis que pour les crustacés, les débarquements ont augmenté de 6% à 1.017 T, générant des revenus de plus de 70,80 MDH (+12%).
Quant aux débarquements des coquillages, ils ont reculé de 100% à 0 tonne, contre plus de 3,91 MDH/ 368 T une année auparavant, tandis que pour les algues, les débarquements ont augmenté de 8691% à 59 tonnes, contre 1 tonne en glissement annuel.
Au niveau national, les dĂ©barquements des produits commercialisĂ©s de la pĂȘche cĂŽtiĂšre et artisanale ont atteint 936.354 tonnes Ă fin septembre 2024, en hausse de 2% par rapport Ă la mĂȘme pĂ©riode une annĂ©e auparavant. En valeur, ces dĂ©barquements ont enregistrĂ© une hausse de 8% Ă plus de 8,46 milliards de dirhams.
Notizia
04 Dec 2024
10 min di lettura
PĂȘche artisanale : Des ressources Ă©normes et des contraintes pressantes
Questo articolo Ăš riportato come estratto. La versione integrale Ăš pubblicata dalla testata di origine.
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