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Notizia 11 Feb 2026 9 min di lettura

1-54 Marrakech face Ă  son point d’équilibre // 1-54 Marrakech at a turning point

1-54 Marrakech face Ă  son point d’équilibre // 1-54 Marrakech at a turning point

Pour sa septiĂšme Ă©dition, 1-54 Marrakech devait rassurer dans un contexte de concurrence accrue entre foires internationales. Entre ventes solides, nouveaux collectionneurs et contraintes structurelles, la foire confirme sa vitalitĂ© tout en cherchant son point d’équilibre.

Pour sa septiĂšme Ă©dition, la foire 1-54 Marrakech avait beaucoup Ă  jouer. Hasard du calendrier, elle se tenait aux mĂȘmes dates que la premiĂšre Ă©dition d’Art Basel Qatar, rouleau compresseur mĂ©diatique dont l’effet de nouveautĂ© faisait craindre une baisse de frĂ©quentation des collectionneurs et des institutions Ă  Marrakech. « Il y avait des inquiĂ©tudes mais nous avons Ă©tĂ© agrĂ©ablement surpris », note Cannelle Hamon-Gillet de La Galerie 38. L’enseigne marocaine avait misĂ© sur un stand curatĂ© autour d’Ɠuvres abstraites grand formats de jeunes artistes marocaines, parvenant Ă  trouver acquĂ©reur pour six des huit Ɠuvres prĂ©sentĂ©es

Mehdi-Georges Lahlou, De la ConfĂ©rence des Palmiers (Totem dattier), 2025, stoneware, enamel, oil paint, wool, metal, circa 90 × 70 × 70 cm, courtesy of Loft Art Gallery.

À voir la file de visiteurs lors du premier jour VIP devant La Mamounia, l’effet de foule Ă©tait indĂ©niable. Il Ă©tait difficile de se frayer un chemin dans les allĂ©es de la foire. « Un moment quitte ou double », note un insider : certains collectionneurs ont rebroussĂ© chemin face Ă  l’attente, avant de revenir plus tard. Ce qui n’a pas empĂȘchĂ© les Ă©changes commerciaux, amorcĂ©s dĂšs les previews. La Gallery 1957 ouvrait la foire en ayant dĂ©jĂ  vendu un portrait d’Amoako Boafo, parti Ă  150 000 dollars, une toile texturĂ©e de la Sud-Africaine Nabeeha Mohamed (6 000 dollars) et un moyen format reprĂ©sentant un cheval de Modupeola Fadugba (60 000 dollars). De son cĂŽtĂ©, CĂ©cile Fakhoury cĂ©dait, la veille de l’ouverture, un buste de Sadikou Oukpedjo (5 000–7 000 euros) Ă  une collectionneuse. La sculpture, comme l’an dernier, semble avoir tirĂ© son Ă©pingle du jeu, mĂȘme si elle demeurait minoritaire sur les stands. AA Gallery a ainsi placĂ© ses 6 sculptures organiques de Jamil Bennani (entre 90 000 et 130 000 dirhams), tandis que la Loft Art Gallery vendait les trois Palmiers-bustes de Mehdi-Georges Lahlou (entre 12 000 et 18 000 euros). Un signal discret mais rĂ©vĂ©lateur de l’intĂ©rĂȘt croissant pour des propositions tridimensionnelles dans un marchĂ© encore largement dominĂ© par la peinture. Celle-ci rĂšgne en maĂźtre sur les stands et les valeurs sĂ»res continuent de bien circuler, Ă  l’image des portraits de M’barek Bouhchichi ou des peintures mĂ©lancoliques de Nabil El Makhloufi prĂ©sentĂ©es par l’Atelier 21. « L’effet Elladj » (entendre Elladj Lincy Deloumeaux ) orchestrĂ© par CĂ©cile Fakhoury et la Loft Art Gallery a sans surprise fait carton plein. 

Modupeola Fadugba, Now I Wear Myself II, 2025, acrylic, graphite, and beads on burned canvas, 57 × 41 in. (144.8 × 104.14 cm).

Marginale sur les stands, la photographie n’en a pas moins trouvĂ© des acheteurs, rĂ©vĂ©lant un segment encore modeste mais prometteur. Sur le stand de La La Lande, les photographies en noir et blanc du SĂ©nĂ©galais Adama Sylla, dans la grande tradition de la photographie de studio ouest-africaine, ont rapidement trouvĂ© preneur. La galerie a Ă©galement signĂ© un sold out pour AĂŻcha Snoussi, une proposition exigeante pour des collectionneurs de foire. C’est d’ailleurs sur les conseils de Nil Gallery que La La Lande s’est laissĂ©e convaincre de prĂ©senter de la photographie. Nil Gallery montrait deux artistes marocaines, Hasnae El Ouarga et Sara Benabdallah. « Parce qu’on adore la photographie au Maroc. Il y a un marchĂ© ». Les autoportraits de Sara Benabdallah ont notamment sĂ©duit, dont X-Ray of Cultural Expectation, un tirage noir et blanc proposĂ© autour de 6 000 euros.

Sara Benabdallah, X-Ray of Cultural Expectations.

La quadrature du cercle 

Plus que jamais cette annĂ©e, difficile de dĂ©gager de vĂ©ritables tendances tant les profils de collectionneurs semblaient variĂ©s. Tous les exposants s’accordent d’ailleurs sur la prĂ©sence de nouveaux acheteurs (institutions comprises) venus notamment d’Europe de l’Est, de Russie, mais aussi d’une gĂ©nĂ©ration plus jeune de collectionneurs aux pratiques d’acquisition plus spontanĂ©es, qui contribuent Ă  faire Ă©voluer les habitudes du marchĂ©.

Ainsi, les petites piĂšces ont trouvĂ© preneur sur certains stands, comme chez Loeve&Co, qui a Ă©coulĂ© une dizaine de dessins de Mohammed Mrabet entre 1 500 et 3 000 euros, mais pas partout. La galerie Vigo, par exemple, semble avoir pĂąti d’une lecture insuffisamment fine du marchĂ© marrakchi. La prĂ©sence d’une figure historique comme Ibrahim El-Salahi n’a pas suffi Ă  dĂ©clencher des ventes : des formats modestes (dessins sur papier) proposĂ©s Ă  des prix Ă©levĂ©s correspondent peu aux habitudes d’achat locales, oĂč le petit format cher peut sembler difficile Ă  justifier hors contexte institutionnel.

Mohammed Mrabet, Loeve&Co.

Fallait-il alors privilĂ©gier le grand format ? LĂ  encore, rien n’est certain. Un triptyque d’Oumar Ball, proposĂ© Ă  24 000 euros par Louis Simone Guirandou, n’avait toujours pas trouvĂ© preneur le dimanche aprĂšs-midi. Mais l’enseigne sĂ©nĂ©galaise a mieux vendu de petites acryliques du Soudanais Rashid Diab, Ă  800 euros piĂšce. « À de jeunes collectionneurs », nous dit-on. Assez pour rentabiliser sa participation Ă  la foire ?

C’est peut-ĂȘtre lĂ  que se situe l’un des nƓuds les plus visibles de cette Ă©dition. Le coĂ»t des stands incite les galeries Ă  limiter la prise de risque. Beaucoup ont ainsi choisi de miser sur des artistes marocains, une stratĂ©gie comprĂ©hensible d’un point de vue commercial, mais qui interroge, en creux, l’identitĂ© panafricaine revendiquĂ©e par la foire.

À cela s’ajoute une contrainte structurelle : la taille de 1-54. Une extension avait Ă©tĂ© tentĂ©e lors des deux prĂ©cĂ©dentes Ă©ditions Ă  DaDa, sans que la greffe ne prenne rĂ©ellement, conduisant la foire Ă  revenir Ă  la Mamounia, dont le cadre prestigieux participe fortement Ă  son identitĂ© mais limite aussi ses possibilitĂ©s de dĂ©veloppement. Une forme de quadrature du cercle : pour continuer Ă  jouer un rĂŽle moteur dans la dynamique du marchĂ© rĂ©gional et attirer de nouveaux collectionneurs, 1-54 Marrakech doit pouvoir Ă©voluer, au risque sinon d’un certain essoufflement. D’autant que la concurrence internationale se renforce, avec des foires comme Art Basel ou Frieze qui poursuivent leur expansion sur de nouveaux territoires.

Emmanuelle Outtier

For its seventh edition, 1-54 Marrakech needed to reassure collectors and galleries in an increasingly competitive global fair calendar. Strong sales, new collector profiles and structural limitations defined an edition that confirmed the fair’s vitality while highlighting the challenges ahead.
This year’s edition carried particular weight. By coincidence, it opened on the same dates as the inaugural Art Basel Qatar, a heavily publicised launch that raised concerns about collector attendance in Marrakech. “There were concerns, but we were pleasantly surprised,” said Cannelle Hamon-Gillet of Galerie 38. The Moroccan gallery presented a curated stand of large-scale abstract works by emerging Moroccan women artists and sold six of the eight pieces on display.
Queues outside La Mamounia during the VIP opening signalled strong attendance. At times, moving through the aisles proved difficult. “It felt like a make-or-break moment,” said one insider, noting that some collectors initially turned away because of the wait before returning later. Sales had in fact begun during the previews. Gallery 1957 opened having already sold a portrait by Amoako Boafo for $150,000, a textured canvas by South African artist Nabeeha Mohamed for $6,000, and a mid-sized painting of a horse by Modupeola Fadugba for $60,000. CĂ©cile Fakhoury sold a bust by Sadikou Oukpedjo priced between €5,000 and €7,000 to a collector on the eve of the opening.
As in previous editions, sculpture performed well despite remaining limited in number across booths. AA Gallery placed its six organic sculptures by Jamil Bennani, priced between 90,000 and 130,000 dirhams,while Loft Art Gallery sold the three palm-tree bust sculptures by Mehdi-Georges Lahlou priced between €12,000 and €18,000. The results suggest a growing interest in three-dimensional work within a market still dominated by painting. Painting continued to lead sales, with established names circulating steadily, including portraits by M’barek Bouhchichi and the melancholic canvases of Nabil El Makhloufi at Atelier 21. Works by Elladj Lincy Deloumeaux, presented jointly by CĂ©cile Fakhoury and Loft Art Gallery, also sold out.
Photography remained limited in visibility but not without results. At La La Lande’s booth, black-and-white photographs by Senegalese artist Adama Sylla, rooted in the tradition of West African studio photography, quickly found buyers. The gallery also sold out its presentation of Aïcha Snoussi, whose demanding conceptual practice rarely translates into immediate fair sales. La La Lande included photography following encouragement from Nil Gallery, which presented two Moroccan artists, Hasnae El Ouarga and Sara Benabdallah. “There is a real interest in photography in Morocco,” the gallery said. Sara Benabdallah’s self-portraits drew particular attention, including X-Ray of Cultural Expectation, a black-and-white print priced at around €6,000.
A delicate equation
Identifying clear trends proved difficult this year as collector profiles appeared increasingly diverse. Exhibitors noted the presence of new buyers, including institutions from Eastern Europe and Russia, alongside a younger generation of collectors whose more spontaneous purchasing habits are reshaping market dynamics.
Smaller works sold well on certain stands, including Loeve&Co, which placed around ten drawings by Mohammed Mrabet priced between €1,500 and €3,000. Vigo Gallery, however, struggled to place works by the historical figure Ibrahim El-Salahi. Modest formats such as drawings on paper, offered at relatively high prices, can be difficult to position in the Marrakech market outside institutional collecting frameworks.
Nabil El Makhloufi, La foule 1/26, acrylique sur toile.
Larger works did not necessarily fare better. A triptych by Oumar Ball, priced at €24,000 by Louis Simone Guirandou, remained unsold on Sunday afternoon, although the gallery successfully sold smaller acrylic paintings by Sudanese artist Rashid Diab for €800 each to younger collectors.
One of the central challenges of this edition lies in the economics of participation. The cost of booths encourages galleries to reduce risk, and many chose to focus on Moroccan artists, who were widely represented across the fair. While commercially understandable, this shift raises questions about the fair’s pan-African positioning.
Scale remains another structural issue. An expansion attempted during the previous two editions at DaDa did not take hold, prompting a return to La Mamounia, whose prestige is integral to the fair’s identity but limits its growth. The fair now faces a delicate balance. To remain a driving force in the regional market and continue attracting new collectors, 1-54 Marrakech will likely need to evolve, particularly as international competitors such as Art Basel and Frieze continue expanding into new markets.
Emmanuelle Outtier

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