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El Jadida (Ű§Ù„ŰŹŰŻÙŠŰŻŰ© in arabo) Ăš una cittĂ  costiera del Marocco, a 96 km da Casablanca. È il capoluogo della provincia di...

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Notizia 22 Jan 2025 6 min di lettura

DĂ©couverte d’épaves archĂ©ologiques sur la cĂŽte d’El Jadida

DĂ©couverte d’épaves archĂ©ologiques sur la cĂŽte d’El Jadida

Depuis la nuit des temps, la cĂŽte de la province d’El Jadida a connu nombre de marins et de compagnies de navigation de tous les pays du monde. Ceci a engendrĂ© aussi des Ă©vĂšnements de mer comme les naufrages et les incidents maritimes. L’histoire a gardĂ© les traces indĂ©lĂ©biles de ces tragĂ©dies survenues en mer.

Jeudi 9 janvier 2025, un communiquĂ© du Centre national des Ă©tudes et des recherches sur le patrimoine subaquatique au Maroc a annoncĂ© la dĂ©couverte des Ă©paves de deux navires archĂ©ologiques au large de la ville d’El Jadida. Il s’agit d’épaves mĂ©talliques, l’un prĂšs de la plage de la ville et l’autre Ă  proximitĂ© de l’entrĂ©e du port.

Selon les premiĂšres descriptions des Ă©paves, « ces navires datent probablement de la seconde moitiĂ© du XIXe siĂšcle », pĂ©riode d’apogĂ©e des activitĂ©s de l’ancien port d’El Jadida, considĂ©rĂ© Ă  l’époque comme l’un des principaux ports commerciaux du Maroc.

Il faut dire que la prĂ©sence d’épaves issues des naufrages cĂ©lĂšbres prĂšs du port d’El Jadida, de la plage et au long de la cĂŽte de la province Ă©tait toujours connue grĂące aux archives des pays europĂ©ens notamment française et espagnole. Mais c’est la dĂ©couverte des endroits qui est l’élĂ©ment essentiel dans cette nouvelle annonce. Car en effet, les Ă©paves sont toujours sujets vouĂ©s Ă  la destruction, Ă  la dĂ©gradation et au glissement avec les courants, 


Pour ma part, en tant que chercheur sur l’histoire de la ville d’El Jadida et de sa RĂ©gion, j’ai abordĂ© ce volet des incidents maritimes, survenus dans cette rĂ©gion, dans certains de mes travaux.

DĂ©jĂ , en 2008 j’ai publiĂ© mon livre « Le port d’El Jadida, une histoire mĂ©connue » qui est le seul et unique travail de son genre sur ce port emblĂ©matique qui fut jadis le deuxiĂšme port marocain aprĂšs Tanger. J’y ai consacrĂ© six pages sur « Les pĂ©rils de la navigation » abordant les naufrages cĂ©lĂšbres dans cette zone : l’Alcyone en 1839, le Papin en 1845, le Maroc en 1871, La Marne en 1901, l’Amazone, le M’sella, le vapeur Brake en 1904 et le chalutier JosĂ© Carmen en 1945 heurtĂ© par le sous-marin OrphĂ©e. Cet ouvrage a fait l’objet d’une recension dans le bulletin de liaison des membres de la SociĂ©tĂ© de gĂ©ographie de Paris en juin 2008.

Dans un deuxiĂšme livre « Chroniques secrĂštes sur Mazagan », j’ai Ă©galement consacrĂ© une chronique Ă  ce sujet intitulĂ©e « Les naufrages cĂ©lĂšbres Ă  Mazagan aux XIXe et XXe siĂšcles ». Il faut dire que les navires de marchandises, Ă  cette Ă©poque, sillonnaient la cĂŽte du Maroc dans les deux sens et parfois, ils faisaient l’objet de naufrages. Certains incidents Ă©taient donc rĂ©pertoriĂ©s mais d’autres sont toujours inconnus des annales maritimes et des rĂ©cits de navigateurs.

Dans mon livre « Bibliographie sur l’histoire d’El Jadida », paru en 1993, j’ai consacrĂ© un volet bibliographique aux cartes et plans publiĂ©s Ă  la fin du XIXe et dĂ©buts du XXe siĂšcle et qui mentionnaient les diffĂ©rents endroits des Ă©paves encore visibles Ă  marĂ©e basse Ă  cette Ă©poque prĂšs du port d’El Jadida. À titre d’exemple, le plan de Mazagan levĂ© par le capitaine Nestor Larras en 1899 indique les endroits de trois Ă©paves l’Amazone, la Marne et Maroc.

Les deux premiĂšres prĂšs du port, la troisiĂšme proche de la plage. Selon Jean-Pierre Guilabert, prĂ©sident de l’Amicale des anciens de Mazagan, deux Ă©paves sont restĂ©es partiellement visibles Ă  marĂ©e basse jusqu’aux annĂ©es 1958-60, telle l’épave du navire l’Azemmour Ă©chouĂ©e entre le bas de la route du phare Sidi Bouafi et les dunes de Sidi Bouzid. Pour diverses raisons ces Ă©paves ne sont plus visibles aujourd’hui et c’est le cas dans beaucoup d’endroits du monde.

Mes autres travaux ayant concernĂ© les naufrages et les Ă©paves toujours sur cette cĂŽte ont Ă©tĂ© notamment publiĂ©s dans le magazine marocain d’histoire Zamane sous forme d’articles illustrĂ©s de photos en l’occurrence : le sous-marin MĂ©duse Ă  Jorf Lasfar datant de la DeuxiĂšme Guerre mondiale (dans le numĂ©ro de mai 2023) et le naufrage du Nemos dit Titanic de Haouzia (dans le numĂ©ro d’aoĂ»t 2023).

Quant il s’agit de navires de commerce disparus sur la cĂŽte ou Ă  l’entrĂ©e du port gĂ©nĂ©ralement ces incidents Ă©taient consignĂ©s sur des comptes rendus dĂ©posĂ©s dans les chambres de commerce ou les compagnies d’assurance. Chaque disparition de navire a, en gĂ©nĂ©ral, laissĂ© des traces dans les archives depuis le XVIIe siĂšcle. Quelques copies de comptes rendus sont disponibles dans ma collection documentaire remise (et consultable) aux Archives du Maroc Ă  Rabat depuis 2022.

En gĂ©nĂ©ral, la recherche d’épave est trĂšs complexe, on peut classer en trois parties les dĂ©couvertes: certaines Ă©paves sont dĂ©couvertes fortuitement, par des plongeurs dĂ©couvrant par hasard des traces d’un naufrage sur le fond de la mer, l’utilisation de magnĂ©tomĂštres pour dĂ©tecter les masses ferreuses (par exemple lors de travaux en mer par les entreprises Of Shore ou les entreprises qui posent des cĂąbles ou encore les nouveaux champs Ă©oliens), et finalement par l’intermĂ©diaire des archives dans chaque pays.

Max GuĂ©rout, membre fondateur du Groupe de recherche en archĂ©ologie navale (GRAN) en France explique : « En gĂ©nĂ©ral on parle d’épave quand les structures du navire sont identifiables et de site de naufrage lorsque ne subsistent que du « mobilier » archĂ©ologique marquant le lieu d’un naufrage. Dans les deux cas il peut ĂȘtre possible d’identifier le navire d’origine en croisant donnĂ©es historiques et donnĂ©es archĂ©ologiques (courriel du 11 janvier 2025).

Le communiquĂ© du Centre national des Ă©tudes et des recherches sur le patrimoine subaquatique au Maroc indique, dans son dernier paragraphe, que « Ces accidents sont principalement dus Ă  la difficultĂ© d’accĂšs au port, en particulier avant la construction des brise-lames, ainsi qu’aux conditions mĂ©tĂ©orologiques dĂ©favorables », il faut y ajouter aussi d’autres raisons : la vĂ©tustĂ© du bĂątiment (cas du Papin), l’erreur humaine (cas du Brake), la guerre (cas du sous-marin MĂ©duse) etc.

Bien Ă©videmment il est important de rappeler que les Ă©paves des bĂątiments et navires Ă©chouĂ©s lors des siĂšcles passĂ©s ne figurent pas toutes dans les statistiques et que cette initiative de recherche sous-marine lancĂ©e par le Centre national des Ă©tudes et des recherches sur le patrimoine subaquatique au Maroc doit ĂȘtre grandement saluĂ©e.

Dans l’attente de l’achĂšvement de l’opĂ©ration d’identification de ces Ă©paves afin de leur attribuer un nom et de connaĂźtre toute leur histoire et pour enrichir ainsi notre patrimoine culturel.

*Auteur-Ă©diteur des Cahiers d’El Jadida

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