Paese / regione

2 città ‱ 23 comuni rurali

Informazioni sulla Provincia Sidi Bennour

Situata nella regione di Casablanca-Settat, la provincia di Sidi Bennour Ăš un cuore agricolo del Marocco. Con i suoi paesaggi rurali e una popolazione di oltre 450.000 abitanti, offre un'immersione...

NovitĂ  a Sidi Bennour

Segui le ultime novitĂ , i progetti e i comunicati ufficiali del tuo provincia.

Notizia 03 Mar 2025 5 min di lettura

Échos des souks des Doukkala, aprùs l’annulation du rituel de l’Aïd Al Adha

Échos des souks des Doukkala, aprùs l’annulation du rituel de l’Aïd Al Adha
Dans les vastes plaines des Doukkala-Abda, rĂ©gion rĂ©putĂ©e pour ses traditions agricoles et son Ă©levage ovin, l’annonce de l’annulation du rituel du sacrifice de l’AĂŻd al-Adha a provoquĂ© des rĂ©actions contrastĂ©es. Alors que les citoyens modestes saluent une dĂ©cision qui allĂšge leur fardeau financier, les Ă©leveurs de bĂ©tail, eux, se retrouvent au fond d'une situation Ă©conomique difficile.Reportage.
Échos des souks des Doukkala, aprùs l’annulation du rituel de l’Aïd Al Adha
Au cƓur du Souk Had Oulad Frej, l’un des plus grands marchĂ©s de bĂ©tail de la rĂ©gion, l’ambiance est Ă  la morositĂ©. D’habitude, Ă  l’approche de l’AĂŻd, les allĂ©es grouillent de monde. Les Ă©leveurs, venus des douars environnants, prĂ©sentent fiĂšrement leurs moutons, tandis que les acheteurs nĂ©gocient avec ardeur pour trouver la bĂȘte idĂ©ale. Cette annĂ©e, cependant, le marchĂ© est dĂ©sert. Les Ă©tals sont vides, et les rares Ă©leveurs prĂ©sents arpentent les allĂ©es, le visage marquĂ© par l’inquiĂ©tude.

"Avant, un mouton se vendait entre 3 500 et 4 000 dirhams. Aujourd’hui, je suis prĂȘt Ă  le cĂ©der Ă  1 500 dirhams, mais mĂȘme Ă  ce prix, les acheteurs se font rares", confie Ahmed, un Ă©leveur de la rĂ©gion d’Oulad Frej. Comme lui, des dizaines d’autres Ă©leveurs errent dans le souk, dĂ©semparĂ©s. La dĂ©cision royale de renoncer au rituel du sacrifice, bien que saluĂ©e pour son aspect social, a portĂ© un coup dur Ă  leur activitĂ©.

Pour les citoyens modestes, en revanche, cette annonce est une bouffĂ©e d’oxygĂšne. Dans les quartiers populaires de Sidi Bennour, El Jadida, Safi et d’autres localitĂ©s de la rĂ©gion, les familles voient cette dĂ©cision comme un soulagement bienvenu. "Acheter un mouton pour l’AĂŻd Ă©tait devenu un luxe que nous ne pouvions plus nous permettre. Cette annĂ©e, nous allons pouvoir souffler un peu", explique Fatima, une mĂšre de famille de Sidi Bennour. Pour des millions de Marocains, l’économie rĂ©alisĂ©e reprĂ©sente une somme substantielle, souvent Ă©quivalente Ă  un mois de salaire, voire plus.

Face Ă  cette Ă  ce sentiment de satisfaction et de soulagement des citoyens, se cache une rĂ©alitĂ© plus sombre : celle des Ă©leveurs de bĂ©tail ovin, qui dĂ©pendent largement de cette pĂ©riode pour Ă©couler leur production et gĂ©nĂ©rer des revenus. "Nous avons tout misĂ© sur cette pĂ©riode. Avec la sĂ©cheresse et la hausse des prix des aliments pour bĂ©tail, nous comptions sur l’AĂŻd pour compenser nos pertes. Aujourd’hui, nous sommes ruinĂ©s", dĂ©plore Brahim, un Ă©leveur de la rĂ©gion de Jemaat Shaim.

La sĂ©cheresse persistante a rĂ©duit les pĂąturages et augmentĂ© les coĂ»ts de l’alimentation animale, plongeant les Ă©leveurs dans une situation dĂ©jĂ  prĂ©caire. RĂ©sultat : aprĂšs annulation du rituel de l’AĂŻd les prix des moutons ont chutĂ© de maniĂšre spectaculaire, passant de 4 000 dirhams Ă  moins de 2 000 dirhams dans certains cas. Cette baisse des prix, combinĂ©e Ă  une demande quasi inexistante, met en pĂ©ril la survie de nombreux Ă©leveurs.

"Je suis prĂȘt Ă  vendre mes moutons Ă  perte, mais mĂȘme Ă  ce prix, personne n’achĂšte. Comment vais-je nourrir ma famille et payer mes dettes ?", s’interroge Ahmed, un Ă©leveur de la commune de Laaounate. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres, l’élevage est bien plus qu’une activitĂ© Ă©conomique : c’est un mode de vie, une tradition transmise de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration.

Face Ă  cette situation, les Ă©leveurs lancent un appel dĂ©sespĂ©rĂ© aux autoritĂ©s. Ils rĂ©clament un soutien financier urgent pour les aider Ă  surmonter cette crise et prĂ©server leur activitĂ©. "Nous ne demandons pas la charitĂ©, mais un peu de soutien pour continuer Ă  exercer notre mĂ©tier. Sinon, c’est toute la filiĂšre ovine qui risque de s’effondrer", insiste Brahim.

Certains suggĂšrent des mesures concrĂštes, comme des subventions pour l’achat d’aliments pour bĂ©tail, des prĂȘts Ă  taux zĂ©ro ou des programmes d’aide spĂ©cifiques pour les petits Ă©leveurs. "Nous avons besoin d’aide pour acheter des aliments pour notre bĂ©tail et pour compenser nos pertes. Sinon, beaucoup d’entre nous seront obligĂ©s d’abandonner l’élevage", alerte Mohamed, un Ă©leveur de la rĂ©gion de Safi.

La dĂ©cision royale, bien que saluĂ©e pour son aspect social, met en lumiĂšre les dĂ©fis structurels auxquels fait face la filiĂšre ovine au Maroc. Elle souligne la nĂ©cessitĂ© de trouver un Ă©quilibre entre la protection du pouvoir d’achat des citoyens et le soutien aux Ă©leveurs, qui jouent un rĂŽle essentiel dans l’économie rurale.

Dans les Doukkala-Abda, comme dans d’autres rĂ©gions du Maroc, cette dĂ©cision a deux visages. D’un cĂŽtĂ©, elle apporte un soulagement bienvenu aux citoyens, leur permettant de faire face Ă  la flambĂ©e des prix et de prĂ©server leur pouvoir d’achat. De l’autre, elle plonge les Ă©leveurs de bĂ©tail ovin dans une situation dramatique, mettant en pĂ©ril leur activitĂ© et leur mode de vie.

Alors que les Ă©leveurs attendent des mesures de soutien, les citoyens, eux, respirent un peu mieux. Dans les ruelles des souks et les quartiers populaires, cette dĂ©cision reste un sujet de discussion animĂ©. Mais une chose est sĂ»re : dans les Doukkala-Abda, comme ailleurs, l’équilibre entre tradition, Ă©conomie et rĂ©alitĂ© sociale reste un dĂ©fi complexe Ă  relever.
 
Mohamed LOKHNATI

Questo articolo Ăš riportato come estratto. La versione integrale Ăš pubblicata dalla testata di origine.

Continua a leggere su lopinion.ma — l'Opinion
Ascolta
Dimensione:
Partner: Need to get around? Don't miss out on the best car rental deals with our partner Booking.com.