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Rabat (in arabo: الرباط [ar-Ribat]) è la capitale del Marocco e la seconda più grande agglomerazione del paese dopo...

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Notizia 03 Dec 2012 4 min read

La galère dans les bidonvilles de Rabat

Dès que les premières pluies tombent, les habitants sont hantés par le risque d’envol des toits de leurs baraques.
La galère dans les bidonvilles de Rabat

Dès qu'on met les pieds dans cet endroit, on a l'impression de pĂ©nĂ©trer un autre monde… Un monde de misère oĂą le temps ne compte plus pour des gens dĂ©sespĂ©rĂ©s de la vie. Dans les bidonvilles, tout est vĂ©cu diffĂ©remment, mĂŞme le changement de climat. Il suffit d'une petite averse ou d'un coup de vent pour que la terre se transforme en sable mouvant et que les maisons perdent leurs toits. Car ici tout est dĂ©montable. Tout est dĂ©faillant y compris l'ĂŞtre humain… Aujourd'hui, les habitants du bidonville «Al Garâa» ont du pain sur la planche, car la petite tempĂŞte et les averses de samedi dernier n'ont Ă©pargnĂ© aucune maison. MĂŞme les plus solides des demeures n'ont pas rĂ©sistĂ© Ă  ce climat d'hiver. Normal ! Puisque la majoritĂ© de ces baraques sont construites Ă  base de bois et de zinc. Dès la première heure du matin, les femmes se sont activĂ©es donc Ă  dĂ©gager l'eau des Ă©gouts bouchĂ©s. Munies de leurs balais, elles essayent en vain de chasser l'eau sale. Les hommes quant Ă  eux, ont une autre mission : rĂ©parer les dĂ©gâts causĂ©s par la pluie. «J'ai l'impression que nous habitons dans une maison dĂ©montable comme les jeux pour enfants. Il suffit que le vent souffle pour que notre toit s'envole», commente Ibrahim avec un sourire mĂ©lancolique. Un sourire qui cache derrière lui un goĂ»t amer de dĂ©sespoir et de tristesse. En effet, cette famille a dĂ» passer le reste de la nuit entre samedi et dimanche Ă  mĂŞme le ciel. «Nous n'avons pas pu dormir Ă  cause des pleurs de mes deux enfants effrayĂ©s par le retentissement de la pluie sur le toit. Mais ce n'est pas tout. Dès trois heures du matin, nous avons Ă©tĂ© obligĂ©s de nous mettre debout pour dĂ©placer les meubles qu'on pouvait sauver et les couvrir avec des sacs de plastique pour Ă©viter qu'ils ne soient pas trompĂ©s, car nous avons perdu notre toit d'un seul coup de vent. Toute la famille s'est couverte avec des sachets en plastique le reste de la nuit. Aujourd'hui, mes deux enfants souffrent de la grippe et tout ce que nous possĂ©dons est endommagĂ© par l'eau», ajoute Ibrahim sur un ton triste. Pourtant l'heure n'est pas Ă  la dĂ©prime. Car ce n'est pas le moment de baisser les bras, il faudra agir et au plus vite avant que les murs, seule chose restante de cette maison de «mirage», ne tombent. Dès la première heure du matin, Ibrahim est parti acheter un nouveau «toit» de zinc qu'il s'est pressĂ© de placer avec l'aide de ses voisins. Au bidonville, la misère pousse les gens Ă  se serrer les coudes. À quelques mètres de cette baraque tombĂ©e presque en ruine, la famille Chtioui rĂ©pare les dĂ©gâts. «Pour une fois ce n'est pas grave. À part l'eau qui a pĂ©nĂ©trĂ© la maison et la parabole qui s'est envolĂ©e, nous n'avons pas perdu grand-chose», affirme Fatima. Ici le terme «grand-chose» a plusieurs significations, car il peut dĂ©signer les meubles endommagĂ©s par l'eau des Ă©gouts, le toit et des fois mĂŞme le taudis. D'ailleurs, ce qui hante les gens le plus dans ces bidonvilles c'est de mourir sous les ruines de leur propre maison. Cela explique le besoin que ressentent les gens de vouloir rĂ©parer tout de suite les dommages provoquĂ©s par le mauvais temps. Ce besoin a créé un commerce spĂ©cial. Il s'agit de la vente du zinc. Comme on dit le malheur des uns fait le bonheur des autres !


Plus que des dégâts matériels

Des fois, les dégâts que peut causer une nuit pluvieuse dépassent les dommages matériaux. C’est le cas pour la famille Sibari qui vient à peine de rentrer de la maternité où était hospitalisé leur bébé. «Ma fille Malake est âgée de neuf mois seulement. Elle n’a pas pu supporter le froid. Elle a eu une grippe très sévère, mais je ne savais pas que son état allait s’aggraver et qu’elle allait tomber en comas pendant sept jours», explique la mère Hanane en pleurant. Elle ajoute avec naïveté : «Nous n’avons pas les moyens de la soigner, est-ce que vous savez qui pourra nous aider ?»

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