Fin avril dernier, dans les couloirs feutrĂ©s de lâElysĂ©e, Emmanuel Macron arrĂȘtait finalement le nom du futur ambassadeur de France Ă Rabat. Une dĂ©cision loin dâĂȘtre anodine dans une maison oĂč la diplomatie française a parfois lâart de transformer ses hĂ©sitations en doctrine stratĂ©gique.
Philippe Lalliot, pur produit du Quai dâOrsay et vĂ©tĂ©ran des dossiers sensibles, succĂ©dera Ă Christophe Lecourtier, rĂ©cemment nommĂ© Ă la tĂȘte de lâAgence française de dĂ©veloppement. Mais, derriĂšre cette nomination se joue une sĂ©quence gĂ©opolitique beaucoup plus lourde quâun simple passage de relais diplomatique.
Paris tente aujourdâhui de consolider son spectaculaire retour au Maroc aprĂšs plusieurs annĂ©es de froid politique, dâincomprĂ©hensions mutuelles et dâĂ©quilibrisme maghrĂ©bin exĂ©cutĂ© avec la grĂące dâun funambule sous somnifĂšres.
Paris replace ses pions au Maghreb
Un dĂ©tail intrigue dâailleurs les observateurs des relations franco-maghrĂ©bines. Au moment mĂȘme oĂč Philippe Lalliot sâapprĂȘte Ă prendre ses fonctions Ă Rabat, lâambassadeur français en AlgĂ©rie, StĂ©phane Romatet, vient lui aussi de reprendre officiellement son poste aprĂšs une longue pĂ©riode de gel diplomatique entre Paris et Alger.
En rĂ©alitĂ©, la France semble engager une vaste opĂ©ration de rĂ©armement diplomatique dans la rĂ©gion. Une tentative de remise Ă niveau stratĂ©gique aprĂšs plusieurs annĂ©es de brouilles successives et de calculs contradictoires qui avaient fini par dĂ©tĂ©riorer simultanĂ©ment les relations françaises avec Rabat⊠et Alger. Une performance diplomatique rare, mĂȘme pour le Quai dâOrsay.
Car Paris a fini par comprendre une rĂ©alitĂ© devenue brutale : son influence sâest considĂ©rablement Ă©rodĂ©e dans son ancien prĂ© carrĂ© africain. Au Sahel, lâĂ©viction française du Mali, du Burkina Faso et du Niger a provoquĂ© un vĂ©ritable traumatisme stratĂ©gique. DĂšs lors, le Maghreb redevient une prioritĂ© majeure pour lâElysĂ©e. Presque une nĂ©cessitĂ© vitale.
Pourquoi le Maroc redevient central pour Paris
Dans cette recomposition rĂ©gionale, le Maroc apparaĂźt dĂ©sormais comme lâun des rares partenaires africains capables de conjuguer stabilitĂ© politique, projection Ă©conomique et influence sĂ©curitaire. Pendant quâune partie de lâAfrique francophone Ă©chappait progressivement Ă Paris, Rabat consolidait mĂ©thodiquement ses rĂ©seaux bancaires, logistiques, industriels, religieux et diplomatiques sur le continent.
A lâElysĂ©e, cette Ă©volution est dĂ©sormais observĂ©e avec une attention particuliĂšre. Le Royaume devient pour la France une porte dâentrĂ©e stratĂ©gique vers lâAfrique, un partenaire sĂ©curitaire incontournable, un hub industriel mĂ©diterranĂ©en et un alliĂ© gĂ©opolitique de plus en plus prĂ©cieux dans une rĂ©gion en pleine recomposition.
Et cette nouvelle lecture française fait grincer quelques dents du cĂŽtĂ© dâAlger. Car Paris semble considĂ©rer aujourdâhui Rabat comme son interlocuteur maghrĂ©bin prioritaire. Une petite rĂ©volution diplomatique dans une rĂ©gion oĂč la France a longtemps tentĂ© de mĂ©nager tout le monde avant de finir par irriter tout le monde simultanĂ©ment.
Rabat et Alger, deux traitements diplomatiques différents
Mais attention: Paris ne traite plus Rabat et Alger selon la mĂȘme logique. Avec le Maroc, la France cherche dĂ©sormais Ă reconstruire une relation stratĂ©gique durable, fondĂ©e sur la sĂ©curitĂ©, lâĂ©conomie, les investissements et les grands projets rĂ©gionaux. La prĂ©paration dâun futur traitĂ© dâamitiĂ© bilatĂ©ral confiĂ©e Ă Philippe Lalliot illustre prĂ©cisĂ©ment cette volontĂ© de sanctuariser le partenariat franco-marocain pour les annĂ©es Ă venir.
Avec lâAlgĂ©rie, en revanche, lâapproche paraĂźt beaucoup plus dĂ©fensive. Lâobjectif consiste surtout Ă Ă©viter la rupture totale, contenir les crises mĂ©morielles rĂ©currentes, prĂ©server les dossiers Ă©nergĂ©tiques et migratoires, et empĂȘcher une nouvelle explosion diplomatique entre les deux capitales.
Le retour de StĂ©phane Romatet ressemble ainsi moins Ă une relance passionnĂ©e quâĂ une opĂ©ration de stabilisation sous haute surveillance. Paris tente donc un exercice dâĂ©quilibriste devenu particuliĂšrement dĂ©licat : consolider son rapprochement spectaculaire avec Rabat sans provoquer un nouvel excĂšs de tension chez le rĂ©gime algĂ©rien.
Au Maghreb, chaque nomination diplomatique finit toujours par ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme un message politique codĂ©, un dĂ©placement stratĂ©gique majeur ou, selon certains plateaux tĂ©lĂ©visĂ©s rĂ©gionaux, comme une conspiration internationale mijotĂ©e entre deux cafĂ©s tiĂšdes du Quai dâOrsay.
Le diplomate chargé de tourner la page
Le choix de Philippe Lalliot confirme surtout une chose essentielle : Paris prend dĂ©sormais Rabat trĂšs au sĂ©rieux. Lâhomme nâa rien du diplomate dĂ©coratif envoyĂ© pour inaugurer des cocktails sous les palmiers du quartier du Souissi. Ancien ambassadeur aux Pays-Bas, reprĂ©sentant auprĂšs de lâUNESCO, diplomate aux Etats-Unis et ex-directeur du Centre de crise et de soutien du ministĂšre français des Affaires Ă©trangĂšres, Lalliot appartient Ă la catĂ©gorie des poids lourds du systĂšme diplomatique français.
Autrement dit, lorsque Paris dĂ©pĂȘche un profil pareil au Maroc, ce nâest pas pour gĂ©rer le folklore protocolaire. Câest quâil existe dĂ©sormais des intĂ©rĂȘts stratĂ©giques majeurs Ă sĂ©curiser. Dans les cercles du pouvoir français, beaucoup semblent avoir compris une rĂ©alitĂ© devenue difficile Ă contourner : au Maghreb comme en Afrique de lâOuest, le Maroc nâest plus simplement un partenaire historique. Il devient progressivement un pivot rĂ©gional incontournable.
La France tente de recoller les morceaux
Il faut dire que les relations franco-marocaines sortaient dâune pĂ©riode particuliĂšrement mouvementĂ©e. Durant plusieurs annĂ©es, Paris a semblĂ© naviguer sur le dossier marocain avec une prudence presque maladive, multipliant les ambiguĂŻtĂ©s sur le Sahara, les rapprochements maladroits avec Alger, les dĂ©clarations contradictoires et les crises diplomatiques Ă rĂ©pĂ©tition.
Une hĂ©sitation permanente qui avait fini par sĂ©rieusement refroidir les relations avec Rabat. RĂ©sultat : le Maroc avait progressivement dĂ©placĂ© ses centres de gravitĂ© diplomatiques vers Washington, Madrid, Tel-Aviv, les monarchies du Golfe et une partie croissante de lâAfrique subsaharienne.
Ă Paris, certains ont fini par comprendre â un peu tardivement â quâon ne traite plus le Maroc comme une simple variable dâajustement maghrĂ©bine sans consĂ©quences stratĂ©giques. La visite dâĂtat dâEmmanuel Macron au Maroc en 2024 avait dĂ©jĂ amorcĂ© le rĂ©chauffement. LâarrivĂ©e de Philippe Lalliot semble dĂ©sormais marquer le passage du symbole Ă la consolidation durable.
Le traitĂ© dâamitiĂ© qui inquiĂšte Alger
Le dossier le plus sensible qui attend le futur ambassadeur concerne justement le projet de traitĂ© dâamitiĂ© franco-marocain Ă©voquĂ© ces derniers mois dans plusieurs cercles diplomatiques. DerriĂšre cette formule trĂšs policĂ©e se cache une ambition beaucoup plus vaste : redĂ©finir profondĂ©ment la relation entre Paris et Rabat pour les dĂ©cennies Ă venir. Et câest prĂ©cisĂ©ment cette perspective qui alimente la nervositĂ© du pouvoir algĂ©rien.
A Alger, chaque rapprochement franco-marocain est dĂ©sormais perçu comme un Ă©loignement supplĂ©mentaire de la France vis-Ă -vis du rĂ©gime des caporaux. Le problĂšme devient mĂȘme presque psychologique. Pendant des dĂ©cennies, le pouvoir algĂ©rien sâest considĂ©rĂ© comme le centre politique naturel du Maghreb et le partenaire incontournable de Paris dans la rĂ©gion. Voir aujourdâhui lâancienne puissance coloniale traiter Rabat comme interlocuteur prioritaire relĂšve dâune vexation gĂ©opolitique difficilement digestible.
Le spectacle rĂ©gional devient dĂšs lors particuliĂšrement embarrassant pour Alger. Pendant que le Maroc accumule investissements, partenariats internationaux, soutien occidental et ambitions atlantiques, le rĂ©gime Ă lâest de lâEden semble parfois rĂ©duit Ă commenter rageusement les avancĂ©es du Royaume avec lâĂ©nergie fĂ©brile dâun chroniqueur sportif contestant un arbitrage vidĂ©o.
Mohamed Jaouad Kanabi
Philippe Lalliot, pur produit du Quai dâOrsay et vĂ©tĂ©ran des dossiers sensibles, succĂ©dera Ă Christophe Lecourtier, rĂ©cemment nommĂ© Ă la tĂȘte de lâAgence française de dĂ©veloppement. Mais, derriĂšre cette nomination se joue une sĂ©quence gĂ©opolitique beaucoup plus lourde quâun simple passage de relais diplomatique.
Paris tente aujourdâhui de consolider son spectaculaire retour au Maroc aprĂšs plusieurs annĂ©es de froid politique, dâincomprĂ©hensions mutuelles et dâĂ©quilibrisme maghrĂ©bin exĂ©cutĂ© avec la grĂące dâun funambule sous somnifĂšres.
Paris replace ses pions au Maghreb
Un dĂ©tail intrigue dâailleurs les observateurs des relations franco-maghrĂ©bines. Au moment mĂȘme oĂč Philippe Lalliot sâapprĂȘte Ă prendre ses fonctions Ă Rabat, lâambassadeur français en AlgĂ©rie, StĂ©phane Romatet, vient lui aussi de reprendre officiellement son poste aprĂšs une longue pĂ©riode de gel diplomatique entre Paris et Alger.
En rĂ©alitĂ©, la France semble engager une vaste opĂ©ration de rĂ©armement diplomatique dans la rĂ©gion. Une tentative de remise Ă niveau stratĂ©gique aprĂšs plusieurs annĂ©es de brouilles successives et de calculs contradictoires qui avaient fini par dĂ©tĂ©riorer simultanĂ©ment les relations françaises avec Rabat⊠et Alger. Une performance diplomatique rare, mĂȘme pour le Quai dâOrsay.
Car Paris a fini par comprendre une rĂ©alitĂ© devenue brutale : son influence sâest considĂ©rablement Ă©rodĂ©e dans son ancien prĂ© carrĂ© africain. Au Sahel, lâĂ©viction française du Mali, du Burkina Faso et du Niger a provoquĂ© un vĂ©ritable traumatisme stratĂ©gique. DĂšs lors, le Maghreb redevient une prioritĂ© majeure pour lâElysĂ©e. Presque une nĂ©cessitĂ© vitale.
Pourquoi le Maroc redevient central pour Paris
Dans cette recomposition rĂ©gionale, le Maroc apparaĂźt dĂ©sormais comme lâun des rares partenaires africains capables de conjuguer stabilitĂ© politique, projection Ă©conomique et influence sĂ©curitaire. Pendant quâune partie de lâAfrique francophone Ă©chappait progressivement Ă Paris, Rabat consolidait mĂ©thodiquement ses rĂ©seaux bancaires, logistiques, industriels, religieux et diplomatiques sur le continent.
A lâElysĂ©e, cette Ă©volution est dĂ©sormais observĂ©e avec une attention particuliĂšre. Le Royaume devient pour la France une porte dâentrĂ©e stratĂ©gique vers lâAfrique, un partenaire sĂ©curitaire incontournable, un hub industriel mĂ©diterranĂ©en et un alliĂ© gĂ©opolitique de plus en plus prĂ©cieux dans une rĂ©gion en pleine recomposition.
Et cette nouvelle lecture française fait grincer quelques dents du cĂŽtĂ© dâAlger. Car Paris semble considĂ©rer aujourdâhui Rabat comme son interlocuteur maghrĂ©bin prioritaire. Une petite rĂ©volution diplomatique dans une rĂ©gion oĂč la France a longtemps tentĂ© de mĂ©nager tout le monde avant de finir par irriter tout le monde simultanĂ©ment.
Rabat et Alger, deux traitements diplomatiques différents
Mais attention: Paris ne traite plus Rabat et Alger selon la mĂȘme logique. Avec le Maroc, la France cherche dĂ©sormais Ă reconstruire une relation stratĂ©gique durable, fondĂ©e sur la sĂ©curitĂ©, lâĂ©conomie, les investissements et les grands projets rĂ©gionaux. La prĂ©paration dâun futur traitĂ© dâamitiĂ© bilatĂ©ral confiĂ©e Ă Philippe Lalliot illustre prĂ©cisĂ©ment cette volontĂ© de sanctuariser le partenariat franco-marocain pour les annĂ©es Ă venir.
Avec lâAlgĂ©rie, en revanche, lâapproche paraĂźt beaucoup plus dĂ©fensive. Lâobjectif consiste surtout Ă Ă©viter la rupture totale, contenir les crises mĂ©morielles rĂ©currentes, prĂ©server les dossiers Ă©nergĂ©tiques et migratoires, et empĂȘcher une nouvelle explosion diplomatique entre les deux capitales.
Le retour de StĂ©phane Romatet ressemble ainsi moins Ă une relance passionnĂ©e quâĂ une opĂ©ration de stabilisation sous haute surveillance. Paris tente donc un exercice dâĂ©quilibriste devenu particuliĂšrement dĂ©licat : consolider son rapprochement spectaculaire avec Rabat sans provoquer un nouvel excĂšs de tension chez le rĂ©gime algĂ©rien.
Au Maghreb, chaque nomination diplomatique finit toujours par ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme un message politique codĂ©, un dĂ©placement stratĂ©gique majeur ou, selon certains plateaux tĂ©lĂ©visĂ©s rĂ©gionaux, comme une conspiration internationale mijotĂ©e entre deux cafĂ©s tiĂšdes du Quai dâOrsay.
Le diplomate chargé de tourner la page
Le choix de Philippe Lalliot confirme surtout une chose essentielle : Paris prend dĂ©sormais Rabat trĂšs au sĂ©rieux. Lâhomme nâa rien du diplomate dĂ©coratif envoyĂ© pour inaugurer des cocktails sous les palmiers du quartier du Souissi. Ancien ambassadeur aux Pays-Bas, reprĂ©sentant auprĂšs de lâUNESCO, diplomate aux Etats-Unis et ex-directeur du Centre de crise et de soutien du ministĂšre français des Affaires Ă©trangĂšres, Lalliot appartient Ă la catĂ©gorie des poids lourds du systĂšme diplomatique français.
Autrement dit, lorsque Paris dĂ©pĂȘche un profil pareil au Maroc, ce nâest pas pour gĂ©rer le folklore protocolaire. Câest quâil existe dĂ©sormais des intĂ©rĂȘts stratĂ©giques majeurs Ă sĂ©curiser. Dans les cercles du pouvoir français, beaucoup semblent avoir compris une rĂ©alitĂ© devenue difficile Ă contourner : au Maghreb comme en Afrique de lâOuest, le Maroc nâest plus simplement un partenaire historique. Il devient progressivement un pivot rĂ©gional incontournable.
La France tente de recoller les morceaux
Il faut dire que les relations franco-marocaines sortaient dâune pĂ©riode particuliĂšrement mouvementĂ©e. Durant plusieurs annĂ©es, Paris a semblĂ© naviguer sur le dossier marocain avec une prudence presque maladive, multipliant les ambiguĂŻtĂ©s sur le Sahara, les rapprochements maladroits avec Alger, les dĂ©clarations contradictoires et les crises diplomatiques Ă rĂ©pĂ©tition.
Une hĂ©sitation permanente qui avait fini par sĂ©rieusement refroidir les relations avec Rabat. RĂ©sultat : le Maroc avait progressivement dĂ©placĂ© ses centres de gravitĂ© diplomatiques vers Washington, Madrid, Tel-Aviv, les monarchies du Golfe et une partie croissante de lâAfrique subsaharienne.
Ă Paris, certains ont fini par comprendre â un peu tardivement â quâon ne traite plus le Maroc comme une simple variable dâajustement maghrĂ©bine sans consĂ©quences stratĂ©giques. La visite dâĂtat dâEmmanuel Macron au Maroc en 2024 avait dĂ©jĂ amorcĂ© le rĂ©chauffement. LâarrivĂ©e de Philippe Lalliot semble dĂ©sormais marquer le passage du symbole Ă la consolidation durable.
Le traitĂ© dâamitiĂ© qui inquiĂšte Alger
Le dossier le plus sensible qui attend le futur ambassadeur concerne justement le projet de traitĂ© dâamitiĂ© franco-marocain Ă©voquĂ© ces derniers mois dans plusieurs cercles diplomatiques. DerriĂšre cette formule trĂšs policĂ©e se cache une ambition beaucoup plus vaste : redĂ©finir profondĂ©ment la relation entre Paris et Rabat pour les dĂ©cennies Ă venir. Et câest prĂ©cisĂ©ment cette perspective qui alimente la nervositĂ© du pouvoir algĂ©rien.
A Alger, chaque rapprochement franco-marocain est dĂ©sormais perçu comme un Ă©loignement supplĂ©mentaire de la France vis-Ă -vis du rĂ©gime des caporaux. Le problĂšme devient mĂȘme presque psychologique. Pendant des dĂ©cennies, le pouvoir algĂ©rien sâest considĂ©rĂ© comme le centre politique naturel du Maghreb et le partenaire incontournable de Paris dans la rĂ©gion. Voir aujourdâhui lâancienne puissance coloniale traiter Rabat comme interlocuteur prioritaire relĂšve dâune vexation gĂ©opolitique difficilement digestible.
Le spectacle rĂ©gional devient dĂšs lors particuliĂšrement embarrassant pour Alger. Pendant que le Maroc accumule investissements, partenariats internationaux, soutien occidental et ambitions atlantiques, le rĂ©gime Ă lâest de lâEden semble parfois rĂ©duit Ă commenter rageusement les avancĂ©es du Royaume avec lâĂ©nergie fĂ©brile dâun chroniqueur sportif contestant un arbitrage vidĂ©o.
Mohamed Jaouad Kanabi
