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À propos de Province TĂ©touan

Située dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, la province de Tétouan est un territoire riche en contrastes, entre montagnes du Rif et littoral méditerranéen. Avec ses 20 communes, elle...

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Actualités 06 Nov 2025 7 min de lecture

L’investissement public, quel impact sur les Ă©quilibres rĂ©gionaux ?

L’investissement public, quel impact sur les Ă©quilibres rĂ©gionaux ?

L’investissement public a augmentĂ© considĂ©rablement enregistrant un taux d’évolution de 86,8 % sur la pĂ©riode 2020-2025, et devrait atteindre 380 MM DH au titre de l’annĂ©e 2026. Cet effort volontariste d’investissement a pour objectif d’appuyer la rĂ©alisation des grands chantiers structurants d’infrastructure, d’accompagner la mise en Ɠuvre des diffĂ©rentes stratĂ©gies sectorielles, et d’amĂ©liorer l’accĂšs aux services sociaux de base. Ces programmes s’articulent autour des quatre axes prioritaires :

« 1. la promotion de l’emploi Ă  partir des vocations Ă©conomiques dominantes et des spĂ©cificitĂ©s de chaque territoire ;

2. le renforcement des services sociaux de base pour combler les déficits persistants et améliorer davantage les indicateurs sociaux ;

3. La gestion proactive et durable des ressources en eau pour une utilisation efficiente permettant d’attĂ©nuer les effets du stress hydrique ;

4. La mise Ă  niveau territoriale intĂ©grĂ©e reposant sur le renforcement des infrastructures et des services de base, tout en s’appuyant sur la dynamique de la CAN 2025 et de la Coupe du Monde de football 2030. » (Note sur la rĂ©partition rĂ©gionale de l’investissement. PLF 2026).

Une question de méthodologie

Malheureusement, les donnĂ©es telles qu’elles sont prĂ©sentĂ©es dans cette note ne permettent pas une lecture lucide et ne fournissent pas des donnĂ©es prĂ©cises sur la rĂ©partition rĂ©gionale de l’investissement. On y trouve des donnĂ©es Ă©parses sur les 12 rĂ©gions. Si on prend l’exemple de la rĂ©gion Tanger-TĂ©touan-Al Hoceima, les donnĂ©es sont prĂ©sentĂ©es en 4 tableaux :

-Principaux projets d’investissement publics (Budget GĂ©nĂ©ral) achevĂ©s en 2024. 

– Principaux projets d’investissement publics (Budget GĂ©nĂ©ral) en cours d’exĂ©cution.

 -Principaux nouveaux projets d’investissement publics (Budget GĂ©nĂ©ral)

– Principaux projets d’investissement publics (Budgets des EEP) 

La mĂȘme dĂ©marche est suivie pour les autres rĂ©gions. Ainsi prĂ©sentĂ©es, ces donnĂ©es prĂ©sentent, de notre point de vue, peu d’intĂ©rĂȘt et ne permettent pas de procĂ©der Ă  des lectures fĂ©condes en matiĂšre de la rĂ©partition rĂ©gionale de l’investissement. La confusion est totale : l’investissement public ne se rĂ©duit pas Ă  l’investissement du budget gĂ©nĂ©ral et Ă  celui des Etablissements et Entreprises publics (EEP). Il faut y ajouter l’investissement rĂ©alisĂ© par les CST (Comptes SpĂ©ciaux du TrĂ©sor) qui n’est pas nĂ©gligeable, le Fonds Mohamed VI et les collectivitĂ©s territoriales. 

 Sur une carte du Maroc, on prĂ©sente le PIB par habitant et la contribution rĂ©gionale au PIB pour la pĂ©riode 2015-2023, en agrĂ©geant les donnĂ©es en 4 groupes : les rĂ©gions Draa Tafilalet, Guelmim Oued Noun, Laayoune sakia Al hamra et dakhla Oued Addahab ont une contribution au PIB variant entre 1-5% ; les rĂ©gions Souss Massa, Marrakech Safi, FĂšs-MeknĂšs, Oriental et Beni Mellal -KhĂ©nifra y contribuent entre 5 et 10% ; les deux rĂ©gions Tanger-TĂ©touan-Al Hoceima, Rabat-salĂ©-KĂ©nitra y contribuent entre 10-25% ; seule la rĂ©gion Casa-Settat, se dĂ©tache du lot avec une contribution variant dans une fourchette de 25-32%. 

EEP, 64% de l’investissement vont Ă  trois rĂ©gions

L’analyse de la rĂ©partition rĂ©gionale des investissements prĂ©visionnels des EEP pour les annĂ©es 2025 et 2026 est plus claire. Elle fait apparaĂźtre une forte concentration gĂ©ographique de l’effort d’investissement public. En 2025, prĂšs de 64% de l’enveloppe globale est orientĂ©e vers trois rĂ©gions seulement : Casablanca-Settat (30,6%), Rabat-SalĂ©-KĂ©nitra (19,4%) et Marrakech- Safi (13,6%). Cette tendance se prolonge en 2026 avec des parts respectives de 31,2%, 14,6% et 14,6%, confirmant l’ancrage prĂ©pondĂ©rant des investissements dans les pĂŽles urbains historiquement mieux dotĂ©s en infrastructures et en projets. Si certaines rĂ©gions Ă  l’instar de l’Oriental, de Beni Mellal-KhĂ©nifra, ou de FĂšs-MeknĂšs, enregistrent des Ă©volutions positives – bien que modĂ©rĂ©es – de leurs parts d’investissement entre 2025 et 2026, d’autres rĂ©gions, notamment DrĂąa Tafilalet, Souss – Massa, Guelmim-Oued Noun ou Dakhla-Oued Eddahab, continuent de se voir attribuer des parts moins importantes, souvent infĂ©rieures Ă  3% de l’investissement total. Cette configuration accentue les disparitĂ©s interrĂ©gionales et souligne les limites de l’effort redistributif des investissements publics actuels. (Rapport sur les Etablissements et Entreprises publics)

Pour ce qui est du PIB par habitant, les groupes de pays différent. Le classement est le suivant en partant du bas vers le haut : Draa-Tafilalet, Marakech-safi, Fes-Meknes (15000-25000 DH) ; Souss-Massa, Beni Mellal-Khénifra (25001-40000) ; Guelmim-Oued Noun, Oriental, Tanger-Tétouan-Al Hoceima (40001-50000) ; Rabat-Salé-Kénitra, Casablanca Settat, Laayoune Saqiat Al hamra, dakhla Oued Addahab (50001-85000).

Dakhla, Oued Dahab au sommet

Les donnĂ©es portant sur l’annĂ©e 2023 sont plus prĂ©cises pour mesurer les disparitĂ©s rĂ©gionales sur la base du PIB par habitant. Ainsi, par rapport Ă  une moyenne nationale du PIB/habitant, soit 34346, cinq rĂ©gions enregistrent un PIB supĂ©rieur Ă  la moyenne et 7 rĂ©gions dĂ©gagent un PIB infĂ©rieur Ă  la moyenne. La rĂ©gion de Tanger TĂ©touan Al Hoceima, malgrĂ© la dynamique Ă©conomique qu’elle connait, enregistre un PIB proche de la moyenne. Les rĂ©gions composant les provines sahariennes sont, avec Casablanca et Rabat-salĂ© -KĂ©nitra parmi les plus riches. Dakhla Oued Dahab se distingue avec un PIB/ha de 84142 DH devançant Laayoune de 26985 DH. Cette diffĂ©rence correspond au PIB/ha de Beni Mellal KhĂ©nifra. L’écart entre le PIB le plus Ă©levĂ© et le plus bas enregistrĂ© Ă  Draa Tafilalet (19898 DH) va de 1 Ă  4,2 ! ce qui signifie qu’un habitant Ă  Dakhla dispose en moyenne de plus de 4 fois le PIB moyen d’un habitant de Draa Tafilalet. Certaines donnĂ©es donnent Ă  rĂ©flĂ©chir: l’Oriental, classĂ© au neuviĂšme rang fait relativement mieux que Fes-Meknes (10Ăšme rang) et Marrakech-Safi (avant dernier). La concentration de l’activitĂ© dans certaines villes couplĂ©e aux effets de la sĂ©cheresse et Ă  une politique sociale dĂ©faillante expliquent en partie ce paradoxe. Ainsi, les revenus tirĂ©s du tourisme, dont Marrakech est parmi les 10 villes les plus attractives au niveau mondial, ne se propagent pas sur l’ensemble de la rĂ©gion. Marrakech-ville est entourĂ©e de provinces parmi les plus pauvres comme Chichaoua, El Haouz, Youssoufia. Le mĂȘme phĂ©nomĂšne est observĂ© au niveau de la rĂ©gion de Fes-Meknes qui regroupe des provinces trĂšs pauvres comme Taounate, Taza, Boulemane 


Le capital privĂ© sur la trace de l’investissement public

Encore faut-il prĂ©ciser qu’on parle de moyennes arithmĂ©tiques qui ne prennent pas en considĂ©ration la rĂ©partition des richesses produites et des revenus qui en dĂ©coulent. Revenons au cas de Draa Tafilalet dont le PIB/ha est le plus bas. Un PIB annuel moyen de 19898 DH nous donne 54,5 DH par jour. Si on tient compte de la rĂ©partition inĂ©gale de la richesse, la majoritĂ© de la population se retrouverait avec 10 Ă  20 DH par jour ! VoilĂ  ce que ne dit pas la rĂ©partition rĂ©gionale de l’investissement public. C’est bien d’annoncer des objectifs comme le renforcement des servies sociaux et la mise Ă  niveau territoriale intĂ©grĂ©e. C’est bien Ă©galement d’aligner des chiffres ambitieux sur l’investissement public qui remontent en 2026 Ă  380 milliards DH, soit plus de 20% du PIB. C’est bien aussi d’annoncer des montants colossaux des projets d’investissements privĂ©s tels qu’ils sont approuvĂ©s par la Commission Nationale que prĂ©side le Chef du Gouvernement, soit 250 projets pour un investissement de 414 milliards DH. PrĂ©cisons, toutefois, que trois rĂ©gions, Casablanca-Settat, Tanger-TĂ©touan-Al Hoceima et Rabat-SalĂ©-KĂ©nitra, s’accaparent 153 projets, soit plus de 60%. Le reste est rĂ©parti sur les autres rĂ©gions. La rĂ©gion la moins lotie, Draa Tafilalet, attire Ă  peine 4 projets. On retiendra de cette rĂ©partition que l’investissement privĂ© suit la trace de l’investissement public. D’oĂč la responsabilitĂ© de l’Etat de dĂ©mocratiser la rĂ©partition des investissements publics comme prĂ©lude Ă  une justice territoriale. A dĂ©faut de cette inflexion proclamĂ©e et voulue par la plus Haute AutoritĂ© du pays, la situation ne changera pas radicalement et on continuera toujours Ă  verser des larmes de crocodile.

Cet article est repris sous forme d’extrait. La version complĂšte est publiĂ©e par le mĂ©dia d’origine.

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