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Actualités 15 Dec 2025 10 min de lecture

​ZLECAf : Rabat booste ses partenariats africains [INTÉGRAL]

​ZLECAf : Rabat booste ses partenariats africains [INTÉGRAL]
Marrakech a accueilli la 2Ăšme Ă©dition du Forum d’Affaires de la ZLECAf, placĂ©e sous le signe d’une intĂ©gration Ă©conomique africaine plus efficiente. Les 11 et 12 dĂ©cembre, les dĂ©bats ont permis d’affiner les stratĂ©gies, d’harmoniser les positions et de consolider la dynamique continentale.
​ZLECAf : Rabat booste ses partenariats africains [INTÉGRAL]
De Casablanca Ă  Marrakech, la dynamique s’accĂ©lĂšre. AprĂšs le succĂšs du «Forum ZLECAf Morocco 2024», le Maroc a accueilli, les 11 et 12 dĂ©cembre 2025, la 2Ăšme Ă©dition du Forum d’Affaires de la ZLECAf. OrganisĂ©e sous le Haut Patronage de Sa MajestĂ© le Roi Mohammed VI par le SecrĂ©tariat d’État chargĂ© du Commerce extĂ©rieur, cette rencontre, placĂ©e sous le thĂšme «Ensemble pour une mise en Ɠuvre efficiente de la ZLECAf», s’inscrit dans une logique de consolidation et de passage Ă  l’action, en partenariat avec la ConfĂ©dĂ©ration Marocaine des Exportateurs (ASMEX), la CGEM et l’Association des RĂ©gions du Maroc (ARM).
 
 
L’heure du marchĂ© africain intĂ©grĂ©

PortĂ©e par l’ambition de faire passer les Ă©changes intra-africains de 16% actuellement Ă  prĂšs de 50% Ă  l’horizon des vingt prochaines annĂ©es, la Zone de libre-Ă©change continentale africaine s’impose comme l’un des chantiers Ă©conomiques les plus structurants du continent. Lors du Forum d’Affaires de la ZLECAf, le SecrĂ©taire d’État chargĂ© du Commerce extĂ©rieur, Omar Hejira, a rappelĂ© que cet accord vise Ă  donner naissance au plus grand bloc commercial au monde en nombre d’États membres, rĂ©unissant plus de 1,3 milliard de consommateurs et des capacitĂ©s productives encore largement sous-exploitĂ©es.
 
Au-delĂ  des discours, l’enjeu est dĂ©sormais opĂ©rationnel de bĂątir progressivement un marchĂ© africain intĂ©grĂ©, Ă  l’image de la CommunautĂ© Economique EuropĂ©enne qui a prĂ©cĂ©dĂ© l’Union EuropĂ©enne, capable de rĂ©duire la dĂ©pendance extĂ©rieure du continent et de structurer des chaĂźnes de valeur rĂ©gionales. La ZLECAf ambitionne ainsi de faire Ă©merger, Ă  terme, un marchĂ© unique de prĂšs de 1,4 milliard d’habitants, fondĂ© sur la simplification des Ă©changes, la levĂ©e des barriĂšres non tarifaires, la finalisation des nĂ©gociations tarifaires et le dĂ©ploiement d’outils structurants, notamment un systĂšme de paiement panafricain et des infrastructures logistiques intĂ©grĂ©es.
 
 
Du dĂ©bat Ă  l’action
 
PensĂ© comme un outil de mise en Ɠuvre plutĂŽt que comme un simple cadre d’échanges, le programme des deux journĂ©es du Forum a traduit la volontĂ© des organisateurs de dĂ©placer le dĂ©bat vers le terrain opĂ©rationnel. Les discussions ont Ă©tĂ© structurĂ©es autour des leviers clĂ©s de la ZLECAf, notamment la transformation des chaĂźnes de valeur continentales, l’accĂ©lĂ©ration du commerce intra-africain, la montĂ©e en gamme des exportations africaines et le renforcement de l’attractivitĂ© des investissements.
 
 Ă€ travers une articulation entre panels thĂ©matiques, sessions plĂ©niĂšres, rencontres B2B et Ă©changes techniques, le Forum a rĂ©uni dĂ©cideurs publics, chefs d’entreprises, institutions et experts autour d’un objectif commun : faire de la ZLECAf un instrument concret de rĂ©silience Ă©conomique, de compĂ©titivitĂ© productive et de prospĂ©ritĂ© partagĂ©e Ă  l’échelle du continent.
 
«Nous participons Ă  la deuxiĂšme Ă©dition du Forum avec un objectif clair : aller au-delĂ  des signatures de conventions pour aboutir Ă  des rĂ©sultats concrets. Il s’agit d’identifier des mĂ©canismes opĂ©rationnels permettant aux entreprises africaines d’échanger davantage entre elles», nous confie Ali El Harti, prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration Nationale de l'ElectricitĂ©, de l'Electronique et des Energies Renouvelables (FENELEC).

En marge du Forum, la ConfĂ©dĂ©ration Africaine de l’ÉlectricitĂ© et des Énergies Renouvelables (CAFELEC), dont la FENELEC est membre actif, a signĂ© un partenariat visant Ă  renforcer l’intĂ©gration du secteur Ă©lectrique africain. L’accord prĂ©voit l’harmonisation des normes, le partage d’expertise, la formation conjointe, ainsi que le dĂ©veloppement de projets transnationaux dans les Ă©nergies renouvelables, l’hydrogĂšne vert, le solaire et l’éolien.

«Au niveau de la CAFALEC, nous avons signĂ© cette convention pour accompagner ces pays africains dans la dĂ©marche, depuis l’ingĂ©nierie jusqu’au montage financier, puis jusqu’à la mise en Ɠuvre et l’électrification», a dĂ©clarĂ© Ali El Harti.
 
 
ASMEX, pont entre les marchés

L’ASMEX adopte une dĂ©marche rĂ©solument pragmatique pour consolider le commerce intra-africain, en dĂ©passant la simple formalitĂ© des signatures de conventions. L’accent est mis sur la crĂ©ation de mĂ©canismes concrets permettant de renforcer l’intĂ©gration des chaĂźnes de valeur Ă  l’échelle du continent, d’accroĂźtre la compĂ©titivitĂ© des entreprises africaines et de favoriser des Ă©changes durables entre elles.

Le prĂ©sident de l’ASMEX, Hassan Sentissi, a rĂ©vĂ©lĂ© Ă  «L’Opinion» que «l’ASMEX a exprimĂ© ses vƓux les plus sincĂšres pour fĂ©dĂ©rer et crĂ©er une confĂ©dĂ©ration africaine des exportateurs marocains».

Cette approche souligne Ă©galement le rĂŽle stratĂ©gique du Maroc comme plateforme Ă©conomique et logistique capable de catalyser les investissements et de servir de pont entre les marchĂ©s africains et internationaux. En plaçant la coopĂ©ration et la structuration au cƓur de ses actions, l’ASMEX aspire Ă  transformer les ambitions commerciales en rĂ©sultats tangibles, tout en soutenant le dĂ©veloppement Ă©conomique de l’ensemble de l’Afrique.
 
 
Construire un marché continental résilient
 
De son cĂŽtĂ©, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la ZLECAf, Wamkele Mene, a insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© d’accĂ©lĂ©rer la mise en Ɠuvre du projet, dĂ©sormais sorti de sa phase technique. Face Ă  un environnement international marquĂ© par la fragmentation des politiques industrielles, il a appelĂ© Ă  renforcer les chaĂźnes d’approvisionnement intra-africaines, Ă  dĂ©velopper les capacitĂ©s industrielles du continent et Ă  investir davantage dans ses propres institutions de financement.
 
Pour lui, la rĂ©silience africaine passe par des chaĂźnes de valeur construites en Afrique, pour l’Afrique. Les nĂ©gociations abouties dans les secteurs du textile, de l’habillement et des rĂšgles d’origine constituent, selon lui, des progrĂšs majeurs dans ce sens. 
«Le secteur des tissus marocains joue un rĂŽle clĂ© dans le dĂ©veloppement industriel et la coopĂ©ration avec l’Afrique. Nous transformons les produits africains au Maroc pour les marchĂ©s locaux et internationaux, crĂ©ant ainsi des emplois et stimulant les investissements», nous a confiĂ© Anas Al-Ansari, prĂ©sident de l’AMITH.

Mene a Ă©galement soulignĂ© l’importance du secteur privĂ©, qui devra ĂȘtre au cƓur de l’édition 2026 du Forum.
 
 
 L’Afrique connectĂ©e grĂące au Maroc

En se positionnant comme le reflet des ambitions Ă©conomiques du continent, le Maroc, engagĂ© dans une profonde mutation infrastructurelle, est appelĂ© Ă  jouer un rĂŽle central dans la construction d’un vĂ©ritable marchĂ© africain intĂ©grĂ©. GrĂące Ă  ses investissements dans les infrastructures logistiques, portuaires et industrielles, le Royaume offre une plateforme stratĂ©gique capable de faciliter les Ă©changes entre les diffĂ©rents pays africains et d’attirer les investisseurs internationaux. 

La tenue du 3Ăšme Forum de la ZLECAf, prĂ©vue courant 2026 Ă  FĂšs, selon le SecrĂ©taire d’État chargĂ© du Commerce extĂ©rieur, Omar Hejira, illustre cette dynamique et souligne l’importance du Maroc dans la mise en Ɠuvre des objectifs de la ZLECAf, pour stimuler le commerce intra-africain, harmoniser les rĂ©gulations et promouvoir la compĂ©titivitĂ© des entreprises africaines. Ce positionnement renforce non seulement la stature du Maroc comme hub Ă©conomique continental, mais ouvre Ă©galement la voie Ă  une intĂ©gration rĂ©gionale plus solide et durable, bĂ©nĂ©fique pour l’ensemble des acteurs Ă©conomiques africains.

​3 questions Ă  Hassan Sentissi : “ L’ASMEX a jouĂ© un rĂŽle clĂ© en tant que catalyseur pour rĂ©unir les pays africains autour d’objectifs communs de commerce et d’exportation “
​ZLECAf : Rabat booste ses partenariats africains [INTÉGRAL]
  • Quel est le potentiel et l’impact de l’ASMEX sur les exportateurs marocains et africains ?
L’ASMEX compte aujourd’hui prĂšs de 9.000 exportateurs marocains, dont une centaine d’entreprises mixtes qui exportent dĂ©jĂ  de maniĂšre significative. L’association, bien que créée il y a 42 ans, n’a commencĂ© Ă  se faire pleinement connaĂźtre et Ă  fĂ©dĂ©rer les entreprises marocaines que ces derniĂšres annĂ©es. Aujourd’hui, l’ASMEX appelle Ă  la crĂ©ation d’une confĂ©dĂ©ration africaine des exportateurs, avec l’aide de l’État, pour structurer et renforcer les Ă©changes commerciaux Ă  l’échelle continentale. Nous souhaitons que le Maroc serve de base et d’exemple pour cette initiative, en fĂ©dĂ©rant les exportateurs africains autour de cette vision. 
  • Quel rĂŽle joue l’ASMEX pour faciliter l’accĂšs des exportateurs marocains aux marchĂ©s africains dans le cadre de la ZLECAf ?
L’ASMEX a jouĂ© un rĂŽle clĂ© en tant que catalyseur pour rĂ©unir les pays africains autour d’objectifs communs de commerce et d’exportation. Cette initiative a permis d’organiser le premier  â€œForum ZLECAf Morocco 2024” Ă  Casablanca, entiĂšrement portĂ© par l’ASMEX, et qui a rencontrĂ© un succĂšs retentissant tant sur le plan de la participation que des rĂ©sultats concrets. Forts de cette rĂ©ussite, nous souhaitons aujourd’hui positionner le Maroc comme un acteur central du commerce intra-africain. C’est dans cette optique que nous avons Ă©tabli un partenariat avec le ministĂšre du Commerce extĂ©rieur pour la seconde Ă©dition du forum, afin de renforcer l’implication marocaine et d’élargir les opportunitĂ©s pour nos exportateurs sur l’ensemble du continent
  • Comment l’ASMEX aide-t-elle les entreprises marocaines Ă  rĂ©ussir sur le marchĂ© africain ?
L’ASMEX s’attache Ă  prĂ©parer un terrain favorable aux Ă©changes commerciaux, en restant strictement non-politique et impartial, afin de permettre Ă  toutes les entreprises africaines de collaborer efficacement avec le Maroc. Pour soutenir les exportateurs marocains, notamment ceux qui sont encore en phase de dĂ©veloppement ou peu expĂ©rimentĂ©s, nous avons mis en place une commission de commerce dĂ©diĂ©e. Cette commission accompagne les entreprises pour les aider Ă  se structurer, Ă  renforcer leur organisation interne, Ă  comprendre les exigences des marchĂ©s africains et Ă  se prĂ©parer Ă  l’export. L’objectif est de crĂ©er un Ă©cosystĂšme solide oĂč les entreprises peuvent dĂ©velopper leur compĂ©titivitĂ©, nouer des partenariats durables et saisir les opportunitĂ©s offertes par le commerce intra-africain. 

​3 questions Ă  Ali El Harti : “ Toutes les Ă©tudes montrent que l’économie mondiale dĂ©pendra de l’économie africaine”
​ZLECAf : Rabat booste ses partenariats africains [INTÉGRAL]
  • Selon vous, quel est l’objectif principal de la tenue de ce forum ?
 

Lors de la deuxiĂšme Ă©dition du Forum ZLECAf, l’objectif est de dĂ©passer les simples signatures de conventions pour gĂ©nĂ©rer des rĂ©sultats concrets, en favorisant les Ă©changes entre entreprises africaines. MalgrĂ© un commerce intra-africain encore faible, le continent vise l’industrialisation, avec le Maroc comme modĂšle. Nous avons dĂ©jĂ  enregistrĂ© des rĂ©sultats concrets et trĂšs positifs, et l’avenir s’annonce prometteur. Le forum a permis un partage d’expĂ©riences rĂ©ciproque, tout en soutenant l’exportation marocaine, notamment dans l’électricitĂ© et les Ă©nergies renouvelables.
 
 
  • Quels sont les rĂ©sultats concrets attendus de la convention avec la CAFALEC pour l’accompagnement des pays africains dans l’électrification ?
 

Rien ne peut se faire sans Ă©nergie, car la richesse d’un pays dĂ©pend directement de sa consommation Ă©nergĂ©tique. Aujourd’hui, un Africain consomme en moyenne dix fois moins qu’un EuropĂ©en, ce qui reprĂ©sente une Ă©norme opportunitĂ©. L’énergie en Afrique peut ĂȘtre utilisĂ©e sous forme de produits pĂ©troliers, de gaz ou d’électricitĂ©, et le gazoduc permettra de gĂ©nĂ©rer une grande capacitĂ© Ă©lectrique, transformant pĂ©trole et gaz en Ă©lectricitĂ©. MalgrĂ© les dĂ©fis, notamment le financement, la convention signĂ©e avec la CAFALEC vise Ă  accompagner les pays africains depuis l’ingĂ©nierie jusqu’au financement et Ă  la mise en Ɠuvre de projets d’électrification industrielle, rĂ©sidentielle et tertiaire.
 
 
  • Quel message souhaitez-vous adresser aux autres pays africains pour renforcer l’efficacitĂ© Ă©conomique du continent ?
 

Mon message est clair et simple : notre richesse, c’est notre jeunesse. La moyenne d’ñge en Afrique est de 19 ans, contre 40 ans en Europe. L’avenir est donc africain. Toutes les Ă©tudes montrent que l’économie mondiale dĂ©pendra de l’économie africaine. Nous avons un potentiel Ă©norme et il est temps de passer Ă  une vitesse supĂ©rieure, celle de la concrĂ©tisation et des rĂ©sultats tangibles.
 

​ZLECAf : Rabat booste ses partenariats africains [INTÉGRAL]

Cet article est repris sous forme d’extrait. La version complĂšte est publiĂ©e par le mĂ©dia d’origine.

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