11 janvier, une date si chĂšre aux Marocains qui cĂ©lĂšbrent aujourdâhui le quatre-vingtiĂšme anniversaire du Manifeste de lâIndĂ©pendance. Un Ă©vĂ©nement marquant dans lâHistoire du Royaume et le prĂ©lude de lâĂ©mancipation du joug colonial.
Il a suffi que 66 illustres personnalitĂ©s du Mouvement national sâenhardissent Ă signer un manifeste revendiquant lĂ©gitimement, en pleine deuxiĂšme guerre mondiale, lâindĂ©pendance du pays pour dĂ©stabiliser la RĂ©sidence gĂ©nĂ©rale du colonisateur français, subordonnĂ©e au gouvernement de Vichy. IndĂ©pendance et dĂ©mocratie furent les deux aspirations formulĂ©es par les signataires du manifeste qui a bouleversĂ© le cours du protectorat français au Maroc, lequel a fini par succomber Ă la volontĂ© du peuple marocain et de son Sultan Ă disposer du destin de leur propre pays.
Dans la continuitĂ© de lâesprit du 11 janvier, le Royaume a accompli des pas de gĂ©ant, accumulant les victoires diplomatiques, notamment via la reconnaissance de plusieurs grandes puissances de la marocanitĂ© du Sahara. A cela sâajoutent les initiatives visant Ă hisser le Maroc au rang des pays influents et puissants de la rĂ©gion, dont la derniĂšre initiative Royale pour lâAtlantique.
Il a suffi que 66 illustres personnalitĂ©s du Mouvement national sâenhardissent Ă signer un manifeste revendiquant lĂ©gitimement, en pleine deuxiĂšme guerre mondiale, lâindĂ©pendance du pays pour dĂ©stabiliser la RĂ©sidence gĂ©nĂ©rale du colonisateur français, subordonnĂ©e au gouvernement de Vichy. IndĂ©pendance et dĂ©mocratie furent les deux aspirations formulĂ©es par les signataires du manifeste qui a bouleversĂ© le cours du protectorat français au Maroc, lequel a fini par succomber Ă la volontĂ© du peuple marocain et de son Sultan Ă disposer du destin de leur propre pays.
Dans la continuitĂ© de lâesprit du 11 janvier, le Royaume a accompli des pas de gĂ©ant, accumulant les victoires diplomatiques, notamment via la reconnaissance de plusieurs grandes puissances de la marocanitĂ© du Sahara. A cela sâajoutent les initiatives visant Ă hisser le Maroc au rang des pays influents et puissants de la rĂ©gion, dont la derniĂšre initiative Royale pour lâAtlantique.
Flashback
Les historiens sâaccordent Ă dire que cette date est la plus importante dans lâhistoire du mouvement national et de la lutte pour lâindĂ©pendance du pays. PrĂ©sentĂ©, le 11 jan- vier 1944, ce document a constituĂ© un tournant dĂ©cisif dans la lutte visant Ă affranchir le royaume du colonialisme, scellant un pacte entre le roi, Feu Mohammed V, et les figures du Mouvement national.
Cet accord, qui illustre la volontĂ© commune du TrĂŽne et du peuple dâen finir avec le protectorat pour un Maroc libre et indĂ©pendant, a permis dâentamer la phase de revendication publique de lâindĂ©pendance et de la souverainetĂ© nationale. A lire rĂ©trospectivement le Manifeste, Ă regarder la maniĂšre dont le problĂšme de lâIndĂ©pendance avait Ă©tĂ© posĂ©, nous restons impression- nĂ©s par la force de la revendication qui marqua le contenu du texte, Ă un moment oĂč le monde sortait difficilement de la DeuxiĂšme Guerre mondiale, oĂč la France sortait de lâoccupation nazie. DĂšs les premiĂšres lignes, les signataires rĂ©clamĂšrent lâindĂ©pendance du Maroc dans son intĂ©gritĂ© territoriale sous lâĂ©gide du Roi Mohammed Ben Youssef.
LâindĂ©pendance et rien dâautre, mais sous lâautoritĂ© du Roi lĂ©gitime, et seul garant de lâunitĂ© et le symbole de la souverainetĂ©. Il y avait Ă lâĂ©vidence une subtile logique dans le propos qui posait la libĂ©ration comme principe in- contournable. Cette exigence que la libĂ©ration du Maroc ne pouvait sâeffectuer que dans ses frontiĂšres naturelles et dans lâintĂ©gritĂ© territoriale du Royaume reprĂ©sentait un point de non retour dans la marche du rĂ©tablissement du droit dâune Nation Ă disposer dâelle-mĂȘme. La commĂ©moration de la journĂ©e du 11 janvier cristallise ainsi la volontĂ© de tous les patriotes sincĂšres et dĂ©vouĂ©s Ă la cause du peuple de mener ensemble la lutte pour ouvrir de nouveaux horizons, forger une nouvelle mentalitĂ© et donner au Maroc dĂ©mocratique et souverain la place qui lui sied sur la carte du monde.
Un acte fondateur dans lâĂ©dification du Maroc moderne Cette Ă©dification de lâavenir du Ma- roc, jouissant de son indĂ©pendance politique, Ă©conomique et culturelle et oĂč tous les citoyens profitent de façon Ă©gale des fruits de cette indĂ©pendance, exige la conjugaison des efforts de tous et la mobilisation de toutes les potentialitĂ©s pour relever les dĂ©fis et consolider les fondements dâun Ă©difice solide capable de faire face Ă tous les dĂ©fis. Le 11 janvier a Ă©tĂ© le point de dĂ©part pour le peuple marocain afin dâĂ©tablir la dĂ©mocratie, de surmonter les obstacles et de disposer de tous les moyens de dĂ©fense et dâimmunitĂ©.
La prĂ©sentation de ce Manifeste le 11 janvier 1944 Ă feu S.M Mohammed V, au RĂ©sident gĂ©nĂ©ral français, aux consuls de Grande-Bretagne et des Ătats-Unis au Maroc et Ă lâambassadeur de lâUnion SoviĂ©tique, a constituĂ© un cap dĂ©cisif dans la lutte du peuple marocain. AprĂšs avoir pris connaissance de cet important Ă©vĂ©nement, ce peuple libre et fier a organisĂ© des actions dans plusieurs villes. Les autoritĂ©s coloniales ont alors procĂ©dĂ© Ă lâarrestation de plusieurs leaders du Mouvement national, Ă la suite de quoi des grĂšves et des manifestations ont Ă©clatĂ©, particuliĂšrement dans les villes de Rabat, SalĂ© et FĂšs. Le 11 janvier 1944 concrĂ©tise donc le fait que le peuple marocain avait dĂ©passĂ© le stade de revendication des simples rĂ©formes Ă©conomiques, administratives et sociales pour exiger lâindĂ©pendance du pays.
Le programme Ă©tait ainsi tracĂ© et les objectifs dĂ©finis. Une feuille de route qui servira de socle auquel sâattacheront aussi bien le Roi que les nationalistes marocains autour de lui. Une stratĂ©gie a tout de suite pris forme, adaptĂ©e aux circonstances nationales, mais en corrĂ©lation aussi avec les textes qui fleurissaient un peu partout dans le monde Ă cette Ă©poque sur les mouvements de libĂ©ration nationale. Aussi bien dans le monde arabe quâen Asie ou en Afrique.
Ce nâest pas par hasard que des annĂ©es plus tard, suscitant des Ă©chos dâadmiration en Afrique et en Asie, le combat de Mohammed V fut Ă©voquĂ© comme une forte illustration de lâengagement politique, fait de sagesse et de dĂ©termination. Ce nâest pas non plus un hasard si les autoritĂ©s coloniales françaises , mesurant la profondeur des liens qui unissaient le Roi et son peuple, nâen dĂ©mordirent pas une seconde pour briser ce lien sacrĂ© et en dĂ©coudre avec le guide de la nation, propulsĂ© dĂ©sormais sur la scĂšne nationale et internationale comme un leader dont la force de conviction, lâesprit de sacrifice pour son peuple, la vision lointaine allaient de pair avec le charisme que dĂ©gageait sa personne.
Il aura fallu aussi une vĂ©ritable conspiration, une campagne sournoise dâintrigues et de complots en sous-main, menĂ©s par le gĂ©nĂ©ral Juin et des mercenaires de sous-prĂ©fecture, pour rĂ©ussir Ă exiler, un matin du 20 aoĂ»t 1953, le Roi et sa famille, le contraindre de force Ă quitter son pays et Ă sâĂ©loigner de son peuple. Une vĂ©ritable forfaiture, câest ce quâa Ă©tĂ© le complot dâun groupe de connĂ©tables envers la personne qui incarnait lâhistoire millĂ©naire du Maroc et portait tous les espoirs du peuple en lui.
Une répression démesurée, une détermination à toute épreuve
La rĂ©pression qui suivit la publication du Manifeste du 11 janvier et la rĂ©union au Palais Royal de Rabat entre le Souverain et les nationalistes Ă©tait fĂ©roce. Elle nâavait dâĂ©gale que la rĂ©solution colĂ©reuse mais calme et froide de Mohammed V Ă dĂ©fendre la libertĂ© de son peuple et lâindĂ©pendance de son pays. Le 10 avril 1947, en visite Ă Tanger avec sa petite famille, il prit sur lui de pro- noncer du haut de la Mandoubia, dans cette citĂ© mĂ©diterranĂ©enne sĂ©parĂ©e seulement de lâEurope par 13 kilomĂštres, un discours historique fondateur.
Cet appel solennel eut un retentissement international, compte tenu du fait que la capitale du Nord avait un statut particulier de Place internationale et, de ce fait, servait de caisse de rĂ©sonance Ă la revendication royale qui nâĂ©tait autre que la revendication dâindĂ©pendance du peuple.
Le coup de traĂźtrise du gĂ©nĂ©ral Juin du 20 aoĂ»t 1953 aura Ă©tĂ© la sinistre rĂ©ponse Ă la tĂ©nacitĂ© du Souverain, mais qui nâa en rien entamĂ© sa perspicacitĂ© et Ă sa rĂ©solution puisquâen dĂ©cembre 1952, soit quelques mois auparavant, des rĂ©voltes populaires dâune rare violence Ă©clatĂšrent dans les CarriĂšres centrales de Casablanca aprĂšs lâassassinat en Tunisie du leader syndical Farhat Hachad, rĂ©voltes qui se dĂ©roulĂšrent aussi, surtout, sous lâemblĂšme du soutien au Roi, prenant de court le prĂ©fet français de la ville, Boniface et ses troupes. La conjonction entre le Roi et les forces nationales ne faisait plus de doute pour les responsables coloniaux.
Dâailleurs, ils mesurĂšrent les enjeux non sans gravitĂ© et conclurent Ă la nĂ©cessitĂ© dâen extirper les racines. Ce quâils firent, sans toutefois se rendre compte quâils renforçaient la symbiose entre Mohammed V et son peuple, donnant Ă lâun et Ă lâautre une lĂ©gitimitĂ© supplĂ©mentaire Ă continuer le combat libĂ©rateur au nom de la justice, de la libertĂ© et de la dignitĂ©.
Le 16 novembre 1955, aprĂšs deux an dâexil en Corse et Ă AntsirabĂ© (Madagascar), aprĂšs aussi de laborieuses nĂ©gociations menĂ©es Ă la Celle SaintCloud avec Antoine Pinay et Edgar Faure, Mohammed V regagna le Royaume et y fit un retour triomphal dans une liesse populaire indescriptible qui aura laissĂ© une empreinte indĂ©lĂ©bile dans la mĂ©moire de millions de marocains.
Adhésion : Le Nord rejoint la marche
Quelque semaines aprĂšs la prĂ©sentation du Manifeste, et au regard de lâimpact de celui-ci sur la conscience populaire de la nĂ©cessitĂ© de libĂ©rer le pays du joug de la colonisation, un autre document a vu le jour, le 29 fĂ©vrier 1944 Ă TĂ©touan cette fois-ci, pour consacrer lâunitĂ© du peuple marocain.
Les nationalistes du Nord ont tenu Ă confirmer leur adhĂ©sion totale et inconditionnelle aux termes et Ă lâesprit du Manifeste. PlacĂ©s sous lâoccupation espagnole, les reprĂ©sentants du mouvement national dans ces rĂ©gions ont tenu Ă affirmer leur attachement Ă la terre, Ă lâhistoire et aux valeurs de cette Nation plus que millĂ©naire. Ils ont dâailleurs mis lâaccent sur la notion dâunitĂ© du peuple et de son Souverain lĂ©gitime comme rĂ©ponse Ă lâĂ©tat de fait qui est la dislocation du territoire national par les forces coloniales.
Ils y ont dâailleurs tenu Ă prĂ©ciser que cette union sacrĂ©e concernait la totalitĂ© des terres injustement spoliĂ©es du nord au Sud du Royaume. Union qui sâest concrĂ©tisĂ©e dans la foulĂ©e du combat politique et armĂ© contre les occupants pour aboutir lâindĂ©pendance intervenue en 1956.
Les nationalistes du Nord ont tenu Ă confirmer leur adhĂ©sion totale et inconditionnelle aux termes et Ă lâesprit du Manifeste. PlacĂ©s sous lâoccupation espagnole, les reprĂ©sentants du mouvement national dans ces rĂ©gions ont tenu Ă affirmer leur attachement Ă la terre, Ă lâhistoire et aux valeurs de cette Nation plus que millĂ©naire. Ils ont dâailleurs mis lâaccent sur la notion dâunitĂ© du peuple et de son Souverain lĂ©gitime comme rĂ©ponse Ă lâĂ©tat de fait qui est la dislocation du territoire national par les forces coloniales.
Ils y ont dâailleurs tenu Ă prĂ©ciser que cette union sacrĂ©e concernait la totalitĂ© des terres injustement spoliĂ©es du nord au Sud du Royaume. Union qui sâest concrĂ©tisĂ©e dans la foulĂ©e du combat politique et armĂ© contre les occupants pour aboutir lâindĂ©pendance intervenue en 1956.
Le Manifeste du Nord
En dĂ©pit du partage colonial que subissait notre pays et des circonstances de la deuxiĂšme Guerre Mondiale qui ne permettaient aucun contact en 1944 entre les deux parties du Mouvement National au Nord et au Sud, lâunitĂ© de pensĂ©e Ă©tait plus forte que les frontiĂšres prĂ©fabriquĂ©es installĂ©es par le colonialisme. Et lâHistoire a enregistrĂ© que le Front National dans le Nord avait prĂ©sentĂ© aux grandes puissances en novembre 1943 un mĂ©morandum rĂ©clamant lâIndĂ©pendance. Mais dĂšs que le Manifeste du 11 Janvier 1944 a vu le jour, le Parti de la RĂ©forme Nationale que prĂ©sidait le regrettĂ© Abdelkhalek TorrĂšs, que Dieu ait son Ăąme, lui manifesta son soutien en rĂ©affirmant lâunitĂ© du territoire national.
MajestĂ©, Nous avons appris connaissance des nobles dĂ©cisions prĂ©sentĂ©es Ă Votre MajestĂ© par cette Ă©lite digne de Marocains authentiques et des valeureux nationalistes combattants issus du Parti de lâIstiqlal. Ces grandes dĂ©cisions marqueront lâHistoire glorieuse du Maroc car elles sont fondĂ©es sur le droit, la justice et lâĂ©quitĂ©. Elles constituent les revendications de la nation entiĂšre et tout le peuple y adhĂšre.
Celui qui sâopposerait Ă ces aspirations donnerait la preuve de son manque de foi, de son athĂ©isme, de sa traĂźtrise et de son hypocrisie. Si le Parti de lâIstiqlal Ă©lĂšve aujourdâhui la voix en lançant un tel cri, câest pour porter trĂšs haut le nom du Maroc parmi les nations vivantes et les peuples Ă©veillĂ©s. MajestĂ©, Nous saisissons cette occasion pour joindre notre voix Ă celle du Parti de lâIstiqlal, pour appuyer et soutenir cette revendication lĂ©gitime, exprimant ainsi les sentiments de Votre peuple fidĂšle dans cette zone du Maroc et rĂ©affirmant Ă Votre MajestĂ© que nos principes et nos sentiments dans ces rĂ©gions sont les mĂȘmes que ceux qui animent les Marocains loyaux et tout ce qui vous attriste lĂ -bas, nous chagrine ici, et tout ce qui vous Ă©gaie lĂ -bas, nous rĂ©conforte iciâŠ
En effet, nous nous considĂ©rons comme une partie intĂ©grante du glorieux Maroc et de sa grandeur Ă travers son Sahara, ses campagnes, ses montagnes, ses plaines, ses fleuves, ses cĂŽtes, Ă travers ses valeureux hommes et ses esprits clairvoyants. Et si nos frĂšres du Sud se plaignent de lâoccupant français, au Nord, nous souffrons de deux maux : de lâabject colonialisme espagnol et de la scission de notre grande patrie. Câest comme si un membre Ă©tait dĂ©tachĂ© du corps et ni le premier, ni le second ne peuvent remplir leur fonction. Notre malheur est grand en ce sens que nous subissons la misĂšre, lâinjustice, lâatteinte Ă notre religion et les haines racistes. Ces excĂšs visent notre extermination et menacent notre authenticitĂ©.
4 RabiĂŻ El Aoual 1363 (29-2-1944)
Les signataires : Abdelkhalek TorrĂšs, Thami El Ouazzani, Ahmed GhaĂŻlane, Mohamed Tanji, Mohamed Ettnaya, Mohamed Afilal, Haj Mohamed Chorfi, Haj Mohamed Seffar, Taeb Bennouna.
MajestĂ©, Nous avons appris connaissance des nobles dĂ©cisions prĂ©sentĂ©es Ă Votre MajestĂ© par cette Ă©lite digne de Marocains authentiques et des valeureux nationalistes combattants issus du Parti de lâIstiqlal. Ces grandes dĂ©cisions marqueront lâHistoire glorieuse du Maroc car elles sont fondĂ©es sur le droit, la justice et lâĂ©quitĂ©. Elles constituent les revendications de la nation entiĂšre et tout le peuple y adhĂšre.
Celui qui sâopposerait Ă ces aspirations donnerait la preuve de son manque de foi, de son athĂ©isme, de sa traĂźtrise et de son hypocrisie. Si le Parti de lâIstiqlal Ă©lĂšve aujourdâhui la voix en lançant un tel cri, câest pour porter trĂšs haut le nom du Maroc parmi les nations vivantes et les peuples Ă©veillĂ©s. MajestĂ©, Nous saisissons cette occasion pour joindre notre voix Ă celle du Parti de lâIstiqlal, pour appuyer et soutenir cette revendication lĂ©gitime, exprimant ainsi les sentiments de Votre peuple fidĂšle dans cette zone du Maroc et rĂ©affirmant Ă Votre MajestĂ© que nos principes et nos sentiments dans ces rĂ©gions sont les mĂȘmes que ceux qui animent les Marocains loyaux et tout ce qui vous attriste lĂ -bas, nous chagrine ici, et tout ce qui vous Ă©gaie lĂ -bas, nous rĂ©conforte iciâŠ
En effet, nous nous considĂ©rons comme une partie intĂ©grante du glorieux Maroc et de sa grandeur Ă travers son Sahara, ses campagnes, ses montagnes, ses plaines, ses fleuves, ses cĂŽtes, Ă travers ses valeureux hommes et ses esprits clairvoyants. Et si nos frĂšres du Sud se plaignent de lâoccupant français, au Nord, nous souffrons de deux maux : de lâabject colonialisme espagnol et de la scission de notre grande patrie. Câest comme si un membre Ă©tait dĂ©tachĂ© du corps et ni le premier, ni le second ne peuvent remplir leur fonction. Notre malheur est grand en ce sens que nous subissons la misĂšre, lâinjustice, lâatteinte Ă notre religion et les haines racistes. Ces excĂšs visent notre extermination et menacent notre authenticitĂ©.
4 RabiĂŻ El Aoual 1363 (29-2-1944)
Les signataires : Abdelkhalek TorrĂšs, Thami El Ouazzani, Ahmed GhaĂŻlane, Mohamed Tanji, Mohamed Ettnaya, Mohamed Afilal, Haj Mohamed Chorfi, Haj Mohamed Seffar, Taeb Bennouna.
Les signataires du Manifeste de lâIstiqlal du 11 Janvier 1944
Ahmed Ben Taher MĂ©kouar; - Mohamed Ben Larbi Alami; - Hassan Benjelloun; - Mohamed Ben Abderrahmane SaĂądani; - Abdeslam Mestari; - Mohamed El BouĂąmrani; - Malika El Fassi; - Tahar Zniber; - Ahmed Cherkaoui; - Ahmed El Manjra; - Jilali Bennani; - Haj Hassan Bouayad; - Ahmed Hamyani; - Mohamed Ghazi; - Mohamed Ben Jilali Bennani; - Abdellah Ibrahim; - Kacem Ben Abdeljlil; - Ahmed El Yazidi; - Abdelkrim Benjelloun; - Saddik Benlarbi; - Mohamed Riffai; - El Hafiane Cherkaoui; - Hachmi Filali; - Mohamed Bensouda (Soudi); - Abdelkebir El Fassi; - Abdelhadi Sekkali; - Mohamed Bel Khadir; - Driss Mâhammedi; - Omar Ben Abdejlil; - Abdeljlil El Kabbaj; - Kacem Zhiri; - Abdellah BenaĂąmr Rahmani; - Abdelkader Hassan; - Mâhamed Zghari; - Ahmed Bendella; - Mohamed Issaoui Mestassi; - Ahmed Bahnini; - Mohamed Laghzaoui; - Omar Benchemssi; - Messaoud Echiguer; - Abdelouahab El Fassi; - Mohamed El Bakkalli; - Mohamed El Fatmi El Fassi; - El Houssein Ben Abdellah El Ouarzazi; - Abdelhamid Ben Moulay Ahmed Zemmouri; - Ahmed Ben Bouchta; - Ahmed Benchekroun; - Nasser Ben Hadj Larbi; - Mohamed El Yazidi; - Mohamed Diouri; - Abdellah Er-Regragui; - Aboubakr Sbihi; - Mohamed El Jazouli; - Amr Ou Bennaceur Zemmouri; - Mohamed Ben Azzou; - Ahmed Balafrej; - Abdekaziz Ben Driss Lamraoui; - Bouchta JamaĂŻ; - Mohamed Hamdaoui; - Haj Othmane Jorio; - Boubker El Kadiri; - Abderrahim Bouabid; - Mehdi Benbarka; - Abdelkbir El Fassi El Fihri; - MâBarek Ben Ahmed El Gharras; - Mohamed El Fassi.
