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Située entre Casablanca et Rabat, Mohammédia est une ville cÎtiÚre dynamique. Anciennement nommée Fédala, elle joue un...

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Actualités 16 Jul 2025 4 min de lecture

Mohammedia : L'éclairage public au service de la cohésion urbaine

Mohammedia : L'éclairage public au service de la cohésion urbaine
À Mohammedia, l’éclairage public devient un enjeu de sĂ©curitĂ© et d’équitĂ© face Ă  l’obscuritĂ© persistante de certains quartiers. Mais encore?
Mohammedia : L'éclairage public au service de la cohésion urbaine
DĂšs la tombĂ©e de la nuit, la CitĂ© des fleurs devient sinistre. Si certains quartiers rĂ©cents bĂ©nĂ©ficient d’un Ă©clairage public moderne et uniforme, d’autres zones, notamment les ruelles des anciens lotissements ou les abords de terrains vagues, plongent dans une obscuritĂ© propice aux tensions et aux comportements Ă  risque. Loin d’ĂȘtre un simple enjeu d’amĂ©nagement, l’éclairage urbain devient, pour de nombreux habitants, un vĂ©ritable marqueur de sĂ©curitĂ©.

À Hay Errazi, quartier densĂ©ment peuplĂ© situĂ© Ă  la lisiĂšre du centre-ville, les lampadaires fonctionnent par intermittence. Nadia, mĂšre de deux enfants, raconte Ă  quel point cette situation l’inquiĂšte : « À la sortie de l’école, en hiver, il fait presque nuit. Quand l’éclairage ne marche pas, on a peur. Les enfants doivent passer par des ruelles sombres, et il y a eu plusieurs cas de harcĂšlement. On a signalĂ© le problĂšme plusieurs fois, mais les rĂ©parations sont lentes, quand elles arrivent. » Elle dit Ă©viter certains trajets, mĂȘme en voiture, Ă  cause du manque de visibilitĂ©. Pour elle, la lumiĂšre est un droit, pas un luxe.

À quelques kilomĂštres de lĂ , dans le quartier plus rĂ©cent de Sidi Moussa, l’éclairage est omniprĂ©sent. Mohamed, livreur Ă  moto et militant pour la sĂ©curitĂ© routiĂšre, y voit plus qu’un simple confort visuel : « LĂ  oĂč il y a de la lumiĂšre, il y a de la vie. Les gens sortent, les commerces restent ouverts, les agressions diminuent. Ce n’est pas un hasard. L’éclairage public, c’est un outil de justice sociale. Il montre que les autoritĂ©s se soucient des citoyens, mĂȘme aprĂšs le coucher du soleil».

Au Conseil communal, on reconnaĂźt l’importance de la question. Le service technique communal, en charge de l’éclairage urbain, travaille depuis 2022 Ă  une cartographie des zones dites « Ă  risque nocturne ». InterrogĂ© sur ce sujet, un responsable au sein du service de la division des Ă©quipements urbains, prĂ©cise : « L’éclairage public est une composante essentielle de notre politique de sĂ©curitĂ© intĂ©grĂ©e. Nous avons entamĂ© un audit de l’ensemble du rĂ©seau existant, et un programme de modernisation par LED est en cours. L’objectif est double: amĂ©liorer la couverture lumineuse tout en rĂ©duisant la consommation Ă©nergĂ©tique».

Ce plan s’inscrit dans le cadre du projet « Ville durable » de Mohammedia, et repose sur une collaboration entre la commune, la wilaya et des opĂ©rateurs privĂ©s. Une enveloppe budgĂ©taire de 22 millions de dirhams y aurait Ă©tĂ© allouĂ©e pour la premiĂšre phase. Mais sur le terrain, les habitants des zones dĂ©laissĂ©es peinent Ă  voir les effets concrets de ces annonces. Dans certains quartiers, des poteaux d’éclairage flambant neufs restent Ă©teints faute de raccordement ou de maintenance rĂ©guliĂšre.

Houda BELABD

Vers la réduction de la criminalité
En Ă©clairant un banc, une ruelle, un passage, l’État redonne une fonction sociale et sĂ©curitaire Ă  l’espace public. Les urbanistes s’accordent Ă  dire que l’éclairage est un facteur indirect mais puissant de rĂ©duction de la criminalitĂ© : il dissuade les actes malveillants, facilite les signalements, et surtout, il redonne confiance aux habitants dans leur propre ville.

À Mohammedia, les rĂ©sultats de cette transition restent partiels, mais les attentes, elles, sont claires. Pour beaucoup, plus de lumiĂšre, c’est moins de peur. Reste Ă  savoir si cette lumiĂšre sera Ă©quitablement rĂ©partie entre tous les quartiers, ou si elle continuera Ă  suivre les lignes de fracture sociales de la ville. Car l’insĂ©curitĂ© ne se nourrit pas seulement de l’obscuritĂ© physique, mais aussi de l’invisibilitĂ© politique.

Cet article est repris sous forme d’extrait. La version complĂšte est publiĂ©e par le mĂ©dia d’origine.

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