Les services de police du Grand Casablanca resserrent l'étau sur les trafiquants de drogue. Le dernier coup de filet a eu lieu à Mohammedia. Les éléments de la Police judiciaire de la ville y ont saisi 38 kg de «chira» (résine de cannabis). Selon des sources policières, cette opération a permis l'arrestation de quatre personnes, dont deux femmes. Mustapha Sabri, chef du service de la PJ de Mohammedia, a précisé que cette saisie est le résultat d'investigations minutieuses. Après avoir douté des comportements de certaines personnes, les éléments de la police les ont surveillés discrètement. Ils ont commencé par arrêter le conducteur d'une voiture roulant sans permis. La fouille du véhicule a conduit la police à la saisie de «chira». Ensuite, la perquisition de l'appartement ciblé, a permis la découverte de 38 kg de «chira» et de 54 kg de «maâjoune», ainsi que des ustensiles servant à la préparation de cette matière par deux femmes de la bande en question. En collaboration avec les enquêteurs de la Brigade des stupéfiants, les éléments de la PJ de Mohammedia ont ainsi mis le grappin sur un autre complice dans un chalet situé sur la côte. Les personnes arrêtées seront traduites devant la justice, une fois l'enquête bouclée.
Arrestations prĂ©cĂ©dentesRappelons que les Ă©lĂ©ments de la Police judiciaire Ă Mohammedia ont arrĂŞtĂ© dernièrement un trafiquant de drogue qui faisait introduire des stupĂ©fiants Ă la prison civile de la ville. ÂgĂ© de 29 ans, ce dealer a Ă©tĂ© condamnĂ© onze fois entre 2000 et 2011 pour le mĂŞme motif. Pour accomplir «sa mission», il faisait appel Ă l'aide d'un complice qui jetait de la drogue au-delĂ des miradors de la prison, Ă la manière d'une balle de tennis, en contrepartie de 200 dirhams par «essai». La balle est immĂ©diatement interceptĂ©e par le frère du trafiquant en question. Les camĂ©ras de surveillance ont dĂ©masquĂ© cette procĂ©dure notamment après la dĂ©couverte d'une quantitĂ© de «chira» accrochĂ©e sur les fils barbelĂ©s de la prison. Le dealer en question a avouĂ© qu'il Ă©coulait deux kilogrammes de drogue par semaine suivant cette mĂ©thode. Le trafic de rĂ©sine de cannabis fait aussi ravage Ă Casablanca. La Police judiciaire du district de Ben M'sick a saisi rĂ©cemment 18 kilogrammes de cette drogue. Après des surveillances de plus de deux mois, les policiers ont localisĂ© les lieux oĂą le fournisseur de drogue entreposait sa marchandise. Il s'agit d'un domicile et d'un magasin de couture traditionnelle. Les Ă©lĂ©ments de la Police judiciaire du district de Bernoussi avaient aussi mis hors d'Ă©tat de nuire deux prĂ©sumĂ©s trafiquants arrĂŞtĂ©s avec en leur possession 24 kg de «chira».
Dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue à l'échelle internationale, les services de police ont saisi au niveau du port et de l'aéroport 10,343 tonnes de «chira», 863 kg de cocaïne, 3,277 kg d'héroïne et 26 326 comprimés psychotropes. L'aéroport Mohammed V a enregistré l'une des plus importantes prises de drogue : 90 capsules de cocaïne dissimulées dans l'estomac d'un ressortissant originaire d'Amérique latine.
Les jeunes, premières victimes des dealers
Les jeunes représentent la cible parfaite des dealers de drogue. Malheureusement, on n’a pas assez de centres spécialisés pour aider les victimes de ces trafiquants. En plus du Centre national de l’hôpital universitaire psychiatrique Arrazi à Salé, le Centre d’addictologie de Casablanca est le seul autre établissement disponible au Maroc qui offre un traitement médical spécifique aux toxicomanes. Les deux dépendances essentielles recensées au niveau de la ville sont la polytoxicomanie (l’addiction à plusieurs drogues) et l’addiction aux cannabis et «mâajoune». Vient ensuite l’addiction au «karkoubi», aux médicaments, à la cocaïne, à l’héroïne et au crack. Afin de faire face à cette situation, la police et la société civile ont organisé, cette année, des campagnes de sensibilisation sur les dangers de consommation de drogues dans les établissements scolaires ciblant plus de 40 000 élèves.

