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À propos de la Deroua

SituĂ©e dans la province de Berrechid, Deroua est une ville marocaine en plein essor au cƓur de la rĂ©gion de Casablanca-Settat....

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Actualités 25 Jun 2025 4 min de lecture

Deroua : La décharge sauvage empoisonne le quotidien des habitants

Deroua : La décharge sauvage empoisonne le quotidien des habitants
Aux alentours de Hay Al Massira, une dĂ©charge sauvage dĂ©grade le quotidien des habitants, rĂ©vĂ©lant l’impact des incivilitĂ©s sur l’espace urbain. Mais encore?
Deroua : La décharge sauvage empoisonne le quotidien des habitants
Au cƓur de Deroua, une dĂ©charge sauvage s’étale sur plusieurs hectares de terrain. Depuis plus de trente ans, ce dĂ©potoir informel s’amoncelle, dĂ©gradant le cadre de vie des habitants, polluant l’environnement et empoisonnant l’air, l’eau et le sol. Ce sont des milliers de mĂštres cubes d’ordures dĂ©versĂ©es sans contrĂŽle, sans tri ni prĂ©caution, gĂ©nĂ©rant des consĂ©quences dĂ©vastatrices sur la santĂ© de la population.

« On ne peut plus vivre avec ce monstre en face de nos maisons », dĂ©plore Manar, 34 ans, mĂšre de trois enfants, installĂ©e dans le quartier Al Massira, non loin de la dĂ©charge. «Chaque matin, dĂšs que j’ouvre mes fenĂȘtres, une odeur pestilentielle s’incruste dans toutes les chambres. Avec mes enfants, on tousse en permanence. Mon fils de 7 ans a de l’asthme, le mĂ©decin me dit que ce sont les Ă©manations de la dĂ©charge».

Sa maison, modeste, se situe Ă  quelques dizaines de mĂštres seulement des premiers monticules d’ordures. DerriĂšre le mur de bĂ©ton censĂ© dĂ©limiter le site, le dĂ©charge prend des proportions inquiĂ©tantes. Pneus, bouteilles en plastique, dĂ©combres, restes de marchĂ©s et carcasses de chats morts
 Tout s'y entasse pĂȘle-mĂȘle, formant de vĂ©ritables collines de rebuts.

Abdelaziz, 65 ans, est nĂ© dans le quartier et a vu ce site grandir au fil des annĂ©es. «C'Ă©tait d’abord quelques dĂ©combres
 puis ce sont des camions entiers d’ordures que l’on a dĂ©versĂ©s. Avec le temps, le dĂ©charge s’est transformĂ©e en dĂ©charge sauvage. Personne n'a pris la responsabilitĂ© de l’amĂ©nager ou de la fermer».

Les habitants interrogĂ©s racontent que des feux s'y dĂ©clarent parfois, rĂ©pandant d’épais nuages de fumĂ©e noire sur la ville. «Cette fumĂ©e prend Ă  la gorge, elle irrite les yeux. La nuit, certains vont jusqu’à s'enfermer dans leur maison en calfeutrant toutes les ouvertures», explique Khadija, une marchande du souk voisin. «Nous vivons avec ce danger en permanence, et ce sont les enfants et les plus faibles qui en souffrent le plus».

Les consĂ©quences sur la santĂ© sont alarmantes: toux chronique, cas d’asthme en hausse, affections cutanĂ©es, maux de tĂȘte
 «Le mĂ©decin de ma cadette a vu le nombre de cas liĂ©s Ă  la dĂ©charge monter en flĂšche en quelques annĂ©es», tĂ©moigne Manar et c'est logique car la dĂ©charge dĂ©gage des gaz toxiques et des lixiviats qui s’infiltrent dans le sol et contaminer les nappes phrĂ©atiques utilisĂ©es par certains habitants. C’est une catastrophe sanitaire que l’on ignore jusqu’à ce que le mal soit gĂ©nĂ©ralisĂ©.

Pourtant, Deroua a toutes les cartes en main, avec le schĂ©ma directeur de la rĂ©gion Casablanca-Settat, afin de s’attaquer Ă  ce flĂ©au. Il s’agit de trouver la volontĂ© politique et d’allouer les moyens techniques et financiers suffisants. La dĂ©charge sauvage n’est pas une fatalitĂ©. Avec des politiques de gestion des dĂ©chets plus responsables, avec la participation des citoyens, le cas de Deroua peut trouver une issue. C’est ce que les habitants espĂšrent, ce que leur santĂ© et leur dignitĂ© exigent.

Houda BELABD

Les autorités appellent à la responsabilité collective

Face Ă  cette situation prĂ©occupante, les autoritĂ©s locales affirment avoir pris la mesure du problĂšme. La commune, en coordination avec les services de la prĂ©fecture, travaille actuellement Ă  l’élaboration d’un plan de rĂ©habilitation du site et au transfert progressif des dĂ©chets vers une dĂ©charge contrĂŽlĂ©e. Des campagnes de sensibilisation Ă  destination des habitants ont Ă©galement Ă©tĂ© lancĂ©es, incitant Ă  ne plus jeter les ordures sur les terrains vagues ni alimenter le point noir existant. Car si les institutions sont tenues d’organiser la collecte et le traitement des dĂ©chets, une grande partie des dĂ©pĂŽts sauvages provient aussi d’actes inciviques rĂ©pĂ©tĂ©s. Les autoritĂ©s insistent ainsi sur la nĂ©cessitĂ© d’une implication collective, estimant que sans changement des comportements au quotidien, aucune solution durable ne sera possible.







 

Cet article est repris sous forme d’extrait. La version complĂšte est publiĂ©e par le mĂ©dia d’origine.

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